‹ L'abbaye de Clairmarais d'après ses archivesChapitre 2 sur 43 · TITRES RELATIFS AU GOUVERNEMENT DE CE PRÉLAT · texte numérisé non relu

TITRES RELATIFS AU GOUVERNEMENT DE CE PRÉLAT

1° Abbalia Claromarisci.fundatur anno H 56 et 4 /57, a Theoderico Flandriœ Comité primis monàchis in abbatia Dunensis. — 1136.

1 Une antienne en l'honneur de Saint-Gunfrid se trouve à la suite de ces ver3, dans l'histoire manuscrite de Clairmarais, par D. Bertin de Vissery. Tom. I, pag. 189.

2° Confirmation du même titre et donations par Thierry, d'Alsace. — 1137.

3° Stephanus Angliœrex, ejus que \ixor Mathildis Boloniœ Comitissa dotant abbatiam Clarimarisci . . . Recens fundatam. — 1142.

4° Diploma Mathildis eadem concedentis. — 1 1 42.

5° Anioldi Comitis Guisnvnsis in clarum mariscum manificentia. — 1145.

6° Confirmation par Milon, évèque des Morins.

7° Lit ter œ Arnulphi Guisnensium Comitis et Mathildis uxoris et Balduini filii eorum quibus concedunt Claromarisci juxta Audomaropolim quidquid habebant in villuld Niwerlede. — 1145.

8° Lit ter œ Theoderici Flandriarum Marchionis, quibus unà cum Sibylld Comitissâ, uxore et Philippo filio concedit ecclcsiœ de Claromarisco partem nemoris de Ruholt.

9° Milo Morinensis episcopus, anno 4H5, approbat donationem villes de ISiwerlede monasterio Clarimarisci factam ab Arnulpho de Gandavo Guisnensi Comité.

10° Diploma Stephani régis Angliœ ad abbatiam construendam nonnulla concedentis. — 11 48.

1 1 ° Diploma Mathildis Reginœ, eadem concedentis.

12° Charta Willelmide Ypra de terra sud apud Loo quam dédit Claromarisco. — 1148.

13° Cartœ prœcedentem donationem conftrmans.

1 4° Cartœ Sibyllœ Comitmw et Baldmmfilii ejvs de eadem donations.

15° Charta Milonis primi Ephcopi Teruannemis de eadem....

16° Chirographum inter monachos et canonicos Teruanenses sub Milone episcopo, pro decimis de Esperleket Ruholt et Regenescure. — il 45.

\T Bulla Eugenii 111, papœ ad tramlationem monasterii. — 1147.

48° Epistola Sli Bernardi ad Sugerium% Gonfridum commendans. — 1149.

49° Confirmatio donationis Walteri Castellani Audomarensis a Theoderico Comité Flandriœ. —

20° Litterœ Sli Bernardi (383 et 384) ad abbatcm et religiosos Sxi Bertini.

21° Charta Theodarici de AUatia, pro confirmalione donationis régis et reginœ anglomm.

LES ÀBRÉS DE CLAIRMARÀIS.

Ï,E BIENHEUREUX GUILLAUME, 2e Abbê. av^uw

SOMMAIRE

Guillaume, prieur, remplit pendant un an les fonctions d'abbé. — Il y est maintenu par Saint-Bernard. — Sa naissance. — Son éducation. — Sa famille. — Sa conversion. — Sa prise d'habit à Clairvaux. — Son noviciat. — Il est envoyé à Clairmarais avec Gunfrid. — Il en devient le premier prieur, — Nouvelle visite de Saint- Bernard aux établissements de son ordre. — Chant du Snlce llcfjina. — Impressions des religieux en revoyant l'abbé de Clairvaux pour la première fois depuis la mort de Gunfrid. — Exhortation de Saint-Bernard. — Il désigne Guillaume comme deuxième abbé. — Guillaume répond à l'attente qu'il avait fait concevoir. — Ses vertus. — Sa perfection et celle de ses frères. — Le vénérable Pierre est élu prieur. — Reprise des travaux de reconstruction du monastère à Nicurlet. — Ces travaux sont abandonnés au bout de trois ans. — Guillaume répond au désir du Comte en cherchant à se dégager de sa promesse faite au Roi et à la Reine d'Angleterre — Étienne, Mathildb et Eustache se rendent au vœu de l'abbé. — Charte délivrée à cet effet. — l.e Comte satisfait, promet de compléter son œuvre, et de concert avec la Comtesse et son fils il ajoute à ses premières largesses 125

