CHAPITRE VII
net et original sans bizarrerie. Les animaux, chiens, perroquets, faisans, s'écartent moins de la forme naturelle. Du reste, pas de scènes grotesques; l'ornementation est partout simple, gracieuse et correcte.
Au verso du dernier feuillet, en l>as, est écrit, de la main du calligraphe, ce huitain en vers léonins :
Fercula perpétue libl, lector, porriso vile. Suscipe , drçusta , ilnnt viverc Juge contesta ; Nec tibi ait vile, nec temnas sicut onile Quod liber hic fatur. Uinc denique quisque bcalur Lector et auditor dictorum sed mnge factor; Syrmata poMponcng ged vellc meum libl pandens Ul faveat fortuna too deposce GstunDO Secula pcx cuncla potiatur Juce beala.
Ce moine Gérard a exécuté aussi pour l'abbaye d'Anchin les deux beaux volumes in-f° à deux colonnes (n° 278 du catal.), contenant: Yhcronimi cxplanalioncs in Isatm prophetam. Au verso du dernier feuillet du tome premier sont ces trois vers :
Scrlplor qnid lector, quid vis det tutis auctor Vitam eum luce ceturum prestet in arec. El volis, (jCrardf:, tuis Ueus annuat Utis.
Ces deux volumes sont ornés d'initiales et de majuscules en couleur dans le même goût que celles des précédents manuscrits du même artiste.
Le moine Laubkrt , religieux d'Anchin au temps d'Alvise et de Gossuin , a été occupé à la transcription des ouvrages qui formaient la bibliothèque de l'abbaye , au douzième siècle; témoin l'inscription qui termine la copie, ornée de belles majuscules, d'un Cassien : Super librum imtitutionum palrûm ad Caslorem papam Gallicanum (n* 329 du catal.), in-quarto oblong, longues lignes, vélin.
Voici cette inscription, ou plutôt cette prière courte et naïve, où le manuscripteur, par un souvenir pieux et touchant, associe à son nom la mémoire de son père et de sa mère dans les vœux qu'il adresse à Dieu pour son salut :
Anima: patris et raatri» LtxneftTi consortientur fldelibus; ipse aulcm vivens féliciter vivat, et in fine in dettera Patrl* cura ovibus electls securus assistât. Amen.
Les sentiments humains et les affections d'une tendre amitié n'étaient pas exclus du cœur de ces religieux artistes; pour le dire en passant, nous avons rencontré dans un magnifique manuscrit du douzième siècle **, provenant de l'abbaye de Marchiennes , ouvrage de deux manuscripteurs , une ravissante petite miniature , où le Christ et la Vierge reçoivent des mains des deux moines artistes le livre, fruit de leur travail. Les pieux amis s'élèvent ensemble vers le ciel , et la légende du phylactère exprime le vœu de n'être pas séparés dans le royaume des cieux :
l'oscunt Bcriplores en pu le cclestls amore*.
Nous n'avons rien trouvé qui indiquât les noms de ces deux manuscripteurs. Seulement , à la fin du premier volume , on lit ces deux vers :
Mcrecs scriptori ait compensât* labori Yita bcnla, Dcus et locus ethercus.
n D. Auguttini super Psalmos, 3 vol. in-folio, en deux colonnes, n* 291 du catal. Noua nous réservons d'en parler en détail, de ce livre magnifique, dans un travail que nous préparons sur les manuscrits considérés au point de Tue de l'art du dessin.
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Ces associations entre deux rubricateurs dont l'un était plus spécialement chargé de peindre les miniatures et de colorier les dessins, ne sont pas rares surtout pour les ouvrages importants et volumineux ; toutefois il ne paraît pas qu'il en ait été ainsi pour le splendide exemplaire des Œuvres de saint Bernard (3 vol. grand iu-f°, n° 367 du catal.) 11 fut exécuté tout entier, écriture et peintures, par un frère d'Anchin, le moine Sicherus : a Je n'ai jamais rien vu de plus beau en ce » genre , » dit l'écrivain des Voyages littéraires M. Ces trois énormes volumes sont en effet un chef-d'œuvre de calligraphie rendue plus précieux encore par les belles miniatures dont les deux premiers volumes surtout sont enrichis.
Nous avons retrouvé en plusieurs endroits le nom de l'artiste religieux, disciple de saint Gossuin , qui a écrit et enluminé ce livre magnifique.
Au recto, et en bas du second feuillet du premier volume, on lit ces vers adressés à saint Bernard :
Ora pro misero, paler Dernarde, Siccbo, Qui tua collegil etMn unntn scripta redegiL Gratta dirtorum ne corda taeerct eorum.
Qoos dWinorum reûcil cibus cloquiorum Qui aie acrlpluras reedunt rerumque figurât Ut paatum mentis hujua adquirant alimentls Et aie dukorem deguatare inlerlorem Ut non inûari aed querant ediOcari.
Au second volume , recto du quatrième feuillet en bas , est ce sixain en vers , aussi écrit de la main du même écrivain :
Cbriate Dei flll , qui daa pro munerc vili CentupUeata boua mereedem te mlbi dona ; Nil aliud apero , ni) prêter te mini quero. Te midi da munua, quia aufQcit omnibus nnus; Tuque, pater miacrl , Dernarde, mémento Siccri , Ut donetur el lux perpétue requietur.
Nous n'indiquerons que les deux principales miniatures.
Vers le milieu du premier volume, le Traité de saint Bernard sur les douze degrés d'humilité, est annoncé par une miniature de grande proportion, formant un I majuscule ; le sujet ou la scène qu'elle représente est celle - ci : Des anges parcourent l'échelle de Jacob; l'échelle, dont les montans sont argentés, a douze échelons d'or, figurant les douze degrés d'humilité. Le dernier des anges de la série descendante , porte un phylactère sur lequel est écrit :
Ponom sedem meam ad aqulionem , et ero aimiJis excebo.
Le diable, qui est au pied de l'échelle, et qui est armé d'un marteau , saisit par la chevelure celui de ces anges qui est arrivé en bas, et le frappe de son marteau.
Les anges de la série qui remonte l'échelle, sont couronnés du nimbe saint, et à mesure que chacun d'eux arrive au sommet, le Christ, placé dans un tympan à fond d'or, entre saint Benoît et saint Bernard, le bénit et l'attire à lui.
Dans le tympan inférieur , Jacob , endormi et sous l'impression de la vision , tient un ruban ou phylactère sur lequel est écrit : l 'ère locus iste sanctus est. Dans ce tableau, les couleurs sont d'un éclat sans pareil, et les figures ont une expression remarquable.
** Yoy. Litiir. de deux Bénédictins, {. 2. Seco voyage, p. 78 et Tt».
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