‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 85 sur 306 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

t a m i a i n f.. — GriLLAOBK Brunei , xv* a»»é. Installé en !2SO, — nommé Immédiatement après la mort de son prédécesseur. - Il achève les bâtiments de l'église. - Il fait ««curer à l'abbaye, par le pape Alexandre iv, la possession des bols que Robert de Montigny aTslt donnés autrefois 4 l'église d'Anchlo. — Il fait confirmer les privilèges et bénéfices du prieuré de St-Snlplee de Doullens. — Le pape Urbain iv confirme les legs et donations faite à l'abbaye par les moines et frère» convers. - L'abbé Guillaume obtient réparation de Goy de Montigny, 1244. — Lettre du moto de juillet I2&5 , dans laquelle Guillaume explique le sujet de la contestation. — Nouvelles «actions et violences du sire Guy de Montigny. — Procès, mémoire de l'abbé et du couvent. — Démêlés avec Guy de Dampterre, comte de Flandre, et sa femme Mabault, dame de Béthune.— Arbitres nommes, 1249.

Guillaume Brunei, autrement dit Brunen, xv abbé d'Anchin, m • du nom de Guillaume , était grand prieur du monastère lorsqu'il fut appelé à succéder à Jacques de Béthune. Ce fut un homme en tout digne de louanges, vir per omnia ûiudabilis, ainsi qu'il est désigné au Martyrologe d'Anchin. 11 fut élevé à la prélature en Tan 1250, immédiatement après le décès de l'abbé Jacques qui était mort au mois de décembre de cette même année.

L'abbé Guillaume m*, fut d'une piété profonde et d'une remarquable prudence. Les belles qualités de son âme et les mérites de son esprit l'avaient désigné au choix de ses frères, qoi l'appelèrent d'une voix unanime au siège abbatial. Ayant administré comme prieur la maison d'Anchin, il n'ignorait pas qu'elle était pourvue de tous les avantages ; que l'église avait reçu de grands accroissements et de riches embellissements , et que les revenus étaient dans l'état le plus prospère; aussi n'eut- il pas à se préoccuper beaucoup des choses terrestres. Néanmoins, c'est par ses soins que les bâtiments furent complètement achevés et que les toitures furent tout-à-fait terminées. Et pour assurer à son église l'entière et paisible possession des forêts qui étaient voisines d'Anchin , et que précédemment Robert, seigneur de Montigny, et son fils, avaient données à l'abbaye, il eut la précaution de faire assurer et consolider , par l'autorité du souverain pontife Alexandre iv, cette donation que le pape Honorius m avait déjà confirmée. 11 obtint aussi du saint- siège que le prieuré de St-Sulpice de Doullens restât indépendant de tonte autre jurisdiction que de celle de l'abbaye, et qu'il ne relevât absolument que de l'église d'Anchin et n'eût à répondre qu'à elle seule; ce qui fut consenti successivement par les évêques du diocèse d'Amiens, Evrard et Thierry. Plus tard aussi, en 1261 , comme un grand nombre de moines cl de frères convers, en faisant profession, léguaient à la communauté les biens qu'ils

avaient possédés dans le monde , Guillaume obtint du souverain pontife Urbain iv un décret confirmant ces legs et donations. Cet acte fut un des premiers du règne fort court d'Urbain.

Guillaume était doué d'une sagacité singulière et il était en même temps d'un esprit conciliant. Sa réputation de sagesse et ses vertus éminentes lui avaient acquis une grande influence; et il sut mettre à profit , pour le bien de son église, la faveur dont il jouissait , non-seulement en faisant assurer et affermir par le souverain pontife ce qui avait été fait avant lui , mais encore en sollicitant et en obtenant de nouveaux avantages pour l'abbaye d'Anchin. Et il était en telle considération auprès des princes, des personnages puissants du siècle et auprès des évéques et des prélats , que tous s'empressaient à lui venir en aide et à lui offrir secours et assistance.

Cependant l'abbé Guillaume eut quelques luttes à soutenir pour sauvegarder et dtffendre les intérêts de son abbaye et les droits de son église, notamment contre le sire Guy de Montigny, qui, ce semble, était fort querelleur et emporté, et de volonté mobile. L'histoire de ces querelles et débats est écrite dans les pièces et actes originaux de l'époque, provenant des archives de l'abbaye d'Anchin, et que nous avons retrouvée par les soins et l'assistance de M. le docteur Le Glay.

Ces documents , écrits en vieux français , ou plutôt dans l'idiome roman-wallon , qui est resté presque tout entier dans le patois de nos villages , sont d'un curieux intérêt et d'une certaine valeur archéologique comme monument et expression des moeurs, des usages et du droit dans nos contrées au moyen-âge.

La première en date, de ces pièces, est du mois de mars 1254; c'est un acte où sont exposés les griefs et vexations que le sire de Montigny avait exercés contre l'abbé d'Anchin et son couvent , et où il est dit que le seignenr de Montigny, ayant reconnu ses torts, s'en était amendé et en avait fait réparation devant témoins. Voici , avec le texte original que nous mettons en regard , la traduction de cette pièce intéressante :

L'an de l'incarnation de Jésus-Christ mil deux Lan del incarnation Jehu Christ mil et ccliiu, cent cinquante-quatre, au mois de mars, fut fait el mois de marc h fu fais cis escris. C'est li cet écrit. Voici quels sont les torts el les forfaits tort et li fourfait ke me sire Wis de Moptegni que messire Guy de Montigoi a fait envers Té- a faits envers l'abbé et le glise de Anchin. glise d'Anchin.

Premièrement , il advint que les valets de Premièrement il avint ke li karurier de Ancharrue labouraient les propres terres d'Anchin , chin ahanoient les propres terres de Anchin vers les monts. Messire Guy, par sa volonté , vers les moos. Me sire Wis par se volonté prist prit et arreïa ces laboureurs el en emmena un, el arresla ces La ru ri ère et en emmena l'un et et, tant qu'il lui plut, le ttot en sa prison sans tint en se prison tant com lui pleut sans cause cause, et en cela il n'avait nul droit, et le lit et la u il n'avoit nul droit, et le fistjugieren condamner à une somme d'argent à titre d'à- somme d'argent par raison d'amende lequel fait mende. De ce fait le sire Guy (il réparation et il amenda et rendit largent. rendit l'argent.

L'abbé d'Anchin fit faire par son prévôt, pour Li abbés de Anchin fit par sen prevost faire les récoltes de ses terres, son ban d'août, portant sen ban en aoust des esleules de ses terres ke que nul homme ni nulle femme ne les cueillit , nus hom ne nuls femme ne les cuellist, presist, prit, fauchât ni emportât avant le jour de Sl-Remi, faukast ne portai devaunt le jor saint Remi, ainsi qu'il avait droit de le faire et l'avait fait si ke il le pevit faire et avoit fait plusieurs fois, plusieurs fois. Les hommes de Mgr Guy, par sa Li home mon segneur Wion par se volenté u volonté ou par sa tolérance ou par son comman- *e souffrance u par sen commandement, si com

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