‹ L'abbaye de Clairmarais d'après ses archivesChapitre 4 sur 43 · Xcf/ottum mn.ciminn est mm fm-mlmn . (Idem, idem · texte numérisé non relu

Xcf/ottum mn.ciminn est mm fm-mlmn . (Idem, idem

i Idem, idem.

1 Hist. m'5 Clar , 1 pag. 20ô ■•■ • ■

municandœ nisi Soli ¥¥*, Ârchiephcopo.. . Ces lignes I2u8— \ïii que Dom. Berlin de Vissery se souvenait d'avoir lues, contenaient, dit-il, une menace d'excommunication contre le Roi d'Angleterre (Henri III;. Cette bulle peu connue et peut-être inédite, était datée du 7 des calendes de juin 1218. Le lecteur la lira, sans doute avec intérêt, aux pièces justificatives l; nous avons été assez heureux pour la retrouver dans la chronique manuscrite et autographe du consciencieux historien de l'abbaye auquel nous avons fait de si fréquents, de si utiles emprunts 9.

Eu 1219, à la demande de l'Abbé, on voit la Comtesse Je\nne, s'empresser de confirmer une donation de lo livres 3 parisis, faite au monastère, par Michel, de Boulers, et sa femme, lesquels en 1&21, ajoutèrent une libéralité annuelle de 50 mesures d'avoine et firent construire dans l'église une chapelle en l'honneur de Saint-Michel, là où on voyait en dernier lieu la chapelle des morts 4.

C'est à la même époque qu'ADAM, Évèque des Morins, se rendant à Wœstinc pour faire la bénédiction de l'église, força Gérard, de Renescure, à remplir la promesse qu'il avait faite de fonder une maison

1 Preuves, pa g. 63 et 34.

! Dom. Bertin de Vissery, tom. I, pag. 268.

1 l.c marc d'argent, disent les Bénédictins, ne parait pas avoir été porté sous Philippe-Auguste, au delà de 50 sols. — Les lettres de change étaient déjà en usage du temps de ce Prince.— {L'art do vérifier les dates, édit in f° Tom. I. p«g 582).

* On lit dans l'inventaire de Godefroy, 1221. Jeanne, Comtesse de Flandre et de Hainaut, confirme la donation faite par Michel, de Boulors, Connétable de Flandre à l'Abbaye de Clairmarais de

1208 — 1222 religieuse de l'ordre de Citeaux, ce qu'il exécuta ;

Gérard, d'après un ancien manuscrit \ avait pris cet engagement en expiation d'une* faute qu'il avait commise, il différait de jour en jour de tenir sa parole, enfin sur les représentations d'ÀDAM, il fit venir deux religieuses de Blandecques pour former le noyau de la maison de Wœstine \

En 1220, rÉvêque de Thérouanne confirmait, à la prière de Lambert, une donation faite à l'église de l'Abbaye par Hugues, Mortan'e sic\ et Milon, de Guêpes. Cette donation comprenant les dîmes situées

150 nœuds d'avoine et 50 nœuds de froment et 58 sols trois deniers moins une obole, monnaie de Flandre, qu'il tenait en fief de cette Comtesse, à recevoir tous les ans sur les fiefs de Royf.r. de Wallon-Cappelle, et de ses hoirs dans sa terre de Hovehnde, paroisse de Rubrouck, qu'il avait reçu en échange de la Châtellenie de Cassel (136 mesures).

Le même Michel, donne en outre. 15 livres 12 sols à recevoir, tous les ans, sur les biens de Roidin. de Marnes, chevalier, et de ses successeurs, et s'il y manque quelque chose, Valtier, de Butzenco, est obligé de fournir, jusqu'à concurrence do 10 livres seulement (Inventaire de Flanche).

1 Nous avons parlé plus longuement de l'Abbaye de Wœstine dans notre premier volume.

s Ilist Clar , 1 pag. 271. — (jerardus. de Henescaria. lenebalue ad fundtdionem supra dicti mona.sterii. in satisfuelitm'jm alicujus vulpw in ijimm incideral, cuui aulem de die in diem differel proatissum alimplere : ad id twjuenduw eu m eue a il Adam Episenpus Morinensis cl tune ipse jussit aceereiri dans moniales de Mandera, ad inilinndum hoc cœnobium — Kx uidiyuo nr* anno i!/9J fundattw Lostim. {Ilist Clar., 1 pag. 271)

Vers l'année 1732, Dom. Charles Martel, l'un des écrivains de l'Abbaye, alla à Clairvaux. il demanda au secrétaire de l'abbé Dom. Gassot. de lui montrer le catalogue des abbayes qui en dépendaient, il n'était pas question de Wœstine, pas même sous lo nom de Notre- Dame du Désert, d'où on a conclu que cette maison dépendait directement de Clairmarais. — B° de Yissory, 1 pag. 273.

à Bomy, fut faite en la présence de Hugues, prévôt î2os — r2?-2 de Watten l.

iVous n'en finirions pas si nous voulions rappeler tous les actes de ce genre qui furent passés sous le gouvernement ef parles soins de Lambert... Nous en avons, peut-être, trop reproduit déjà; dans la crainte de fatiguer nos lecteurs, bornons-nous à dire que le MY abbé de Clairmarais, fut un prélat des plus distingués fillustrissimus autistes) et que son administration fut très-remarquable pour le temporel comme pour le spirituel ; très-grand aux yeux des autres, il était petit à ses yeux ?.

Lambert abandonna la prélature le lîi juin 1222 le 17 des calendes , afin de pouvoir s'occuper plus tranquillement de son salut, après une administra-

1 Idem, idem, pag. 266.

1 Idem, idem, pag. 267. — Dans une lettre à M. l'abbé Carton, sur les généalogies des Comtes de Flandre, considérée- comme sources de notre histoire, pqr M. Bcthman. imprimé à Bruges, en 1849. in 4°. 45 pages, on lit pag. 20. lig. 20 :

* La 4* continuation fut composée entre 1214 et 1226. dans le « monastère de Clairmarais. prés Saint Orner, de l'ordre de Citeaux. « Elle contient de grands passages puisés dans la continuation de

Sigfblrt. écrite à Anchin. et dans la lettre de 1 Empereur Bu- « doux, de Constantinople ; le reste qui est de l'adteur, est fort « bien écrit et d'accord avec 1rs meilleurs récits de cette époque, « et surtout de la bataille de Hovines.

« Un autre moine de Clairmarais. Ufr-naud, d'Ypres, y a ajouté « une continuation, depuis 12Î4 jusqu'en 1329 t'n troisième dont « nous ne savons pas le nom. fa conduite à plusieurs reprises, jus- « qu'en 1347.

« Toues les continuions de Clairmarais se trouvent authopiaphes à ce qu'il parait dans le manuscrit de Saint Orner. 769 ; « dont malheureusement deux feuillets sont perdus, on peut h s • suppléer par les copies de ce manuscrit authographe qui sonf ;i « Wolfenbuttel fVissery B., n° 4Y . *

i u>->2 tion habile et fructueuse de 13 ans 8 mois moins 6 jours. Il mourut un mois après, déjà avancé en âge (le 18 des calendes d'août d'après une chronique de l'Abbaye li on lui fit l'épitaphe suivante : Hic silus in tard, vivat in aller d Lamberlm Abbas. — 18 Kalend. Auguste 1222 2.

On ne connaît ni son âge, ni le lieu de sa sépulture. — On a dit de Lambert :

« Lites Lasidertis merito aspernutur amaras

« Cum Bertiniacis fajdera arnica ferit.

« Pace suis parla, Papa mandate remotas,

« Visitât, cmendat, conciliât que domos.... 1 »

Les armoiries attribuées à ce prélat étaient une croix de Saint-André, en or, sur fond d'azur, avec une

rose pourpre au milieu de la croix et cette devise :

Odore roseu.

On trouve parmi ses contemporains :

-KoiDIUS AUDOMARE.NSIS. — ABRAHAM. — BARTHO-

lomeus. — Dom. Joannes, de Lisbourg — I). Wiilelmus, de Nielles, prior.

Klles sont publiées dans Dom^Martenne.sur le m" de Saint Orner, et d'après lui. par Dom. Bouquet.

. Ces travaux on le voit par les dates sont contemporains de l'administratiou de I.ambkbt; ils rehaussent la réputation historique des écrivains de Clairmarais à cette époque. Il est intéressant d'en faire la remarque. ilneleseraitpasmoinsderetrouverlesanciensmanuscrits! .

