‹ L'abbaye de Beavliev-lès-Loches et quelques monuments de sa dépendanceChapitre 26 sur 49 · ALTERA LAURENTE, ALTERA PETRE TUA EST · texte numérisé non relu

ALTERA LAURENTE, ALTERA PETRE TUA EST

CvîTERA QU^ GESSIT MEMORARI QUAM NUMERARI

MALUIT ET VERI CONSCIUiM HABERE DEUM

' Bull, de la Soc. arch. de Touraine, t. Il, p. 33i.

En lévrier 1611. il tait refondre la cloche, qui devra peser environ mille livres, il termine sa charge le 18 novembre 1618.

J. Pinon, du 22 juin 1619 au 18 août i6=,}.

Isaac Coutan, du 21 mars 16=^4 au 8 novembre 1686.

Etienne Grandville prend possession le i^ août 1687, en accompagnant l'acte de ces mots : " Ici finit la desserte de M. Dreux à son grand déplaisir, y, M. Dreux exerçait depuis le 2 janvier 1687, avec la permission de M. le curé. Etienne Granville mourut à quatre-vingts ans et fut inhumé le 28 mai 1734.

Ledet, du 26 mars 1736 au 10 mai 1740.

J.-B. Fr. Pottier de La Berthellière dessert du 17 juin 1740, et est curé du 6 mars 1741 au 31 juillet 17^4.

P. Noiret, étant vicaire de Montrichard, par suite de la démission de J. Pottier, prend possession le 31 juillet 1754, jusqu'au 17 novembre i7')8. En 1759, le i"*^ janvier, il signe : « curé de Vouvray, >/ et, le 5 février, « ancien curé de Saint-Laurent ».

Belotin, bénéficier au château de Loches, curé du 17 mars 17=19 au 4 octobre 1760. Brette, du 20 octobre 1760 au 6 mai 1767.

Pierre Jaille, auparavant aumônier des dames Viantaises, prend possession le =^ juin 1767, jusqu'au 14 septembre 1772.

Charles Gallicher, auparavant curé du Grand- Pressigny, du 12 octobre 1772, jusqu'au moment où son église, groupant les trois paroisses de Beaulieu, fut occupée par le curé assermenté, le i" mai 1791.

Laveau, prêtre assermenté, 2 mai 1791 au 24 mai 1792. On sait que, l'an I" de la République, la loi du 20 septembre enleva aux curés la tenue de l'état civil, et le 28 octobre les registres furent remis aux nouveaux officiers.

Après avoir donné quelques notes sur les paroisses de Saint- Pierre et de Saint-Laurent, il nous reste à fournir quelques indications au sujet de la paroisse de Saint-André.

Paroisse de Saiiif- André.

Si l'on jette un coup d'oeil sur le curieux dessin de Gaignières, qui a été reproduit ici i p. 13), on s'aperçoit que. dans le voisinage et à Test de l'abbaye, s'élevait une autre église paroissiale. Celle-ci, la seule que le dessinateur ait reproduite par suite du point où il s'était placé, est précisément Saint- André.

La silhouette, d'ailleurs sommaire, nous fournit quelques indications bonnes à recueillir. Au-dessus du chevet, de forme circulaire ou à pans coupés, et éclairé de plusieurs fenêtres, se dressait une croix. Ce qui attire le plus l'attention c'est le clocher à l'ouest. Il s'agit d'une belle tour romane, moins imposante, il est vrai, que celle de l'abbatiale, mais quand même d'heureuse proportion, avec pinacles aux angles supérieurs, et qui fait penser à celle de l'abbaye.

Moins favorisé que Saint-Laurent, et même que Saint-Pierre, dont nous avons visité les restes encore debout, Saint-André est complètement en ruines. Nous rappelons seulement que, en 1901, sur l'emplacement de l'ancienne église, des fouilles furent faites par M. Re ville, et une note fut envoyée, à cet égard, à la Société par M. Picard, avec un calque du plan cadastral. On avait rasé jadis le pourtour du chœur à environ trois mètres, et les fouilles dégagèrent l'intérieur du choeur avec les deux premières chapelles latérales, ainsi que des fûts de colonnes, des chapiteaux et diverses sculptures. D'après ces vestiges, on constate que l'église appartenait à l'époque romane, au xf ou xii"' siècle. On sait, du moins, que des titres en mentionnent l'existence dès 127=) et que, sur cette paroisse, s'élevait la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle,

signalée en 16=^=,. Ajoutons que, il y a quelque treize ans, M. L. Bousrez, dont on sait la diligence et le flair archéologiques, s'est attaché à décrire les vestiges de l'antique église'.

La liste des curés de la paroisse de Saint-André peut être dressée ainsi que suit :

Sannaget, 18 mars 1=^64 - avril 1569. Dans les actes paroissiaux, nous remarquons l'indication suivante : ^< 23 septembre 1566, parrain : frère Pierre Lamy religieulx, » qui n'est peut-être pas sans rapport avec le bénédictin Lamy, qui fut très lié avec Rabelais, mais dont l'acte ne porte pas la signature".

Benoît signe les actes de i=i6q et 1S70. Mathurin Foucault va de mars 139=) à 16 février 1640. Il fit le voyage de Jérusalem, dont il a laissé le récit détaillé dans les registres. Après un préambule, il don.ne la série des localités par où il passa, puis il décrit en détail ce qui a frappé son attention. Nous nous proposons de publier ce curieux récit, qui n'a pas moins de deux cents pages. En attendant, nous donnons ici l'indication qu'il a placée en tête, avec les débours du voyage (p. 10, etc.) :

« S'ensuyvent les noms des villes et bourgs par lesquels avons

' Bull, de la Soc. arcli. de Touraine. t. XIII, p. 104.

