‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 88 sur 306 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

deswagoit et en meooit le parc lui il voloit sor le pooir de le glise. Ne dub restoit encontre de par le segneur de Montegni et çon raeisme faisoil li hosteliers quant il trovoil le damage Taisant.

Après quant il a convenut faire bousnaige u deseverence es terres dont li débat est li justice de le glise les a Tait et fait faire ke me sires par ses oste dout il avint ke le sires de Montegni sen vaut entremette a un ki passa et bousna en ces terres par se force contre le volenle de le glise. Li glise leu traist en cause et le list osier les bousnes par le droit de Eglise.

Apres quant arbres suut keu a le fontaine Saint-Gordaine u caupe u la enlour ou terroir de quoi li debas est ni en le voie devant dite li glise les a fait amener ke me sires.

Apres es terres de quoi li debas est Gilles Limaires et si anciseur tenoienl ligement en lief de le glise de Anchin xlv rasieres de terre ki sient en u pieches con apelc a le Wandiere et a le Viesvile le quele terres Gilles devan dis rendi a le glise frankement pour terre kil eut en escange a Fressaing.

Apres li glise reçut des anciseurs li segneur de Montegni le bos ki siet en cosle le bos de Anchin frankement a tenir, pour lequel bos li glise de Anchin li donna eu escange quil remit a sen lief nu pieches de terre el terroir de quoi li debas est si kil apert par le carte le comte Philippe de Flandres.

Après il avint ke li sires de Montegni vaut faire un molin a vent et comencha a faire com en se segnerie si ~kil disoit el terroir de coi li debas est. Le glise li deffendi par raison de segnerie et li lis le raairieu oster hors de sen pooir et de se segnerie hors des terres de quoi li debas est.

Apres il est avenu ke en le vile de LolTre li glise a toudis eu sen maieur et se justice. Ne onques autre maieur ni eut ne autre justice fors de novel ke li sires de Montegni li a mis de novel tenoit li maires de le glise ses plais des houmes de le vile et des fais ki avenoient en le vile et el terroir, a le foiB en mi le vile a le fois en le maison de le glise ki siet a Loffres ou en outre en le vile a se volenté a le fois dehors le vile el terroir devant dis la u il li plaisoit el devant lui

bêtes ou gens au préjudice de l'église, il les saisissait et enmenait les animaux qu'on y gardait (en délit) là où il voulait sur le territoire de l'Eglise, nul ne s'y opposait de la part du seigneur de M.mtigni, et l'hôtellier agissait de même quand il trouvait des gens faisant domage.

Ensuite , quand il a fallu faire bornage ou délimitation sur les terres en litige , la justice de l'église les a faits et fait faire comme seigneur par ses hôtes ; d'où il advint que le seigneur de Monligni , un jour qu'il passa , voulut s'en entremettre et mit bornage en ces dites terres par la force , contre la volonté de l'église. L'église l'a traduit en justice, et en vertu de son droit lui a fait ôter les bornes.

Ensuite, quand des arbres sont tombés ou ont été abattus près de la fontaine St-Gordaine , ou aux environs du territoire en litige , ou dans le chemin susnommé , l'église les a fait emporter comme seigneur.

Ensuite, aux terres pour lesquelles est le débat, Gilles Letnaireet ses ancêtres tenaient en nef-lige de l'église d'Anchin Ui rasières de terres, partagées en deux pièces, qu'on appelle à la Wandière et à la Yiefville, lesquelles terres ledit Giles rendit franches à l'église pour d'autres terres qu'il eût en échangea Fressin.

Ensuite , l'église reçut , des ancêtres du seigneur de Mootigni, pour tenir en franchise un bois qui est situé auprès du bois d'Anchin, pour ce bois l'église d'Anchin lui donna en échange, afin qu'il les réunit i son lief, quatre pièces de terre sur le terrain en litige 7 ce qui résulte d'une charte du comte Philippe de Flandre.

Ensuite , advinl que le sire de Monligni voulut faire un moulin à vent , et commença à le faire sur le terrain en litige, comme en sa seigneurie ainsi qu'il le disait, mais l'église le lui défendit par droit de seigneurie, et lui fit enlever le bois hors des terres en litige, comme étant hors de son pouvoir et de sa seigneurie à lui.