3 Idem. idem.

' 1 Ce religieux est cité avec Guillalmc, le prieur, eu 1206. (llist. m'1 Clar., pag. 267}.

LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS

I). MICHEL, 1 1e Abbé. m****-,

HAri . t ■>•>'.

SOMMAI HE

Election de Michel. — Ses qualités. — Son assiduité aux offices. — L'Abbé était dans l'obligation de faire une exhortation publique chaque dimanche. — Michel ne croit pas pouvoir remplir convenablement cette tâche. — Il se retire (1224). — Autre motif de sa démission. — Lettres de la Comtesse Jeanne, relatives aux dîmes de Renty, données par Baudouin, d'Aire (1223). — Vente d'une maison située près le pont du château, à Saint Orner. — Vacance de la prélature. — Eloge de Michel. — Armoiries. — Mort de frèro Hugues i>e Groseilliers. — Donation par lui faite. — Excommunication de son oncle et de sa tante. — La sentence est levée.

Après Lambekt la place était difïicile, elle fut remplie à la suite d'une vacance d'un mois et demi par la nomination de Do m. Michel, moine de Clairmarais, lequel fut canoniquement élu le 10 août 1222. Pieux, simple, plein de droiture et de la crainte de Dieu, Michel était cité pour sa régularité et son

\lïï— 1-2-24 exactitude à assister aux exercices religieux, toujours il y arrivait le premier et jamais il n'en était fatigué, semperprimuset indefessus nunrjuam \ mais comme il était d'usage alors pour l'Abbé de faire publiquement chaque dimanche une exhortation à la communauté réunie, excepté toutefois le dimanche de la Sainte-Trinité, jour pour lequel on faisait une exception à cause de l'importance du sujet (propter malcriœ sublimiîatemj, Michel ne crut pas pouvoir convenablement accomplir cette tache, il prit le parti de se retirer et d'abandonner la prélature qui venait de lui être confiée 2; il se démit le 19 mars 1224, après une administration paternelle de dix-sept mois et quelques jours 3.

Quelques écrivains ont pensé, mais peut-être sans preuves suffisantes, dit Hertin de Vissery, que les embarras de sa charge jointes aux difficultés qu'il fallait surmonter, étant peu en rapport avec la tranquillité de son caractère l'avaient forcé de rentrer

dans la vie privée Quoiqu'il en soit, pendant la

durée de sa mission, Michel ne négligea pas les intérêts de ses frères ; en 1223, il obtint de la Comtesse Jeanne, des lettres relatives aux dîmes que Baudouin, d'Aire et seigneur d'Heuchin, avait assigné sur Renty au monastère de Clairmarais \

1 Uist. m" Clnr , 1 pag. 376.

■ Conciunatoris miinus atlimpln't> non vali'irl. nbbulinli, dianihrir rrssit 14» cdUiul. nfnilis, nli'is 19 mardi nnno 1224. — (llist. Clnr.. 1 pag. 2*76.

3 Idem, idom.

4 Hist. Clar., 1 pag. 276. — Dans le manuscrit on écrit Hmtrir, souvent aussi on voit Rentier.

La même année au mois de juillet, Michel vendit 1222—1224 à Guillaume, chanoine d'Aire, une maison située près du pont du château de Sainî-Omer, pour la somme de 40 livres parisis l. Ce sont les deux seuls actes que nous rencontrions de lui durant un gouvernement de près de deux ans.

Après Michel la prélature demeura vacante pendant deux mois 9.

Dom. Charles Martel a qui on doit l'éloge en vers de presque tous les Abbés de sa communauté a dit de Michel.

« Lamberto ccdente, subit, legitur que Mîf iiaei. « Hic minus Imperio quam prohitatc nitet Aptior alterius, mandata facessere, lapso « Vix anno grave munus adimplet ovis 3....»

S'il faut en croire dont Guislain-Campion, les armoiries de Michel étaient une croix d'or, sur un fond de sable, au milieu de la croix on voyait trois petites roses d'or, sur fond de gueules et au-dessous cette devise :

In medio stat rirtus.

L'écu comme celui du monastère et comme celui de tous les Abbés est surmonté de la crosse abbatiale

1 Cette maison devait être située du côté de l'Esplanade, près du magasin à poudre, là où était jadis le château auquel conduisaient des ponts levis. etc. — Voir le titre de cette vente aux pièces justificative*, pag. 68.

• Manuscrits de l'abbaye.

1 Hirt. m" Clar., 1 pag. fc77.

[■m— 1-2?4 à laquelle est appendue la bannière blanche désigné sous le nom de lacrymatoirc.

Avant de se retirer, Michel avait rendu les derniers devoirs dans son église au frère convers Hugues de Groseilliers, de Furnes. Ce religieux avant de prendre l'habit monastique avait fait abandon au monastère de toute la terre qu'il possédait, et cependant son oncle et sa tante n'avaient cessé d'en jouir, ce qui leur valut l'excommunication de la part d'ADAM , évèque de Thérouanne, qui ne releva sa sentence que lorsque la restitution fut faite. Moines contemporains de Michel :

JoaNNES COLNARE. — WaLTERUS MeDICUS1. — GRE-

gorius. — Simon Anglus. — D. Joannes Ariensis Cellerarius, anno 4223 sub Michaelc abbate. — Joannes Audomarensis.—D. Eustachiusde Alneto, R. G., il est cité à l'année 1203. — Math.eus Pamphiles. — D. Thomas, d'Aire (de ArùlJ, H. G. — F. Alexius de Blandeca. — Mercator, convers. — F. Henricus de Blandeca -.

1 11 y avait, san9 doute, dans toutes les communautés des religieux médecins qui soignaient leurs confrères. C'est la première fois que nous trouvons cette qualité mentionnée à Clairmarais.

* Alexis, qualifié de marchand (merentor), figure comme témoin dans l acté de vente de la maison, passé en 1223, par Michel.

LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS

1). MENEKIUS LOMBARD, \? Abbé. ivK.».:i^,

SOMMAIRE

Jean u'Aspres, mort le jour môme ou la veille de son élection est indiqué comme successeur de Michel. — Quelques-uns nomment encore Chrétien dont l'administration est douteuse. — Meni rus Lombard, ûgure dans le catalogue des prieurs de Clairvaux. — Embarras de l'Abbaye pour élire un chef, elle s'adresse à la maison mère. — Election de Menerius. — 11 part pour Rome (1224). — Il obtient la décharge des dîmes sur les jachères. — 11 tombe malade et meurt. — Sa sépulture. — Son âge. — Son éloge.— Armoiries.— Noms des moines contemporains de Nicolas.

Immédiatement après Michel, quelques écrivains qui, sans doute, se sont copiés les uns les autres, placent la nomination de Jean d'Aspres, prieur de Clairvaux qui élu pour lui succéder à Clairmarais, serait mort avant d'entrer en fonctions le jour même ou peut-être la veille de son élection l.

1 Hist. Clar. I pag. 115-101, etc. — Gall. Christ. — Dutem». Histoire du Clergé de France, tom. IV, pag. 228. — Dom. Bertin de Vissery adoptant une autre version (pag. 299, lin. lfi), dit que

12-24—1225 Le même chroniqueur fait figurer ici, après le XIe Abbé, un nouveau prélat du nom deCHRRTiEX, Christianus que nous ne trouvons mentionné nulle part ailleurs et que, dès lors, nous passerons sous silence : tous les écrivains sont plus explicites sur Menerius Lombard, dont le nom se trouve marqué sous le n° 197, dans le catalogue des prieurs de Clairvaux *. On y lit : Menerius Lombard us, (jui postea cellerarius in pluribus loch, nominatus, tandem factus Abbas Claromarisci â.

Il est probable que la communauté, quelque temps incertaine sur le choix d'un Abbé, s'adressa alors à la maison de Clairvaux pour obtenir un chef, désigné parle supérieur-général. Ce qu'il va déplus sûr, c'est que le 19 des calendes de mai 1224, les religieux de Clairmarais, capitulairement assemblés, portèrent unanimement leurs suffrages sur Mexerius, qui peu après son élection, soit 3 pour les affaires de sa mai-

Jean d'Asprfs, aurait succédé à Menerius, au lieu de le précéder... Ce fait, lors même qu'il serait établi, aurait peu d'importance. Cet Abbé mourut le jour même de son élection et ne gouverna pas. (Pag. 219. Ilist Clar — D'Arbois de Jubainville, pag 193. lin. 18. Jean III, 20" prieur de Clairvaux, mourut en fonctions sous l'Abbé Lai rem, le jour où il avait été élu Abbé de Clairmarais. (Idem, pag. 193. lin. 18).