140 — ! 100 mesures de bois attenantes et 15 mesures sur la paroisse deSaint- YYillehrood. — Mort de Saint- Bernard (1153}. — Il est remplace par Robert. — Générosité de Thierry, Comte de Guisnes, et d'ARNOLi.D, Comte d'Ardres. — Don de la dîme de Micurlet. — Applanissemcnt des difficultés relatives a l'installation définitive de l'abbaye à Itihoult. — Mort d'ÉTiRNNE, Roi d'Angleterre. — lÏK.NBi II, Plantagonet, lui succède. — Repriso des travaux a Riboult. — On y apporte les matériaux préparés à Rethloo, où on détruit, même les constructions commencées, pour en adapter les pierres à la nouvelle maison. — L'abbé emploie à la construction du nouveau couvent tous les frères convers et ceux des autres monastères, surtout ceux qui avaient des connaissances spéciales. -— Première pierre du nouveau bâtiment. — Thierry va en Angleterre assister au sacre d'lli:xiu II. — Sibylle le remplaco pendant son absence. — Bienveillance de la Comtesse envers l'abbaye. — Libéralités de quelques seigneurs. — L'abbé et les religieux bénissent la Providence qui les comble de biens après leur avoir fait essuyer sous Clnfrid une grande pénurie. — La prédiction de Saint- Bernard se réalise. — Troisième voyage de Thierry pour la Terre-Sainte. — Il emmène Sirylle et laisse le gouvernement à Philippe. — Ce jeune Prince marebe contre le seigneur d'Oisy. — Piété de Sibylle. — Elle prend l'habit religieux à Jurusalem. y devient Abbessc et y meurt. — Variantes sur la dato de sa mort. — Regrets qu'elle inspire. — Mort de Walter, châtelain de Saint- Orner et de Gliilalmk, son frère. •- 1). Adam succède à Pierre en qualité de prieur. — Réception de Thomas Becqlf.t à Clairmarais. — Ses démêlés avec le Roi d'Angleterre.—Pour éviter la colère du Prince ce prélat prend la fuite, s'embarque et arrive à Gravelines, de là à Clairmarais — Réception de la sœur de Thomas Becqlet et de sa famille. — Accueil fait au pieux archevêque. — Bref d Alexandre III pour témoigner à l'abbé et aux religieux sa reconnaissance pour l'hospitalité accordée à l'archevêque de Cantorbéry.— Bulle qui affranchit l'ordre de Citeaux de la juridiction Kpiscopale. — Philippe suivant les traditions de Thierry et de Sibylle, confirme les donations faites à Gunfrid par Glu i. ai me, cfiâtelain de Saint-Omcr. — Cet acte contenant quelques désignations de limites est inscrit aux pièces justificatives.— Sollicitude deCni lai me pour sa maison.—- David,

- .'il -

châtelain de Saint Orner, embrasse la vie monastique par l'ascen- 1149— H (il) dant de Guillaume.— Accroissement du spirituel et du temporel.

— La construction est presque entièrement achevée. — On songe à ta translation. — L'ahhô choisit le jour du Vendredi Saint. — Ce jour paraît le plus convenable.— Pourquoi?...— Résurrection morale des cénobites — Les religieux quittent l'ancienne abbaye pour s'installer dans la nouvelle. — Leur marche processionnelle au chant de l'hymne du jour. — L'abbé ouvre la marche en portant la relique de la vraie croix, les autres suivent par rang d'âge, ayant dans leurs mains les vases sacrés, les ornements, les livres, etc — Les anciens bâtiments servent il renfermer les grainset les récolles. — Cet emplacement est appelé Velus curia, jusqu'au •18* abbé. — Destruction des anciens liàtiments. — Construction de la nouvelle cour, pris du quartier abbatial. — L'abbé célèbre les fêtes de Pâques. — Il ordonne de perfectionner les travaux et paî t pour l'abbaye des Dunes. — Guillaume convoqué par l'évêque . de Thérouanne qui avait pour lui la plus grande vénération, assiste comme témoin avec Goufscalquf.. abbé de Saiut-fiertin. à un arrangement intervenu entre li>t:i.RAi.n,dc$ Dunes, et labbédeSaint- Winoc au sujet de quelques dîmes. — Mort d Idelbalh, abbé des Dunes. — Aibero, neveu de Thierry, lui succède. — Relâchement des frères convers dans les granges. — Avertissement du général qui prescrit mémo des corrections. — Mort de Thierry, d'Alsace, à Gravclincs. — Sa tombe, supposée à Wattcn, n'avait laissé aucune trace au XVI II* siècle. — Regrets des moines de Clairmarais à l'occasion de la mort de co prince. — Cette mort est pour leur maison une perte immense. — Les religieux auraient désiré qu'il se fît enterrer dans leur église qui leur semblr.it mériter la préférence. — Fondation d'un service annuel pour son âme et celles de Sibylle et de Philippe. — Beauté des nouveaux bâtiments, leur solidité. — L'abbé obtient l'exemption du droit de navigation pour l'Angleterre. — Sa mort après 20 ans d'exercice.

