‹ L'abbaye de Beavliev-lès-Loches et quelques monuments de sa dépendanceChapitre 25 sur 49 · IE5^?S5SS · texte numérisé non relu

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Église Saint-Pierre de Beaulieu.

Chevet des xn" et xiii" siècles, état actuel.

se firent dans celle de Saint-Laurent jusqu'en 179^ L'ancien jardin de Saint-Pierre se termine au mur oriental de la ville ; de même, le presbytère actuel est assis sur la muraille de l'est.

Nous avons dit un mot des registres paroissiaux, et nous devons y revenir, ne lùt-ce que pour donner à leur sujet les indications utiles. Le plus ancien commence par ce titre :

''•' C'est icy le livre des baptesmes | qui ont estez faictz en leglise | mons' sainct Pierre de Beaulieu j depuys le premier jour de l'an | mil V*^ soixante et quatre par le curé maistre Philibert Lebreton ou son vicaire. »

Le premier baptême est du 2s février 1563; les actes ne sont pas signés.

Nous y remarquons : en i=)66, '< honorable homme Claude de Lucz ; /, le 11 mars 1568 : « parrain honorable homme Adam Galloys, fourrier de MonsS'' le duc d'Anjou frère du roy; » le 11 novembre 1^68, le baptême de Ysaac, lils de François Mothereau, « varlet de fourrière du roy, >/ avec pour marraine la femme de J. Roberteau, aussi officier du roi. En l'^yo, on baptise le fils de Nicolas de Lafon, fourrier du roy. Après l'acte du 24 avril 1=172, viennent les actes de mariage de 1648 à 1667, signés : '■< Ourry. curé. „

Dans ces actes nous relevons les mentions suivantes : 1652, Jacques Ferrand, commissaire ordinaire de Sa Majesté; 16^3, René Déroche, marchand sergetier; M'" Jacques de La Marche, maître de danse; Anthoine de Boutillon, escuier, s' de Rocheverde; 16^4, Louis Gaigneux, marchand drapier.

Puis viennent les actes de baptême de 1668. Le papier est de grand format pour 1669; la suite est sous le titre : « Papier des enterremens, baptesmes et mariages de la paroisse Saint- Pierre de Beaulieu pour l'année 1669. — Un Dieu. — Pour la paroisse. // Les actes sont signés : '< A. Le Roux. // La suite continue régulièrement, et ce premxier volume finit en 1691.

Un autre volume, qui porte sur le dos la mention de '< Saint-Pierre », a son premier acte du VIII janvier 1587, et les actes sont signés : '< Bidault. // Parmi les haptêmes nous remarquons le suivant : ''•' isq^, i" octobre, baptesme de Claude, lillc de Pierre Le Boyteux, sieur de Bardines ; parrain noble homme Bertrand de Gratelou, commendant pour le service (?) du roy a une compagnie de chevaux légiers estant en garnison à Loches, et marraine dame Claude de Baraudin. Signé :

de Grateloup, Baraudain. »

Le xvii" siècle s'ouvre par la mention : '' C'est icy le livre des baptesmes qui ont esté iaictz en 1600 parle curé maistre Pierre Chevreau et son vicaire. /, On rencontre, au dos d'un feuillet de gothique etïacé, une liste de paroisses et un cahier de procès -verbaux de confrérie.

Saint l'icrre. pcintuix' murale du xv" siccle. Calque l'ait en ifi.îo par M. de (lalenihert.

Sur une feuille, avant les actes de 1600, mais en écriture du xvif siècle, on lit : '■' Ceux qui sont les douze nommez par Vincende : M" Claude Compain, curé de Saint- Pierre ; M'' Mathurin Foutcault, curé de Saint- André ; M'" Furet, curé de Saint-Germain; le Père Hermitte, frère Jehan Bunon, religieux; M"" Guillebert, M. de la Mine, curé de Saint- Laurent; M. Pinon, vicaire de Saint-Laurent, M" Loys Roy, régent au collège; M"^ Conseil -Desmons à Tours, Renée Compain, vefve de M" J. Luttier. >/ On relève, ailleurs, des listes de la confrérie

de Sainte-Anne pour les années 1620-1630, sous le titre « les Sœurs de Sainte-Anne >>.