1 Kasci : SS,on- ordinis. lin. 2. Distinc 42. f° 418 (19prior). * Ilist m" Clar.. 1 pag 278.

» Ilist. Clar.. 1 pag. -218 — L'auteur des études sur l'état intérieur des Abbayes CisterJennes aux XI h et XII h siècles, M d'Arbois de Jubainville donne à Menerius le nom de Manmbt. d'après le Grangi't abbnlix XIMII, porta III. — Il le fait d'origine Lombarde. — (GaU. Christ. Ul, pag, 527). - D'Arbois do Jubainville, pag. 193, lin. 13.

son, soit pour celles de l'ordre, fut obligé de partir 1224—1225 pour Rome où il obtint du Pape Honorius III, une bulle qui délivrait l'Abbaye de la dime sur les jachères : cette bulle porte la date de 1224 l.

Nous lisons encore dans les archives, que cet Abbé plein de vertus fvirttitibus ornatum), était logé dans la ville Sainte, au monastère de Saint-Anastase (ordre de Citeaux), qu'il y tomba malade, qu'il y mourut le 6 mars 1225, et qu'il y reçut la sépulture au bout de neuf mois et seize jpurs d'administration. — On ignore quel était son âge.

On a écrit de ce Prélat :

« Menerum ducunt diversa negotia Romam « Italicum gressu prcpete, carpit iter.

« Appulsum latio, mors cœco ad Tartara mittit, « Non est his penaî hoc, sed necis ire viam f. *

Les armoiries que l'on suppose avoir été celles de Menerics, avaient le fond d'azur, exhaussé d'une fiche d'or en sautoir et placée entre deux croix de Malte en or, l'une porte cette devise :

Inter Cruces immobiiis.

Au nombre des religieux qui vivaient du temps de cet Abbé nous trouvons. — Godinus, de Saint-Omer (Audomarensis). — Rogerius-Michael, de Boulogne

£f 1 On voit dans les archives de la ville de Saint-Omer (R° t° 77), des lettres à la date de 1224 par lesquelles sous cette administration, l'Abbaye fut déchargée du droit de forage. * Hist. m" Clar., tom. I, pag. 279. — D. Charles Martel.

1224—1225 (Boloniensis), — Eustachius, de Thérouanne (Morinensis). — Willelmbs-Crassus. — Petrus, d'Aire (Ariensis). — Stephanus, de Pas. — Eustachius de Acio d'Aix). — Balduinus. — Gerardus, de Thtvrouanne (Morinensis). — Phi lippus, de Staples. — JoANNES. — Jodocus, de Bailleul (de Balliolo). — Simon, de Lille (Insulensis). — Nicolaus-Wjllelmus. — Gerardus, de Hcnty.— Christianus, d'Ypres (Yprensis).— Jeannes Dux l. — Willelmus, d'Ypres (Yprensis). — Arnulphus. — Petrus Macharius. —

.ÏOANNES MaU.MEZ. — PETRUS DoURLEN. — NlCOLAUS,

de Bailleul (de Balliolo). — Robertus, d'Ypres (Yprensis). — Gilbertus. — Philippus Montenois. — Joannes. de Cassel (de Casleto). — Nïcolaus Leprosus -. — Osto, d'Aire (Ariensis). — Joannes Belcamps. — K.-D. Jacobus, abbas Sli-Bertini 3. — Nicolaus Nocre. — Andreas-Nîcolaus [Hist. m"Clar., tom. I, pag. 280 . — De Sombreffe, abbas de Vilario. — MartiiNus. — Everardus. — Philippus, de Peene. — >Yillelmus, de Bailleul (de Balliolo). — Aubertus, de Saint-Omer (Audomarensis). — Joan-

1 Que signifie ce nom Dux ? Est-ce un nom do famille comme Le Duc ou une qualité?...

» Ce mot Lephosi s sïgnifie-t-il que le moine dont il s'agit était attaqué de la lèpre, ou bien, est ce une simple qualification devenue un nom patronymique?

s Nous avons donné dans notre travail sur les Abbés de Saint- Bertin, ouvrage couronné par l'Institut, en 1856, la biographie aussi complète que possible de Jacques de Furnes, 47* abbé de Saint- Bertin, mort saintement à Clairmarais, en 1238, nous y renvoyons nos lecteurs. Voyez les Abbés de Saint-llertin , d'après les anciens manuscrits de ce monastère, tom. I, pag. 265 à 271. — Planches, etc., otc.

nés, du Mont Saint-Eloy (de Monte Stl-Eligii), il devint chanoine régulier (fuit canonicus regularis).

— JOANNES DE FLAMBERTLNES. — AMALRICUS. — JoAN.

nés Bon es. — Joannes, de Gravelines (de Gravelinga). — Gerardus Faber. — Aubertus Niger. — Hugo Miles (chevalier). — Joannes de Armenteria lArmentières;. ■— Matileus, de Pas. — Egidius Calonna, prior. — Petrus Morinensis. — Balduinos de Wale. — Victor, de Bailleul. — Hesselinus. — Gerardus, de Peen. — Golcheder. — Robertus, de Sailly. — Christianus, de Mardyck. — Joannes Gan-

DENSIS. — NlCOLAUS Al'DOM. — GoNTERUS. — ALBE-

ricus, vallis régis. — Simon de Ardea d'Ardres). — Lambertus, d'Ypres (Yprensis). — Clemens. — Gerardus Bucca. — Lambertus, de Bailleul (de Balliolo). — Ricardus, quondam abbas de Basen. — Ricardus, alius quondam Abbas de Beddam. — Kicolaus, ex suppriore Clarimarisci Abbas de Dunis l. 'Hist. m"7ïïar., pag. 292).

! Nicolas, de Bailleul (Peints IîallioUmm), religieux de Clairmarais, exerçait les fonctions de prieur de cette maison, lorsqu'il fut élevé a la prélature de l'Abbaye des Dunes, il fut confirmé par Rodllphe, abbé de Clairvaux, qui parcourait alors les Flandres (1235).

— Il obtint du Souverain-Pontife un privilège par lequel les prêtres désignés par l'Abbé auraient la faculté d'entendre les confessions des domestiques. — Il compléta les édifices du nouveau monastère restés inachevés, bénit le cloître, le chapitre, le cimetière des moines, celui des étrangers, il installa processionnellement la communauté, à cause des nouveaux édifices, en y portant le Saint-Sacrement Les anciens bâtiments étaient condamnés à la destruction, il transporta dans le nouveau monastère les ossements du bienheureux Idblsbald, qui au bout de 72 ans furent, dit-on, trouvés intacts (1241).— Nicolas obtint de nombreux privilèges et de nombreuses

1224-1225 Contemporains de Nicolas. — Thomas, de Saint- Orner (Audomarensis). — Bartholo.meus, de Peene. — JACOBUsYi»KENsis(d'Ypres). — TheodoricusYprensis (d'Ypres).— Salomon Yprensis (d'Ypres). — Thomas de Morino [de Thérouannc). — Sigerus Gand ensis, de Gand. — Robertus Gandensis. — Nicolas, de Verdun. — Willelmus, de Brèmes. — Joannes Brugensis (de Bruges). — Balduinus de Baillolo (de Bailleur . — Michael de Blaxgis. — Renerus Ariensis (d'Aire). — Joannes de Grossovico. — ;Egidius Wasselîus. — Vedastus de Baillolo (de Bailleul). — Isaac de Baillolo (de Bailleul). — Petrus de Baillolo [de Bailleul). — Balduinus Grave.—

BOBERTUS AnGLUS.— ROBERTUS DE VeRLY.— VaLTE-

rus Ariensis d'Aire). — Joannes, frater ejus. — Uogerus, de Laon. — Nicolaus Audomarensis, de Saint-Omer l.

donations, il avait aux Dunes 120 religieux et 248 convers, habiles dans tous les arts, dans toutes les sciences, dans tous les exercices. — On trouve de nombreux détails concernant ce Prélat, dans l'histoire manuscrite de Dom. Bertin de Vissery, pag. 297. — Dans le Gallia Chrisliana, tom. V, f° 287. — Dans le P. Malbrancq, de Morinis, pag. 559. — Tandem, f° 250, tom. Il, etc. — Elu en 1231, il administra sagement pendant 21 ans, reconstruisit sa maison, son église, etc., etc., il mourut le 30 novembre 1253, après 21 ans de gouververnement.