Ensuite, il est advenu que dans le village de Loffres, l'église a toujours eu son mayeur et sa justice ; et jamais il n'y eut autre mayeur ni autre justice , excepté le nouveau mayeur que le sire de Montigni y a mis récemment. Le maire de l'église tenait ses plaids concernant les hommes du village et les faits qui avaient lieu tant dans le village que sur le territoire , tantôt dans le village même , tantôt dans la maison de l'église, qui est située à LoOres, ou dans une autre maisondu village

à sa volonté , tantôt bore du village sur le territoire Busdit , là où il lui plaisait ; et on terminait les causes devant lui comme devant le seigneur. Et si quelque délinquant commettait un fait par suite duquel on le dût arrêter, la justice de l'église l'arrêtait , le détenait et en Taisait ce qu'il convenait de faire. Et en cette terre il y a bornes de même que sur le terroir ; et la justice de l'église a fait le bornage par ses hommes toutes les fois qu'il convenait de le faire. On faisait les bans au village de Loffres de par l'église , et jamais il n'y avait eu de méfaits à LolTres pour la justice , avant qu'en carême dernier , messire Guy n'eût agi par la force sans loi et sans jugement , ce dont l'église s'est plaint et se plaint encore, car il l'a fait contre le droit de l'église.

Eusuite, il advint qu'au village de Loffres il avait ses plantations plus avant qu'on ne devait sur le chemin, et les hommes du village le montrèrent à la justice de l'église. La justice de l'église les lit couper, ôter et emmener comme seigneur du lieu , par le jugement des hommes ( de fief), au vu et scu du pays.

Ensuite , il advint qu'au terroir de LolTres un bœuf tua une vache. On s'en plaignit à la justice de l'église. La justice de l'église déféra l'affaire aux juges de l'église ; ils se conformèrent à la coutume de la terre et jugèrent au vu et au sçu du pays que celui à qui était le bœuf devait rendre la valeur de la vache à celui à qui elle appartenait, et la justice la fit rendre par le jugement de ses hommes.

Ensuite, il arriva que deux hommes de LolTres blessèrent deux hommes de Guesnin dans lo village de LolTres, qui moururent de leurs blessures. L'hôtelier d'Anchin, par l'avis des hommes de Lofires , y mit la main comme justice du lieu; il Ot prendre les meubles des malfaiteurs et les Gt enlever et porter dans la maison de l'église à Lofires, et fit saisir leurs maisons, car il ne pouvait pas retenir les individus eux-mêmes qui s'étaient enfuis. La dame de Montigni intervint dans ce débat, et par elle et par ses enfants mineurs qu'elle avait en sa tutelle, et y mit la main par force. Au sujet de ce tort et d'autres que le sire de Montigni avait faits à l'église en enfreignant justice , ce dont l'église se plaignait et pourquoi elle avait toujours réclamé. On fit un arbitrage du consentement des deux parties, elles arbitres durent attribuer à chacun son droit, selon qu'ils trouveraient i loyale vérité. Les arbitres ne voulurent pas déterminer à qui était le droit , parce que les enfants étaient mineurs ,

terminoit on les causes comme devant le signeur. Et se aucuns tes passans faisist fait par coi on le deust arester li justice de le glise larrestast et detenist et en (esist çou ke a faire en apartenist. Et en ce le terre a bousne et en ces terroir et a fait bousme par ses houmes li justice de le glise toutes les fois kil convenoit bousnage faire et faisoit ou les bans en le ville de LolTres de par le glise. Ne ne fu onques maisfais fus a LolTres pour justice fors avant en garesme ke me sire Wis li fisl par se force sans loi et sans jugement dont li glise a este plaignans et encore est car il le fist contre le droit de le glise.

Après il avint qu'il avoit en le vile de Lofires saus plantées plus avant com ne deust sur le kemin et le moutrerent li houme de le vile a le justice de le glise. Li justice de le glise les lit cauper et oster et emmener ke me sires del liu par le jugement des houmes en le veue et le seue del pais.

Apres il avint el terroir de Lofires ke uns boes tua une vake. On en fu plaignant a le justice de le glise. Li justice de le glise courjura les jugeurs de le glise. II en alerent au sens de le terre et jugierent a le veue a le seue del pais ke li preudon cui ki boes estoit devoit rendre la valeur de le vake au preudoume cui li vake estoit et li fist rendre li justice par le jugement de ses houmes.

Apres il avint que doi houme de Lofires navrèrent n houmes de Gaisnaing en le vile de LolTres, el furent mort de le navrée. Li hosteliers de A oc tri n par le dit des houmes de Loffres i mist main com justice del liu et fist les cateus les malfaiteurs prendre et lever et porter en le maison de le glise a Loffres et saisir leurs maisons car il ne pooit mie tenir les corps kil senfuirent. Et li dame de Montegni mist en che content par li et par ses enfants ke le avoit en baillie ki esloient desagiet el i mist main par se force. Pour cest tort et pour autre ke li sire de Montegni avoit fait a le glise eu enfraignant justice de coi li glise esloit plaignant et lour avoit toudis calingiet , fut mise prise par lassentement de lune parlio et de laulre et durent li miseur douner a cas eune partie sen droit selonc con kil trouveroient a loial vente. Li miseur ne vaurent mie terminer cui droit ce fust par cou ke li enfant estoient deja agie ains disent ke li querelc

Page 1