CHAPITRE XXVII
Germaniam Societalis nostrae provincial! , salu- viocial de notre Sqciété dans Ja Baasu-Ger-
tem in Domino. manie, salut en Noire-Seigneur.
Cùm in civitate Duacensi pietas admodùm La piélé du révérend Jean LentaiJleur, abbé
reverendi Pat ris Joannis Lcntailleur abbalis d'Anchin , lui ayant fait prendre Ja résolution
Aquicinctensis , cum consensu venerabilis sui d'ériger un collège à notre Société , du con-
conventûs, collegium noslrœ Socielati erigere et seulement de sa vénérable communauté, et de
dolare ad commune bonum et Dei gloriam cons- le doter pour la gloire de Dieu et l'avantage du
lituerit, nos tibi cujus prudenliœ ac solerliœ public, la contiance que nous inspirent dans le
mulluin in Domino conlidimus , facultatem ac Seigneur votre prudence et vos lumières, nous
potestatem plenam ad admiltendum bujus modi engagent à vous donner tout pouvoir pour entre-
collegium, prout mentent noslram iutellexisti , prendre ledit collège , conformément à nos in-
conferimus: et quidquid à le ut à Procuratore tentions qui vous sont connues, et nous pro-
noslro, bujus concessionis vigore gestum fuerit, mettons d'avoir pour agréable , et de ratifler tout
ratura et gratum nos hnbituros pollicemur. In ce que vous ferez en notre nom en vertu de cette
cujus rei testimonium bas patentes litterasmanu permission. Dn foi de quoi nous avons signé les
nostr& subscriptas sigillo Societalis nostras ob- présentes lettres de notre nom, et nous y avons
sigoari fecimus. Romas decimâ octavfi Dieoclo- fait apposer Je scel de notre Société. Donné à
bris miliesimo quingentesimo sexagesimo nono. Rome, le 18 octobre 1569. Signé, François,
Subscriptum Francisais, et sigillatum in ceri et scellé en cire rouge, avec l'empreinte du
rubeâ cum effigie nomiois Jesu , duarum stel- nom de Jésus , de deux étoiles et de la lune, larum et lunsc impressâ.
§ 4. Ego, inquam , nomine pradicti R* prœ- § 4. Je François Costerus , au nom du susdit
positi noslri generalis praefatum boc collegium révérend Père notre supérieur-général , reçois et
Duacense cum conditiooibus in instrumento fun- agrège à la Société de Jésus ledit collège de
dationis dicti collegii contenus, accepto et Douai, aux conditions portées dans l'acte de
admitto in Societatem Jesu , voloque hâc auc- fondation dudit collège , et en vertu de ce pou-
toritate mihi commissâ , ut virtute hujus accep- voir qui m'est confié, j'entends que notre Société
tationis nostra Societas Jesu obligata sit et as- de Jésus soit obligée, par cette acceptation, et
tricta ea servare quœ in praîdicto instrumento engagée i observer tout ce qui est contenu dans
donationts habentur. ledit acte de donation.
§ 5. Quœ omnia servanda speramus, eoque § 5. Ce que nous espérons exécuter avec tout animarum fructu quem optamus perlicienda l'avantage des âmes que nous désirons , moyenaspirante nobis Dei omnipotentis gratiâ, ad nant la grâce du Dieu tout-puissant, dont la cujus gloriam hœc ipsa rereruntur. gloire esl l'objet de ces mômes engagements que
nous contractons.
In quorum (idem bas litteras meâ manu En foi de quoi j'ai signé les présentes de ma
subscripsi easque sigillo communivi , vigesimâ main , et y ai apposé mon scel , le 23 janvier
tertiâ die januarii anno Domini miliesimo quin- 1569. Signé, François Costerus, provincial,
gentesitno sexagesimo nono, subsignatus ita et comme dessus. Franciscus Costerus provincial» , ut suprà.
