‹ L'abbaye de Clairmarais d'après ses archivesChapitre 32 sur 43 · COMMEN DATA IRE · texte numérisé non relu

COMMEN DATA IRE

■•ri: 1731

SOMMAIRE

1 719-1734 obtenir sa succession, il avait eu, jadis, de bonnes relations avec le Comte de Broglio, qui longtemps avait campé à Cercamp pendant la campagne du 1713, il ne laissa pas échapper celte occasion de le lui rappeler en implorant sa protection Cette démarche réussit, Dom. Fine fut appelé à prendre la place d' Antoine de La Houssaïe, par nomination directe du Roi, en date du 23 septembre 1719 Cette décision inopinée, on le conçoit, fut peu agréable au monastère, généralement peu disposé, et pour de bonnes raisons, en faveur des commendalaires ; pourtant on eut l'air de subir ce choix, de bonne grâce.

T). Antoine de Bkianville reçut la bénédiction, le 16 juin 1720, de la main de Monseigneur François de Valrellk, Evèque de Saint-Omer, et prit immédiatement possession de son siège, qu'il occupa pendant 1o années, sur lesquelles nous n'avons pa> de documents. Toutefois, ce qu'on en sait, il faut bien le dire, semble, peut-être, suffisant pour ne pas laisser le désir d'en connaître d'avantage

Ce Prélat, d'origine Picarde, comme son nom sein- J ble l'indiquer, paraissait avoir le goùl des lettres, 111 il donna a la bibliothèque de son Abbaye divers ou- 11 vrages, notamment : La Liturgie sacrée ou ïaitlif unité des mystères est crpU/jure 3. Mais en échange,

1 Dutems, tom. IV. pau. 230. — Los Abbés do S.unt- lïertîn . tu:ti II, pag 383. — DiMieuviile. cure de Sainte-Aldegondo, fixe dr.ns sou manuscrit inédit, la noinin;ili<>n d'ANToiNr. IV, nu 27 soptemi.ie "il lieu du 23.

s M" de Deneuviile.oxempl des Antiquaires de la Morinio.p 3ol. "•Trois volumes in 8", Paris. 1 * > 1 ~ . — Nous avons eu sous !»•>

il semble aussi avoir eu peu de goût pour la sobtude 1719—1734 et pour la vie religieuse : un écrivain contemporain 1 , nous apprend qu'il mourut à Paris, en 1724, des suites d'une hydropisic, causée, dit-on, par le chagrin d'avoir perdu un procès de prérogatives, contre l'Evêque de Saint-Omer. et aussi, dit-il, parle chagrin plus grand encore, de se voir forcé, dès lors, de résider dans son Abbaye, ce qui était peu agréable

pour lui, et ce qu'il n'avait guère fait jusques-là -

Le même chroniqueur ajoute qu'à sa mort, il laissa son monastère criblé de dettes et dans tut état pitoyable \

veux cet ouvrage portant ainsi la susrription autographe du donateur : /•'. Ahf. de l)ri inville, dédit rommiini llildiotheete tir Chrrnmoriitro.

1 Deneuville, curé de Sainto- Aldegondo.

; Idem, idem.

' Dom. Antoini: dk ISkiamvillf. habitait constamment la maison de refuge Saint-Omer, qui paraissait avoir été restaurée de son temps et peut être pour son usage, autant (pie nous avons pu en juger, en 1 8ô'>, avant quelle fût détruite et transformée en atelier de marbrerie. I.cs pignons étaient de 1 époque de transition, on rcmar- (juait qu'ils éb.ient postérieurs a la domination espagnole, les parquets étaient tous en chêne, les cheminées en marbre portaient l image du soleil emblématique de Louis XIV, dans les appartements que devait occuper I Abbé (partie portant les armoiries de Mohami Bi.of.mk): du côté du manège couvert, pour la construction duquel on a emprunté "> mètres environ du refuge, on voyait encore de beaux plafonds avec des moulures caractéristiques ; les dessus de porte et des cheminées étaient décorées de peintures à l'huile sur toile, dans lesquelles nous avons pu remarquer diverses phases de Y Histoire de Joseph vendu pnr ses frères, avec ces mots: lïiiosum Joseph frôler rester. — Dans une autre pièce carrée, située dans le fond, (la plus belle et la plus fraîche de toutes), on voyait une autre toile représentant le Sncri[lv'(t\\broh"U)y le Hocher et f.f ppiril i»n de l'tnnjr. etc., etc

1719-1734 C'est tout ce que nous en savons, n'est-ce pas

assez N'est-ce pas trop pour sa mémoire ? —

Ses armoiries nous sont également inconnues.

On y entrevoyait un écu armoirié, paraissant être celui de Dom. Desys Pecqcelr. 47e Abbé de 1G39 à 1619.

