CHAPITRE XXVII. 27:i
r> d'être troublés dans leur méthode d'enseignement ; qu'à cet effet , elle leur lais- » sait pleine et entière liberté de choisir, pour les humanités et les langues, les r livres qu'ils jugeraient être les plus convenables; qu'elle n'entendait pas. non » plus s'immiscer dans ce qui regardait directement ou indirectement leur institut , » ni les assujétir à sa juridiction , excepté seulement en ce qui concernait leur » qualité d'instituteurs de la jeunesse ; qu'en tput lo reste elle ne prétendait à » aucun droit sur eux , comme elle n'en avait aucun non plus , ni sur les Doi» minicains , ni sur les Franciscains de la ville de Douai ; que , quoique personne » ne pût enseigner dans cette ville sans être préalablement inscrit dans les re- •» gistres de l'Université, néanmoins, à la considération de l'abbé fondateur, elle » voulait bien se relâcher pour six mois sur cet article ; qu'ils pouvaient donc » toujours commencer leurs leçons dans le collège d'Anchin ; mai*; que si , dans » le terme prescrit, ils ne donnaient pas leurs noms, tout exercice de classe leur » serait absolument interdit, ce que l'abbé d'Anchin se chargerait de faire exé- » cuter. » Tel fut le résultat de cette assemblée et le règlement qui y fut dressé, sous le uoni de convention. Depuis lors les Pères ont continué d'enseigner dans lu collège d'Anchin. On n'a pas su néanmoins s'ils s'étaient fait inscrire sur les registres , ni ce qu'ils ont fait à l'égard du serment.
Enfin , après dix-sept mois de démarches et de travaux , tout étant définitivement réglé , l'acte de fondation fut dressé , agréé et signé par toutes les parties inté-
Voici le texte de cet acte, avec la traduction :
KUNDATIO FONDATION
DOHIS PATRIH SOCIKTATIS JKSt DKLAÏUSON DliS PfcllKS DR !.A SOCIÉTÉ DE JftSCS ,
I>LAtEKSlS. A OOLAI.
lo Domine Domioi Jesu-Christi. Amen. Au nom de N.-S. Jésus-Christ. Ainsi soi l- il.
Notum sit omnibus prœsens instruraenlum Nous, Jean Leutailleur, abbé , elles religieux
inspecturis priesentibus et fuluris quod nos du monastère de St-Sauveur d'Anchin , ordre de
Joannes Leutailleur, abbas et religiosi conventûs St-Benolt, diocèse d'Arras , soumis à la juridic-
sancti Salvatoris Aquicinctensis , ordinis saucti tion de l'ordinaiie ; à tous ceux qui ce présent
Benedicti, Alrebatensis diœcesis, jure ordinario acte verront , présents et à venir, savoir
eidem subjecti. Jam pridem non absque aniroi que pénétrés depuis longtemps de douleur a la
nostri dolore considérantes temporum in quœ vue des temps malheureux où nous nous trou -
incidimus calamitalem , tôt animas pro quibus vous , de la perte de tant d'âmes pour qui Jésus-
Christus Dominus et Deus noster mort u us est , Christ notre Seigneur et notre Dieu est mort, du
perire, tôt periclitari, esse tantam rarilatem danger qui en menace tant d'autres, du petit
eorum qui huic malo subvenire possiut vcl vel- nombre de ceux qui pourraient ou voudraient
lint , tantam paucitntem eorum qui ritè ad cle- remédier à ce mal; de la disette des sujets qu'on
ricatûs vcl paslorahs cura; statu m vocari , vel pourrait appeler à la cléricature ou charger de
promoveri possint , juventutis institutionem ne- la conduite des peuples, du peu de soins que
gligi , quœ , si piis ac chrislianis moribus cum l'on apporte à l'éducation de la jeunesse , qui ,
litteris conjunclis instituatur atque informetur, élevée dans les sciences et la piété , deviendrait
certum et pneclarum seminarium sit, unde une excellente pépinière, où l'on serait assuré
respublica ebrisliana instauretur ac floréal , de trouver toujours des ressources tant pour
peslilensque hserelicorum doclrioa eviletur at- rétablir les affaires de l'Eglise el la faire lleurir,
que confutelur ; hase, inquam , non sine magno que pour écarter et combattre la doctrine cm-
dolore apud animum nostrum considérantes, pestée des hérétiques : que pénétrés, dis-je,
et recenti etiam hcretîcorum impietate atque de la plus vive douleur à la vue de ces maux ,
ABBAYE D'ANCHIX.
et sentant même nos désirs et noire zèle accrus et augmentés à l'occasion des nouvelles marques que les hérétiques ont données depuis peu de leur impiété et de leur extravagance, nous nous sommes appliqués à chercher les moyens de l'aire cesser un si grand désordre , avec la grâce de Jésus-Christ, autant que notre faiblesse Je permet.