2 En face de ce nom de ' frère Pierre Lamy *, nous nous demandons s'il y a quelque relation entre le bénédictin et le religieux du même nom qui fut l'ami intime de Rabelais. On se rappelle en etïet que, au monastère franciscain de P'ontenay-le-Comte, une étroite amitié littéraire unissait les deux religieux, si bien que lorsque l'éminent helléniste Guillaume Budée écrivait a Pierre Lamy, il chart;-eait celui-ci de saluer son « frère en religion et en science, le gentil et savant Rabelais *. Leur ardeur pour le grec et pour les sciences les rendit suspects à leurs confrères, et Rabelais, par l'intermédiaire de son protégé Geoffroy d'Estissac, évoque de Maillezais, obtint de Clément MI de passer dans l'ordre de Saint-Benoît, en l'abbaye de Maillezais, vers 1524. Dans la suite, on sait que Rabelais entra dans les rangs du clergé séculier.

Pierre Lamy quitta lui aussi Fontcnay- le -Comte et, à l'instar de son - cher Pylade «, dut demander asile aux Bénédictins. Aucun document ne nous permet de dire que Rabelais séjourna en l'abbaye de Beaulieu; mais la présence du •? frère Pierre Lamy * pourrait bien nous autoriser à saluer en lui le brillant helléniste qui était en relation suivie avec les Rabelais, les Budée, les Estienne, les d'Estissac, en un mot, les savants et les lettrés les plus distingués du xvr" siècle. La découverte que nous avons faite du nom de ce frère bénédictin à Beaulieu, si nous arrivons à en préciser la portée, ne serait pas sans ajouter à l'histoire du couvent un trait de plus, et de première marque, en ce qui regarde l'histoire littéraire de l'abbaye.

passé depuis Beaulieu jusques à Venise, allant au saint voyage de Hierusalem,

« Montresor. III livres; Escueilly, IIII 1.; Sainct-Gécs, II 1. ; Moulins. II 1.; Levroux ville, III ].; Linières bourg, III 1.; Vatan petite ville, II 1.; Coulon bourg, II 1.; Rueilly bourg,

IIII 1.; Preuilly parnures, II 1., y passe la ri\yere du Cher, II 1. ;

'< Bourges, ville et université. IIII livres, et n'est le droict chemain, car il fault aller dudict à Loche. III 1., à Escueilly, Gecs, Moulins, Levroux.

'< Sainct-Just, III 1.; Don-le-Roy, IIII., Pont-de-Chargé, III 1.; Coulomires, bon bours;, IIII 1.;

<< Franschaires , pauvre bourg, II 1. ; Sainct-Menoust. bon bourg, abbaye de nonnains, ung bon fort, IIII 1. ;

«Moulans en BourbonnoySjbonne ville et beaulx forts-bourgs, y passe la rivière de Lalier, III 1.: Nully-le-Royal, IIII.; « Turteaulx, III 1. ; Varennes, II 1. ; Sainct-Gyrard, III 1. ; A la Perée(?) passé la rivière, petite ville, beau et fort chasteau. « Sainct-Martin, bourg, II 1.; Pacaudière, I 1. ; Sansa, II 1.; << Sainct- Germain, II livres; Rouanne, passé la rivière de Loyre, II 1. et demye (page iii; Sainct-Saphorin. bon bourg, III 1.; la Fontene. II 1. et demye; Tartare, I 1. ; la Bresle, I 1. et demye; la Tour, I 1. et demye; Bruzelles, III 1. ;

^< Lion, II 1., bonne et belle ville, bien marchande, y passe la rivière de Rosne, qui est fort impétueuse, et celle de la Saulne, lesquels s'asemblent entre le dict Lion et Farmacques, de Lion III 1.

« Vienne, grand ville, III fortes tours, chasteau en hault bastie

mmmmi

Beffroi de Loches :

décoration emblématique

de la balustrade.

juxte la rivière sur laquelle a ung pont de pierre, IT 1.; Coudrieulx. 11 1.

« Saraces; Dauce; Au Sarrin. A Tournon, belle ville à main droicte, et vis-à-vis à main gaulche est la ville de Tain. La revyere est entre les deulx, il y a bons vins.

'< Le chasteau de la Roche; Chasteau, bourg; Soyens Enchosne, bourg; Villières, ville archevesché; le f*ont du Sainct-Esprit. le Rosne y passe (ville neuve entre deulx esf rayé).

« Sainct-Estienne, pauvre bourg; Rocquemore, le chasteau est dedans la rivière presques ruiné à cause des troubles par Mirebourg (?).

« Avignon, fort chasteau et beaulx paillays, terre papalle, ville neufve est deçà le Rosne , et passe le dit Rosne entre deux beaulx et longs ponts, qui ont XXIII arches.

'< Beauquayre, belle ville à main droicte et Tarrascon à main senestre, belle ville où repose le corps de saincte Marthe; elles sont sur le cours de la rivyere du Rosne, lequel passe entre les deulx.

«Arles, belle ville, grand et fort pourt de ryvière et évesché. Aux Cabannes qui sont trois méchants bastiments, atarpiz sur ferrure nouvellement déferrés qui sont loing l'une de l'aultre d'une portée de harquebuze.

