‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 211 sur 306 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

sommaire. — L'abbé Warnler séjourne quelque temps à Arra». — Le prieur, a Douai, teille à la conservation de la trésorerie d'Ancbin. — Pierre Passet fait, au nom de Joacbin, des propositions d'accommodement. — Le docteur Fcrrarius intervient dans cette affaire. — Le prieur se dispose à partir pour Arras. — Accident qui met sa vie en danger. — L'abbé Warnler est ramené à Anchln. — Fuite des Joaehinistc*. — ils vont i Bouchain auprès de Joarhln. — Incidents de la fuite.— Nocl Fruy, resté à Anchin avec d'autres moines , défend la cause de Joarfiin.

— Joacbin va à Cambrai ; il cherche a s'emparer de la trésorerie d'Ancliln. — Ordonnance de l'archevêque de Cambrai signifiée à Joachin. — Lettre du prieur de Bar, pour ramener les frères égarés. — Antoine Pterquin et d'autres frères reviennent au bercail. — Pierre Passet envoyé au prieuré d'Avmeries. — Sceaux nouveaux. I&79. — Les circonstances de la guerre obligent les frères à se réfugier au prieuré de Sl-Sulpice de Douai.— Joachin, soutenu par le parti huguenot, fait des tentatives pour reprendre le pouvoir. — Festins joyeux. — Le carrosse de l'abbé. — Il ne reste plus auprès de Joachin que huit frères; quels ils sont. — François dllours «e fait nommer a la prélature de Fémy. — Lettres du roi d 'Espagne en faveur de Joacbin. — Nouvelles lettres du même roi d'Kspague en faveur de Warnler de Daure, qui révoquent les premières. — Contestations de Joachin.

— Le duc de Parme, gouverneur des Pays-Bas. I&80. — Repentir du frère Plcrquin; sa Ictire. — Anciens sceaux retrouvés. — Warnier rétabli dans tous ses droits. — Joachin , aumônier du roi d'Espagne. — Il vise à la mitre archiépiscopale. — Il est frappé de la peste; sa mort. — Mort des frères Le Thomas, Philippe de Loviguics et de Juste Probe. — Gérard Gauthier rentre en grâce auprès de l'abbé Warnier. — Retour de J. Lamclln; sa lettre.

— La crosse abbatiale d'Ancbin retrouvée. — Mort du comte de Lallaing. IS82. — Pillages et incendies dnns les environs de Douai. — Caractère ombrageux de l'abbé Warnier. — Dissentiments. — Orage et tremblement de ttrre; terreur dea religieux. — Calendrier grégorien ; — Ordonnance de l'évéque d'Arras, qui en prescrit l'usage dans le diocèse. IS83. — Procession des Franciscains à Douai. — Fondation de la nouvelle église du collège d'Anchin. — Cérémoaies * cette occasion — Augmentation de la dotation des PP. Jésuites. I&8*. — Livre du

Hall. — Noël Fruy revient au monastère ; sa pénitence ; ses lettres.

Le révérend Warnier de Daure séjourna quelque temps à Arras , dans la maison de refuge que l'abbaye d'Anchin avait dans cette ville , en attendant que ses affaires fussent réglées, ou du moins que les premières conditions de sa réintégration fussent arrêtées. Pendant ce temps, le prieur restait à Douai pour s'opposer autant qu'il était possible aux entreprises de Joachin et de ses agents sur les biens et objets précieux appartenant à l'abbaye, et qui étaient dans le prieuré St-Sulpice et dans l'hôtel abbatial auprès de l'église Notre-Dame. Le prieur était aidé dans cette surveillance pur l'intendant Picard , que l'abbé avait envoyé pour cela à Douai. Toutefois il fut impossible d'empêcher complètement ces brigandages , car les misérables avaient pris leurs mesures ; ils avaient soustrait pièce à pièce beaucoup d'objets dont ils chargeaient des chariots qu'ils faisaient partir , mêlés à d'autres chariots qui traversaient la ville, de façon qu'on ne pût reconnaître les voitures qu'il aurait fallu arrêter.