Nous devons établir ici la liste des curés de Saint- Pierre. Ce sont :

Gilbert Lebreton, en i^d^.

Bideault, janvier 1587 au 10 juin 1601.

Baron, 23 décembre 1601 au 9 avril 1608.

Claude Compain, 27 septembre 1608 au 22 mars 1633.

Claude Lemoine, 22 mars 1633 au 22 septembre 1633; à sa sa signature il ajoute le mot : « commis. »

Maultiot, 13 novembre 1633 au 17 novembre 1647.

Ourry, jusqu'au 18 octobre 1668.

M. Bourguignon, curé de Perrusson, et M. A. Leroux, curé de Saint -C}a--svir- Loire, avec la permission de M. le curé, font la desserte, 3 janvier 1669.

Louis Pottier, prieur de Saint-Bault, janvier 1670, inhumé le 5 aoiàt 1706 à soixante -douze ans.

Trossard des Fontaines, doyen rural de Loches. En juin 1728, il reçut l'archevêque de Tours, visite dont il a laissé le récit détaillé que nous donnons ici, à cause de son très particulier intérêt.

/// iiomiiw Doiiiini ad perpetiiaiu atqiic fiitiiraiii rei ineiiioriam.

'< Il y avait cinquante-trois ans que les habitants des villes de Loches et de Beaulieu, ainsi que ceux des paroisses qui en composent le doyenné, n'avaient eu le bonheur et la consolation de voir leur premier pasteur et père. M^^ II. et R. Louis- Jacques de Chapt de Rastignac, archevêque de Tours, l'un des plus grands ornements du clergé de France, et le plus grand présent que le Ciel pouvait jamais faire à ce diocèse, étant informé et touché des besoins pressants et spirituels de cette partie considérable du troupeau coniié à sa vigilance et

à ses soins, prit la résolution d'en faire la visite, sans tiue son courage et son zèle apostolique fussent étonnés de tant de travail qu'il prévoyait, ni de 1" incommodité et des grandes chaleurs de la saison.

« Le mandement qui annonçait cette visite tant désirée était du 22 mai 1728 et fut publié le dimanche 30 du même mois.

« Lundi 7 juin. Monseigneur arriva ici entre 7 et 8 heures du soir, au son de toutes les cloches des villes de Loches et Beaulieu et aux acclamations de tous les peuples, la bourgeoisie de Beaulieu étant sous les armes. Il alla descendre au palais abbatial de l'abbaye royale (de la Très- Sainte-Trinité ) de cette ville'. Il y fut, le soir même et le lendemain, complimenté par le Révérend Père prieur de l'abbaye à la tête de sa communauté et par tous les corps des deux villes, les chefs portant la parole, et il reçut le pain et le vin à la manière accoutumée.

« Le mardi 8 juin, à midi et à 7 heures du soir, la visite de notre église et de notre paroisse, la première de Monseigneur dans son diocèse et dans le doyenné de Loches, lut annoncée par un carillon de cloches en signe de joie durant une heure à chaque fois.

« Tout avait été préparé quelques jours auparavant dans notre église, qui était toute tendue de tapisseries de haute lisse, et le trône de Monseigneur avec son dais était placé dans le sanctuaire du côté de l'épître.

" Le mercredi 9, entre 7 et 8 heures du matin, nous allâmes au son des cloches prendre Monseigneur dans son appartement du palais abbatial, et la marche se fit en ordre : les habitants de Saint-Pierre sous les armes avec leur drapeau et tambours allaient en rang les premiers; après eux venaient trois joueurs

' 11 s'agit ici du grand logis abbatial, situé le long du bras de l'Indre et dont l'entrée donne sur la place actuelle. 1 ^'oir la reproduction page 211.;

de violon, ensuite venaient les trois porte-croix des paroisses de Saint- Pierre, de Saint- André et de Saint-Laurent, et les trois curés, accompagnés de trois autres prêtres et plusieurs ecclésiastiques, tous revêtus de chapes et faisant deux ailes. Après eux, et au milieu, suivaient le porte -croix, le porte-croce et le porte-mitre et bougeoir de Sa Grandeur.