C'est sous lui que prit l'habit, Chrétien, qualifié à tort, d'Abbé de Clairmarais. Selon Malbrancq, il mourut en 1252.— De Morinis, pag. 559. — (Ilist. Clar., 1 pag. 294).

1 Ilist m" Clar., tom. I, pag. 296.

SIMON, DE MARQUETTE, 13' Abbe. 1220

, , . DfmiBWB : 1257

SOMMAIRE

Vacance de la prélaturc pendant quatre mois. — Progrès de l'Abbaye depuis sa naissance. — Qualités de Simon- — Son ûgc. — Son élection (1225). — 11 sonee à reconstruire son église. — Il jette les fondements de la partie supérieure et l'achève, à l'exception des voûtes de la nef transversale. — Il est secondé par les seigneurs (1226). — Donation d une rasière de blé pour la construction de l'église, par Guillaume, de Lens.— Autre donation de 4 sols de revenu annuel. — Noms de quelques bienfaiteurs. — l'ierres employées a l'église (1 193). — Leur provenance (1201) — "L'Abbé avise au moyen de prévenir toute discussion avec le monastère de Saint- Berlin. — Moyen adopté. — Adam, Évéque des Morins, concède quelques dîmes. — Leur emploi. — Le chiffre des donations confiées au portier s'élevant à 18J livres, on décido l'acquisition d'une propriété territoriale à l'usage des pauvres. — Agrandissement de la ferme d'Henné. — Échange entre le moulin du Brœucq et 10 mesures de terre, à la charge d'une rente au mouastère de Saint- Jean de Thérouanne. — 1228 (juin). ConGrmation d'une donation de 17 livres de rente, sur le marché de Casscl, par Ferxand, Comte de Flandre et de llainaut. — 1228. L'Évéque, de Thérouanne, donne des lettres concernant la renon-

1225 — 1257 dation aux droits de Henri, de Bailleul, et à ceux do Bernard, son frère. — Remise d une rente de 11 sols, de la part de Michel, châtelain de Cassel. — Simon obtient du Pape Honorius III, une bulle confirmative des donations faites à son monastère (1229). — Simon accompagne à Clairvaux, Adam, Évéque de Thérouanne, qui embrasse la vie religicuso (1229). — Adieux d'ADAM à son troupeau, d'après le récit du P. Malbrancq — Il se démet en faveur de Pierre de Collomedv. — Adam est accompagné dans sa route par les Abbés des Dunes, de Clairmarais et de Longvilliers. — Sa prise d'habit en 1229. — Il meurt en odeur de sainteté. —

| Simon aplanit plusieurs difficultés relatives au Vieux Fossé qui demeure la propriété de l'Abbaye, à la charge par elle de l'entre-

\ tenir avec soin. — Baudouin, Comte de Comincs, constitue à la communauté une rente de 20 sols parisis à charge de prières pour l ûme de Robert, son fils, inhumé dans le monastère (1231).

— Transactions au sujet de la Moero et du chemin d'Arqués, du côté de Saint Orner, et de la limite des marais et étangs adjacents (1232). — Baudouin, Abbé de Valloire, donne sa démission et se retire a Clairmarais où il remplit les fonctions de cellerieret meurt. — Acquisition de toutes les terres sises sur le territoire de Gravelines au prix de 200 livres d'Artois et de celles de Groda. au prix de 70 livres, même monnaie d'Artois (1231). — Convention définitive rendue par les Abbés de Saint- Berlin et de Clairmarais et par leurs chapitres au sujet de la Moere (1223). — Amende portée contre les contrevenants aux décisions des arbitres.

— Texte de la sentence concernant la Moere, et le vieux fossé sur la route d'Arqués (1233). — Pierre, Ëvéquo des Morins, annonce à Simon la donation de tous les biens d Hkrmare, d'Heuchin, et de Maburge, sa femme. — (1233). Simon figure comme arbitre dans une discussion entre les Abbés des Dunes et de Cambrai. — (1234). Jacques, do Fumes, 47* Abbé de Saint Bertin, abdique la prélature et entre à Clairmarais. — (1225). Elnard, de Seninghem, confie à Simon, son tailleur cVimaines, les pierres pour la construction de

json église.— Bulle de Grégoire IX, qui autorise les ouvriers delà maison à s'adresser aux religieux pour l'administration des Sacrements. — Nicolas, de Bailleul, élevé à la prélaturc de l'Abbaye des Dunes (1236). — Simon, reçoit dans son monastère, Robert, Comte d'Artois, avec les Abbés de Saint-Waast etdeSaint-Bertin.

— Étonnement du Prince à la vue du désintéressement de Jacques, 12-25—1257 de Furnes. — Nicolas, de Sombrefle, est élu Abbé de Villiers, il

est remplacé dans sa charge de prieur par Gilles, de Calonne. — (1237). Vexations du seigneur de Bilques envers l'Abbaye de Wœsstine— Enquête à cet effet.— Sa punition —Transaction faite avec Gertrude en présenco de Simon, de Clairmarais, et Nicolas, de Bailleul, Abbé des Dunes. —(1238). Donations et acquisitions divers ses pour l'église on les pauvres du monastère. — Simon est nommé arbitre entre les Abbés des Dunes et de Thosan (1243). — Confirmation des privilèges et possessions par Jeanne, Comtesse de Flandre et de Ilainaut.— Difficultés entre le chapitre de Saint-Omer et le monastère à l'occasion des dîmes. — Arbitrage. — Transaction.

— (1243). Uno bulle d Innocent IV en dispense l'Abbaye. — Jean Manguiers, frère d'un religieux, suscite des embarras à cause d'une donation faite par son frère. Cette donation est ratifiée par Marguerite, de Hainaut.et par l'Abbé de Saint- Augustin.

— (1247). Origine do la petite chapelle que l'on voit encore près de la porte du monastère — Sa construction — Donation, à cet effet, par KiisTAntE. de ftflMKIfflSi pt MàIBUJIi M pMMDe — Témoins de l'acte de donation. — Zèle infatigablo de Simon. — Il achète une rente de 25 sols sur Lynde. — Il s'interpose dans la discussion relative à la banlieue de Saint Omer. — Arrivée du Comte Robert, d'Artois, à Saint Orner, avec une nombreuse suite. — Ce Prince ratifie un accommodement intervenu entre les habitants et les moines do Saint-Bertin, au sujet des limites des marais de la banlieue, lesquelles avaient été fixées déjà en 1257, par Baudouin , dont les prescriptions n'avaient pas été suivies. — D. Bertin de Vissery raconte ce fait d'après Gilbert.— Son récit.

— Approbation d'une transaction relative à uu aqueduc conducteur des eaux des marais de Niverlède. — Les moines se chargent de l entretien. — Concession d'une partie de terre propre à fournir des picrrcs.de la partde FouLQUEs.de Sainte-Aldogonde.— Fin du litige soulevé par Gérard, de Bailleul. — Mort violente de Robert, Comte d'Artois (9 février 1219). — L'Abbé de Clairmarais figure comme négociateur dans une affaire importante.

— Nouvelle sentence rendue par le Prévôt de Saint-Omer e l'Abbé de Clairmarais. — Lettres de Laure, d'Avesnes, dame de Mont-Cafreol , au sujet d'un échange de 39 mesures de

1225 — i257 terre. — Autres libéralités. — Lettre de la Comtesse de Guisnes au sujet d'un préjudice qui lut avait été causé par le travail d un frère convers qui n'y était pas autorisé. — Baudouin, de Bailleul, voulant remédier au manque d'eau à la grange d'Elnes, fait apposer des barrages. — (1252). Simon de concert avec d'autres prélats appaise une discussion concernant le monastère des Dunes. — 11 achète 64 mesures de terre à Maninghera (1253). — Donation pour une distribution de vin aux religieux, certains jours de l'année. — (1253). Le prix assigné à celte distribution ne suffisant plus est augmenté par Simon. — (1254). * Association de prières avec les Abbayes de Bergues et de Saint- Augustin. — Donation d'une rosière de blé sur la paroisse de Nortkerque, par Eustache, de Planques. — (1255). Conclusion d'une dilliculté soulevée, par Philippe, de Polincove. — Simon consent pour en finir, à abandonner 25 livres tournois.— Décision souveraine des commissaires du Roi de Franco, au sujet de la Moere. — Simon produit les pièces justificatives de son droit qui est reconnu. — Noms des commissaires royaux. — Philippe, Roi de France, confirme la sentence. — Règlement pour la distribution du vin. — La régularité primitive florissait sous l'administration de Simon. — (1256). Hugues, chantre de la collégiale de Cassel, en est touché, il offre 3 livres de revenu annuel à condition que Ton servira du beurre, pendant l'été, sur la tablo des religieux. — L'Abbé accède à cette demande. — La volonté du donateur reçoit son exécution sans enfreindre la règle. — Lettres do Guv, de Herly, pour la vente de 3 mesures do terre livrées au frère Jean, l'un des Grangehs. — On reçoit à Clairmarais les moines do Claircamp chassés do leur maison par une grande disette. — (1257). Nouvelle augmentation dans la distribution du vin aux religieux. — Simon consulte les anciens. — Leurs noms. — (1257). L'fivéquo des Morins annonce que Simon Wasselin à choisi sa sépulture à Clairmarais.— Donation a cette occasion. — Donation antérieure, fnitc en 1250 par Wasselin. — Acquisition de 2 mesures do terre à Thérouanné. — Arrangement entre les Abbesses de Wœstine et do Blandecques au sujet de la dlmo de Wardrccques.— Nouvelle libéralité pour une distribution de vin, de beurre et de fromage les jours do saignée. — Prétention de l'Abbesse de Blandecques au sujet des draps, cuirs et