«A Marteque, ville située en mer, la ryviere du Rosne entre les d. Cabannes et le dict lieu de Marteque en la mer.

'■< Marseilles, belle ville, grande, forte et plaisante, joignant la mer.

« Toutes ces villes et lieulx nommés depuys Lion sont sur les bords de la ryvière du Rosne, sur laquelle nous mismes en barques au dict lieu pour nous conduire jusques (mot obscur) pour chascun ung éscus. Au dict Marselles nous mismes sur mer en ung vaisseau dict Tartane, pour nous mener à Gennes pour chascun ung escu, passâmes au chasteau de

« (Page 12) Beurgansson, chasteau en mer.

" Nice, belle grande et forte ville appartient au duc de Savoye, pourt de mer.

« Villefranche, tout auprès, pourt de mer. Le chasteau de Morges

Abbatiale de Beaulieu : chevet du xv"' siècle et vestiires des absidioles romanes.

en mer, de grande estandue, imprenable, là auprès est une des tours de Julie César.

» Savona. riche ville pourt de mer dépendant de la seigneurie de Gennes.

•" Gennes, seigneurie dicte la superbe, grande, très forte, beaulx paillais, riches églises, pourt fameulx.

« Lucie ou Rayse, pourt de mer a XX lieus en mer ; Sarsana, ville evesché où passe une ryvière; Mascé, bonne ville, y passe une ryvière, bon pain.

« Lucques, seigneurie ville et archevesché, bien renfermé, sans fors bourgs.

« Scienne, grande ville archevesché, cité beau {?) site.

'< Aquapendante, belle ville, passe une ryvière ; Donnesaine, ville, auprès est un grand lac; Laurence, bonne ville; Rossillon, Dachana ;

* Romme, pour aller dudict lieu à Notre-Dame de Laurette; Rignam; Donguet ; Au truelle ; Narles ; Termes ; A Spolette, grande ryvière entre les deulx, qui appartient au duc d'Albes.

'< A Foulaigne; Carraille; Camorins; Sainct-NicoUas de Tollantin, lieu de grand apport de nation; Maceratte ; Rochemotte; Laurette.

« De là à Ancosne, pourt de mer, XV milles, grande belle, hault chasteau, grosses tours haultes et fortes, l'une desquelles est veue des marins estant sur mer de cent milles. Là entrasmes en barques pour aller à Venise, qui fut II jours et II nuitz. »

Ainsi finit le préambule du récit de voyage de Foucault en Terre-Sainte en 1595. Nous reprenons la nomenclature des curés :

(Les registres de Saint- André manquent jusqu'en 1640.)

F. Gugudde, du lO janvier 1642 au 13 janvier 1644.

Jean Gaigneron, du 19 avril 1644 et est malade le 31 juillet 1661.

Jacques Girard, « curé recteur de l'église de Saint-Pierre de Balesme et gouverneur de l'église et chapelle de Notre-Dame de Kerleau en Bretagne, paroisse de Plouescat. diocèse de Saint- Paul-de-Léon, // prit possession de Saint- André, le 4 septembre 1661, suivant l'acte; on le voit jusqu'en 1676, année où le registre manque.

Cartier, de cette date au 24 septembre 1719, et jusqu'en 1720 la paroisse est desservie par plusieurs prêtres.

Pierre CoUin, du 7 décembre 1720 au 27 juin 1741.

Olivier Collin, auparavant vicaire, prend possession le 27 janvier 1741, comme l'indique l'acte suivant: " Le 27' jour de juin de la présente année 1741. j'ai pris possession de cette cure par la démission pure et simple que M. Pierre Collin, mon oncle, prieur commendataire du prieuré royal de Notre-Dame de Villiers, ordre de Grandmont, seigneur des tiefs et autres dépendances du dit bénétice, ainsi que titulaire des chapelles de Notre- Dame de Pitié du Petit-Pressigny, et de Saint-Joseph, autel de Notre-Dame des Agonisants, dans l'église de Saint- Antoine, paroisse Saint-Ours de la ville de Loches, seigneur de la Guitardière, leqi;el ayant pris le parti de se retirer dans son bénéfice après vingt-deux années de service dans cette cure, s'est démis en ma faveur entre les mains de M. Nicolas-Simon Frison de Blamont, seigneur baron de Beaulieu, et abbé — ^ô — de l'abbaye royale de la Très-Sainte-Trinité, composée de religieux réformés de l'ordre de Saint-Benoît, de la congrégation de Saint- Maur, lequel seigneur abbé, chanoine de l'église catédralle de Reins, etc, docteur associé de la maison de Sorbonne, remit ses droits, sa nomination à M^' I. et R. de Chapt de Rastignac, archevêque de Tours, conseiller du roi en tous ses conseils, abbé de l'abbaye de Marmoutiers près Tours, ordre de Saint-Benoît, abbé de l'abbaye royale de Vendôme, même ordre, abbé de l'abbaye de la Couronne, doyen de la noble et insigne église de Saint- Martin, lequel seigneur prélat me confirma dans la possession du bénéfice que j'ai pris à l'âge de vingt-trois ans et vingt-deux jours, après trois mois et huit jours de prestrise que je reçus à Blois par l'imposition des mains de M"' François Coussole Dures, évêque de Blois, abbé de Charroux, pour l'absence de M^' nostre archevesque, ayant obtenu dispense d'âge de 12 mois et 7 jours qui me fut accordée par Nostre Saint Père le Pape.