— II avait à peine 00 ans. — Lieu de sa sépulture inconnu. — Probabilités à cet égard. — Armoiries présumées et devise.

A la mort de Gcsfrid le fauteuil abbatial demeura vacant pendant près d'un an ; la direction de la

il 49— U09 maison échut provisoirement à Guillaume, de Bailleul, prieur de la communauté, à qui Saint-Bernard à sa nouvelle apparition dans les Flandres, à l'occasion de la visite des diverses maisous placées sous sa surveillance, la confia définitivement au mois de novembre 1 150 l.

Guillaume, surnommé de Bailleul, à cause du lieu de sa naissance appartenait comme son prédécesseur à une noble famille de la Morinie ; comme lui plein d'instruction et d'avenir, avec lui attiré en 1131 par les saintes prédications de l'abbé de Clairvaux qui parcourait le diocèse des Morins, distribuant à tous la parole sainte, Guillaume embrassa la règle de Citcaux avec trente de ses jeunes compagnons non moins distingués que lui3.

Après une année d'épreuves doucement écoulée sous la direction de Saint-Bernard, Guillaume fut désigné pour accompagner Gunfrid lors de l'établissement du monastère de Clairmarais dont il devint aussitôt le premier prieur ; il s'acquitta si bien de sa charge il montra tant de zèle dans la pratique des exercices religieux qu'à la mort de Gunfrid, il eut la mission de remplir temporairement les fonctions

1 Hcrtin de Vissery, donne la date de 1149, que nous croyons inexacte, celle de 1150 est plus vraisemblable d'après les diverses versions.

* Willelmus Abbas natiune de UalucU: (llist. nV'Clar., 1 suppl. pas. 1 1 1 à la lin du volume.

3 Ce fait a été longuement rappelé dans la vie de Saint-Clwfriï).

* Jongelin. pag. 2-1. llist. Clar , tom. I, pag. 195.

abbatiales jusqu'au jour ou elles lui furent définiti- 11VJ-I1M vement confiées K

C'était le moment où Sal\t-Bernahd, en qualité de visiteur général de son ordre, faisait une nouvelle apparition dans la Moriuie ; il n'oublia ni Clairmarais, ni les Dunes, où, dit le V. Malbrancq 8 et après lui, Berlin de Vissery, il établit le pieux usage de chauler solennellement en musique et en chœur, tous les samedis, le Salve Hegina, ode admirable récemment composée, dit-on, par Adhèmah, évoque du Puv, fidèle serviteur de Mère de Dieu. En établissant cette coutume, qui se répandit bientôt dans toute la Flandre, l'abbé de Clairvaux assurait à ses frères que cette hymne chantée par les anges serait très agréable ii Dieu et à son incomparable Mère :i.

Quels furent les douloureuses impressions des reli-

1 llist. Clar., 1 pag. 193-196.

- I>o Morinis, pag. 225.

3 llist. Clnr.. 1 pag., 190, lin. lOetseq.

« ilecens odam illam composerai Portirnsis Episcopus V. „ ÂJaritr cullor eximius » — On sait (pic le Salve llctjitm est devenu d'un si fréquent usage dans les oflircs divins, que l'ordre dos Carmes l'a substitué à l'évangile de Saint-Jean, qu'on récite ordinairement ii la fin de chaque messe.