chaussures, nécessaires à son usage. — L'Abbé de Clairmarais, 4225 — 1257 constitué juge et partie, examine la cause et déboute l'Abbesse de Blandecques. — - Le titre porto le scel de Simon et de Bbatrix (juin 1857).— Simon songe à se retirer pour s'occuper plus exclusivement de son salut. — La communauté s'émeut à l'idée de la retraite de celui dont la vie fournissait l'exemple do toutes les vertus. — Simon se démet entre les mains du visiteur général, le 12 des calendes de novembro 1257. — Il vit dans la retraite. — Incertitude sur la date de sa mort. — Sa tombe. — Sonépitapbe. — Son éloge. — Noms des religieux contemporains.

Les chroniqueurs nous apprennent qu'à la mort de Menerius, la prélature de Clairmarais demeura vacante pendant quatre mois deux jours et que la communauté crut devoir cette fois encore s'adresser à Clairvaux, la maison mère, pour obtenir un Abbé l. Simon fut désigné, il réunissait toutes les conditions nécessaires pour remplir dignement cette tache (1225).

Si l'on compare l'importance du monastère de Clairmarais, à cette époque, avec celle qu'il avait à son origine, on ne peut s'empêcher d'admirer les progrès successifs, que malgré des obstacles sans nombre, il est parvenu à obtenir, grâce à la sagesse et au zèle infatigable de ses prélats. Aussi sa réputation de piété était elle répandue au loin et cette renommée ne s'était pas affaiblie au temps de Simon; les plus grands seigneurs s'empressaient alors de venir s'enfoncer dans le cloître pour y suivre la règle Cistercienne sous une aussi heureuse direction : de

1 llist. Clar., 1 pag. 269. - Fasc. SStor" f* 418.

12-25—1257 cette humble solitude on voyait de temps en temps s'échapper de vives lumières qui portaient leurs rayons sur les plus imposantes assemblées ,.

Simon était un homme supérieur, son administration en est la preuve, il était jeune encore lorsque les suffrages des religieux se portèrent sur lui, le 8e jour des ides de juillet 1225 ; déjà il laissait entrevoir la maturité de l'âge avancé.

Une de ses premières pensées après son installation fut de reprendre les travaux de son église que Guillaume, 2e Abbé, avait laissé inachevée ; désirant que le monument fût semblable à celui de Clairvaux il reprit les fondements de la partie supérieure qu'il parvint à achever en entier, à l'exception des voûtes du transsept et de celles de quelques chapelles.

Les plus grands seigneurs et une foule de notabilités dont Simon avait su captiver la confiance s'empressèrent de venir en aide à sa pieuse entreprise au moyen de donations nombreuses; nous avons sous la main un titre de 1226, par lequel Guillaume, de Lens, châtelain de Saint-Omer, et Lucie, son épouse, font cession d'une rasière de blé à l'Abbaye de Clairmarais pour l'aider dans la construction de son église.

Un autre acte émané de la même main constate une autre donation de A sols de revenu annuel -,

» Idem, idem.

' A celte époque (1226) le marc d'argent valait 54 sols 7 deniers (Leblanc, pag. 403). — On voit dans un titre do l'église de CbiUons, qu'un siècle auparavant (1 120) les sols étaient de 6 deniers de loy,

appfîcable de la même manière. Parmi les autres 1225—1257 personnages qui secondaient généreusement ses travaux, nousvoyons d'après D. Charles Martel, les seigneurs de Renty, deThiemhronne, deSèke (Setques), de Steenford, de Lumbres, de Reninghes, etc., etc., auxquels on peut ajouter les Comtes de Flandre, de Boulogne, de Saint-Pol, les Comtes de Guines et les Châtelains de Saint-Omer, dont les armoiries se trouvaient reproduites dans plusieurs endroits du monastère l.

Pour la construction de son majestueux édifice, Simon employa les pierres d'une carrière qui avait été donnée à l'Abbaye, en 11 93, par Henri Noyse, de Marquise, cette carrière était assez belle pour qu'on pût en tirer les magnifiques colonnes qui soutenaient les voûtes.... Quant aux pierres blanches propres à la construction des murs et à la fabrication de la chaux, elles furent tirées des carrières cédées, en 1201, par la libéralité des seigneurs de Matringhem et de Seninghem.

Pendant ce temps là, Simon toujours ami de la paix s'appliquait à étouffer jusqu'au moindre germe de discussion avec les religieux de Saint-Bertin ; pour

c'est- à dire moitié argent fin et moitié cuivre; le marc d'or valait 20 1., puisque l'once valait 50 sols. — La difficulté est de savoir ce que valaient ces sols par rapport a notre monnaie actuelle, surtout avec les différents affaiblissements et les variations monétaires qui se sont succédé à diversesépeques.— En 1158, le marc d'argent valait 53 sols 4 deniers tournois. (Traité historique des monnaies de France, par Leblanc, pag. 162-163).

1 Hist. m" Clar., 1 pag. 300

i-225—1257 y parvenir il s'entendit avec l'Abbé de ce monastère, et il fut convenu, entre eux, que toutes les fois que la moindre contestation s'élèverait, la cause serait jugée par les deux Prélats seuls, d'après les bases de l'arrangement intervenu au temps de Lambert, en 121 3, en présence de Gérard, de Henescure. Les deux Abbés décidèrent également que les actes de transaction, réciproquement consentis, seraient respectivement revêtus des sceaux des deux monastères et de ceux de leurs Abbés l.

En 1227, Adam, Évêque des Morins, avait donné à l'Abbaye une dime perpétuelle, à la condition que le revenu remis au portier (portario *) en serait spécialement affecté en distribution de pains aux pauvres, à l'exception toutefois de 40 sols que le portier devait mettre en réserve pour la nourriture du couvent, une fois l'année 3, avec l'agrément du

1 Hist. m» Clar.f 1 pag. 301.

5 Le portier était un moine logé dans une cellule placée auprès de la porte, il demeurait toujours à son poste depuis le lever du soleil jusqu'à la nuit close, sauf le temps des repas, le temps de la messe et en été celui de la méridienne, il était remplacé par le sous-portier pendant son absence. — Ce fonctionnaire était chargé de recevoir et d'introduire les étrangers ainsi que de la distribution des aumônes de l'Abbaye. (Voy. Etude sur l'état intérieur des Abbayes Cisterciennes, l'excellent ouvrage sur la matière par M. II. d'Arbois de Jubainville, avec la collaboration de M. L. Pigeotte. Paris 1858, pag. 202. — Cart. 66.

» Le prix du marc d'or valait alors 20 livres et le marc d'argent 54 sols 7 deniers, le gros tournois était ii 11 d. 12 grains, leur taille et leur poids était de 58 au marc et leur valeur 12 deniers. (Traité hist. des Monnaies de France, par Leblanc, pag. 402). — Ilist. m" Clar., pag. 302. — Pro pitanlid univcrso convenlu quolibet anno semel dittribucndû, ad nulum superioris et cum onere faciendi memoriam dicli episcopi officio defunctorum hujus diei.

supérieur, à la charge dédire, ce jour-là, un Mémento 12-25—1257 à l'office des morts, pour le repos de l'âme du Prélat bienfaiteur.

Comme le chiffre des donations de ce genre, confiées aux soins du portier, devenait considérable et qu'il s'élevait déjà à la somme de 180 livres parisù, il fut ordonné d'acquérir avec ce prix une propriété territoriale à l'usage des pauvres l.

