‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 116 sur 306 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

de Polignac , abbé d'Anchin, et les religieux, soutenaient contre messire Charles- Philippe-Joseph , duc d'Aremberg , et d'Arschot comte de Lallaing. Quoi qu'en dise l'attestation qui est à la fin : Conllationné par nous commissaire et adjoint soussigné la présente copie à nous produit au procès verbal de ce jour d'hui , l'avons trouvé conforme de mot à autre audit original. Fait ce dix sept may 1721. Signé : Wallée , et Desnauë *, nous avons vu que cette pièce imprimée , comparée au titre original , était tout-à-fait défectueuse. Nous l'avons rétablie conformément au texte manuscrit primitif qui est aux archives générales du département du Nord , et que M. Le Glay a bien voulu nous communiquer.

A l'époque où Jean de Batterie exerçait les fonctions de prieur à St-Sulpice de Doulens, Févêque d'Amiens y avait été reçu honorablement ; c'est pourquoi ce prélat exempta le prieuré du droit de visitation que les évéques d'Amiens y avait perçu jusqu'alors. Et par suite, il arriva que , sur la sentence portée par l'official , l'abbé d'Anchin obligea le magistrat de Doulens à reconnaître que la juridiction spirituelle de Doulens dépendait du prieuré de St-Sulpice , et à promettre , le mayeur faisant serment devant le crucifix de la basilique de St-Sulpice , qu'il ne s'opposerait ni par la force ni par la violence à la libre circulation des denrées et provisions du prieuré , non plus qu'à l'exercice des droits spirituels qu'y avait l'abbaye. Il s'en suivit qu'un certain Thomas de Bertha', qui avait été saisi par ceux de Doulens, fut remis à la disposition du prieuré , comme lieu sacré et inviolable.

Une autre fois, il s'était élevé une contestation entre l'église d'Anchin et maître Paul Beye , archidiacre de Cambrai et chanoine de l'église de Notre-Dame , qui prétendait que trois procurations archidiaconales lui étaient dues pour droit de Visitation des trois maisons de Baralle , d'Inchy et d'Enzencourt. L'affaire , envoyée au jugement de trois arbitres , fut décidée en faveur de l'abbaye d'Anchin , l'an 1419. Au demeurant , ce serait à n'en pas finir, si nous voulions reproduire tous les actes de cet abbé , et rappeler les innombrables services qu'il a rendus à ce monastère, tant dans les choses spirituelles que dans les temporelles , pendant les trente-quatre ans qu'il a gouverné l'abbaye. Alors aussi, les lettres étaient cultivées parmi les moines d'Anchin; nous voyons qu'un religieux de cette abbaye, dom Jean Dumortier, fils de Mathieu Dumortier, prévôt de Tournai , a écrit un ouvrage sur la fondation et les bienfaiteurs du monastère.

Il passa des misères de ce monde aux, béatitudes du séjour céleste , l'an du salut 1448, le 23 décembre. Le jour suivant, son corps fut porté en grande pompe dans la basilique de la B. Vierge Marie ; et comme c'était la veille de la Nativité de Noire-Seigneur , les vigiles furent chantées pour le repos de son âme , le 26 du même mois , et la messe fut dite le lendemain.

Nous transcrivons les deux épitaphes , qui ont été faites en l'honneur de ce prélat :

Dulendi natua, prlor, Ulic; dcludo Joannes Pnstor Aquicincti , Iriceous rite crealur. Claruit humauA pater hic sacrAque sophii. Non noslra» dlspmil ope*, illa* sed ndauiit. Trlceno quarto pastoratùs obill anno.

A cire :

Mortuus Henricus . dedit hoc ovile Joanni Datorlae, Icgi* sacra jurlsquc perito.

Ilinc qui migratlt , novem 1er prefuit annls Postridie sacra tumulaUir in a*de Mari.r.

Recueil de pkVcs de procédures relatives A l'abbaye d'Anchin, i vol. in-folio, imprimé. — Bibliothèque de la ville de Douai. — Droit français, n* 383 rouge* dn catalogue.

Ces deux inscriptions ne s'accordent pas sur l'espace de temps qu'aurait duré le pastorat de cet abbé. La première dit trente - quatre ans, ce qui est conforme aux autres indications. La seconde porte : novem 1er annis , trois fois neuf années, c'est-à-dire vingt-sept ans. 11 est probable que celte dernière , qui semble d'ailleurs être d'une rédaction plus récente, est inexacte; car d'après les témoignages authentiques, l'abbé Jean de Batterie serait entré en fonctions en 1414, cl il serait mort, ainsi que nous venons de le dire, à la fin de l'année 1448. D'ailleurs, il y a des lettres, sur parchemin, et en latin , de Fortigeaire ( Forlier de Plaisance), évêque d'Arras, et de Jean, abbé d'Anchin, du 20 octobre 14il, par lesquelles ces deux prélats déclarent que la chapelle du refuge d'Anchin, située près du cimetière Notre-Dame à Douai, et bénite le jour de la Trinité, le 22 mai 1440, ne jouira d'aucune immunité, et ne portera aucun préjudice à la juridiction de la ville*. Dans un acte, d'une date postérieure à celle-ci, il est question d'une transaction entre l'abbé d'Anchin Jean, et Pabbesse du monastère de YHomteurïtieu, (abbaye de Flines*). Enfin, dans des lettres de cet abbé, datées de 1447, on voit qu'il avait institué trois jours d'offices anniversaires des morts , qui se célébraient chaque année ; et il avait assigné certaines distributions en faveur des pauvres capucins qui assistaient à ces solennités *.

' Ces lettre» sont copiées dans le Cartulaire T, f" M , v* , armoire i: •. Archives de Douai. Pllatle Prévost. » C.allia Chrittiana. * Fr. de Bar, Ms. cité.

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