M^f l'archevêque, revêtu de son camail et de son rochet, la mitre en tête et en chape, marchait seul sous le dais porté par quatre officiers en robe, de la baronnie de Beaulieu , ayant à ses côtés M. l'abbé de Chabanne, prêtre docteur de Sorbonne, abbé commendataire de Valricher; M. l'abbé Brochard, docteur en théologie, abbé commendataire de Saint- Pierre de Beaulieu {sia et vicaires généraux, et M. le promoteur et M. son secrétaire, tous en surplis.

'< Monseigneur, étant arrivé à notre église, s'arrêta à l'entrée. J'eus l'honneur de lui faire mon compliment et de lui présenter l'eau bénite, la croix et le livre des Évangiles à baiser et l'encens, ayant un genou en terre. Monseigneur s'avança jusqu'au grand autel, tandis qu'on chantait et qu'on observait tout ce qui est marqué au pontifical. Il monta sur un trône, fit l'absoute et entendit la prédication du R. P. Coaquin Augustin, célèbre prédicateur, sur le sacrement de confirmation.

« Le sermon fini, Monseigneur fit sa préparation pour

Abbatiale de Beaulieu. Cliapileau du transept.

la messe qu'il célébra basse avec un recueillement, une modestie et une attention (]ui donnèrent de l'admiration à toute l'assemblée qui avait suivi et qui croissait de plus en plus. Après la sainte messe, Monseigneiu" monta sur son trône, fit son action de grâces, et, s'étant levé, il demanda publiq;;ement et à haute voix s'il n'y avait point de plaintes des paroissiens contre le curé ou du curé contre les paroissiens. Il procéda à la visite du tabernacle, des vases sacrés, des autels et de leurs tables, des fonts baptismaux, confessionnal, tableau des fondations, ornements, linges, livres de chant, avec la dernière exactitude, et tout fut trouvé en bon état ; il en fut dressé procès-verbal sur un registre qui reste au secrétariat de l'archevêché, et que je signai le même jour.

'< Au sortir de notre église. Monseigneur alla à notre cimetière, où furent chantés les psaumes et suffrages accoutumés, et Monseigneur, ayant dit les collectes pour les morts, fut reconduit au palais abbatial dans le même ordre et avec les mêmes cérémonies qu'à son entrée, et il fit l'honneur à tout le clergé de le retenir à dîner.

" Le jeudi lo juin, Monseigneur fit ses visites, le matin à Saint- André, et à Saint-Laurent de cette ville.

« Le dimanche i"? juin, Monseigneur, qui non seulement avait fait l'honneur à notre église de la visiter la première et qui avait encore eu la bonté de la choisir pour y administrer le sacrement de confirmation, y arriva en rochet et camail, sur les S heures du matin; nous étions allés, nos croix levées, au-devant de Sa Grandeur avec le même appareil que le jour de sa visite, excepté le dais, dont elle ne voulut se servir qu'à son entrée.

/< Cet illustre prélat commença par célébrer une messe basse du jour, donna de sa main la sainte communion à toutes les personnes qui se présentèrent et qui étaient en très grand

LES PAROISSES DE l'.EAl LIEU 237

nombre, et après la messe administra le sacrement de confirmation à tous les paroissiens de Saint -Pierre, de Saint -André et de Saint-Laurent, et à c^uantité des habitants des autres paroisses circonvoisines, ce qui ne faisait pas moins en tout de deux mille cinq cents personnes, avec une douceur et une patience admirables, ayant recommencé plusieurs lois les prières à mesure que les personnes que la foule avait empêché d'entrer arrivaient. Monseigneur fut reconduit avec les mêmes cérémonies et invita tout le clergé à dîner.

'■< Le vendredi i8 juin, j'allai seul, la croix levée, prendre Monseigneur dans son appartement, et, étant arrivé dans notre église, il entendit la sainte messe célébrée par M. le promoteur et, après la messe, il confirma les paroisses de Perrusson, de Ferrière-sur-Beaulieu, de Saint- Jean-sur-Indre, qui étaient venues processionnelement, ayant à leur tête MM. leurs curés et vicaires.