Simon voulant agrandir la terre d'Henné y appliqua cette somme du consentement du portier et de l'agrément du conseil des anciens; en échange des 180 livres dont il s'agit, il donna au portier, pour les pauvres, le moulin du Brœucq avec 10 mesures de terre à la charge de payer 16 sols 8 deniers de rente au monastère de Saint-Jean, de Thérouanne 2. Cet Abbé délivra à cette occasion des lettres patentes.

En 1228, Fernand, Comte de Flandre et de Hainaut, avec Jeanne, son épouse, accordèrent à l'Abbé de Clairmarais la confirmation d'une donation faite au monastère, par Michel, de Hames, seigneur de Boulers, pour une rente annuelle de 17 livres parisis à prendre sur le marché de Cassel 3.

La même année, le Pontife des Morins, Adam, vint au monastère et y donna des lettres par lesquelles Henri, de Bailleul, et Bernard, son frère, renon-

1 Decrevil latifundium quoddam lerrœemerein usumpauperum. (Pag. 302, lin. 101).— Hist. m" Clar., par Dom. Bertin de Vissery, pag. 302. lig. 9.

* Hist. Clar., pag. 302, lin. 16 et suiv.

* Idem, idem. — Le prix du marc d'argent valait alors 54 sols 7 deniers. (Leblanc, pag. 403). Métrologie.

i'2-25— 1257 çaient à tous leurs droits en faveur de cette maison religieuse

A cette même époque, Michel, châtelain de Cassel et connétable de Flandre, faisait à l'Abbaye, de concert avec sa femme, la remise de onze sols de rente, garantie sur un terrain comptante en vignobles, situé près de Cassel, in vined, disent les chroniqueurs *.

C'était le moment ou Simon poursuivait auprès du Souverain-Pontife, Honorius III, l'obtention d'une bulle ayant pour objet de placer sous la protection directe du Saint-Siège, toutes les donations faites à

son monastère Les efforts de ce Prélat furent

couronnés de succès, une bulle de confirmation fut accordée en 1229, la 9e année du pontificat de ce Pape.

Peu après, l'Abbé de Clairmarais accompagnait à Clairvaux, Adam, Evoque de Thérouanne, qui abandonnait son Siège épiscopal, pour aller embrasser la règle austère des enfants de Saint-Bernard. Voici ce que le père Malbrancq 3, et après lui d'autres écrivains, racontent au sujet de la décision inattendue du Pontife des Morins.

Salomon II, Abbé des Dunes, avait engagé Adam 4

1 Ilist. Clar., pag. 302. lin. 28 et 29.

! Idem, idem, pag. 303, lin. 5.— Il y avait donc des vignes alors?...

» Malbrancq, de Morinis, pag. 504. — Hist. m"Clar., pag. 303.

* Adam, 25e Évoque des Morins, était auparavant chanoine de Lillers, puis archidiacre de Paris, il fut élevé à l'épiscopaten 1213, et gouverna son diocèse jusqu'en 1229, époque à laquelle déjà très avancé en âge, il abdiqua et se retira à Clairvaux, cédant son Évé-

à renoncer à la prélature pour entrer à Clairvaux. 1225—1*257 Adam était une de ces natures d élite qui préférait mourir en simple particulier qu'en Évêque, pour ne pas avoir à rendre compte plus longtemps de la lourde charge des Pontifes. — Ce Prélat avait trouvé le moyen de plaire à tous, sa réputation de sainteté avait été justement appréciée par les Papes Hoxorius III et Grégoire IX, lorsqu'il résigna ses fonctions eu faveur de Pierre de Collomedy (de Collo MedioJ l. Le jour de la troisième fête de Pâques (Postridie Paschalis), il fit ses derniers et louchants adieux à ses ouailles rassemblées dans son église de Sainte-Marie de Thérouanne, en annonçant les larmes aux yeux à son clergé et à son peuple qu'il ne les reverrait plus que dans la vallée de Josaphat.... Il leur recommandaen suite son successeur qui, moins usé que lui par les années, était plus capable de les bien gouverner. Après ces paroles accueillies avec une tristesse générale, Adam prit congé de son troupeau, il suivit la route de Clairvaux, et alla s'ensevelir dans cette sainte solicilude qui depuis

Salnt-Bernard comptait déjà tant de Bienheureux;

cbé à Pierre de Docv ou de Collomedi, qui d'après Vissery, administra pendant 2\ ans. — Adam, fut un prélat très estimable à divers

titres, d'après Bernard Il fit la division des paroisses de Calais,

dont l'ancienne enceinte fut également élevée de son temps; il refusa l'Archevêché de Tours et après avoir passé en Angleterre pour assister à l'élévation du corps de Thomas de Cantorbery, il fut légat du Saint-Siège dans la guerre des Albigeois. Adam écrivit l'histoire de Citeaux et y mourut saintement. — (Bernard, annales de Calais, pag. 488 et 489).

1 Le P. Malbrancq. pag. 477 et 478.

mô—1257 il était accompagné de Salomon, Abbé des Dunes, de Simon, de Clairmarais, et de l'Abbé de Longvilliers, qui se réjouissaient de voir leur ordre faire une aussi bonne acquisition. Ce Prélat mourut en odeur de sainteté, le 10e jour des calendes de février ou de juillet 1229, après avoir surpassé, dit-on, ses frères en religion par la sublimité de ses vertus l.

A son retour de Clairvaux, Simon aplanit une difficulté avec Jean, Abbé de Saint-Bertin, au sujet du fossé nommé Heudringheled ou du Vieux Fossé, le même qui servait de limite aux possessions de son Abbaye et dont on s'était déjà occupé 44 ans auparavant, alors qu'il n'était encore que prieur. Ce fossé mitoyen avait été purgé uniquement par les religieux de Saint-Bertin à l'insu et contrairement aux droits des moines de Clairmarais. Bien que Jean fût dans son droit à cause du laps de temps écoulé, il n'hésita pas à faire une concession, in re ccssil a, mais lorsqu'on en vint à examiner l'acte fcum ad tabulas ventum est) les parties remarquèrent que le sceau et la signature de Saint-Bertin et de Clairmarais était les mêmes 3, c'est-à-dire une N. On se décida alors à y ajouter le sceau du chapitre 4 de Thérouanne, et les Abbés sans s'arrêter au dommage causé (non habild notione damnij adjugèrent

1 Le P. Malbrancq, de Morinis, pag. 481. — Hist. m" Clar.,pag. 304, lin. 1 à 17.

* Hist. m" Clar., a B. de Visscry, tom. I, pag. 304, lin. 24.

3 Sigillum N. Simililudine xinum idem que esse. (Idem, idem.)

* Idem, idem. Propter quam ndhibuere capiluli Morinensis Sigillum.

le fossé en litige à Clairmarais à la condition qull 12*5— serait entretenu en bon état *.

En 1230, nous voyons Baudouin, Seigneur de Comines, constituer à la communauté une rente de 20 sols parisis, à charge de services religieux, pour lame de Robert, son fils, qui reposait dans le cimetière de Clairmarais.

La même année, Simon achète à prix d'argent plusieurs dîmes a recevoir dans la paroisse de Stenford 8. L'année suivante, il signe une transaction avec Jean, Abbé de Saint-Bertin, au sujet de la Moere [Merœ causâ). Puis une autre pour un chemin situé à l'entrée d'Arqués, du côté de Saint-Omer, et pour le fossé qui séparait le marais d'Arqués des terres appartenant au monastère 3, ainsi que pour les étangs adjacents.

Vers 1232, Baudouin II, Abbé de Valloire [de Balantiis), ordre de Citeaux [ordinis nostri), séduit par les vertus des moines de Clairmarais et embrasé du désir de mener une meilleure vie [famâ cœtu* Clarimarisci perfwus, et pio desiderio melioris vitœ incemus) : renonça à la dignité Abbatiale pour vivre

1 Nobis aajudicarunt dictum fossatum, modo illud in bono slatu teneremus. (Hist. Clar., î pag 305, lin. 1).

* Eodem anno 1320 Simon huic monasterio. prelio plures deci' mas comparavit accipiendas in parroehid de Stenford. (Idem, idem, pag. 305).

• Compositionem inire decernunt, vix Mer* causa. — Item pro alUi via ad introitum in Arques versus S1"" Audomarum, et pro fossaio quod dividil paludrm de Arques, a terris de Claromarisco. — Item pro stagnis eodem fossnto adjacentibus. (Ilist. m" Clar., tom. I., pag. 305, lin. 9 et seq.)