En face (du coté de l'hôtel des pompiers), se trouvait la salle Capilulaire, dont on a détruit depuis peu les dernières traces ogivales, que nous avons reproduites planche ix (1er volume). C'est là, on le sait, que s'accomplirent de mémorables solennités et notamment le sacre de Gérard d'IIaméricoirt, 691" Abbé do Saint-Bertin, 1er Kvéque de Saint- Orne r, etc.

t'n peu plus bas, du mémo côté, sur la rivière, on voyait également encore il y a peu de temps, l'arceau de la porte d'eau où s'embarqua Thomas de Cantorbery, alors que fuyant la persécution, il se rendait au monastère de Clairmarais.... Cet arceau a disparu avec tout le reste.... malgré nos prières pour qu'il fût conservé b .

Les armoiries do Dom. Morand Bloeme, 43e Abbé, qui ont été transportées dans un nouveau mur de l'atelier de marbrerie, en face de la porte, semblent seules marquer aujourd'hui, la place de l'ancien refuge des enfants de Saint- Bernard, dans la ville de Saint-Omer.

(*) Voir notre Histoire des Abbés de Saint-Bertin, tom. II, pag. 101 à 152.

(h) Nous rappelons ailleurs le fait important du séjour de Thomas Becquet, à Saint-Bertin et à Clairmarais.

LES ABBÉS DE CLAIRVIAll VIS.

DOM. EiNGELBEKT LE POKC, 34e Abbé. a i?.r,

Mort : 1730

SOMMAIRE

Klectlo;) u'Engêlbert lk Porc — Sa mort. — Sou nom e>l omis dans le G'iliia Christ i'tna et Dutems. — Il est rétablit, d'après Bertin de Vissery.

Élu, en 1734, après le décès de Dont. Antoine- Fine de Brïanhlle, Dom. Engelbert, dont on ignore l'origine, n'a exercé les fonctions Abbatiales que 14 mois.... 11 est mort au mois de juin 1730, laissant à ce qu'il nous parait, l'histoire entièrement muette sur son compte. Son nom même avait été omis par les auteurs de Gallia Christiana comme par l'historien du Clergé de France l, nous avons cru devoir le rétablir, d'après le manuscrit de Berlin de Vissery.... Mais ce nom, la date de l'élection

» Dutems, tom. IV, pag. 230, lig. 6.

1734— 1 736 et celle de sa mort, sont tout ce qu'il nous est permis d'offrir à nos lecteurs

Nous reproduisons planche vil, les armoiries <jue l'on présume être celles (1E.ngei.he ht.

1 M" de Deneuville. — Idem de Dufaitelle. — Berlin de Vissi-ry, ne* de Clairmnrnis, tom. I. pap.

LES ABBÉS DE CLAIRMARA1S

I). BARTHELEMY DE LA GUETTE, o& Abbé. w«..:i7*i

lkl : 1758

SOMMAI RK :

Absence do documents. — Barthélémy i»k La Giettf. succède à Engelbert, malgré l'Évoque. — Sa mort. — Il fait enlever et transporter aux archives, l'inscription rappelant la consécration de l'Église.

Jusqu'au boul maintenant il faut nous résigner à n'enregistrer (jue des noms: en l'absence de l'immense lacune laissée par la perte du 3* volume des annales de Berlin de Visscry, nous sommes privés de documents ; bornons-nous donc à dire, que Barthélémy de La Guette, moine de Ccrcamp 1 succéda à En<;eï.bekt le Porc, en 1736, et qu'il mourut en 1758.... Cette nomination en commende eut lieu, dit-on, par la haute influence de l'Intendant de la

» liîst. du Clergé de France. — M" de Deneuville. — Note Du-

foitelle.

736— 1T'»8 Province, malgré une vive opposition de l Évèque de Saint-Omer qui, dans l'intérêt de la communauté désirait une élection régulière \ ) Un chroniqueur nous apprend 3, que sous l'administration de ce Prélat, on enleva du chœur de l'Église abbatiale, à cause de sa vétusté, une inscription latine rappelant la consécration faite, le 20 juillet 1 406, par l'Evêque de Julicrs.... Cette inscription fut alors transportée aux archives de la I communauté (1 74-9] .

On n'en sait, où plutôt nous n'en savons pas davantage.

— Nous donnons planche vu, n°6, les armoiries de ce Prélat.

' Joseph Alphonse dk Vai.bei.le, docteur do Sorbonnc, aumônier du Roi, avait été nommé ù l'Évéché de Sarlat qu'il refusa pour devenir coadjuteur de son oncle François de Valbeli.e, sous le titre d'Kvèquc in parlibus dlliéropolis. Il fut sacré le 11 du mois d'avril 1723, et entra en jouissance de l'Évèché de Saint Orner, en 1727, il y mourut, le 13 juin 1751, âgé do 70 ans, après avoir continué les fondations do ses devanciers. 11 fut inhumé avec eux dans la chapelle de l'Abside, à la Cathédrale, où un marbre mémoratif, journellement foulé parles visiteurs, rappelle encore leur souvenir.

! Note manuscrite Dufaitelle.

* I). Hertin de Vissery.

LES ABBÉS DE CLÀ1KMAKÀ1S.