-'•' Le mardi 2q juin, jour de saint Pierre, notre patron, j'allai avec les clercs tonsurés de notre paroisse prendre Monseigneur au palais abbatial, la croix levée, nos habitants sous les armes, les joueurs de violon marchant devant le clergé, le porte-croix, le porte-croce et porte-mitre et bougeoir précédant Monseigneur en rochet et camail, accompagné de MM. les vicaires généraux et de M. le promoteur et M. son secrétaire en surplis.

« Monseigneur commença par administrer le sacrement de confirmation aux paroissiens de Chanceaux qui avaient été amenés par M. leur curé, la croix levée, et à quantité d'autres habitants des paroisses d'alentour. Cet incomparable archevêque entendit en confession tous ceux qui se présentèrent, avec une charité sans exemple, donna la sainte communion à tous ceux qui voulurent la recevoir. Ensirite, il se prépara pour la grande messe solennelle qu'il célébra pontifical ement, ayant

son pallium. M. l'abbé Chabanne était diacre, M. le promoteur sous-diacre, M. l'abbé Brochard premier prêtre assistant; j'eus l'honneur d'être le second. II y avait trois chantres, et le premier avait le bâton cantonal de l'abbaye pour les annonces du Gloria et du (^redo.

'< Avant que de commencer la grand'messe, Monseigneur

en aube et notre chape, ayant bien voulu se servir de nos aubes et ornements, la mitre en tête et la crosse à la main, lit la procession autour de l'église, donnant la bénédiction des deux côtés à une multitude presque infinie de personnes, qui s'y étaient rendues. Tous les officiants marchaient sur une ligne, et enfin Monseigneur, qui charmait tout le monde par sa bonne grâce et sa piété.

'■< Après la grand'messe,

Monseigneur commença à

donner la confirmation. Tout

étant achevé. Monseigneur entra au presbytère et me fit l'honneur

d'accepter le dîner que j'avais fait préparer pour Sa Grandeur.

" A ■'•, heures. Monseigneur retourna à l'église, entendit le panégyrique de saint Pierre, prononcé par le R. P. Innocent de Blois, capucin de la famille de Loches et missionnaire des Indes, qui complimenta Sa Grandeur à la fin de son sermon. Monseigneur fit le salut et donna la bénédiction solennelle du très Saint- Sacrement.

-^ Immédiatement après, Monseigneur alla processionnelle-

Louis de C'hapt de Rastignac. archevêque de Tours mort en i^.So. Gravé par A. I^erbois.

lement et mit le feu au bûcher que j'y avais fait préparer pour action publique de grâces, au son des cloches et des violons, les habitants sous les armes. Le Te Deimi fut chanté, et Sa Grandeur ayant dit le verset et Benedicainus Pat rem, etc., avec l'oraison Actiones nostras, elle fut conduite à son palais.

<-< Le mercredi lu juin, Monseigneur partit pour Ligueil, afin de continuer ses visites, et il emporta avec lui notre admiration, nos désirs et nos regrets de n'avoir pu le posséder plus longtemps.

» J'ai recueilli et marqué tout ceci scrupuleusement et avec soin pour laisser à mes successeurs un modèle de ce qu'il faut observer pour la réception de messeigneurs les archevêques de Tours, quand ils feront leurs visites; pour faire connaître à mes successeurs la noblesse de leur épouse, afin qu'ils soient jaloux de soutenir ses prérogatives et ses préséances, et qu'ils lui procurent l'honneur de voir la première ses premiers pasteurs, quand ils viendront donner la confirmation en ces cantons.

<< Trossard des Fontaines »

« Curé lie Saint -Pierre de Beaillieu, doyen rural de Loches. »

Trossard des Fontaines mourut à soixante -trois ans et fut inhumé par le prieur de l'abbaye, frère Jacques Graslin et, ses religieux, assisté de MM. Collin, curé de Saint- André, et du curé de Saint- Laurent, le 22 juin 173=)-

Louis-Antoine Scabre signe '< desservant >y le r" juillet 1735, et le 2 aoiit il est curé. Louis-Antoine Scabre mourut à soixante-sept ans et fut inhumé le 12 février 17O7.

