‹ L'abbaye de Beavliev-lès-Loches et quelques monuments de sa dépendanceChapitre 16 sur 49 · LES BATIMENTS DE L ABBAYE ET QUELQUES ŒUVRES D ART · texte numérisé non relu

LES BATIMENTS DE L ABBAYE ET QUELQUES ŒUVRES D ART

UTOUR de l'église conventuelle, qui constituait comme le centre et le foyer de la vie monastic^ue à Beaulieu, ainsi que dans toutes les abbayes, se déroulaient une série de bâtiments appropriés à la vie religieuse ou matérielle des moines. Ces bâtiments occupaient particulièrement les terrains au sud de l'église où se trouve actuellement la grande place. Les uns ont disparu, et les autres sont conservés avec plus ou moins de modifications. Nous devons entrer à cet égard dans quelques détails, en nous servant plus spécialement des dessins à vol d'oiseau laissés par Gaignières.

L'enclos avec jardins formait un rectangle irrégulier dont il subsiste la clôture, en particulier à l'est et au nord. On peut répartir les logis en quatre parties : les lieux réguliers, les logements abbatiaux, les servitudes et les dépendances.

Les lieux réguliers avec l'église comprenaient les cours et les édifices au sud de l'église elle-même et autour du préau ou promenoir, vulgairement appelé " cloître //. La galerie nord de ce préau était appuyée à l'église, et celle de l'est côtoyait le transept et le bâtiment conventuel; dans sa partie sud, le cloître confinait d'assez près à la fontaine pyramidale dont nous avons parlé.

Quant à la galerie ouest, elle s'alignait presque avec le mur de façade de l'église et du clocher, et à cet endroit une porte ouvrait dans le cloître. A son intersection avec Véglise, se rattachait le nuir de clôture laisant saillie siir la rue. La façade d'entrée de la nef était buttée par quatre contreiorts ; au centre, une grande porte à arcades appuyées sur des colonnettes latérales était surmontée d'une fenêtre à double baie.

Sur la rue cjui côtovait ce mur et c|ue chevauchait une porte imposante qi;e les moines devaient fermer le soir, s'ouvrait l'entrée du couvent, à droite de kuiuclle s'élevait la porterie, allant de l'ouest à l'est. Cette première cour, agrémentée de parterres, offrait. à cauche, un bâtiment gardant l'entrée immédiate du cloître. Au fond, vers Test, plusieurs logis se détachaient à droite et à gauche en deçà du mur conventuel, au delà duquel s'étendaient le potager et les jardins d'agrément.

A quelle époc^ue se rattachaient les galeries du préau? Essayons de préciser. Toujours et partoirt les religieux, condamnés à la vie de retraite, ont disposé au milieu de leur résidence un promenoir inspiré plus ou moins par les traditions de l'atrium romain. Assurément, Foulques Nerra et les Bénédictins de Beaulieu constituèrent un préau central. Nous supposons que le lambris de bois reposa sur des colonnes ou piliers ayant la simplicité des lignes de la nef primitive de l'église. Ces galeries, sans doute atteintes par la chute de la partie occidentale de celle-ci, furent, elles aussi, l'objet d'une restauration.

A son tour, avec le développement de l'art religieux, la fin de l'ère romane et le début de l'époque ogivale apportèrent vraisemblablement des embellissements au cloître, si toutefois, comme à Saint-Bertrand-de-Comminges, à Moissac, à Saint-Sernin de Toulouse et au Mont-Saint-Michel, ils ne le réédifièrent pas, ce que peut faire supposer la construction de la fontaine monumentale du préau. De leur côté, la Renaissance et le xvir siècle durent

LES BATIiMENlS DE L'ABBAYE

toimiir leur apport aussi bien cpià l'église. Les dessins de Gaigiiières ne permettent pas de préciser le caractère des galeries; mais il semble bien qu'il faille y voir diverses époques, y compris celle de Louis XIII, à l'instar de ce que l'on observe au cloître du couvent des Cordeliers à Amboise.

Sur le côté est et en prcdongement du transept, se développait le bâtiment principal, dont le rezde-chaussée devait servir de salle capitulaire, de réfectoire et de cviisine, tandis que le premier étage, aux fenêtres régulièrement disposées, servait de dortoir. Les contreforts indiquent que ce bâtiment devait être voûté, au moins au rez-de-chaussée. Dans le voisinage du transept, on devine une chapelle intérieure, au petit clocher indiqué dans le dessin qui nous

sert de guide. Le jardin conventuel, divisé en compartiments encadrés d'arbustes , avait un puits à margelle arrondie recouverte d'un toit.

La partie nord-est de l'enclos, faisant une pointe avancée, montrait divers logis, dont un bâtiment à étage de belle dimension et d'allure soignée. C'était le logis abbatial, enclos et agrémenté de jardins, qui fut habité par les abbés commendataires à partir du jour oii le supérieur cessa d'être choisi dans les rangs des religieux.

Une dernière partie du domaine conventuel, sans parler des autres immeubles disséminés dans la ville, se trouvait le long de la rivière entre celle-ci et celle-là. Leur disposition ancienne, modifiée par des aménagements modernes, nous a été conserv'ée

Dopendaiices de i'ahbayc sur la rive droite de l'Indre.

par Gaignières et se retrouve sous les réfections. Dans la partie comprise entre l'église et la porte de la rue. dont nous avons parlé plus haut, se voient, à partir du nord, le moulin et diverses maisons avec jardins et enclos. La dernière, plus au sud, qui est la plus importante, offre au rez-de-chaussée une porte et quatre fenêtres, et au premier cinq fenêtres, avec mansarde 'aussi à cinq lucarnes. Nous entendons citer la façade du côté de la rivière, sur

laqi;elle un pont aboutissait à cette maison.

Cet immeuble, servant actuellement de tannerie , remonte au moyen âge avec ses murs épais. On y reconnaît l'empreinte des xiv"" et xv" siècles. Dans la suite, il a été modifié, et, du côté de la place, on remarque une sorte déterrasse en encorbellement et gros tore d'entablement, ainsi qu'une entrée couverte très curieuse : ces dernières modifications paraissent se rattacher au xvif siècle.

Au nord du moulin que nous avons signalé, et en bordure sur la rivière, s'élève un gracieux logis qui n'est pas compris dans le cadre de Gaie:nières. Le bâtiment, du commencement du xvf siècle, est flanqué d'une élégante tourelle d'angle en encorbellement. On donne cette demeure comme la maison du prieur, ce qui n'est guère vraisemblable, celui-ci devant loger à l'intérieur du couvent.

Cette réflexion nous ramène aux lieux réguliers. A Beaulieu, les Bénédictins suivirent au xvin' siècle le courant architectonique,

Bâtinicnt couveiituel du xviir" siècle servant do mairie.

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