LA NEF ET SES TRANSI' O RM AT ION S
Saint-Réniy de Reims, en loos; celle de Saint-Ouen à Rouen, et celle de Fulbert à Chartres, en 102^.
Telle était donc la nef primitive; aucun pilier ne s'opposait à la vue des cérémonies qui se passaient dans le chcéur.
Mais si Foulques lit rétablir la charpente primitive, cet état ne dut pas subsister bien long- | temps; et s'il ne vit point la
transformation de son (oeuvre très peu de temps après sa en 1040.
Les voûtes commenl'inlluence normande , et , chances d'incendie, soit par de décoration, les constructiées étaient toutes ornées V" tait même partout aux ^
première, elle dut se faire mort , laquelle eut lieu
çaient à apparaître sous
soit pour diminuer les
août de ce nouveau mode
tions nouvellement édi-
de voûtes; on en ajou-
anciens édifices, ce qui
;Sur ]e IranSéeptre^ardant l'ouest
ll<ndion ,h-l.
ÉS'lise. Coupe iransversale sur le iraiiscpl.
L'ABBAYE DE BEAU IJ la'-LES-LOCHES
en ruina mi grand nombre, les murs n'étant point faits pour résister à des poussées qui tendaient à les renverser.
Beaulieu n'échappa pas à l'entraînement général ; mais on n'avait point encore imaginé les voûtes sur croisées d'ogive, qui
permettent de couvrir de grands espaces en reportant les poussées sur certains points particulièrement consolidés.
Les premiers constructeurs ne connurent cpie le berceau ou demi-cvlindre,.
le plus souvent construit en blocage à la manière romaine et renforcé de nervures saillantes appelées doubleaux. Kt c'est ainsi qu'il lut lait à Beaulien.
Mais ces berceaux ne
pouvaient atteindre de
grandes dimensions, et dans les édilices antérieurs au xi" siècle,
les murs manquant de l'épaisseur nécessaire, il fallait subdiviser
l'espace pour diminuer les portées, et par suite les poussées.
Deux rangs de chacun dix groupes de colonnes furent donc établis à une petite distance des murs, à "î mètres l'un de l'autre environ; puis une série d'arcs reliant longitudinalement ces supports formèrent, de chaque côté de l'axe, comme un mur intermédiaire, ajouré, sur lequel s'appuyaient la voûte centrale et celle des bas-côtés. Ces voûtes étaient toutes renforcées de doubleaux. Un claveau de ces arcs, allant d'une pile à l'autre, et l'une des colonnes d\i faisceau avec ses dimensions primitives turent
Chapiteau de la nef.
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retrouvés au cours des travaux. Ils étaient cachés dans le mur servant de clcMure occidentale avant la reconstruction de la nouvelle façade; ces témoins furent laissés intacts, on peut les voir aujourd'hui dans la dernière travée.
Les grandes fenêtres carolingiennes coupées par cette voûte durent être abandonnées. On en reperça de plus petites à un niveau inférieur; pour compenser leur faible dimension, on les ébrasa fortement, et des colonnettes avec leiu'S chapiteaux les ornèrent à l'intérieur. Les voûtes furent établies sur un redan ou rainure horizontale, creusé dans le mur. Mais, pour porter la retombée des arcs-doubleaux. il fallut incruster de grosses colonnes. On ne prit nul souci de raccorder leurs assises avec l'appareil ancien; cette circonstance nous permet de suivre la marche des transformations. En outre, des erreurs d'exécution empêchèrent leur correspondance avec les contreforts extérieurs; aussi, dans les dernières travées vers l'est, voit-on les nouvelles baies toucher presque le contrefort, et cela malgré l'obliquité des piles à l'intérieur de l'église, par rapport au grand arc de l'édifice.
Les transformations du xv" siècle n'ont heureusement pas fait disparaître ces témoins des différents travaux. L'ensemble des voûtes se composait donc de trois berceaux complets, et non pas d'un berceau central flanqué de deux quarts de cercle. Cet état nous a été révélé par le reste d'un départ de doubleaux qui se voyait encore dans la clôture occidentale, avant la construction de la façade nouvelle. Une photographie en a conservé le témoignage ^
Pourquoi la division par travées ne lut-elle pas égale et se termina-t-elle par une pile double, pour ainsi dire? Nous ne pouvons l'expliquer autrement que par une erreur de plantation.
Quoi qu'il en soit, les sondages ont révélé vers la croisée du
' Phot. des Monuments historiques, 6061.