‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 63 sur 306 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

predicti fratres sanguineum » et burinam i et ajouta aussi que les susdits frères avaient le

latronem T in curte et atrio habebant et quod sang fc, la meslée 6 et le larron 7 dans le ma-

exitus suos ad libitum suum rémanente uno noir et dans la cour de la ferme, et qu'ils

exitu versus castrum facere potcrant. avaient pu faire leurs issues à volonté , une

seule issue restant vers le château.

Clausuram quoque murorum suorum exal- Qu'ils avaient droit aussi d'élever leurs mu-

tarc prout vellent sicut alie domus monastice railles de clôture comme ils le voudraient,

religionis facere consueverunt. Asseruit iosuper ainsi que les autres maisons monastiques reli-

quod hoc idem recognovit maritus ipsius Go- gieuses ont eu coutume de le faire. Elle est

zuinus de Mons in articulo morlis positus. convenue en outre que Gozuin de Mons, son

Ad quein heredilario jure allodium de Ameries mari, à qui , par droit héréditaire , l'alleu d'Ay-

pertinebat. Nos autem.ad omnem disceptationis meries appartient, avait reconnu cela, étant

scrupulum deinceps removendum , prefatam à l'article de la mort. Et nous , pour écarter

elemosinam sepe dicte ecclesic auctorilale nos- toute cause de difficulté et de discussions , par

tra assignamus et presenti scripto corrobora- notre autorité , nous assignons ladite donation

mus et tam sigilli noslri impressione quam à la susdite église , et nous la conlirmons par

subtersignalorum testium annotatione ralam Je présent écrit, que nous ratifions , tant par

fore decernimus. l'impression de notre scel que par l'annotation

des témoins sous -signataire?.

Signum moi ipsius. S. Iluardi. S. Vualchcrt Seing de moi-même. S. de Huard. S. de

decani de Bavai. S. Vuerrici et Balduini près- Gualcher, doyen de Bavai. S. de Guerry et de

biterorum. S. Nicholai ahhatis Maricolensis. S. Bauduin, prêtres. S. de Nicolas, abbé de Ma-

Vualieri de Busies. S. Vueillelmi de Hausi. S. roilles. S. de Gualter de Bousie. S. de Guil-

Raineri de Vualleirs. S. Stephani de Donen. laume de Haussy. S. de Ramier de W'aslers.

S. d'Etienne de Denain.

Actum annoVorbi incarnati mclxxvu , pre- Fait l'an du Verbe incarné 1177, de notre

sulalus vero nostri anno primo. prélature la première année.

Original dont le sceau est enlevé, mais où reste la double attache do cuir. { Dépôt de» Arch. gtinér. du départem.)

On a retrouvé dans le cartulaire du Hainaut que nous avons déjà indiqué , des lettres datées de 1178, par lesquelles Bauduin, comte de Haynaut, reconnaît que réglisc d'Anchin possède librement les villes d'Oberchicourt et de Pecquencourt , et qu'il n'y a aucun droit. Il veut que ceux qui demeurent dans ces villes jouissent de toute liberté, et qu'ils ne soient sujets envers lui ni ses successeurs à aucune corvée, môme si le comte va à l'armée; et si quelques-uns de ses habitants ont recours au comte , il ne pourra les défendre sans la permission de l'église ; ce qu'il reconnaît de l'aveu de sa femme, madame Marguerite et de ses enfants.

Cette charte est souscrite pr les barons du comte, savoir : Eustache de Rœux, Plauwel de Quiévrain, Alleman de Prouvi, Bauduin, châtelain de Mons, Gozuin de Tulin , et Robert li Baisles.

On retrouve deux copies simples de ces lettres, sous le vidimus en parchemin,

* Sanguis, sang, haute justice. Herum imperiwn tut major justifia sanguinis qua a domino feudi extrcilur in easibus in quibus sanguis deftuit. — Justifia sanguinis in criminibus qua morte aut membrorum detruncatione puniunlur (vêtus charut apud columbium ; 11b. 3. de episcopis cistariens. nura. 9)... in juslitiis sanguinis quando teilitrt quis pro sud culpà débet amittere vitam tel membrum. ( Charta WiUelmi comlt. Forealqoeril , an. 1212. t.ioss. Ducange.