Jacques- Charles Brette est desservant le is mars 176=), et curé de Saint-Pierre le 22 mars, et signe ainsi jusqu'au 17 juillet 1802.

240 L'ABBAYE DE BEAULIF.U-LÈS-LOCIÎES

Le i" mai 1791, réunion de la paroisse de Saint-Pierre et de Saint- André à celle de Saint- Laurent.

Pierre Brette, desservant de Boussay, près Preuilly, fait souvent les fonctions curiales du mois d'août ly^s au ig septembre 1802. Le 2 janvier 1803, il est desservant de Saint- Flovier.

Paroisse de Saint -Laurent.

Au nord et, pour ainsi dire, à l'ombre de l'église abbatiale, s'élève l'église de Saint -Laurent, qui subsiste tout entière. C'est comme la tille, de port aimable, mais plus modeste, à côté de la mère de très noble alliire. L'examen du monument présente un grand intérêt , surtout à l'intérieur.

L'église comprend trois nefs. La nef centrale mesure environ 5 mètres, et les collatéraux ont environ 3 mètres, celui du sud étant un peu plus étroit. La longueur de l'édifice est d'à peu près 22 mètres, ce qui lui donne une longueur double de la largeur, c'est-à-dire un peu trop carrée. Elle embrasse deux parties bien distinctes dans le sens de l'est à l'ouest. Les deux premières travées des trois nefs sont voûtées en style Plantagenet ou voûtes domicales à huit nervures, et les arcades reposent au milieu sur devrx demi-colonnes; les chapiteaux des deux colonnes sont rehaussés d'une double rangée de feuillages, tandis que les autres restent sans ornements.

Les clefs de voûte sont historiées du Christ en majesté et de saints personnages, et sur une clef du collatéral nord on voit une crosse. Çà et là on distingue des traces de peinture, en

particulier un personnage en noir sur le côté gauche d'une arcade. La partie orientale, qui se soude à celle de l'occident, n'est pas sans laisser voir une différence marquée. Au dehors, la ligne du toit de celle-là est moins élevée, et, au dedans, il y a entre elles des massifs irréguliers nécessités par la transition. Le chœur présente l'ogive primitive dans les voûtes; mais on remarque que le xv*" siècle a repris certaines fenêtres, et la Renaissance a laissé sa trace sur des arcs et des chapiteaux, à l'époque où l'on a remanié la chapelle sud-est.

Dans cette chapelle, on relève des inscriptions funéraires, relatives à la famille de Bridieu. Sur une plaque de marbre noir, on lit un mémento

à '< Alfred-Marie-Charles de Bridieu, élève de Saint-Nicolas dvi Chardonnet, mort à i=, ans w, avec cette indication : Iii Monte VaJeriaiio liiinc lapident condiscipuli memores posiicriint. Une autre plaque porte : Ci gist Loicis- Geneviève de Bridieu, né le 22 mars lyjj, mort le 20 février i8yo à sa terre de la Vallière. Dans la nef sud, il y a les restes d'un petit autel du xv!!*" siècle et une porte latérale murée.

Bien que l'on ne connaisse pas jusqu'ici de documents se rapportant à la fondation de Saint- Laurent et que le premier titre connu se réfère à l'an 1229. cependant il est manifeste que

Église de Saint- Laurent :

nef centrale, voiite l'iantatienct.

le style de l'église permet de reculer la construction tout au moins jusqu'à la seconde moitié du xii" siècle. A l'extérieur, les murs gardent bien le cachet de l'ère romane, qui paraît notamment dans les arcs de décharge de la façade et dans les fenêtres à plein cintre avec deux contreforts plats au chevet, dans la petite porte de la nef du nord et dans des fenêtres latérales remaniées par la suite, ainsi que dans la première fenêtre du sud. Au xv' siècle, en particulier, on a ouvert plusieurs baies et une fenêtre à trois lobes.

