‹ L'abbaye de Beavliev-lès-Loches et quelques monuments de sa dépendanceChapitre 7 sur 49 · LE CLOCHER OCCIDENTAL ET LE CLOCHER CENTRAL · texte numérisé non relu

LE CLOCHER OCCIDENTAL ET LE CLOCHER CENTRAL

d'hui , la petite tlèchc ei: charpente qui remplace le gros clocher disparu est élevée sur plan carré et s'appuie, au nord et au sud. sur deux murs surmontant les arcs du xv" siècle qui prolongent la ligne des piles. Ces murs ne se lient aucunement, vers l'ouest, ni avec le grand arc triomphal, dont il a été j^ parlé, pas plus que

vers l'est, au pignon d'entrée d;i chœur vérifier s'il y avait ou non liaison entre mis à jour ce fragment de chapiteau sion, dont nous donnons le dessin, tion, ses feuillages et ses entrelacs, tôt les temps mérovingiens; cepenappartenir qu'à la première cons- Ces remarques faites, regardons dessin de Gaignières. et nous y clocher, encore debout en 169c),

C'est en cherchant à

ces murs, que fut

de grande dimen-

Par sa composi-

il rappelleraitplu-

dant il ne peut

truction.

attentivement le

verrons que ce

se composait

Coupe transversale f.ur Je çliœor j-e^atdani louent

ll.ir.lUm ,!,-l.

Beaulieu. Coupe sur le chiuur monlranl ce qui reste du clocher cenlral

d'un centre sur plan carré, tlanqué de deux bas côtés couverts eu appentis; mais nous ne pensons pas qu'à Beaulieu il y ait eu une coupole en pierre et des voûtes en c[uart de cercle.

Le détail de construction excepté, cette ciisposition paraît

en tout semblable à celle de clochers

auvergnats dans leurs parties

basses : tour carrée , flanquée de

deux voûtes en quart de cercle.

Ce type trouve son expression

la plus caractéristique dans

l'église d'Issoire(Puy-

de - Dôme) ,

l\-lll,ir<mil ilil.

Êg'lise d'Issoire. Coupe loniiiliklinalu.

dont nous donnons les plans, façades et coupes, d'après les remarquables dessins de M. Petitgrand.

Ce chapiteau, que nous avons trouvé sous les combles à moitié caché et ciétruit par le mur du xv' siècle, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut, pouvait parfaitement recevoir la retombée

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d'un arc plus oii moins surélevé, portant le niTU' sud de la tour. Du côté opposé, le chapiteau a conrplètement disparu; mais cela ne change pas la conclusion. L'oculus et la baie cjui lui faisaient face à l'ouest, IIH M\ 1 i~BTÎ3P auraient éclairé ce

bas côté et per- Hi'\ Pi i 3 P liTlir mis de voir sa dé-

coration. ' i^l^B Cette partie

centrale -^â'gânfteai -i..^ . t-ài .■ J^^r ''•°^- et les bas

Petiiffrtiiiil ilcl.

Éfflisc d'Issoire. Vue du chevet.

côtés étaient-ils voûtés, comme en Auvergne? Nous ne saurions l'affirmer; les constructeurs de cette époque n'étaient peut-être pas encore très aptes à équilibrer de grandes voûtes, et surtout à pareille hauteur. Peut-être les charpentes apparentes, et peintes comme dans la nef, s'y poursuivaient et complétaient la décoration ?

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Pour la partie centrale, d'après ce que nous avons expliqué plus haut, et quoique le monument scjit de proportions beaucoup plus restreintes, c'est peut-être à Germigny-les--Prés qu'il faut se reporter. Un plancher de bois aurait soutenu le betfroi. au lieu et place Ï^J|i|j| ti-HJ ] IHIEPIEF d'une coupole.

Pctil<iraiul Jcl.

Éylise l1 Issoire. Coupes transversales.

La similitude de cette construction avec celle de la net nous porte donc à l'attribuer à Foulques, non pas peut-être à la première campagne, mais à une époque ayant précédé sa mort, qui survint en 1040.

