‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 124 sur 306 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

suivre la justice selon le droit de l'abbaye. Par des lettres aussi marquées de son scel et de celui du couvent , il conféra à un certain religieux l'autorité nécessaire pour traiter les affaires du monastère à la cour de Mons.

Il y eut un moment où , à cause des circonstances de la guerre , des religieux d'Anchin durent demeurer à Douai. Un d'eux , du nom de Guillaume Lot in , qui avait pris ses ébats , courait le pays vagabondant ça et là. Comme il ne tenait aucun compte des injonctions du prieur qui lui avait ordonné de revenir et de rentrer au couvent, celui-ci lui infligea pour châtiment la note d'apostasie et de désobéissance. Peu de temps après, à cause sans doute, dit ironiquement Fr. de Bar, de sa prudence singulière et du sage esprit de conduite qui le distinguait , ce même Guillaume Lotin fut élevé à la dignité d'abbé de Marchicnnes : Unde poslmodum in abbatem Marchianetuem ob singularem prudentiam evectus.

Nous avons déjà eu occasion de remarquer les dispositions peu bienveillantes des abbayes d'Anchin et de Marchicnnes à l'égard Tune de l'autre. Au demeurant, ce Guillaume Lotin a donné en diverses circonstances des preuves d'un caractère difficile. D'après ce que nous lisons dans Buzelin', G. Lotin, devenu abbé de Marchicnnes, eut quelques démêlés avec le cardinal évéque de Tournai, Ferry de Cluny, et il fut pour quelque temps suspendu de son ofGce. Ce même cardinal Ferry, cvêque de Tournai , avait été aussi précédemment abbé de Marchiennes.

On n'est pas d'accord sur l'époque précise de la mort du révérend Hugues de . Lohcs. Ainsi que nous l'avons dit, diverses épitaphes ont été faites en son honneur et ont été inscrites dans la chapelle de Sle-Marie-Magdeleiue. En voici une encore dans laquelle sont particulièrement rappelées les donations qu'il fit de la mitre précieuse et de la crosse dont n us avons parlé plus haut. Cette inscription fixerait à dix-sept ans la durée effective de la prélature de Hugues , successeur de Pierre Toulet :

Isti auceedit terdenus Hugo atque secundua , Qui summo e»t Traire» iemper comptai» amore. Pa&torale pedum argento aie fubrlcavit et auro , Infula et abbalum pretiosia plena laplllis , Ki plctate cju», auro, argento uiirare vidclur. Dialinclam in binaa Carolus conflavit et iatas Lustriaac demum ternis , annoque peraclis, Quod laudi sacrum servat tibi Magdalena. Illlua est corpus positum hoc exangue aacello.

Du reste , les inscriptions que nous avons rapportées ayant été , les unes composées du vivant de l'abbé, les autres faites ou du moins terminées assez longtemps après sa mort , puisque dans celle que nous venons de citer il est question de Charles Coguin, successeur de d'Osterel, toutes présentent des inexactitudes, et ne s'accordent pas pour les dates. Il s'ensuit que l'on ne peut rien conclure d'assuré sur le temps qu'a duré le gouvernement d'Hugues , ni sur l'époque précise de sa mort. Toujours est-il que cet abbé vivait encore en l'an 1490; cela résulte évidemment d'actes authentiques indiqués dans une note ajoutée en marge au manuscrit de Fr. de Bar. Cette note dit: « Cet abbé Hugues, par un acte public (que moi, » G. Pels, j'ai vu et lu), par-devant des notaires apostoliques, le 9 de juin de l'an » 1489, résigna l'abbaye en faveur de dom Guillaume d'Ostrel, alors son coadjuteur; » et par des lettres d'Innocent vin, du 27 mars 1490, lettres que j'ai vues pareil-

* Gallo Ftandria, p. 221.

» lement, il obtint le privilège d'user des droits pontificaux de la même manière » que s'il était encore abbé. Donc il a vécu au-delà do l'année ici indiquée; et ces » choses furent ignorées de Fr. de Bar \ »

Le surnom de Lohes a fait penser que Hugues était un descendant de la famille du sire Sigier de Lohcs, un des primitifs fondateurs de l'abbaye d'Anchin.

* Hic abbas Hugo 9 Junil 1**9 per inatruiwnliim publicum (quod ego G. Peli vidi cl Icj;i) cratn aposMicla noUrils abbatlam rcsigoavlt D. Gull. d'Oslercl , tune coadjutori suo . et annn li»-). wv.i muni* , nb Innocenta «• per litlcras quas pari 1er vidi , oblinuit privilegium utendl pontiflcalibui eo modo ac si adhuc furet abbas. Krio vlxlt ulirri nnnum hic notattitn; et isia igrt'iratn f ienmt a I). F. Bar.

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