« Je fus mis en possession par maistre Saulquin, notaire apostolique et royal demeurant à Loches. Je fus assisté dans

cette cérémonie par M. l'abbé Nau, doyen de l'église royale et collégiale du chasteau de Loches. J'eus pour témoins MM. Drouet, chantre et chanoine de Loches, M. Collin mon prédécesseur, MM. Scabre et Pottier de La Berthellière, seigneur du Breuil, et plusieurs autres qui me tirent le même honneur. [Signé : Olivier Collin). >/

Olivier Collin signe son dernier acte le 19 décembre 1774.

Le registre de 177s manque.

Bruere, du 1=1 juillet 1776 au 30 novembre 1776.

Ours Catrou, du 24 décembre 1776 jusqu'à la réunion de Saint-André à la paroisse de Saint-Laurent, le i" mai 1791.

La paroisse dcptiis la 1(évoliitioTi.

Il n'entre pas dans notre pensée de raconter les faits qui se sont produits à Beaulieu, au cours de la Révolution, et qui ne sont guère que la répercussion des événements publics de la capitale ou du district. Il nous suffira de relater, d'après les registres de délibérations, quelques circonstances ayant trait aux personnes et aux monuments sur lesquels s'est jusqu'ici portée notre attention.

L'année 1790 vit la municipalité demander à l'Assemblée nationale de n'être pas réunie à Loches (2s février), fêta la prise de la Bastille sur la place Sainte-Barbe et établit des « gardes messies », à cause des vols des récoltes (18 juillet).

En janvier 1791, on déclara que le culte sera fait dans l'église des Bénédictins et dans les trois autres églises paroissiales. Le 13, une déclaration de domicile est faite par les

religieux de la -r cy -devant abbaye » : Pascal Benoist, prieur, Joseph Bourdin, Alexandre Mercier, Louis Bigot et Pierre Guérin. Le lo février, on dresse un procès- verbal des Viantaises, qui est signé de la supérieure, Marguerite -Thaïs Barbe.

C'est en lyqi que l'on démolit le mur méridional de l'église abbatiale, afin d'agrandir la place publique. Les registres des délibérations, conservés à la mairie, renferment quelques décisions qu'il nous paraît à propos de rappeler ici pour l'histoire de Beaulieu.

En 171)1, le 7 janvier, on tit un procès- verbal du toisé des églises. L'abbatiale comprenait : pour le chœur 17 toises, 8 pieds; pour le sanctuaire et les deux ailes, 46 toises, 18 pieds; pour le corps de l'église, 43 toises, 30 pieds; pour l'entrée de l'église couverte en appenty, 2^^ toises, 24 pieds; pour la nef couverte servant d'entrée, 84 toises. Le toisé à l'intérieur donne 217 toises, 8 pieds, ce qui, en ôtant la nef découverte, reste à n"? toises, 14 pieds. — Le toisé de Saint-Pierre comprend : pour le sanctuaire 6 toises, 1 2 pieds ; pour le corps de l'église, le ch(eur compris, 103 toises, 32 pieds; à l'intérieur, on trouve iio toises, 8 pieds.

Le 9 janvier eut lieu une assemblée pour la réunion des trois paroisses, et l'on décida de choisir l'abbatiale comme chef-lieu de paroisse. Le 13 janvier, une messe fut célébrée dans l'église des bénédictins.

Le 13 janvier, les religieux firent la déclaration imposée par la loi avec indication des dates de naissance et de profession religieuse. Ce sont : Pascal Benoist, prieur; Joseph-François Boudin, 59 ans, ayant fait sa profession à Saint-Mélaine de Rennes, le 3 1 décembre 1751; Marie-François-Alexandre Mercier, 3 3 ans, ayant fait sa profession à Saint-Serge d'Angers, le 12 juillet 1780; Louis-Michel- Joseph Bigot, 35 ans, ayant fait sa profession à Saint- Serge, le 12 juillet 1780; Pierre-Jean-Marie Guérin, =14 ans, ayant fait sa profession à Saint-Mélaine, le 3 septembre 1763.

Le 2c) mars 1791, par délibération, Beaulieu fut divisé en six sec-

LKS l'AROISSES DE BEAU LIEU

tiens, savoir: i" Puy-Gibert: 2" Maraudais; 3" Guigné; 4"Lignière; y Pallis; 6" Sainte-Barbe.

Le 8 juin, on décide que la procession de la Fête-Dieu se lera à la manière accoutumée. De lait, elle fut présidée par Lavau, curé constitutionnel, lequel « entrant avec son clergé en l'église des dames Viantaises, trouva leur grille fermée, sans qu'aucune d'elles fussent en leur chœur, n'ayant pas fait sonner leurs cloches, et ayant ôté l'eau bénite ». Des particuliers émus voulurent arracher la grille, mais on les en empêcha. Une délibération porte que chaque année, on ira en procession en l'église de Saint -Laurent avec les officiers municipaux et la garde nationale.

Le 6 octobre, à l'occasion de la proclamation de la Constitution, on décida de chanter un Te Dciitii à l'église, et de faire des illuminations dans la ville.

Le 30 octobre, on prit la décision d'ouvrir les troncs des trois églises ainsi que celui de la chapelle de Richebour, et d'en attribuer le fruit aux pauvres. Il est alors question '•' d'une tourette en le mur de ville, près la porte de Saint-Pierre, servant autrefois de prison », et qu'un particulier demande à louer.