DO M. IGNACE HÉMAHT, 56* Abbé. a™™m759

1759-1767). M'r,:,7'iT

SOMMAIRE

Regrets sur la disparition des documents. — Réflexion. — Naissance de Dom. IIém.vrt. — Sa filiation. — Il entre au monastère. — 11 y exerce diverses charges. — Sa bénédiction. — Joie que cause sa nomination. — Fêtes données à cette occasion. — Qualités d'lcN.*r.E. — Son administration sage et prudente, répare les dommages précédents. — Ignace, député aux Etats, y défend les droits de son Abbaye. — Il avait rempli sa mission. — Sa mort, en 1767. — Sa sépulture. — Regrets qu'il inspire. — Pièces de vers à sa mémoire. — Acrostiche chronographique.

Le regret que nous exprimons sur l'absence de documents Biographiques, concernant les derniers Abbés de Clairmarais, se fait encore plus vivement sentir en voyant arriver le nom du 56e Prélat qui fut placé à la tête de ce monastère.... Ce nom appartient à notre province d'Artois, c'est celui de l'une des plus estimables familles de Saint-Omer et qui compte

M'iï—ilù: de belles alliances.... Celle famille selon toute apparence, n'est pas prête à seteindre.... A redouble titre, il serait heureux déjà, de pouvoir rappeler les services des ancêtres pour l'exemple des descendants, sans oublier que, en général, le pays tout entier prend volontiers sa part de la gloire de ses enfants

Dom. Louis-Fra.\i;ois-\avier Hkmart, en religion F. Ignace, naquit au château de La Comté, prés liéthune, le 12 décembre 1708 ; il était le quatrième fils d'Ànni en -François, sieur de M antre, Receveur des États d'Artois, et de Catherine d'Anvin l.

François voulant se consacrer à Dieu, entra de bonne heure au monastère de Claironn ais, où successivement il remplit diverses charges, notamment celle de Chapelain des maisons voisines, avant de recevoir les honneurs de la Prélatine, qui lui lurent régulièrement conférés par l'unanimité de ses frères, dont il avait su conquérir l'estime et la confiance '*.

Fin en 1739, il fut solennellement béni, le 7 oelo-

J Extrait des actes de l'état civil.

AiiBiKN-Fnixrois IIemart, décédé en 1710, au Prieuré de Saint-

Georges, avait épousé en premières noces, N Pelet, décéJéc sans

postérité; en secondes noces, il se maria à Catherine p'Anvin, dont il eut plusieurs enfants, savoir: — 1" Antoine, mort Provincial des Récollets, appelé en religion P. de Pape ou Papoi e. — 2° Benoit. mort Prieur de Gouy en Ternas. — 3° Loris, Abbé de Marchiennes. — 4° Dom. Ignace, Abbé de Clairmarais. — 5" Jacqies-IIi bert. Avocat au Conseil provincial d'Artois, ancien Trésorier de la ville de Saint-Omer. — (Actes et papiers de famille).

> Titre contemporain.

bre de la même année par Monseigneur de Brunes 1759— 17(>t de Mont-Louet Évèque de Saint-Omer l.

skptIMa oCîonnîs, soLennIter beneDICtVs.

Il entra aussitôt en fonctions, au milieu de la satisfaction générale de la communauté heureuse de voir, cette fois, un de ses membres les plus vertueux, libre-

1 François-Joseph de Brunes de Mont-Lol'et, Vicaire général et Officiai du diocèse de Dole, sa patrie, fut sacré Évêquc de Saint- Omer. le 12 janvier 1755 ; député du Clergé aux États d'Artois, il avait été délégué à la Cour, fonction à laquelle il fut continué pendant trois ans, sur la demande de tous les ordres de la province : il mourut à Compiègne, le 23 août 1765, dans la 53e année de son âge. Les États assemblés 5 Arras, arrêtèrent dans leur séance du 11 novembre 1765. qu'ils feraient élever ù leurs frais, un monument à la mémoire de ce Prélat dans l'Église de Compiègne! — Nous avons sous les yeux la gravure contemporaine de ce monument, avec l'inscription funéiaiie qui y était tracée.

— Nous donnons aux pièces justificatives une pièce de vers publiée en 1759, à la louange do Monseigneur iie Mont-Lolet. par Dom. Thomas Deldicqur. religieux de Clairmarais. à l'occasion de la bénédiction de Dorn. Ignacr Hém«rt ; ct tte pièce, imprimée chez Fkrtei., la même année, est un véritable tour do force poétique par la série d'acrostiches qu'elle renferme, on y voit 21 vers dont les initiales réunies forment le nom du Prélat ; chacun d'eux forme également lo millésime 1759.... On en jugera....

■ Chronogramme contemporain. — Au moment où Dom Ignace IIémart fut appelé à la Prélature, il avait rempli les fonctions de Directeur des Dames de Wœstine et de Blandccques, où il était généralement estimé, ainsi qu'on peut en juger par le distique suivant qui consacre son souvenir :

«< Misais enim ad Monachas, Pastoris munere fungi, « Fangituv, et Monachas, non sine lande régit. »

1759—1767 ment appelé par elle à la gouverner l. Des fêtes furent célébrées à cette occasion....

Page 1