‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 148 sur 306 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

§ 4. Modus auteio ac ralio future bujus fundationis sic à nobis conccpta est : primum ut domum sediûccmus Duaci Patrum habitatiooi commodaro cum areà et horto, locum item satis amplum adjiciamus jam i Patribus designatum, in quo lemplum possit œditkari, ac poteslatem eis tieri procuremus ejusdem aedi— ficandi , cum res ipsorum et facilitâtes ferent.

§ 5. Dabimus etiara operam ut sacellum coramodiùs impetremus in proximo templo ubi libère Patres Societatis exercera possint sua ministeria spiritualia , douée teœplum ipsorum fuerit «difleatum.

§ e.Addemus vero etiam et eorum collegio applicabimus , in hujus fondation»* inilium, annui et perpetui censùs florenos mille , quorum quilibet valet viginti stuferos monetae Flaodricae, qui redditus si Tel in totum Tel ex parte , ejus fortè sint conditions ut numeratâ pecuniâ aliquando redirai et extingui possint, idque evenerit , ejusdem redditûs pretium confestim deponi vol uni us apud viros bon os quos, de consensu nostro et successorum nostrorum praedicti Patres Societatis elegerint , prima quàque opportunitate in consimilem redditum necessario et sine morâ ( ne quid Societati ex cunctalione nascatur dispendii ) refundendum.

§ 7. Itaque quod sit ad majorent Dei gloriam, multarumque animarum salutem et ecclesis subsidium, nos Joannes Lentailleur, et Rcligiosi praedieti donamue dictœ quarts domui vel collegio Duaccnsi.quod erit Societatis Jesu, mille florenos annui census, assignâtes, juxtà tenorem duorum inslrumentorum desuper confectorum anno Domici millesimo quiogentesimo sexagesimo octavo , prions decimo quinto octobris pro summâ quingentorum Tiginti unius floreoorum , septemdecim stuferorum et sex denariorum, posterions vero decimo quinto februarii , pro summd quadringentorum septuaginta octo florenorum duorum stuferorum sex denariorum, quibus volumus ut è Soc ic ta te ut minimum tredecim alantur.

§ 8. Alque hos redditus si à nobis vcl nostris successoribus contingat augeri, ut juxtà proportionem eamdem plures alantur, ex quibus omnibus octoerunt ut, minimum, qui huiesusceptae provinciae sufficere possint docendaeque juventuti; reliqui vero, preter operarios , ofliciales , et ministros collcgii nostri, sint studiosi de Socielate poslerilati* seminarium.

§ 4. Voici de quelle manière nous avons conçu le plan de celte fondation : d'abord , nous bâtirons à Douai une maison propre i l'babitatiou des Pères , avec cour et jardin ; nous y joindrons une place déjà marquée par euxmêmes , assez spacieuse pour y pouvoir construire une église, et nous leur procurerons la liberté de l'élever lorsque l'état de leurs affaires et leurs facultés le leur permettront.

§ 5. Nous ferons même en sorte de leur procurer , dans l'église voisine , une chapelle commode , afin qu'ils puissent vaquer i leurs exercices spirituels en toute liberté , jusqu'à ce que leur église soit bâtie.

§ 6. Nous ajouterons encore et appliquerons à leur collège , pour prémices de cette fondation, mille florins de rente perpétuelle, le florin valant vingt patars, monnaie de Flandre, de laquelle rente , si elle était en tout ou en partie de nature à pouvoir être rachetée et éteinte quelque jour en la remboursant , et que le cas arrivât, nous entendons que le capital soit déposé sur-le-champ entre les mains de personnes de probité, qui seront choisies de notre consentement et de celui de nos successeurs , par lesdits Pères de la Société , pour être remplacé nécessairement à la première occasion et sans délai , et produire le même revenu , alin que la Société ne souffre aucun dommage du retardement.