On sait aussi que les avis sont partagés sur le véritable auteur de celte prière à la Sainte-Vierge: les uns l'attribuent au pape Grégoire II. qui .tint le Saint Siège depuis 714 jusqu'en 731 , d'autres en beaucoup plus grand nombre, au savant moine Ukrmann, le liref, abbé de Saint- Cal nu de Itciehennu. surnommé Contrac.t, à cause de la contraction de ses membres, auteur fort estimé et qui mourut en KJôi ; d'autres encore en veulent faire honneur à Saint-Bf.rn ari> ou à PimuK, archevêque de Compc.stelle, du temps de Callixte 11, après les premières années du XII" siècle... Enfin le plus grand nombre et ceux qui selon nous, se rapprochent le plus des probabilités sont ceux qui l'attribuent à Aphémar, de Montcil.fils du comte

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m y— Ilot) gieux en retrouvant pour la première lois leur maître depuis la mort de Gunfiud: On les devine... Ils avaient toujours sous les yeux eetle cruelle séparation qui se faisait sentir davantage à la vue de celui dont la présence leur rappelait plus vivement encore le vide qui s'était fait autour d eux, depuis sa dernière visite.... Mais Bernard le comprenait d'autant mieux que son séjour à Clairmarais rouvrait également dans son cœur une plaie encore saignante ... Il compatit aux douleurs de ses cliers frères, leur ouvrit les entrailles de sa miséricorde, leur prodigua des consolations en leur montrant Guillaume comme le digne successeur de celui dont ils regrettaient si vivement la perte 1 .

Puis à l'exemple de Gunfiud il engagea les religieux à s'abandonner uniquement à la divine clémence et à son inépuisable charité, afin de pouvoir jouir dans toute leur plénitude des biens spirituels,

de Vatcntinois, 41' évoque du Puy, en 1087 f Podium aniciam;. licite opinion nous paraît la mieux autorisée, comme la plus vraisemblable ; telle était du reste la tradition des premières aimées du XIII" siècle, ainsi qu'on le voit dans la chronique d'AuiÉiuc, moine de Trois Fontaines, ordre de Citeaux. De son temps déjà le Salve llegina s'appelait antienne du Puy, dit -il, parce quelle avait été composé par un évoque du lieu. -- Saint Rkiinau» n'a fait qu'y ajouter les dernières paroles: 0 Clemcns, ô l'id ô Dulris Vu;/') Maria ! .. —Voir pour plus de détails une intéressante discussion mit ce point dans le VIII' vol. d.« i'IIistoiivj littéraire de France, par des religieux llénédicfins, de Saint Maur, p;ig. 470, 111 et 17;? — Idem, tom. X ! ! I . pag ?16. •— lJiogr;ipbio universelle de Mnliaud, loin. XX. pag :2')'jvi iTi 1 . — Histoire du clergé de France tom 111, pag. 560. — llist. m*' <:iar , tnm. 1. pag. !90. 1 Maibrancq, [>;:g. ;>->C. — llertm de Vissery.

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leur recommandant de n'avoir aucune autre pré- 1 149—1160 occupation : « De cxteris, niliil curw sil, moncl l. » Bernard, indiqua Thierry, Sibylle, Comte et Comtesse de Flandre, ainsi que Guillaume, châtelain de Saint; -Orner, comme devant seconder leurs progrès si ils s'en rendaient dignes par leur vertu : *SV lirtulibus prœcaul a.

Guillaume ne tarda pas a répondre à l'attente qu'on avait conçue de lui, les paroles de Bernard étaient gravées dans son cœur ; sans cesse il tendait à la perfection ; croissant chaque jour en vertu, il réchauffait le zèle de ses frères par sa parole aussi bien que par son exemple, bientôt sa pieuse solitude et la sainte émulation qui y régnait attirèrent les regards et l'admiration publique, celle du vulgaire aussi bien que celle des princes et des seigneurs. En entrant en fonctions cet abbé confia celles de prieur au vénérable Pierre, le même qui dota la bibliothèque de l'abbaye d'un manuscrit intitulé : Glossa in Ezcchicl 3.

1 llist Clar. 1 pag. 197, lin 2.

5 Idem, idem.

3 lli^t. Clar , 1 pag. 97. — Idem. Catalogue des prieurs. — Catalogue des manuscrit* de Clairmarais.

Chronologieum compendium a Carolo de VYisch.

