‹ L'abbaye de Beavliev-lès-Loches et quelques monuments de sa dépendanceChapitre 5 sur 49 · LA NEF ET SES TRANSFORMATIONS · texte numérisé non relu

LA NEF ET SES TRANSFORMATIONS

.;f 1^, ;^ transept l'existence de ces deux supports rapprochés, reliés entre eux dans la

litirdlott (ici.

L'arc triomphal Ju transept.

L'AlUîAVi: DE LJEAULIEL'-LES-LOCIIES

renforcés an xv'' siècle? Nons ne la vovons pas. Ils ne sont plus séparés auiourdhui i|ue par une porte basse; le poids qu'ils supportent est pourtant moins lourd que celui des autres piles, et Ion ne pouvait craindre l'écrasement. Ce serait alors le commencement d'exécution d'un plan abandonné par la suite.

Pour avoir une idée exacte de ce qu'était la net dans son second état, flanquée de ses collatéraux, il faut imaginer les peintures à fresques qui recouvraient les murs, et telles que d'autres monuments nous en donnent l'ielée. Les piqûres des pierres pour faire prendre le mortier ne laissent aucun doute là-dessus. Grâce à l'ouverture du chantier, les fondations de ce qui a disparu ont pu être reconnues; dans la nef, celles de certaines piles ont été mises à découvert. A l'extérieur, sans parler de la façade qu'on pouvait prévoir, le mur oblic^ue qui clôturait l'abbaye vers le sud. et qui a été dessiné par Gaignières. a été retrouvé; d'autres vestiges aussi, en avant de l'entrée, porteraient à supposer l'exis-

tence d'un narthex Ours de Loches, ou simple auvent en aurait déjà disparu détail n'a pu être

comme à Saintpeut-être un charpente, qui avant 1(199. Ce fixé.

fitirdion del.

Chapiicau du la ncl" primitive.

LE CLOtHER OCCIDENTAL E'

.E cloçiii;r central

ERS Test, la nef se terminait par un grand arc triomphal de 12 mètres d'ouverture. Cet arc robuste et à deux rangs de claveaux était solidement contre-

bouté par les deux murs des transepts;

ses pieds-droits débordaient légèrement

sur l'alignement de ceux de la nef; il

était destiné à supporter l'énorme

clocher central, celui -là même ,

sans doute, dont il est parlé dans

la Chronique de dom Galland,

et sur lequel le dessin de Gai-

gnières nous renseigne d'une manière précise.

Les dernières piles de la rangée

entre la nef et les bas côtés qui

aujourd'hui déchargent cet arc lui

sont certainement postérieures ;

car, si elles avaient été construites

dès l'origine, il était inutile de faire un arc d'une seule volée et

d'une pareille solidité.

Ce clocher correspond certainement à l'époque du premier état

Httrtlîon del.

(loclici- occidental. Oi'ncmcnt de la base.

de la nef, celle de la construction de Foulques, bien que peu dannées aient dû s'écouler entre les ciifférentes campagnes de travaiix.

Nous ne pouvons déterminer la date des voûtes que par celles qu'on peut attribuer aux sculptures : chapiteaux des grosses

colonnes ou colonnettes

des fenêtres, en les comparant à des décorations similaires, d'époque connue, et cela nous conduit à peine aux dernières années du xT' siècle.

Déjà M. Bouet avait remarqué l'analogie des sculptures de Beaulieu avec celles des constructions normandes.

Saint-Etienne de Caen fut consacré en 1079; les chapiteaux de Beaulietx paraîtraient plutôt plus archa'ïques cpie ceux de la crypte de la Trinité.

C'est un art déjà sûr de lui, c[ui ne sera pas dépassé au temps où l'on ajoutera le déambulatoire et ses chapelles. A défaut de celles des grosses colonnes, qui ont disparu, les bases des colonnettes des fenêtres, dont le profil est encore hésitant, nous conduisent à la même conclusion.

Une autre raison nous empêcherait encore de ne pas trop rapprocher du XII'' siècle cette série de transformations : c'est l'aspect du clocher occidental, situé au nord de l'entrée, et la date qu'on peut lui attribuer.

Le clocher avait-il son symétrique? Les fouilles ont répondu

Oculus cl arcatiire sous le clocher central.

LE CLOCHER OCCIDENTAL ET LE CLOCIlEli CENTRAL 25

négativement; peut-èlre en avait-un conçu le projet, mais il n'a jamais 4 reçu même un connnencement d'exécution. Celui-ci même semble avoir été influencé, au cours des travaux, par les changements qui s'étaient produits dans les traditions artistiques.

Sa base jusqu'au premier glacis, à () mè- „ ..,.

très à partir du sol, !

à peu près, est carrée et renforcée de contreforts nombreux et peu saillants ; elle rappellerait l'art du Poitou

Htirtlïou tlel.

Clocher cciUral. Plan à la haiilciir «Jcs combles.

i^Pii

Harilion ,lel.

Clocher (lucideiual. ( )nieiiicius Je la base.

: le clocher de Saint-Porchaire, et aussi l'art de l'Anjou; dans la frise, plus d'un ornement se retrouve à la tour Saint -Aubin d'Angers, avec un caractère identique.

Dans la partie haute, ces contreforts disparaissent; des colonnes engagées, isolées ou

BEAULILiU-LKS-LOCMlLS

par laisceaiix, décorent chacun des étages; une corniche les couronne, elle est à petites arcatures sur corbelets ornés de feuillages ou de figures.

L'étage du beffroi, largement ouvert, donne passage aux vibrations des cloches; trois rangs successifs d'archivoltes, portés par des colonnettes, donnent aux fenêtres un aspect de grande richesse.

Ces groupes de chapiteaux sont d'un art très avancé, très soirple et très original ; déjà l'étude de la nature a fait sentir son influence.

Une flèche octogonale couronne cette tour et s'harmonise bien avec elle; quatre pinacles, également octogonaux, rachètent les angles; quatre lucarnes à câbles aigus décorent les faces de la pyramide : nous sommes certainement au milieu du xii" siècle.

En considérant la coupe de ce clocher, on ne trouve pas encore les recherches de constructions comme on en rencontre à Vendôme ou à la tour Saint- Aubin d'Angers, ainsi cju'en plusieurs autres endroits; néanmoins, notre édifice ne le cècie en rien aux meilleurs exemples pour les dispositions d'une bonne construction, et surtout pour le bonheur des proportions harmonieuses, la mise en valeur des éléments principaux et leur décoration.

Restes du mur primilif ef q^ clocher XII? Siècle

Hardton del.

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