§7. Ainsi, nous, Jean Lentailleur, et les susdits Religieux , désirant que ce soit pour la plus grande gloire de Dieu , pour le salut d'un grand nombre d'âmes , et pour le soutien de l'Eglise , donnons à ladite quatrième maison ou collège de Douai , qui appartient à la Société de Jésus, mille florins de rente assurés, selon la teneur de deux contrats qui ont été passés à ce sujet, l'un du 15 octobre 1568, de la somme de 521 florins 17 patars 6 deniers; et l'autre du 15 février suivant, de la somme de 478 florins 2 patars 6 deniers, que nous voulons être employés à l'entretien de treize Jésuites au moins.

§ 8. En sorte que si nous ou nos successeurs venions à augmenter les dites rentes , le nombre des Jésuites devra augmenter a proportion , mais qu'il y en ait toujours au moins huit en état de remplir les engagements pris avec nous et d'enseigner la jeunesse; et que les autres qui ne seraient pas les ouvriers , ou les officiers, ou les ministres de notre collège, soient des

étudiants de la Société qui s'y rendent capables de rendre les mêmes services i ia postérité.

§ 9. Outre ces rentes, nous assignons et donnons à perpétuité, pour loger commodément les Pores, une maison déjà commencée, et que nous achèverons dans peu , avec une cour et un jardin déjà entouré de murailles, à la charge cependant de payer les menus cens, qui ne passent pas la somme de trois florins , et de plus une place pour bâtir une église.

§ 10. Nous réitérons et confirmons la promesse que nous avons faite aux Pères de travailler de bonne Toi à leur obtenir l'usage libre et commode de quelque chapelle dans l'église de Sl-Jacques , où ils puissent vaquer pendant quelque temps a leurs exercices spirituels , suivant leur institut, jusqu'à ce que, avec la permission que nous nous engageons à leur obtenir, ils aient bâti une église qui leur convienne.

§11. Au reste, nous assignons et donnons au collège ces receltes et tout ce que dessus, avec le consentement de Mgr le R"" François Richard ot , évéque d'Arras, notre supérieur, espérant en obtenir bientôt la ratification du souverain, pontife et l'agrément du roi , suivant l'exigence du cas.

§ 12. Nous nous réservons néanmoins, h nous et à nos successeurs, la propriété des trois autres collèges, et toute administration ou disposition en icelles, en sorte que lesdits Pères n'y puissent absolument prétendre aucun droit, et nous ne laissons à la Société que la simple fond ion d'enseigner et de former la jeunesse à la piété, gratuitement (selon l'esprit de leur institut) et sans aucune rétribution.

§ 13. S'il arrivait que les Pères, d'eux-mêmes, interrompissent leurs leçons , et qu'étant avertis ils ne les reprissent pas, ou qu'enlin ils quittassent eux-mêmes le collège par quelqu'évènement que ce fût , nous prétendons qu'alors leur maison , avec la dot entière , reviennent à nous et à nos successeurs , pour en disposer en faveur d'autres instituteurs.

§ 14. Dans cet esprit, nous avons pensé que pour mieux contenir à perpétuité lesdits Pères de la Société dans leurs fonctions d'enseigner, conformément à leur institut et afin qu'ils ne s'en déportent jamais , c'était assez pourvoir au bon ordre de notre collège , fondé dans l'Université de Douai , que d'adopter pour toujours les règlements établis dans les collèges de la Société , k Paris, à Louvain et dans toute la Flandre, pour rémédier aux inconvénients et parer aux événements dont nous avons parlé.

§ 9. Applicamus pratereà et donamus , nunc pro tune, et tune pro nunc, domum commodam cum liorto jam mûris cincto et arefi, eu m onere tamun minutorum censuum , qui non excudunt summam trium florenorum , in quâ Patres et Kratres habitare possinl , jam iochoatam et à nobis primo quoque lempore perficieodam , et locum prœteren pro templo œdilicando.

§10. Conlirmamus ad haec et promitlimus nos booà lide curaturos ut liherura elcommomodum usum capellœ alicujus in terapto sancti Jacobi pro patribus impetremus, in qui sua exercitia spiritualia tantisper exercere possint , juxtà Buum institutum , donec templuro ipsis commodum cum dictâ potes la te a nobis impetrandâ erectum fuerit.