Le 28 novembre 1791, une autorisation du district de Loches est accordée touchant l'acquisition par Beaulieu de l'église et du couvent des Bénédictins et la vente des trois églises paroissiales; les trois cimetières et presbytères sont aussi vendus. En juin 1792, on enlève les cloches de ces

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15eaiilieu : bâtiment conventuel du xvur siècle, étal actuel.

églises, ainsi que celles des chapelles de Sainte -Barbe et de Bonne-Nouvelle. Le 29 septembre, Pascal Benoist, " cy-devant bénédictin, » prête serment en qualité de curé de Beaulieu.

Le 8 août lyc)";, la mairie est installée cians le couvent. Le 23 septembre, les prêtres assermentés résidant à Beaulieu demandent le certiticat de civisme. Le lundi 20 mars an II, les titres féodaux de l'abbaye sont brûlés sur la place Sainte - Barbe ; puis le couvent des Viantaises est transformé en " hôpital militaire /y, et les cloîtres de l'abbaye servent d'écurie pour le 19'' régiment de cavalerie. Le 2 ventôse, Claude Lavau donne sa démission de curé de Saint- Laurent. Le 4 ventôse, la municipalité baille cent cinq livres pour faire desceller les cinq croix sur les clochers de Beaulieu, et, en enlevant la croix du clocher de l'abbaye, on trouva '■' un pot à fleur >>, que l'on conserva comme <■< estant à la cime du clocher * depuis très longtemps. En thermidor, on conduit au château de Loches les religieuses Viantaises, « parce qu'elles ne prêtent pas le serment. >y

En l'an XI, 22 germinal, réparation à l'église de Beaulieu et ouverture d'une porte d'entrée. En l'an XII, 24 nivôse, nomination des fabriciers. En 1809, on agite la question des brèches de Tranchemort, à propos des limites territoriales de Beaulieu, Loches et Perrusson.

Avec le rétablissement du culte, l'unique paroisse, groupée autour de l'ancienne abbatiale des Bénédictins, fut régie par des curés, dont il nous reste à indiquer les noms.

Les curés de Beaulieu sont :

Brouet Chalus, curé de Rilly, doyen rural de Noyers, caché dans sa famille depuis le 28 juillet 1792, exerça avec zèle jusqu'au 3 octobre 1796.

Jacques- Charles Brette continue à signer curé de Saint- Pierre de Beaulieu de 1794 au 17 juillet 1802. Le 2s janvier 1803, il signe : « desservant de Beaulieu et Ferrièresur-Beaulieu >/ réunis. Curé de 1766 au 25 décembre 1809.

Il est à noter que Charles Gallicher, curé de Saint-Laurent jusqu'au 21 septembre 1802, signe, en janvier 1803, « desservant de Saint-Flovier. w

Turmeau ou Tourmeau signe '< prêtre w en 1800. Il signe « vicaire >^. du 23 juin 1803 au 22 septembre 181 2; date où, étant seul, il sort de l'Église. Alors il déclare regretter le Concordat et signe '•' prêtre catholique ». Il décéda à soixante-douze ans, dans la Petite-Église, et fut inhumé le 29 juillet 1826, par Prosper Burget, « prêtre catholique. »

MM. Château, cru-é de Saint- Antoine; Cronier, curé de Saint- Ours, et Normand, curé de Saint- François-de-Paule, exercent les fonctions jusqu'au 20 octobre 181 2.

M. J. Picard est desservant de Beaulieu le 2 novembre 181 2, et fut nommé curé de Richelieu le 8 juillet 1819; M. Pecherard. le 16 juillet 1819, et il change de paroisse avec son successeur et dessert Verneuil le 2 novembre 1820.

M. Charles- Laurent Jtichereau est curé le 6 novembre 1820, et meurt subitement, à soixantecinq ans, le 17 janvier 1859.

M. Hippolyte Guindeuil, né à Tours le 6 février 1800, et ordonné prêtre le 9 novembre 1823, fut successivement vicaire à Saint-Maurice de Chinon (1823). curé d'Autrèches (1825^, curé de la Chapelle- sur- Loire (1835), et curé de Beaulieu, dont il prit possession le 2 février i8s9, et fut installé le 13 mars. L'abbé Guindeuil, qui avait le goût de l'histoire, constitua un registre de

paroisse, demeuré dans les archives paroissiales, dans lequel il

Éalise de Beaulieu : façade actuelle, neuve.

a transcrit des documents que nous avons consultés avec protit. Il s'attacha à son église, dont il commença la restauration ; il décéda le 1 1 avril 1866.

M. Pierre Rousseau, précédemment curé d' Ingrande, fut installé le 23 mai 1866. Il continua la restauration et fit celle de la ilèche jusqu'à la tour. Il mourut subitement, le 6 janvier 1875, après avoir porté solennellement le saint Sacrement.

M. Jules Caumont, précédemment curé de Ciran, fut installé, le 18 avril 187=,, par M. Robin, archiprêtre de Saint- Ours.

Les trois belles verrières du chœur, sorties des ateliers de M. Lobin, de Tours, furent inaugurées solennellement le 29 juin 1879 : la cérémonie fut présidée par M. Robin, archiprêtre de Loches, et le discours fut prononcé par M. le chanoine Mauduit, curé de Vouvray.

Le 28 mars 1891, le siège abbatial, bien restauré, a repris sa place dans le chœur de l'église. Le 19 août 1900, furent bénites par Msf Renou deux cloches, nommées Andrée -Madeleine et Gatienne-Rosa, sorties des ateliers de J. Robert, fondeur à Nancy.

