‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 73 sur 306 · DIS COURONNES OU MITRES DES ABBÉS · texte numérisé non relu

DIS COURONNES OU MITRES DES ABBÉS

Nous pouvons à la lettre appeler couronnes, les mitres, que selon les statuts de l'Église il est permis , non pas à tous les prélats , mais aux évêques presque seuls de porter. Cependant, certains abbés tout nouvellement, à grands frais d'argent, se sont mis alnuivanent en jouissance de la mitre : Je dis abusivement , comme je dirais usage de peu de jours , usage que le temps n'a pas légitimé , et qui ne peut avoir pour lui la prescription , car selon le droit civil, l'usage n'est pas légitime alors que le temps légal de la vie d'un homme, l'espace de quatre-vingts ans , ne l'a pas contirmé. D'ailleurs, je suis certain que pareille chose ne s'est jamais faite [dans les temps anciens, si ce n'est pour un petit nombre de monastères spéciaux en France, par exemple dans le monastère de Sl-Denis et dans celui de Cluny, et encore en vertu de privilèges tout particuliers, et en considération de l'excellence d'une vie éminente. Que les cardinaux de la cour de Rome portent la mitre et jouissent de ces privilèges; ils en sont dignes , eux savants dans la double science de l'Ancien et du Nouveau Testament, eux qui sont à la tête du gouvernement du monde entier, et c'est à bon droit qu'ils se revêtent de cette marque de dignité, mais ce n'est nullement le cas pour la plupart de ceux que de nos jours nous voyons se parer de la mitre.

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