§ 1. Pour y réussir, nous avons conçu le dessein d'ériger et fonder quatre collèges ou maisons dans l'Université de Douai, lieu qui présente l'avantage d'être favorable à l'étude des sciences auxquelles il est consacré, et de n'être pas éloigné de n*tre monastère. La première de ces maisons renfermera les plus jeunes enfants qui ont besoin d'être intimidés par la crainte des peines , et qu'il faut retenir par une discipline salutaire et proportionnée à leur âge. La seconde contiendra les plus grands, et surtout ceux qui , après avoir fait leur cours de philosophie, voudront entrer dans lis ordres sacrés, et se mettre en état de conduire un jour le troupeau de Jésus -Christ. La troisième est destinée à ceux qui , mal accommodés des biens de la fortune , aimeront mieux faire eux-mêmes leur dépense et vivre en leur particulier.
§ 2. A ces trois maisons, nous voulons ajouter un quatrième collège pour loger les régents qui s'appliquent à enseigner religieusement et fidèlement toute notre jeunesse, dont ils ne pourront obtenir aucune rétribution , et à qui ils apprendront, savoir: aux plus jeunes, au moins dans cinq classes, la grammaire, les belles-lettres, la rhétorique et la langue grecque, depuis le rudiment jusques à la logique d'Arislote exclusivement; et à ceux qui sont plus avancés et qui, après avoir fait ces éludes, se disposent déjà à entrer dans les ordres , tout ce qui est nécessaire à l'instruction et à la conduite des âmes.
§ 5. Dans la difficulté où nous étions , de trouver des régents propres à élever la jeunesse dans les lettres et la piété, nous avons jeté les feux sur les Pères de la Société de Jésus, qui sont dans l'usage de former leurs élèves aux bonnes lettres et aux vertus chrétiennes dans les endroits où ils sont établis , et nous avons résolu de leur offrir et de leur donner ce quatrième collège destiné aux régents , afin que d'un seul cl même travail , ils instruisent et les écoliers des trois dits collèges , et généralement tous ceux qui voudront entendre leurs leçons gratuitement , comme il a été dit, et sans rétribution , religieusement et chrétiennement.
insaniâ, majorent in modum aucto nuper communi hoc nostro zelo atque desiderio , rationem ioire cœpimus, quâ pro nostrà roediocrilate huic tanto malo possemus, Christo propilio , opitulari.
§ I . Animo itaque cooeepimus in Universitate Duacensi , loco ut opportuno et studiis dicalo. ità non longe à nostro monasterio distanti , quatuor collegia seu domos erigere et fundare , unara quidem ac primam , in quâ minores et qui adhuc virgâ reguntur habitent, salutarique illis conveniente discipliné contineantur : secundam in quâ sint grandiores ac ii praesertim qui . decurso pbilosophicorura studiorum curriculo, animum jam ad sacros ordines et pascendum aliquando gregem dominicum adjecerunl : lertiam iis deslinatam quibus suâ (quod aiunt) quadrâ,vel ob fortunac tenuilatem vel quàcumque alià ex causa , vivere crit commodiùs.
§ 2. Hisce tribus quartum collegium adjicere constituimus , in quo prsceptores habitent , qui universam nostram juventutem piè, fideliter et gratis sine, didactris doceant : minores quidem grammaticam, ab ipsis rudiroentis, li Itéras politiores , rhetoricam , linguam graecani , usque ad logicam Aristolelis exclusivè, idque ut minimum quinque classibus ; majores vero et qui ea studia praitergressi ad sacros ordines se jam parant, quae ad doctrinam christianam populo proponendam et curam pastoralem pertineant.
§ 3. Cum autem difficultés sese offerret idoneos pneceptores reperiendi ad juventutem in litteris juxtà ac pietate instituendam , occurrerunt nobis Patres Societalis Jesu , quibus (quod juventutem praeler bonas litleras piis ac christianis rooribus erudire passim soliti sunt), quartum islud collegium professoribus deslinalum olîerre et donare decrevimus , in quo unà eâdemque operâ et trium praedictorum collegiorum studiosos et promiscuè omnes qui ad corum scholas venire voluerint gratis et sine ullis didactris piè et christianè, ut dictum est , instituant.