Dom Pierre Passet, l'homme de confiance de Joachin et qui conduisait toiles les affaires, était fort adroit et actif; insinuant et ayant un grand empire sur les

autres , c'est lui qui s'était chargé de toutes les démarches et qui avait fait jouer tous les ressorts pour jucher Joachin sur le siège abbatial. Après avoir procuré à son intrus la confirmation et la bénédiction , il avait employé toutes les ressources de son adresse pour l'étayer et le soutenir. Quand |es choses n'allaient pas comme il l'aurait voulu , quand il apercevait chez les frères quelque signe de mécontentement , de regret ou d'hésitation , il savait les apaiser par quelque bonne parole ; il raffermissait leur dévoûment chancelant ; il réchauffait leur zèle et leur persuadait que tout allait au mieux. Ce n'est pas qu'il fût lui - même toutà-fait rassuré sur l'issue de cette comédie ; et déjà depuis quelque temps prévoyant la chute de son prélat de contrebande , il avait mis en campagne quelques négociateurs prudents chargés de faire des ouvertures pour que le prieur s'entremît auprès de l'abbé légitime, afin d'amener les partis à une sorte de compromis ou d'arrangement.

Le prieur ne repoussa pas ces propositions d'accommodement , mais il voulut eu connaître les conditions. On les lui exposa dans un écrit qui avait été rédigé par Ferrarius , avec qui le prieur était lié d'amitié. Dans cet écrit les Joachinistes demandaient que ce qui avait été institué par Joachin , concernant les offices, restât tel et fût ratifié ; ils exigeaient encore beaucoup d'autres choses , outre l'impunité et le pardon pour les actes et délits contre l'obéissance et le respect dus au M™' évèque et à l'abbé légitime , et pour les fautes commises envers le prieur et les autres officiers , en l'absence de l'abbé , etc. Divers articles de cette convention , quoique assez obscurs, lorsqu'ils furent exposés par l'envoyé des Joachinistes , parurent au prieur avoir été rédigés dans l'esprit de Joachin et de ses partisans. Mais, en particulier, le docteur Ferrarius fit entendre à Fr. de Bar que ce n'était pas une raison pour que , par la discussion , les affaires n j s'arrangeassent pas au gré et conformément aux intérêts de l'abbé Warnier ; il lui remit une note ou mcmenlo, qui réduit les articles à quelques points formant la base de l'arrangement. Celle note, que nous retrouvons dans les écrits du prieur de Bar, était sans doute plus intelligible pour ceux qu'elle intéressait , qu'elle ne peut l'être pour nous.

Jn* Joachinorum pretentuin hnr admodum breii formnld; ubi r> pro Joachino sm Zorllt accryil l). vtro prn Uaureo.

Pour entrer eu accord , etc.

Ab extremo ad e.rtreinum non niti per médium itur.

Les points extrêmes sont :

Daureut contend de simplement rentrer en possession (réelle et actuelle) de etc. En vertu de sa première institution, nonobstant tout ce que seroit entrevenu de la part Zottius, comme tout cela (de facto) estant néant et de nulle valeur, pour cause, etc.

Ut m procettu , Zoelle contend 1 le tout estre valable , ou pour le inoins, de telle efficace que pour estre congnu en droict et déclaré par sentence de juge à ce compétent.

Suyvants tels différents se sont les religieux divisés en deux parties , estimons chacun d'eux estre bien fondés a l'apparente désolation de la maison , utriutque in rebut tpiritvalibus et temporalibus , tel que pour remettre le tout en repos.. A quoy , qtiid ti tic.

Daureut , nonobstant sou bon droict ( ab initia ) certain ny depuis mis en double , jusqu'à ce qu'il auroit donné occasion et lieu , comme il semble à tout ce quy est survenu , consentiroit estre la chose mise en droict et congnue par juges à ce compétent , comme la chambre (mmmario judicio), produisants chacun d'eu* tous leurs lettres et deffences ,

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