(Extrait du registre paroissial de Beaulieu.)

M8^ Collet , alors achevêque de Tours , disait , dans le procèsverbal de sa visite de 1878 : '•' Noias avons trouvé une église tout à fait monumentale , dont la nef a été en partie démolie ; les bras du transept offrent un coup d'œil remarquable. Lorsqu'on aura pu réunir les ressources nécessaires pour agrandir et réparer la net, l'église de Beaulieu sera dans son genre l'une des plus remarquables du diocèse. >y Le vœu, exprimé par le prélat, de vénérable mémoire, a été réalisé au moins en partie.

C'est pendant l'exercice curial de M. Jules Caumont que fut commencée la restauration de l'église, à l'aide du beau legs

de M. Meusnier, de quatre-vingt-quinze mille francs, sous la direction du Comité des monuments historiques et par les soins de M. Jean Hardion, architecte en chef des monuments historiques. L'abbé Caumont, après avoir démissionné en iqo6, est décédé à l'Asile des vieillards, le i'' juin 1907.

M. Julien Lay a été installé curé de Beaulieu le dimanche 12 août 1906. M. l'abbé Lay sait puiser dans sa haute culture intellectuelle, aussi bien que dans son dévouement à sa paroisse, le culte des grands souvenirs qu'il a tenu à raviver, notamment, par la célébration du neuvième centenaire de la fondation de l'abbaye, les 28, 29 et 30 juin u)i2. avec un Tridiium solennel

dont le prédicaété M. l'abbé Fran- M. l'abbé Lay terminer la reséglise monumenprécie, comme il la beauté archise plaît à orner

teur éloquent a çois Bossebœuf.

a eu la joie de voir tauration de son taie, dont il apconvient , toute tecturale et qu'il avec goût.

Abbatiale Je Dcauliuu : chapilcaii de la nef.

CONFRERIES ET COUTUMES

Au temps passé, la vie commerciale et industrielle était d'autant plus intense qu'au lieu de se localiser en quelques usines et quelques mains, elle se répartissait entre un très grand nombre de loyers. Ces groupements corporatifs, auxquels on éprouve le besoin logique de revenir en nos jours, prenaient part aux solennités religieuses, en particulier à la fête de leur patron et à la Fête- Dieu. A cet égard, nous emprunterons aux registres des délibérations Tordre du cérémonial d'après lequel les corporations devaient marcher dans les cérémonies publiques.

<•< Aujourd'hui 1:9 mai ij'î^, au sujet de la procession générale de la Feste-Dieu à Beaulieu, par devant le juge ordinaire, il a été décidé que ^< il est nécessaire de régler une nouvelle marche des "'' habitans, afin d'éviter la confusion et le trouble qui régneroit '< dans l'ancienne marche >>. En conséquence, il a été réglé que les habitans marcheront dans l'ordre qui suit, sçavoir :

'< Deux des sindics, et confrères du Saint- Sacrement, et gens vivant bourgoisement, dans l'ordre prescrit par le règlement;

" Les chirurgiens et apotiquaires ;

" Les marchands et orfebvres ;

" Les perruquiers;

-" Les drapiers et cardiers ;

" Les boulangers et meusniers ;

« Les bouchers ;

" Les tailleurs, boutonniers et tapissiers ;

" Les cliapelliers et tinturiers;

" Les cabarettiers, pâtissiers et rôtisseurs ;

" Les vitriers et pottiers d'étain ;

'< Les mégessiers, gantiers, tanneurs, corroyeurs, et huilliers ;

'•' Les cordonniers ;

•r Les serruriers, armuriers, poëliers, coutelliers, marchands et ouvriers en œuvres blanches ;

" Les selliers et bourelliers ;

<■< Les boisseliers, tourneurs, menuisiers, charpentiers, charons, sabottiers, futtiers et soctiers ;

'< Les maçons, les pottiers de terre, cocassiers, beuriers, voituriers ou carossiers ;

" Les cordiers et lerrandiers ;

« Les jardiniers, les vignerons, les tisserans.

« A l'effet de quoy les plus anciens des dits corps seront tenus de fournir incessamment au greffe de cette justice un état exact et les noms de tous ceux qui les composent; enjoignons à tous et chacun des dits habitants de se trouver à la porte de l'église des sieurs religieux bénédictins de cette ville jeudy prochain, où se commencera la procession à l'heure qui leur sera indiquée, l'assemblée sonnante, et d'assister à la procession avec toute la décence requise, sans pouvoir s'absenter ny quitter leur rang sous peine de trois livres d'amande contre chacun contrevenant ; lesquels confrères auront avec ceux du dit Loches semblablement et alternativement le pas les uns sur les autres, les années pair et impair, et ordonné que le présent règlement sera lu, publié et aftiché partout ou besoin sera et notiffié au plus ancien du corps à la dilligence

du procureur de cette cour. » (Archives de la mairie de Beaulien,

registre n" 2.

Parmi les anciennes coutumes, on remarque celle des feux de joie, la veille de la fête de saint Jean-Baptiste. Cet usage a

'lan cadastral Je Bcaulieu, à la prtjt'ccture dlndrc-ct- Loire.

pour point de départ le texte biblique relatil au précurseur : In nativitate cjiis niiilii gandehunt, dont on retrouve l'écho dans les hymnes de la fête, auxquelles on a emprunté les notes de la gamme. Le moyen âge s'associa à ces réjouissances, et les rois de France, Louis XI tout le premier, y prenaient part. A Beaulieu, cet usage était suivi avec mi zèle tout particulier. H y avait plusieurs feux de joie, parmi lesquels brillaient spécialement ceux des quartiers de Guigné et de Sainte-Barbe, dont la chapelle se

voit encore à quelques centaines de mètres de la ville. Le feu était allumé par le curé de la paroisse. On ne manquait pas de faire des danses à l'entour et d'emporter quelque tison, que la superstition populaire considérait comme utile en temps ti'orage.