6 Burina proprit mesleia, dispute, querelle, rite. Mesleia et Burina in hoc differunt quod. burina sit animosa eontentio in qua fixantes mutuis sese laeessunt conviciis. In hssiua vsro mutuis eonvieiis etiam adjiciant rerbera, utrumque sic optime vertitur (lallici : Querelle de fait et querelle de paroles, in veteri translations gallied charta Ouidonis comitis Ftandritt nn. 1*37. [Ibid.)

i Latro, le larron. Cognitio de tairont quj ad eu n pertinet , quiinfeudo suo magnam justitiam seu jus gladii habet. ( Ibid ).

Dana les arrêts du parlement de l'an I2S7, Il est dit: Quod habet justitiam Latkosis et potest latronem rapere et justitiare. [Ibid.)

donné le 8 août 1339, par Jean, abbé de St-Sauveur d'Anchin, et par Jacques, abbé de St-Jean de Valenciennes , et scellé de leurs sceaux en cire verte, en partie rompus*.

Le crédit dont jouissait l'abbé Simon auprès du saint-siège le Ht appeler à Rome dans les premières années de sa prélature, en 1179, pour assister avec trois cents évèques au concile général qui se tint au palais de La Iran. En revenant de ce concile , cet abbé se détourna pour passer par Glairvaux , afin d'y recueillir des reliques de saint Bernard, qu'il rapporta précieusement au monastère de St-Sauveur d'Anchin, où elles furent déposées avec solennité.

Déjà , au temps de saint Gossuin , le nombre des moines s'était tellement accru que la basilique d'Anchin était devenue trop étroite , et plusieurs fois les abbés avec les frères avaient mis en délibération le projet de l'agrandir. Enfin , la nécessité d'une nouvelle construction étant devenue plus impérieuse, Simon, en l'an 1180, au mois de septembre, après avoir tenu conseil avec ses frères, décida la démolition de la vieille église. Et l'année suivante , le 2 du mois de mars 9 , le lundi après le second dimanche de Carême , cent trois ans depuis le premier établissement du monastère, cent ans depuis la construction qui avait suivi l'incendie, on jeta les fondements d'une église nouvelle plus grande. C'est la même qui subsista jusqu'au temps de la révolution française.

Il se fit à cette occasion une grande cérémonie. Après la messe chantée en l'honneur de la sainte Trinité , l'abbé Simon , revêtu de ses ornements sacrés , s'avançant vers l'emplacement du nouveau temple à ériger , marchait entre les deux révérends abbés Jean de St-Amand et Nicolas de Maroilles, venus pour l'assister. Il était accompagné de tous les moines de la congrégation , portant les reliques et les chappes précieuses des Saints, entr'autres, la chasuble de saint Thomas de Cantorbéry. Les novices, vêtus de blanc, portaient la croix, les cierges, les encensoirs, l'eau lustrale et tout ce qui était nécessaire pour la cérémonie. A la suite du clergé marchant processionnellcment , venait Bauduin , comte de Hainaut , avec une troupe nombreuse de chevaliers. Une foule de fidèles , accourus de tous les environs, suivait le cortège. Le comte Bauduin dans la joie de son àme et en toute allégresse et révérence, posa lui-même la première pierre, et la scella avec du ciment. Et le soleil , qui les jours précédents avait été voilé par les nuages et par la brume, illumina cette cérémonie de ses rayons les plus resplendissants. C'était la septième année depuis la promotion du vénérable Simon. Le comte Bauduin , en témoignage de sa gratitude , donna à l'église beaucoup de dîmes , de même que son fils Bauduin , marquis de Namur, celui qui épousa Marguerite , fille de Thierri comte de Flandre, lequel après sa mort fut honorablement inhumé au milieu du chœur de l'église d'Anchin.

Un peu après , Philippe , comte de Flandre et du Vcrmandois , gratifia le monastère de bénéfices et d'avantages considérables; il lui accorda aussi le droit de vinage , de ton lieu et de péage pour toutes les choses qui seraient apportées à l'abbaye, par quelque moyen de transport que ce fut".

Pendant le travail des fondations, on retrouva le corps et l'épitnphe du vénérable Hugo, doyen de Cambrai, ce bienfaiteur si ardent et si dévoué de l'abbaye de Sl- Sauveur, et dont nous avons parlé dans les premiers chapitres de ce livre. Son

" Monummit ancietu, pnr le coml« J. de St-ilenoi». p. 481. » F. de Bnr, M«. tàié.

Aunaltu du Haynaul, i' vol. cliap. 34 , et F. de Bar. Mi. cité. »' F. de Bar IKJ.

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