‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 51 sur 306 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

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eipeto qu ] ut vide J

Qucm scr ] desudo I 1

Suscip i g offero Chr

nas primit J Complac simul oplin Qiiod inan oeque quod per Vita saius » j te super omn j] Gaudia praem dilia \i>n Nil snpient alque salubr Nil precor atnpl hoc rnihi da p Hune tua vise 1 Virgo puerp j Ut mea vuln -jj sanet et eth j Quodque lab 1 sedulus h j Hoc mea sp 1 hic si; requi ] Lector in h ] qua legis Ut quia sum r eripiat D j Qucm satis d puniret vermibus Sanctorum t ] celesti jiuigat in j Quô sic Jord i non sit mercedis in j

[ labor hic meus ] [ peto sed inilii d J

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t^es vers se lisent ainsi :

Qaem scrlbens desudo JLbens prior est liber lsle.

Susciplas haa primilias qnas ofTero, Christel Com placent simul optioeat labor hic meua à te

Quod maneat neque quod pereat : pelo, sed mlhi date.

Vita, salut, via, te super ooania quœro : fruar te

Gaudia prasmla , ditia zenla , ai potiar te , Nihil sapientiàs atque salubrlù* expeto quam te.

Nihil precor amptiùa : hoc mlhi da plus ut vldcara ta.

Hutic tua viscera , Virgo puerpera prona, precare , Ut mea tulnera sanct et ethera det pénétrera.

Quoique laboris sedulus horls soivo stalutis

Tradu<tion :

Ce livre que volontiers j'entreprends d'écrire est le premier

Chiist, reçois ces prémices que je t'ofTre. En même temps qu'il te complaise que ce mien labeur

obtienne de toi

qu'il reste et ne périsse pas : Je te le demande, mais

donne-toi à moi.

Vie, salut, voie , je te désire par-dessus toutes choses :

que je jouisse de toi.

Suprêmes récompenses, riches présents, si je te possède, Je ne désire rien de plus sapient , rien de plus salubre

que toi.

Je ne demande rien de plus, Dieu miséricordieux : fais qu'il me soit donné de le voir.

Vierge, qui as enfanté , prie Celui qui est les entrailles qu'il guérisse mes blessures , et qu'il m'accorde de pénétrer dans le séjour étbére.

Qu'assidu au travail je le termine dans les heures que j'y

consacre :

loi

Cela est mon espérance j que de là me vienne le repos, Hoc mea spes, hic slt requies, hinc causa saUis.

que de là vienne la cause de mon salu».

Lecteur , à l'heure où lu lis prie pour moi misérable , Lector , in borà qui legis , ora pro misero me ,

afin que, puisque je suis coupable, Dieu m'arrache du Ut quia sum reus, eripiat Deusa baratro me,

gouffre;

et que moi , qui mériterais les peines de l'eofcr , Quem salis dignè punirct vermibus , Igne ,

il me réunisse à la troupe des anges dans la ville céleste. Sanctorum lurlu' cclesti jungat in urbe.

Qu'ainsi la récompense de Jomuh ne soit pas vainc. Quo gic Jordancs non ait merecdls inanis

Nous retrouvons notre artiste, le moine Jordan, avec toutes ses imaginations et ses fantaisies, dans le magnifique volume grand in-f% contenant les épitres du pape saint Grégoire : Gregorii magni epistolœ (n° 342 du catal.). C'est un des plus beaux manuscrits qui se puisse voir. Les initiales et majuscules sont délicieusement ornées. Le premier chapitre, Oportet fratres, s'ouvre par un grand 0 à fond d'or , placé dans un quarré de pourpre violet , et dans lequel se développent des circonvolutions d'azur et de .vermillon , puis à chaque titre , au . commencement de chaque épitre , ce sont des dessins capricieux et toujours élégants , soit que le manuscripteur , n'ait fait qu'indiquer le trait à l'encré rouge ou verte , ou que les fonds et les sujets soient diaprés d'or, d'argent, d'outremer, de pourpre, d'écarlate et de toutes les couleurs les plus riches et des nuances les plus variées. Les dessins les moins complexes et les moins éclatants ne sont pas les moins intéressants : Au verso du 10e feuillet, l'E majuscule qui commence la lettre ou épitre à Honoratus, archidiacre de Salonique, est occupé par un petit musicien vêtu d'une tunique courte , ouverte sur le devant ; il est chaussé de bottines et coiffé d'une sorte de bonnet phrygien; il joue d'une espèce de viole. Au feuillet suivant, dans le G qui commence l'épître de saint Grégoire , à Noël , évêque de Salonique , G esta quœ nobis , est un personnage barbu , ayant comme le précédent , une tunique et des bottines, mais qui est coiffé d'une couronne fermée, comme celle de Charlcmagne, il tient de la main droite une manière d'instrument de musique, dont il frappe légèrement pour en tirer des sons.

Nous ne parlons pas des hydres , des monstres , des hommes à tète de chien , à pattes d'animaux , gambadant et grimaçant dans les enroulements et les entrelaes de végétations imaginaires; des loups qui hurlent, des lionnes qui s'élancent et mordent ; des chasseurs armés d'épieux , d'arcs , de flèches , de haches. Dans tous ces dessins et peintures, toujours la symétrie 'la plus harmonieuse avec une variété divertissante, et une fécondité infinie d'inventions.

La sirène est une figure qui se reproduit assez fréquemment dans les dessins et peintures du 12* siècle. Nous l'avons déjà signalée dans le manuscrit précédent de Jordan. Nous la retrouvons de nouveau ici, peignant sa chevelure dans le C majuscule qui commence la lettre à Narcé : Caritas vestra. Au demeurant, ce symbole se rencontre fréquemment encore aux 1 o • et 16* siècles : on connaît la gravure de Lucas de Cranach. Je possède un petit tableau rond, de la fin du 15* siècle, peint dans la façon de Jean de Bruges, et qui représente une sirène au boni de la mer, faisant sa toilette , avec un peigne et un miroir.

Revenons à notre manuscrit; on voit dans l'O initial de l'épître de saint Grégoire à Maurice , empereur d'Orient , Omnipotcns Dais qui pietatem , la représentation de cet empereur, qui tient d'une main la lettre de saint Grégoire , et de l'autre une église. Dans le grand O qui commence l'épître à Pierre Domitien et ù l'évèque Espidius, nous revoyons nos bateleurs, grimaçant et prenant des poses,

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