Après l'élégance des voûtes, le regard se fixe sur le clocher aux fenêtres romanes très agréables. Celui-ci est appliqué au côté nord de l'église, à l'intersection des deux parties. Il est du plus pur xii'' siècle, avec ses voussoirs et ses entablements à corbelets, soit simples, soit décorés de tètes bien caractéristiques.

On sait que l'église possédait plusieurs chapelles, parmi lesquelles celle de Sainte-Catherine et celle de Saint-Roch, dite de Gueldres. A droite du maître-autel, un pilier de la chapelle de Sainte-Catherine montrait en relief deux blasons au champ d'azur : l'un, <r chargé de trois autels, qui était de la famille Quentin », et l'autre, « chargé de trois pommes de pin, 2 et i , qui est des Minées ». Dans le collatéral de gauche, à la chapelle de Saint- Roch, une épitaphe sur ardoise, incrustée dans le premier piliet, indiquait que Jehan Sauvage, aumônier d'Anne de Bretagne et curé de Genillé, « a fait construire cette chapelle en l'honneur de Notre-Dame de Pitié, l'an mil cinq cent sept, // avec une fondation en faveur des Sauvage et des Gigault, dont les armoiries figuraient en tête.

Sur une autre ardoise, du môme côté droit, près l'autel, on lisait l'inscription tumulaire d'Antoine de Gueldres, écuyer, sieur de Bouch, fils de Charles et petit-fils d'Adolphe, lequel Antoine mourut le 17 août 1644; et aussi celle de sa femme, Marthe Dumin; celle de Charles Gigault, écuyer, sieur du Portail, et

de Maquise Oiselet, sa femme. Une inscription incrustée dans le pilier à gauche de l'arcade de la chapelle se rapporte à la sépulture réunie des frères François et Charles de Gueldres, décédés en 1619.

On distinguait l'écu des Sauvage (une étoile avec trois croissants, deux en chef et un en pointe), sculpté à la clef de voûte de cette chapelle. On le retrouvait également sur la pierre tombale

Église de Saint- Laurent : chevet, l'açade sud et clocher, (xii" siècle).

de Nicolas Sauvage, décédé en 1621, et sur la clef de voûte de l'ancienne chapelle de Sainte-Catherine, qui était transformée en sacristie avant i 777. C'est, en effet, l'année où se place la description taite par un visiteur et à laquelle nous renvoyons, pour le texte même des inscriptions'. En 1774, le titulaire de la chapelle de Saint-François et de Sainte- Catherine était Louis Garnier.

Au cours du xix" siècle, M. le marquis de Bridieu, pour sauver ce monument remarquable, en, fit l'acquisition et le .remit

' Bull, de /.7 Soc. arch. de Touraiue , communication de .M. Archambault, t. 1\', p. 204-219.

aux mains de M. le cuvé de Beaulieu pour l'exercice du culte. En 1869, lors de sa session à Loches, la Société française d'archéologie, pour reconnaître ce service artistique, offrit à M. de Bridieu une médaille d'argent. Mais, lors de son décès, l'église fut de nouveau vendue en 187^ et rachetée par un membre de la famille'. C'est une bonne action, bien digne d'éloge. Il serait à souhaiter, en raison de l'état de ciélabrement de la couverture en tuiles plates et de l'humidité croissante qui menace les murs et les voûtes de l'édifice, transformé en une sorte de chantier, que l'attention des amis des arts se portât sur ce monument, si intéressant à tous égards, pour le préserver de la ruine. En le visitant, nous éprouvions rane angoissante tristesse en voyant ainsi livré à l'abandon un édifice qui, lui aussi, lait partie du patrimoine d'art national et redit, à sa manière, l'un des poèmes moyenâgeux non pas les plus grandioses, mais du moins les plus pittoresques, conçus par le génie cies ancêtres.

Nous sommes heureux d'ajouter que depuis que ces lignes ont été écrites, la noble famille de Bridieu a de nouveau bien mérité des arts en acceptant de protéger le monument par la réfection de la toiture qui est complètement achevée.

Voici la liste des curés cie Saint-Laurent :

François de La Myne, 2^ décembre 1609, curé et principal du collège. En tête du registre, il dit qu'il a érigé trois autels et inscrit les lignes suivantes :

DE TRIBUS ALTARIBUS

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