A cette date, en effet, l'église devait être achevée, puisqu'il

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y fut enterré, comme le prouve la découverte de son tombeau '.

Rien d'étonnant à ce que le grand bâtisseur et le grand voyageur ait voulu perfectionner son "7'""' ""'"**^*^^''!|^ ' "" ' œuvre; car, en debors de „cs=cs-— ^ïiTasTSît.- !- V Beaulieu , il avait fondé

Saint-Nicolas d'Angers

^pg^p^B^ip^

en I020-, le Ronceray

!\ litiirtmd ih-I .

Éelise d'Issoire. F'açade latcrale.

en 1028^; il avait relevé Saint-Martin d'Angers avant 1029 ^ Malgré leur importance, ces fondations n'avaient pas épiiisé l'activité, ni la générosité du comte d'Anjou, car on lui attribue

' Cf. de Salies, Hisloirc ic FouLjiies \crra ; Coiii^rcs .irchéolui^'hjiic Ae Loc/ics, 1870, p. 33o. 2 Dom Housseau, vol. 2', n" 417.

^ Cartulaire du Ronceray, 11" i.

' Dom Housseau, vol. 2', n" 417.

aussi lin grand nombre de châteaux : Langeais (9t)4-()(.)=^ '), Montrichard (1005-), Montbazon', Montboyau vers 1007% Trêves vers 1020', Montreuil-Bellay", Montrésor et Sainte-Maure", Mirebeau^ Montrevault% Montfaucon vers 1026^", Saint-Florent-le- Vieil ", Château-Gontier vers 1007'-, Baugé^'. Mais, en aucun cas, la durée des constructions n'est précisée; cela montre toutefois que les ressources ne lui manquaient point, et l'abbaye de Beaulieu ne devait point être la moins favorisée : de là l'ampleur de l'édifice et la richesse des peintures.

Jusqu'alors les transepts eux-mêmes étaient recouverts d'une charpente apparente décorée. Les voûtes en berceau qu'on y voit maintenant sont semblables à celles de la nef, à cette seule différence près, que les doubleaux font suite au mur et que les remplissages qu'ils supportent sont légèrement en retrait. Elles ne sauraient correspondre à la première campagne, ni s'éloigner beaucoup de la seconde, si même elles n'en font pas partie.

La disposition de ces doubleaux, tombant sur les absidioles et divisant la voûte en trois parties égales, est assez difficile à expliquer. Les restaurateurs de 1840, voulant tout remettre à neuf, eurent

' Richcr, 4-cp, édit. Waitz, p. 170; Foulques le Récliin, Cliron. ies comtes d'Anjou, édit. Marchegay et Salmon. p. 37-; Historié ^aiic/i Floreiilini , dans la Chronique des églises d'Anjou, édit. Marche<i'ay et iMabille, p. 274.

- Gesta comitum Andci^avensium, dans Chron. des comtes d'Anjou, p. 107.

^ Histoire de France, t. X , p. .577; Chartes de Robert le Pieux, Cf. Pfister, Catal. n" 24.

■* Gesta comitum Andei;aycnsium, p. in8; Ilistoria sancti Florentini, p. 2-;b; Annales de Vendôme et Annales dites dcRenaud. dans lerccueil des Annales Ant;evines et Vendômoises, édit. Alphen, p. 60 et 86.

■^ Ilistoria sancti Florentini, p. 276.

•^ Foulques le I^échin, p. 377; Chronique de ,Mcrai, dans la Chronique des églises d'Anjou, p. 85.

' Ibid., p. 377.

' Cf. note 6, ci-dessus; Foulques le Réchin, p. 077.

" Coll. Dom Housseau, II-, n" ,582; Chartes de Saint-Serge d'Angers.

"" Historia sancti Florentini. p. 281.

" Chronique de Nantes, édit. Milet, XLViii, p. 139-140; Charte de 1061. édit. .Marchegay; Bibl. de l'École des Chartes, 1875, p. 096.

" Cartulaire de Saint-Aubin, édit. Bertrand de Broussillon, n" i,

" Foulques le Réchin, p. 377.

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