Ce collège , dont l'abbaye d'Anchin avait acheté tout l'emplacement de ses propres deniers , et pour l'agrandissement duquel le magistrat de Douai avait donné de son côlé, vers 15G8, toute l'étendue en long et en large de la petite rue Painapel1, derrière les maisons de la rue St-Jacques , entre les deux rues des Carmélites et des Ecoles ; ce collège , disons-nous , formait un carré oblong , borné dans sa longueur par la rue des Carmélites au nord-est , et par la rue Paillerel * au sudest, ce qui formait une ligne de 91 toises ou environ; et dans sa largeur, parla rue des Ecoles au nord-ouest , et par le derrière des maisons de la rue St-Jacques au sud-est, ce qui formait une autre ligne de 88 toises ou environ; et dans cet espace , le fondateur avait cédé aux Jésuites , outre la place destinée au bâtiment de leur église , un terrain borné de deux côtés par les rues Paiuapel et PaillereV , cl
» Rue qu» n'existe plus. * * Actuellement api*lee rue du Colléop.
des deux autres côtés, tant par la première cour que par le verger ou le grand jardin de son collège.
La dot de mille florins, que l'abbé s'était engagé à payer aux Jésuites, était sous la condition que le monastère fût libéré de la pension de deux cents florins, à laquelle il était tenu envers l'académie; et elle était constituée aussi sur certaines créances, de telle sorte que quatre cents florins restaient à la charge du monastère.
C'est en 1508 que les moines de l'abbaye d'Anchin commencèrent à mettre en pratique dans le couvent les règlements relatifs aux études et aux récréations , ainsi que ceux que l'évêquc lui-même avait accordés en ce qui concernait quelques dispositions et retranchements à apporter dans la célébration de l'office divin , la durée des vêpres, les heures de la sainte Vierge et les matines des morts qui se rencontraient dans la semaine. On chantait à haute voix les 4*, 8* et 12* répons de l'office divisé en douze leçons , et on récitait les autres à voix basse.
Nous avons dit combien avait été préjudiciable aux intérêts de l'abbaye la permutation des biens que le monastère avait en France , et notamment du prieuré de St-Sulpice de Doulens. « Les revenus des biens (dit Fr. de Bar), qui nous avaient » été donnés en échange , ne rapportaient pas la quatrième partie de ce que nous » rapportaient ceux qui nous avaient été enlevés ; et cela par la fraude et la mau- » vaise foi du seigneur Bouchault, qui avait fait cette affaire. » Quoiqu'il en fût, le révérend , à la demande des religieux , s'occupa du soin de faire ériger un nouveau prieuré sous le môme nom de St-Sulpice. A cet effet , des lettres , munies des sceaux du couvent et de l'abbé, furent délivrées, en vertu desquelles des revenus furent affectés à l'érection de ce prieuré et aux frais d'entretien d'un prieur. Et ou fit un arrangement qui rendait distincts les biens du monastère de ceux du couvent de St-Sulpice.
Vers cette époque, il y eut fête à Anchin : Dom Gaspard de Bovincourt, l'élève chéri du vénérable abbé feu Jean Asset, dont il avait été chapelain , ainsi que de l'abbé Lentailleur, revenait , après une longue absence , de Jérusalem. Far zèle pieux , il avait accompli un pèlerinage en Terre-Sainte, et il en rapportait des reliques précieuses, parmi lesquelles était le roseau qui avait été aux mains de Nolrc-Seigneur.
De retour au monastère, Gaspard de Bovincourt exerça pendant un temps encore l'office d'économe de l'hôtel abbatial , . t bientôt il fut appelé à la prélature du monastère d'Audembourg , près de Bruges. La cérémonie de la bénédiction se lit à Anchin , l'an 1569, le 8 mai, qui était un dimanche. François Richardot, évèque*d'Arras , officiait, il était assisté des deux parrains du nouveau prélat , dom Jean Lentailleur, abbé d'Anchin, et dom Jacques Gantois , abbé de Marchiennes. Et parmi les personnages qui étaient présents , on remarquait le vénérable abbé d'Hénin , avec M. Maxiinilien Morilla, vicaire-général du cardinal de Granvelle, l'archevêque de Malines et levèque de Tournai.
Mais l'abbé d'Anchin proposait fréquemment de nouvelles pratiques d'austérités aux frères; et ceux-ci, mécontents, faisaient adresser, par l'abbé lui-même, à l'évêquc , des réclamations pour obtenir que les rigueurs des instituts fussent adoucies. Alors le révérend , alléguant le mauvais état de sa santé , qui le retenait malade et souffrant pendant la plus grande partie de l'année , et pour ne pas , disait-il, être plus longtemps à charge à la communauté, voulut se démettre de la dignité abbatiale. Cependant, par la suite, mieux couseillé, et craignant d'avoir à se repentir d'une retraite inconsidérée, il remit toute l'affaire au jugement de