Les anciens habitants de Beaulieii se souviennent d'avoir assisté à ces feux de joie, où les coutumes pieuses ou superstitieuses se mêlaient aux démonstrations de l'allégresse populaire. De nos jours, ces pratiques ont disparu en grande partie, et le clergé y reste totalement étranger. Seulement, la veille de la Saint-Jean, quoique avec moins d'entrain et d'éclat, on voit encore s'allumer quelques feux de Saint-Jean, dont la lueur étincelante a toujours le don d'intéresser tout au moins la portion juvénile du quartier.

A propos de ces pratiques anciennes, nous transcrivons ici une note que nous avons relevée sur les registres paroissiaux de Saint- André, à la suite du Pèlerinage du curé à Jérusalem en 1595. Il s'agit des emblèmes pieux en cire, que leur symbole a fait appeler agiius Dei. '< Les vertus de Vagmis Dei. Il chasse les tonerres, il efface les péchez, saulve d'embrasement et de submergement, garde de mort subite, les diables prennent la fuite, dépite les ennemys, garde en l'enfantement l'enffant et la mère. >y

L'abbé de Beaulieu était en possession tout à la fois des droits religieux et seigneuriaux. Aussi son entrée dans la ville se faisait d'une manière solennelle.

En particulier, le 28 mai 1767, nous voyons une assemblée de notables en vue de préparer l'arrivée de l'abbé de Chazal, « abbé et baron seigneur de cette ville. // Il fut décidé qu'on le recevrait avec le cérémonial accoutumé, car « il a toujours esté d'usage d'offrir le pain et vin et clefs de cette ville à l'arrivée des nouveaux seigneurs ». Une note, mise en marge du registre des déli-

bérations, constate que l'abbé est '•' mort à Saint-Sulpice, à Paris, le i8 juin 1769 ».

Le registre renferme une longue épitaphe relative à M. l'abbé de Vinay, mort le 29 novembre 1766 : elle est en français et en latin et n'occupe pas moins de deux pages. Pai^mi les éloges qu'on lui décerne, il y a celui d'être resté pur des erreurs doctrinales de son temps (fol. 66). On y lit également un Etat de Beaulieu en l'année 1766, comprenant cinq pages, et l'on constate que la ville contient dix-sept cent cinquante habitants (fol. 88).

Le groupement des intérêts similaires, dans l'ancienne société, a donné naissance aux corporations, dont le but était de défendre les droits et les privilèges des membres, rapprochés par des statuts qui étaient approuvés par l'autorité compétente. A la dilférence de la corporation, qui poursuivait un but avant tout civil et économique, la confrérie revêtait ini caractère essentiellement religieux. De même que la physionomie des villes et des bourgs était animée par l'aspect pittoresque des clochers d'églises, de même la vie religieuse s'alimentait par un nombre considérable de confréries, dont les membres se recrutaient dans les différentes carrières sociales.

Indépendamment de son ordre de Bénédictins et de son ordre de Chanoinesses régulières de Saint- Augustin, dites Viantaises, Beaulieu comptait de pieuses confréries qui étaient constituées par le groupement des fidèles eux-mêmes.

Nous connaissons la confrérie de Sainte-Anne, qui était formée de personnes du sexe féminin. On peut en voir les listes, par ordre alphabétique, conservées dans les registres d'état civil à partir du xviif* siècle. Une autre confrérie réunissait les fidèles des deux sexes : c'est celle du Saint-Sacrement.

La fondation de la confrérie du Saint-Sacrement fut autorisée, le 10 juin 1669. par M'-' Victor Le Bouthillier, archevêque de

Tours. L'érection eut lieu le i8 août, à l'autel principal de l'église de Saint-Laurent, et, par bulle du i" septembre 1670, le Pape Clément X enrichit la confrérie d'indulgences à gagner, notamment, au.\ lètes de saint Laurent, de saint Louis et de saint Roclî.

Le u) janvier 1749, une assemblée générale de la confrérie approuva une nouvelle :"édaction des statuts, rédigés par Jean- Baptiste - François Pottier, curé de Saint-Laurent. Sont exclus «les malfamés, usuriers, concubinaires, blasphémateurs, etc. ».

Outre une spéciale dévotion au saint Sacrement, on devra " visiter les confrères malades, leur procurer les derniers sacrements, les secours même temporels, assister à leurs sépultures et services et donner annuellement cinq sous et le pain bénit à son tour. Les nouveaux venus, le jour de leur admission, donneront, les hommes vingt -quatre sous, et les femmes douze sous w.

Il est statué que la confrérie demeurera comme elle était du temps de MM. Pinon, Contant et Granville, et que le curé de Saint- Laurent choisira les trois syndics, en prenant un dans chaque paroisse de Beaulieu. Avec l'argent colligé par les syndics, le curé de Saint-Laurent sera tenu de '< faire et fournir tout ce qui a rapport aux offices de la confrérie ».

Le règlement de la confrérie, suivi de quarante-sept signatures,

était conservé dans le registre de la confrérie du Saint-Sacrement.