« lla?c habet .Egidius de lloya ad eumdem annum 1138.

« llcatus Demardus in Flandriam tenit. Duvis Hoberlum « abbotem stabilirit. (Pag. 19).

« Testalur idem Jacobus Meyerus celeberrimus Flandrirc historio-

graphus, eodemanno, inquit, Divus Uernardus Abbas Clarœvellis « in Klandriarn venit... Duncnsibus cicnobitis Cistercicnsium tra- « didit institutum. (l»ag. 19).

« Ex antiquissimo codice mv" Lingua Teutonicà exarato caenobi

1 1 40 — 1 1 ou L'un des premiers soins du nouvel abbé lut la translation de son monastère à Nieurlède, il dirigea ses efforts vers cette œuvre importante si vivement désirée par Gunfrid ; déjà il rassemblait de nombreux matériaux en invoquant le secours des puissants de la terre pour mener à bien son entreprise ; mais Thierry voyait avec peine (dolcnsj s'éloigner de lui la maison qu'il avait voulu fonder dans son voisinage, il regrettait les enfants de Bernard avec lesquels il avait établi déjà les meilleures relations. Sibylle partageait la peine du Comte, son mari ; ils examinèrent ensemble comment ils pourraient détourner l'exécution de ce projet et revenir à la pensée première.... La chose était d'autant moins facile que Thierry avait lui-même donné son consentement à Gunfrid, lorsqu'il fut sérieusement question de transférer son monastère dans la forêt de Betbloo ; ensuite Mathilde et son époux ^tienne, Roi d'An-

« moniiilium Cistcrcionsium do Gromnghc hxc hnbontur : Snnctus « IJcrnardus, anno 1138. »

Fabricant nori mnnasterii quantum pnlcst, promotctmuttum ad id opus, perfîciendam mater iam adgregando, et magnatum auxitium ad id opus exequendum. (Tom 1 pag 167, lin. U et son.)

L'autour du m" que» nous citons Dom. Uertin de Vissory, mentionne ici (pag. 10*7), d'après Malbrancq (pag. 2 28}, un incendie survenu au monastère de Saint Ilot-tin, en 1150 (sic}, il ajoute que le feu aurait alors détruit la moitié d.1 la ville do Saint- Dîner, avec les églises de Saint-lJenK de Saint Jean Baptiste et de Sainte-Marguerite... C'est bien certainement à l'incendie terrible de 1 132, que veut faire allusion ce chroniqueur, car nous ne trouvons nulle part l'indication d'une catastrophe pareille en 1150. — Cette date bien qu'erronée a pourtant le mérite d'assigner une existence déjà ancienne aux trois églises dont il s'agit ici.

gleterre, de concert avec Eustaciië, leur fils, et au- I IV.)— lion 1res, s'étaient montrés généreux envers les moines en leur concédant un terrain sur lequel ils pussent s'établir, de plus les nouvelles constructions commencées depuis près de trois ans s'agrandissaient chaque jour : « Jam incepta fabrica novœ domus (juotidic assurgit l. »

Après mûre réflexion le Comte se décida à retenir Guillaume en lui offrant un terrain plus vaste, plus commode, moins exposé aux inconvénients du premier, pour y former un autre établissement L'abbé craignant de déplaire au Prince qui avait tant fait pour eux (iwhm displacerc fundalori suo), et craignant de tarir la source de ses bienfaits, se rendit à ses désirs ; mais il rechercha les moyens de se dégager de la promesse qui le retenait envers le Hoi et la Heine d'Angleterre et à obtenir d'eux la permission de demeurer dans sa première solitude.

Confiant dans le secours d'en haut et la bonté du Prince Guillaume, il se rend auprès de Mathilde et (PEtienne, il leur ouvre son cœur et leur fait part des circonstances qui l'engagent à ne point abandonner le lieu de retraite qui avait été primitivement désigné par Saint-Bernard.... Il leur annonce la nouvelle donation du Comte, exposant respectueusc-

1 M" de Ht-rtiri de Vi^sciy. png. 198.

* Subrenit rnrntem Thcndnrici contenir?, Gnillrlmum Abbn- U'ut, ut ruin eu m suis apud se retinent. Mi prnptmrre nom et antplinra prtrdia ad fubricam commodinrem eri(je.i\dam in prtf dicta pmprid hereditatc decernit. {Ilist. ni" Clar . p.iy 108, tom. I, lin 3 à 5).