§11. Illos autem redditus et qus diximus omnia, applicamus et donamus collegio, consenti en te reverendissimo episcopo Atrebatensi . domino Francisco Ricbardoto, superiore nostro, sperantes brevi condrmatiooem cùm à summo pontifice , tùm à serenissimo rege nostro, quoad res poslulabit.

§12. Réservantes nibilomiuus nobis, nostrisque successoribus reliquarum trium domorum seu collqiiorum proprietatem cum omni earum administratione ac disposilione , sic ut nihil omnino juris in illft prxdicti Patres sibi vindicare possint, relicto tantum Societati pr«diclx docendi ac juventutem ad pietatem informandi gratis (prout habet eorum institutum ) et sine ullis didactris oflicio.

§ 13. Si vero Patres per se munus docendi prorsusintermitlerent, nec inonili résumèrent, et in quoeumque eventu ipsi collegium desererent, tune volumus domum eorum cum dote integrâ ad nos successoresque nostros redire aliis tradendam institutoribus.

§ U.Etproindè, utprsedicti Patres Socictalis in munere suo docendi juxtâ suum institutum meliùs perpetuo contioeantur , nec ab eo deflciant , satis arbitrati sumus nostro collegio in Universitate Duacensi fundaloesse prospeclum, si loges studiorum et disciplina? scholaslicat remédia aut cauliones conlrà ejusmodi defectus et pericula perpetuo liahituri sumus communes cum collegiis Socictalis . Parisiensi scilicel Loraniensi et totius lïelgi».

CI1APITR

§15. Vol u m us itaque ut quidquid remedii vel caulionis ejusmodi \el eliam privilegii , de quo légitimé conslilerit, alicui istorum collegiorum, Lovaniensis scilicet et Parisini, et omnium collegiorum Belgia? per pra>positum gencralem Societatis aut congregalionem generalem in professione grammaticae, humauiorom litterarum et rhetorices , donatum est, aut in posterum donahitur, eliam huic nostro proporlionaliler censeatur esse donatum aut concessum , ila ut his uli possimuB.

§ 16. Et si forte quaedara animadversione quxrelàquc digoa evenirenl, quitus his legibus aut cautionibus occursum non essel , vel omninô ubi resauimadversionedigna videretur, volumus nobis noslrisque successoribus semper liberum esse pro ejusmodi coram quoeumque Societatis judice compétente, superioribus scilicet Societatis, vel summo pontilice agere et correctionem pro rei qualitate urgere.

§ 17. Denique singulare est istud quod cupimu» Patribus Societatis diligenter commendatum , tanquain praecipuam hujus nostri instituli partem et inlentiom-m , uti juventus piis chrisliauisquc moribus in timoré Dei instituatur, et qui ad pastoralem functiouem aliquando apli videbuntur, ita informenlur institulione catechismi, aliorumque quae hoc munus requirit , ul ecclesiœ Dei utiles efliciantur. Sed quia spiritualia ejusmodi exercilia ipsius Societatis instilulo sunt propria, nos hic aliam obligationem non requirimus.

§ 18. Atque ha>c eorum summa est quœper Dei gratiam nos, Joanues I.entailleur, abbaset religiosi conventùs sancti Salvaloris Aquicinctensis , pro nostro in rempublicam christiaoam studio, Societati Patrum nominis Jesu super oblato à nobis collegio proponenda esse judicavimus, reverendum Patrem Francisai m à Borgia ejusdem Societatis praepositum generalem rogantes , ut dicti collegii applicationem , donatiooem atque dotationem à nobis bunc in modum factam cum spe dotis aliquando augends, non gravalim ad Dei honorem et reipublica; chrisliaoa; salutem recipiat atque admitlat , animumque adjiciat, ut id rectè et pro novae acadeiniae dignitate inslituendum curet.

Aquicincti, decimâ septimâ januarii, anno Domini millésime quingen lesimo sexagesimonono. Sul.signalus. P. Deleval. Inferiùs erat scriptum:

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