‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 125 sur 306 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

somma m k. — Election et confirmation de Guillaume d'Ostrcl, xxxiu* auui , i son- MOI.— Acte attribuant les pouvoirs abbatiaux aux prieurs. — Avantages procuré* à l'abbaye par Guillaume d'Oslrel , pendant qu'il était ccadjuteur. — DrolU et privilèges de l'abbaye et des abbi:s. —Chapelains et pasteurs. — Possession , droits «t privilèges renouvelés. — Baptêmes et sépultures. — Les ëvéqucs d'Arras et de Cambrai reconnaissent les droite de l'abbaye d'Anchln. — Acte du chevalier Antoine Rolin. — Juridiction spirituelle ratifiée par la cour de Rome. — Philippe de Bourgogne nomme l'abbé Guillaume son chancelier. — L'empereur Maximilien le nomme son conseiller. — Charles, duc de Bourgogne, fait une retraite à l'abbaye, — statue équestre de ce prince. — Sodalités et sociétés avec diverses abbayes. — L'abbé Guillaume fait un pèlerinage au monastère du mont Cassin. — Il délègue l'autorité à son neveu Charles Cogufn. — Crosse d'or donnée par Guillaume d'Ostrd. — Hôtel abbatial.

— Construction de la bibliothèque. — Donations diverses. — Fondation de la chapelle St-BenolU — Monument funéraire. - Candélabres. - Mort de l'abbé Guillaume d'Ottrel ( i&l l ). - Kpilaphcs. - Service anniversaire. —

- Messe en l'honneur de saint Benoit.

Après la mort de Hugues de Lohes, qui arriva vers la fin de 1490 ou au commencement de 1491, sans qu'on puisse fixer la date d'une manière précise, (ji ii.lu me d' Ostrcl , qui depuis assez longtemps déjà, comme coadjuteur, était abbé de fait et gouvernait l'abbaye, reçut, selon les formalités prescrites et par le suffrage de ses frères, la consécration et la légitimation de la prélature. D'après la coutume ancienne , les frères ayant été convoqués au son de la cloche , furent réunis dans la chambre du chapitre pour procéder au scrutin. Au préalable , afin de donner à cet acte toute la publicité convenable , une proclamation avait été promulguée , qui mettait en liberté tous ceux qui pour le moment se seraient trouvés en état d'interdit, de suspension ou d'excommunication, non pas qu'ils fussent appelés à participer par leur vote à l'élection; au contraire, la proclamation déclarait nulle à l'avance les suffrages de ceux d'entre eux qui se seraient mêlés au scrutin. Alors aussi , pour fixer le droit dans l'avenir , pour prévenir toutes difficultés et pour éviter les perturbations qui s'étaient déjà produites autrefois en pareille occurrence , il fut définitivement décidé que lorsque le siège devenait vacant par la mort de l'abbé titulaire, le pouvoir abbatial était de droit dévolu et appartenait au prieur en exercice et au couvent , jusqu'à ce que le nouvel abbé fût élu et confirmé , et qu'il eût reçu la consécration de sa dignité , selon les formes et avec les conditions requises.

Donc, après la mort de Hugues de Lohes, Guillaume d'Ostrcl, appelé par le suffrage de ses frères à occuper le siège abbatial , fut consacré et confirmé dans ces fonctions en vertu de lettres apostoliques. Dans le même temps, le prieur d'Aymeries étant mort, dom Matthieu Brullart, moine d'Anchin, fut nommé à ce prieuré.

11 serait injuste de passer sous silence et de ne pas reporter à Guillaume d'Ostrel

les avantages et bienfaits tant spirituels que temporels qu'il a procurés à Anchin , pendant qu'il a exercé la prélat ure comme coadjuleur, du vivant de son prédécesseur. C'est lui qui contribua k faire rentrer le niouastère dans tous ses biens et privilèges. Il s'appliqua particulièrement à affermir l'autorité de l'abbaye et à rétablir dans leur intégrité ses droits de juridiction sur Vred et sur Pecquencourt ; il obtint à cet effet un diplôme du pape Alexandre vi , qui remettait en vigueur les droits et privilèges qui , depuis les premiers temps de la fondation , appartenaient aux prélats d'Anchin. Ces pouvoirs s'étendaient sur les clercs et sur les séculiers, et pour toutes les causes ecclésiastiques. En vertu de ces droits, les seuls abbés d'Anchin pouvaient instituer les chapelains des églises de ces villages, les déposer, y placer à demeure des moines ou des prêtres séculiers avec la qualification de chapelains , mais non de pasteurs ; ils pouvaient préposer aussi des clercs au service des chapelles de ces églises, sans prendre l'avis ni demander l'autorisation de l'évêque d'Arras. 11 en était de même pour Ayineries, Aulnoy, liesdin , Doulens , etc. , de telle sorte qu'aucun de ces clercs et chapelains, pour crimes ou délits, n'avait à répondre qu'au prieur, sous l'autorité de l'abbé qui avait juridiction épiscopale. On cherchait à contester ces droits j c'est pourquoi le révérend Guillaume en renouvela solennellement la possession par acte authentique et par -devant des notaires publics. En outre, comme auparavant, le chapelain de Pecquencourt, par grâce singulière et par un effet de la libéralité de l'abbé, avait été admis à célébrer l'office divin , à administrer le sacrement de baptême dans l'église d'Anchin, et même à y donner la sépulture aux morts; une église ayant été construite à Pecquencourt , l'abbé Guillaume donna plein droit d'y recevoir les paroissiens à la sépulture et au baptême. Aussi, depuis lors les chapelains et pasteurs de Vred et de Pecquencourt ont été tenus , chacun à son tour , de renouveler les eaux du baptistère de l'église d'Anchin , office que jusque-là les moines d'Anchin avaient rempli comme pasteurs. Et les églises de Vred et de Pecquencourt, avec le magistrat , par des actes authentiques et par une déclaration solennelle , reconnurent qu'ils tenaient ces bienfaits du prélat d'Anchin ; que ledit prélat et chacun de ses successeurs pouvaient révoquer ces bienfaits à leur volonté, l'abbé d'Anchin ayant libre et absolue juridiction sur tous ces lieux. Guillaume , pour en assurer à toujours la possession à ses successeurs, fit ratifier ces droits et privilèges par le siège apostolique, ainsi qu'en font foi les titres conservés aux archives d'Anchin. Parmi ces titres et écrits, il y en avait un daté de 1478, par lequel Mgr Pierre de Ranchicourt, évêque d'Arras , sollicitait de l'official d'Anchin la permission de poursuivre un crime commis par un homme de Pecquencourt et sujet de l'abbé d'Anchin. Guillaume, alors coadjuteur, accéda par des lettres à la demande de l'évêque d'Arras.

D'après cela et d'après d'autres monuments écrits , il est évident qu'il ne pouvait être procédé à aucun acte de justice sur le territoire d'Aymeries par l'official de Cambrai, ni à Pecquencourt ni à Vred par l'official d'Arras, sans la permission de l'official d'Anchin. 11 y a plus ; on voit par certaines lettres de l'évêque de Cambrai , que l'hospitalité que ce prélat recevait à Anchin, et que les repas qu'il pouvait y prendre, dîner ou souper, ne devaient pas être à la charge de l'abbaye. D'autres lettres aussi témoignent que l'évêque de Tournai avait pris les mêmes engagements.

Pour en revenir aux droits de justice, tant ecclésiastiques que temporels, que l'abbaye d'Anchin , par ses abbés et ses officiaux , exerçait sur la ville de Pce-

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