1255—1257 et mourir désormais sous l'obéissance de Simon.... A peine entré dans la communauté, Baudouin fut promu aux fonctions de cellerier qu'il accomplit avec soin, et mourut, peu après, plein de bonnes œuvres; il reçut la sépulture des mains de l'Abbé sous les ordres duquel il avait voulu se placer

Vers le même temps, en 1231 environ, Simon avait acheté de Salomon, Abbé des Dunes, du consentement de Rodolphe, Abbé de Clairvaux, les terres que son monastère possédait près de Gravelines, au prix de 200 livres en monnaie d'Artois 2.

A la même époque, Chrétien, Abbé de Thosan, avait également vendu au monastère de Clairmarais, pour la somme de 70 livres de la même monnaie, tout ce qu'il possédait sur le territoire de Groda 3.

Peu de piélatures ont été plus fructueuses à l'Abbaye de Clairmarais, que celle de Simon, de

1 Idem, idem, idem.

5 Hist. m" Claim., tom. I, pag. 305.

3 Idem, idem. D'après Jongelinus l'Abbaye de Thosan, filiation

des Dunes, près de Bruges, était communément désignée sous le nom de Doest. On voit dans l'inventaire des chartes, bulles pontificales, privilèges et documents divers de la bibliothèque du séminaire épiscopal de Bruges : des lettres de Simon, Abbé de Clairmarais (1231, , au sujet d'une transaction entre les Abbés de Clairvaux et de Thosan (Saepinyhr). (Lat. Scel.) — Bulletin tom. II, pag. 357, de la Société royale d'Emulation do Bruges.

Tous les biens do cette maison ont fini par se Tondre peu à peu dans la mensc Épiscopalo de Bruges. — On croit que le moderne monastère des Dunes fut établi sur l'emplacement du refuge do Thosan. (Gall. Christ , tom V). Hist. m" Clar., tom. I, pag. 306. — In cujus réfugia Dune.nse monaslerium modernum situm habet. — Idem, idem. — Le marc d'argent à cette époque valait 54 sols. — (Leblanc, pag. 402). — A 11 den. 12 gr., 58 au marc.

Marquette, dont l'impulsion "se retrouve partout; 1225—1257 chaque année voit s'accroître les possessions de la communauté et s'augmenter le nombre des transactions sur les points litigieux, etc., etc. — En 1223, les Abbés de Saint-Bertin et de Clairmarais, assistés de leurs chapitres généraux, prononcèrent définitivement sur les difficultés soulevées, en 1221, au sujet de la Moere. Chacun des deux Prélats établit des arbitres sur le jugement desquels il fut décidé que celle des deux parties qui enfreindrait les conventions serait passible d'une amende de 40 livres sterlings : la sentence rendue le lendemain de la fête de l'Assomption de la Très-Sainte- Vierge, portait le texte suivant l, d'après ce que nous apprend Bertin de Vissery.

« Talis autem eorum sententia fuit, ut quamdin « via erit apta ad navigandum extrà Moeram, tam- « diu Clarimariscenses naves suas ducent per eam « extrà Meram, si vero via non sit apta ad navigan- « dum extrà, tune naves nostras, dncemus per « Meram .

« De fossato autem statutum est, quod remanere a debeat in eodem statu quod est, et quod sit meta « dividens terras de Arques à nostris.

« De vid verd extrà Arques statutum est, quod « quamdiu Arquenses bigas 9 suas ducent per illam, « similiter et nos bigas nostras per illam poterimus

1 Idem, idem.

* Biga signifie ici chariot attelé de deux ou plusieurs chevaux, — tous les dictionnaires s'accordent sur ce point.

1225—1257 « conducere sic, si verô Mis clandatur, nobis clau- « detur. »

Telles furent les conditions mutuellement consenties et qui furent converties en acte public auquel furent apposés solennellement les sceaux des deux Abbés et ceux de leur chapitre l.

Vers cette même époque, Simon figure dans une autre négociation assez importante pour être mentionnée.

Lorsque Philippe-Auguste fit sa descente en Angleterre, appelé par les Barons révoltés contre le Roi Jean, ce Prince, on le sait, réclama le concours des villes, situées le long de la côte française de la Manche et promit, entre autres, aux Gravelinois de compenser au double les pertes qu'ils feraient à son

service L'expédition, personne ne l'ignore, eut

une issue fatale Gravelines présenta ses doléances, articulant entre autres griefs, quelle avait perdu

plus de 3,000 livres parisis Une première requête

est de 1218, elle fut renouvelée dix ans plus tard et alors on commit pour constater le dommage, Salomon, Abbé des Dunes, et Simon, de Marquette, Abbé de Clairmarais, dont le rapport confirma le dire des plaignants.

La pièce rappelant ce fait n'est pas datée, mais elle doit être de 1226 à 1232 2.

1 Hist. m" Clar., a Bertin de Vissery, tora. I, pag. 306.

* Nous devons cette communication à notre docte et excellent confrère et ami M. le marquis de (iodefroi, qui l'a puisée lui-môme dans les précieux m" de son père.

Vers la même année (1233], l'Abbé de Clairmarais 1-225—1*257 toujours vigilant sur les intérêts confiés à sa garde, recevait de la part de Pierre, Évêquc des Morins, des lettres qui lui annonçaient qu'HERMERS, d'Heuchin (Hermers de Helcinio), et Maburge, sa femme, venaient de donner au monastère tous leurs biens mobiliers et immobiliers, afin d'obtenir d'être enterrés dans le cimetière de l'Abbaye et de participer aux prières de la communauté *.

Simon, figure aussi comme arbitre choisi avec l'Abbé de Villers, dans une discussion intervenue entre l'Abbé des Dunes et celui de Cambron s.

L'année suivante (1234), Jacques, de Furnes, 47° Abbé de Saint-Bertin, dont nous donnons ailleurs la biographie plus étendue 3 venait suivant l'exemple de Baudouin, Abbé de Valloire, de renoncer à la prélaturcpour se placer et mourir sous la direction de Simon, de Clairmarais 4.

Un peu plus tard (1235), ce Prélat qui toujours savait inspirer la confiance, recevait d'ELNARD , seigneur de Seninghem, la cession d'un tailleur de pierres mis à sa disposition pour lui aider à décorer son Eglise. En même temps, et pour faciliter l'exercice des devoirs religieux, Simon obtenait de Grë-

1 Se et omniu quxcum que Mis sunt, propriâ in mobilibus, qunm immobilibus Ecclesix de Claromaresco trndiderunt, ut ibidem srpelirentur in cimeterio,etorationum nostrarum participantes ef 'fxcerentur.... Hermers de Helcinio et Maburges ejusexor. (Hist. m" Clar., tom., pag. 307, lin. 2 à 6.

* Idem, idem.

' Voyez les Abbés de Saint-Bertin, tom. I, pag. 265 à 271.

* Hwt. Clar., 1 pag. 307.

1225-1257 60IRE IX, une bulle qui autorisait les ouvriers de la maison à recourir aux religieux pour la réception des Sacrements l.

Alors, Nicolas, de Bailleul, dont nous avons parlé, était appelé à la dignité abbatiale des Dunes où il laissa les meilleurs souvenirs. — Peu après, l'Abbé de Clairmarais avait l'honneur de recevoir dans son monastère une royale visite9 (1236), Robert, Comte d'Artois, frère de Saint-Louis, arrivait accompagné des Abbés de Saint- Waast et de Saint-Berlin, et acceptait de la part de Simon, la plus noble, la plus touchante hospitalité. Ce Prince put en cette circonstance admirer le désintéressement et l'abnégation de Jacques, de Fumes, qui après avoir renoncé aux dignités, à Saint-Bertin, eut à décliner encore celles de l'Abbaye de Villers où une heureuse pensée et les vœux unanimes voulaient l'appeler : dégoûté de toutes les grandeurs humaines, dont il avait facilement apprécié le néant, Jacques laissa cette nouvelle distinction à Nicolas, de Sombreflfe, le Vigilant, prieur de Clairmarais, qui, à son tour, abandonna sa charge à Dom. Gilles Calonne 3.

1 Elnardus, de Seninghem, Simoni Abbati, usum lapicidac sux ad constructionem erclesix. (Pag. 307, lin. Metseq.)— Idem, idem, pag. 307.

* Malbrancq, de Morinis, pag. 516. — Hist. Clar., 1 pag. 307, lin. 23 et seq.