I1VJ— I1M meut la crainte d'être taxé d'ingratitude à son égard s'il quittait la maison qu'il devait à sa générosité.

Etienne, Mathilde et Eustaciie après avoir entendu le pieux abbé se rendirent volontiers au vœu qu'il venait d'exprimer, soit pour ne pas désobliger le Comte de Flandre, soit dans la crainte de voir s'élever de la mésintelligence entre eux et le Prince : sans désemparer ils firent dresser une charte, qui autorisait (jUILLAU.me à ne point transférer son monastère à jNicurlet ; Qui bus non coyatur GuHlelmus abbatiam transferre de priori laco, ad cum in Xetcerled l. Cette pièce, rédigée à l'instant, fut immédiatement communiquée à Thierry, qui satisfait de voir revenir auprès de lui les enfants de Bernard et désireux de conserver le titre de leur premier fondateur, assura Guillaume de son concours empressé pourachever l'œuvre qu'il avait si bien commencée 2, et de concert avec la Comtesse et Philippe, leur fils, il ajouta une nouvelle donation de 125 mesures de biens aux environs de l'abbaye, plus 15 autres mesures du côté de la mer, dans la paroisse de Saint-Willebrood A I5M \

C'était le moment otHa maison de Clairvaux et l'ordre tout entier venait d'éprouver une grande

1 llist. Clur., tom. I, pag. 198 — Idem, pag. lin. 30.

- Id qund se l'acturum, Guillclmo puUicilus est operu complète. (Ilist Clar , tom. I. pag. 197. lin. 7 et 8).

3 Prêter locumad twvum monaslerium c(mslrucndum,rtiam tradit (JuUlelmu llo mensuras tiemuris sui jtixtu prediclam Abbatiam ..Et alias i"> mensums terne juxta mare, in par ru chid Su )Yillebrnod Anno (/tïùj— llist. Clur , tom. I. pag. 199. — Voyez la chnrtcidc donatioii^-^Prcuvcs., tom. I.

perte ; l'apôtre des croisades, le Saint, le cinquième mu— util» docteur de l'Eglise, Saint-Bernard s'endormit dans le Seigneur, la même année, à l'âge de 63 ans; il eut pour successeur Robert, abbé des Dunes, Vun des pieux compagnons de Gunfrid et de Guillaume

Mais en admirant le zèle, la générosité et la bienveillance de Thierry, d'Alsace, à l'égard des pauvres cénobites de Clairmarais, nous devons remarquer aussi avec quel empressement son noble exemple fut suivi par les Princes et les Seigneurs : déjà on a vu Arnould, Comte de Guisnes, se montrer libéral à l'égard de Gunfrid ; un peu plus tard on le retrouve plus libéral encore au moment de la confirmation des donations laites au monastère par Walter, de Zeltun, en » 154 "-.

En même temps Arnould, Comte d'Ardres, et la Comtesse Adela, sa femme, dotaient l'abbaye de la dîme de ÏNiverlet :i.

1 Idem, idem.

* « Ego Arnulphus U. G. G Un en sis Cornes no tu m fa ci» etc. « Volcheru m de Seillun e don a r issc in presen lia mea . . . L'on ces • « siund med... Donationis terra' et mnresci Ecclesiœ II M. de • Claromareshe in Eleemosinamjampridcm factam in manu « Willemi Abbatis. etc , etc. Testes Gregorius prior de Ander- « nés fAndresJ, cum duobus monachis, etc , etc.— A lia dona- « tio ejusdem. » Addimus finqnil ' quidqnid a terrd Willelini liidcmcric 'sicjvl prorigni ejns inferius, sive in terris sire in Marisai, etc . libère possidi tint, etc,, testihns Alulphode Turnehem, Willebno fie — (llist. m"Clar., tom I, p;i£., VJi) t*t Wj.

3 Ego Arnulphus Dei gracia vice Cnhies de Arda notnm « fieri v.oln. etc . quod ego et Adelina uxor nica conccssinius <-' Domino WiUclnw Abbaii et fratribns de Claramui esek. ont- « nein décimant lerrarum grangia- ipsorum qu<r dieitur « M'Uiccrlcde quam Elbodode Nurhnsthde nobis tencbat,sed

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