Ancien cuuvenl dus .Minimes du Plessis, près Ti)urs. État d'autrefois et actuel.

Ce registre contient, nutamment. la liste des confrères, et celle des femmes commence en ly^so. A partir de 1770, on trouve la liste des services acqiaittés pour les confrères. Dans son registre paroissial, Tabhé Guindeuil a résumé les statuts et règlements de la confrérie, qui fut approuvée de nouveau, le 16 novembre 181 3, par M^''' Louis de Barrai, archevêque de Tours, et le 17 septembre iS=,9, par M'' Guibert.

En outre, nous mentionnerons quelques usages de la paroisse de Beaulieu d'après une note rédigée en 18^9.

Sainte Barbe, 4 tiécembre, vierge-martyre, « invoquée contre le tonnerre, la foudre et les tempêtes, » grand'messe dans sa chapelle.

Epiphanie. Exposition du saint Sacrement tout le jour, en mémoire de l'établissement de la confrérie du Saint-Sacrement, érigée en l'église Saint -Laurent de Beaulieu par une bulle de Clément X, du i" septembre 1670; après compiles, il y a procession du saint Sacrement et bénédiction. Jeudi saint, à 9 heures, après l'office et la grand'messe, lavement des pieds.

Pâques, procession du saint Sacrement.

Mercredi de Pâques, visite générale des inlirmes.

Saint Marc, procession à Saint- Laurent.

Rogations, station le lundi à Saint- Laurent, le mardi à Perrière, le mercredi à Sainte-Barbe.

Ascension, procession du tour des biens; au retour, station à Saint- Laurent et salut.

Pentecôte , procession du saint Sacrement.

Grande Fête-Dieu, procession générale du saint Sacrement : municipalité, fabriciers, confréries, corps d'état; décoration des rues.

2() juin, saint l^ierre et saint Panl. Fcte patronale, anniversaire de la translation des reliques : après compiles, procession à l'autel oîi elles seront exposées toute la semaine.

i" août, retraite de sainte Philomène. Salut à la chapelle de sainte Philomène, qui sera éclairée tous les soirs de 8 heures à <> heures et demie pour faciliter la vénération de la relique. Grand'messe le lo, jour de la tète, et salut à sa chapelle.

6 août, bénédiction du raisin.

30 août, saint Fiacre, patron des jardiniers. Grand'messe et vêpres, et, lendemain, messe pour les confrères défunts.

14 septembre, Exaltation de la sainte Croix, exposition des saintes reliques. Le dimanche suivant, procession à la croix de Bonne-Nouvelle.

i'"' octobre, saint Rosaire. Procession à la chapelle du Saint- Rosaire. Deuxième dimanche, fête de l'association de l'Ange gardien, grand'messe dans l'église de Saint- Laurent.

A la tin d'octobre, grand'messe pour MM. Ours Catrou, Jacques Brette, Charles Gallicher et Charles- Laurent Juchereau, anciens curés de Saint-André, de Saint-Laurent et de Saint-Pierre et de la paroisse.

Toussaint, procession du saint Sacrement, et le lendemain procession au cimetière.

Le dimanche après la Toussaint, en l'honneur de saint Honoré, on expose sin- la table de communion la châsse ornée avec deux flambeaux allumés tout le jour; et, pendant l'octave, ils sont allumés durant les messes et l'exercice du soir.

Chaque mois :

Le premier vendredi, adoration de la vraie Croix.

Le premier samedi, messe de l'archiconfrérie à Saint-Laurent.

Abbatiale de

Bcaulieu :

Vierge en bois ,

xV siècle.

Le premier dimanche, procession du saint Rosaire à l'autel de la Sainte -Vierge.

Le premier jeudi, salut à Saint-Laurent.

Le second dimanche, procession du Mont-Carmel à la Sainte-Vierge.

Le troisième dimanche, procession du saint Sacrement après complies.

Le quatrième dimanche, après complies, chemin de la croix.

A propos des processions , il est opportun ele rappeler que le 2 août 18S2. la croix de Bonne-Nouvelle, minée de vétusté, fut remplacée avec solennité par une nouvelle croix \

Un historien célèbre, Augustin Thierry, résumant dans ses Lettres sur T Histoire de France ses impressions de philosophe et de moraliste, a écrit que tout homme de bon sens, qui observe et recueille au liei: de se payer des abstractions, « ne tardera pas à sentir quelque chose de vivant sous la poussière du temps passé. » C'est la leçon, croyons-nous, qui se dégage de l'analyse artistique d'une belle abbatiale comme celle de Beaulieu, aussi bien que des annales du monastère et de la petite ville groupée à l'entour. A côté de la vie conventuelle plus spécialement appliquée au travail de l'esprit, la cité populaire formée des artisans et des ouvriers en tous genres, aussi bien qiie des professions libérales, constituait comme une ruche féconde où s'élaboraient les divers éléments de la vie nationale; et, à cet égard, il y a beaucoup à apprendre dans l'étude des corporations et des coutumes, envisagées tant au point de vue du traditionisme et du folk-lore que sous le rapport des usages, du droit et des institutions, qui ont donné naissance à notre société moderne.

' Registre conservé dans les archives paroissiales.

lîeaulicu: ;i gauche, l'abbatiale cl Saint-Laurent; au premier plan, le rempart du .\iv= siècle; à l'horizon, Loches; donjon, Saint-Ours, château royal et tour Saint-Antoine.

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