OlLQUES NERRA ET SES SURNOMS
L y a une liaison intime, bien en rapport d'ailleurs avec les mcrurs du temps, entre la vie publique de Foulques Nerra et ses actes politiques et religieux. Ses injustices, sources ou conséquences de troubles pour la tranquillité des gens et la sécurité des biens, trouvaient du moins un frein d'une puissance relative dans l'autorité reconnue de l'Église. Ici, pour l'honneur de la civilisation, le droit de la force s'inclinait devant la force du droit, et le résultat ne pouvait qu'être profitable pour tous aussi bien que pour le progrès des institutions. Un exemple frappant du triomphe de l'autorité morale sur la violence nous est offert à Saint-Martin de Tours.
En 996, — Mabille indique par erreur en 1 1 12, dit M. Halphen, — Foulques Nerra envahit à main armée le cloître de Saint-Martin, ainsi que la demeure du chanoine cellerier. Alors les chanoines, émus de la profanation, dans la basilique « déposèrent sur le sol les corps des saints et le crucifix, et placèrent des épines sur le tombeau du bienheureux confesseur Martin, et sur les corps des saints et sur le crucifix. Les portes de l'église furent fermées jour et nuit, même aux habitants du castrum, et ouvertes seulement aux pèlerins. Le comte , pris de repentir, vint demander pardon dans le cloître et dans la maison de Sicard. maître des écoles, nu-
pieds, et on le conduisit humblement à l'église. D'abord, devant le tombeau de saint Martin, en donnant un gage, le comte promit à Dieu et à saint Martin, entre les mains de Renaud, évêque d'Angers, et de l'évèque d'Oca iplus tard Burgos) en Espagne, de ne pas recommencer: il lit également réparation devant les corps des saints, et enfin devant le crucifix' ».
La réparation revêtait parfois la forme du pèlerinage. Les
historiens ne sont pas d'accord sur le nombre et la date des pèlerinages de Foulques. La date la plus reculée serait celle de 998.
à la suite du meurtre de Crescentius ; elle est acceptée par M. Lair, mais rejetée par M. Halphen, c|ui déclare cette légende inacceptable.
Le premier voyage a dû avoir lieu entre le mois d'octobre 1002 et le mois de septembre 100^, attendu que, dans une charte d'alors relative à Saint -Aubin d'Angers on lit : " Fulco ipso anno Iherusalem properante. » De retour avant la fin de 1004, suivant une charte du 27 décembre, il fit assassiner Hugues de Beaiivais, et ce fut pour lui la cause d'un second voyage. On est d'accord pour le placer avant la fondation de Saint-Nicolas d'Angers, terminé en 1020; mais la date est très diversement fixée. M. d'Arbois de Jubainville propose 1019-1020; mais les documents la reportent plutôt à une époque antérieure à loi^, et M. Halphen, après avoir discuté les diverses opinions, accepte comme probable l'année 1008.
.M(.)ule d'insiyncs do pclcrins de Saint -.Martin an 1111 iven âu'e.
' Halphen, lue. cit., p. 348. — Copies Baluze, (jaignieres et doni Housseau.