» Anno Simon Abbas, Robert um Arthesix Comitem fratrem

S*Ludovici advenientem Clarummttriscum, cum abbatibusS" Vedasli et S" Bertini, mullâ humanilnte et congruo honore ej-cepit.... Miratus est diclus Cornes Jacobum Berlinicum ejcprx3ulem,apud nos delîtescere et honores subterfugere.... V Marieuses enim carentes Abba-

Guy, Seigneur de Bilques [de Bilecke^ et fils de 1225-1257 Gérard, de Renescure, fondateur de l'Abbaye de Woestine, exerçait sans cesse des vexations contre les pauvres religieuses de cette maison, qui, on s'en souvient dépendait de Clairmarais ; une plainte arriva au Roi de France, et ce monarque crut devoir envoyer des commissaires sur les lieux pour se faire rendre compte de l'état des choses.... Simon de Yillers, Bailli d'Arras, l'un d'entre eux, à la suite d une enquête infligea à Gui son châtiment, il le fit enfermer dans les prisons royales.... A l'expiation de sa peine ce Seigneur revenu à de meilleurs sentiments, renonça publiquement à ses injustes exactions en présence de Guillaume, Châtelain de Saint-Omer, de Simon, Abbé de Clairmarais, et de Nicolas, de Bailleul, Abbé des Dunes, il signa un arrangement conciliateur avec Gertrude \ Abbesse de la communauté qui avait eu tant à se plaindre de lui

Alors seulement Pierre, Évêque des Morins, consentit à lever l'excommunication qui avait été fulminée contre Guillaume 9.

Successivement ensuite, Simon, de Marquette, reçoit différentes libéralités et fait diverses acqui-

libus illum oculos calculos que jmernnt. — Sed ipse omnis préfet lurx

fugientissimtis Ejus loco el eodem fere tempore Xieohi usité .S'ont -

breffe, prior nosler Clarissimus assutnplus est.... Kl offieium priori* Simon commisit I). Egidio Colonne. — (Hist. mMClar., 1 pag. 308).

1 Hist. m" Clar., a Bert. de Vissery, tom. I, lin. 6 et seq.

* Rébus itn comparatis , Petrus Morinorum Episropus Guidonem ab excommunicatione quam incurrerat absolvit. (Ilist. Clar., tom. I, pag. 308).

1225— 1257 sitions ; ainsi en 1238, il accepte de Guillaume Spagnieul, de Blandecques, et de Belle (Belâ), sa femme, quelques mesures de terre exemptes de toute espèce de redevance. [Ab omni exactione libéras et absolutas) K

L'année suivante, c'est le Seigneur de Lampernesse qui ayant de se mettre en route pour Jérusalem, lui fait abandon de 25 mesures de terre dans le bois de Loo, afin de l'aider à l'achèvement de son Église ; il lui vend en oulre du consentement de Julienne, son épouse, quelques parties de terre pour subvenir aux frais de son voyage 2 (1239-1241).

Au mois d'avril de la même année le portier (portarius in usum eleemosinarum), achète au nom de la communauté 55 mesures et demie de terre pour les aumônes de la maison. Cette acquisition produisait en revenu annuel 100 sols de Flandres 3.

Peu après, 1240, Marie, veuve de Guillaume, habitant de Bergues (Bergensis , donne pour les pauvres une autre mesure de terre située à Broukerke. — Mariote Bige, de Saint-Omer, abandonne une dîme au denier cent pour distribuer aux indigents à la porte du monastère 4. En même temps,

1 Idem, idem, idem (1239).— Dominas de Lampernesse, Simoni dédit 9.5 mensnras de terra in Loo, ad perficiendum templum nostram.... ÀWen$e jamo prias quam profisciscerelar in Jerasalem. — Item, alias terras vendidit Simoni, eaasâ hujas itmeris.

» Hist. m" Clar., 1 pag. 308, lin. 24 et 25.

3 Nous n'avons plus besoin de rappeler que la mesure de terre à Saint-Omer équivalait à 35 ares 46 centiares.

* Hist. m- CIar.,tom. I, pag. 309.

pendant que la sagesse de Simon l'appelait encore 1225—1257 une fois à devenir l'arbitre d'un différent élevé entre les Abbés des Dunes et de Thosan, Jeanne, Comtesse de Flandre et de Hainaut, usant de» pleins pouvoirs que le Prince, son époux, lui avait conférés à son départ, confirmait solennellement à la prière de Simon, toutes les libéralités, libertés et possessions qui avaient été faites au monastère et à l'église de Clairmarais(1243).

A cette époque on vit s'élever et s'éteindre une grave difficulté entre les Chanoines de Saint-Omer et les Religieux de Clairmarais au sujet du paiement de la dîrae: Pierre, de Sainte-Suzanne, Prévôt du chapitre, et Simon, à l'arbitrage desquels fut soumis le jugement de la cause, décidèrent que la communauté serait tenue de payer la dîme sur les 7 mesures et demie de terre en litige, en retenant toutefois la troisième gerbe, parce que les terres en question avaient été acquises avant le concile. Quant aux autres terres achetées depuis, elles devaient la dime toute entière *. Bientôt après, le Souverain-Pontife Innocent IV, dégreva l'Abbaye de toute espèce de dime à quelque époque que les terres eussent été achetées, avant ou après le concile qui les rendait obligatoires 3.

Au mois d'août de l'année suivante, Guillaume,

1 Hist. ra" Clar., a Bertino do Vissery, tom. pag. 309.

* Idem, idem, idem. — Pauloposl tamen,per bullam pontificalem excmpii fuimus à soUUione decimarum, tam ante quam jwsl diclum concilium. — liane dédit Innocentius, Papa 4".... (Tom. I, p. 300).

4225—1257 de Saint-Omer, Seigneur de Petquaro et de Berkin, confirmait la donation faite à l'Abbaye, par son frère, Guillaume, Châtelain de Saint-Omer, de 20 livres parisis à prendre tous les ans sur son droit de forage à Saint-Omer, afin de donner du vin aux moines, les jours de la Circoncision, de la Cène, la veille de Pâques, les jours de Saint-Bernard, de Saint-Michel ou autres fêtes solennelles. — Guillaume déclare en même temps que si son frère venait à mourir avant Ismène, sa femme, et qu'elle ne veuille pas qu'on prenne ces 20 livres sur le forage qui faisait partie de son douaire, il assigne alors le paiement de cette rente sur les revenus de Fauquembergues, jusqu'à la mort d'IsMÈNE , entendant qu'à cette époque le paiement se prendra sur le même forage l.

Après cette discussion une autre s'éleva, Jean Manghiers, frère de Nicolas Manghiers, de Stenfort, alors moine, le même qui devint Abbé et dont il est parlé plus loin, avait suscité quelques querelles à cause d'une donation faite au monastère par Nicolas, en reconnaissance de l'hospitalité qu'il avait reçue dans la maison avant d'y venir prendre l'habit monastique de la main de Simon. Mais ces querelles, comme beaucoup d'autres, s'apaisèrent bientôt à la voix de Marguerite, de Flandres et de Hainaut, qui ratifia authentiquement par lettres du mois de mai la donation signée par Jean Manghiers. Ces lettres de la Princesse reçurent également au mois de juin

» Archive» de Flandres, n° 534.

suivant l'approbation de Gérard, Abbé de Saint- 1225-1257 Augustin (1245) K.

A cette époque se rapporte la construction de la petite chapelle que Ton aperçoit encore aujourd'hui à gauche en entrant par la porte de l'ancienne Abbaye *. En voici l'origine : en 1247, Eustache, Seigneur de Renescure, chevalier, et Mathildk, sa femme, abandonnèrent chacun la redevance d'une rasière de froment sur Ebblinghem, plus sept livres de monnaie de Flandre à prendre sur 4 mesures de terres, situées dans les domaines de Guislain, de Wardrecques, près de Renescure : cette libéralité avait eu lieu dans la prévision de l'établissement d'une petite chapelle, qui serait placée près de la porte du monastère de Clairmarais, dans l'espace de 5 années : à défaut, cette chapelle devait être construite sur la paroisse de Renescure.

La charte de donation fut scellée par Eustache, prêtre de Renescure, en présence de Philippe, moine de Clairmarais, et de Simon, frère convers, maitre deScoubrouck 3. Simon, de Marquette, conformé-

1 Joannes Manghiers f rater Nicolai de Stenford, lum monachus, posteà Abbas hajus domus (Nicolas, fut le ]6e Abbé).... Quedam querelas fecerat.... Qua propter Margaritd Flandrix et Hannonix Comilissa, même Maiiojradidit litteras quorum ope, prscdiclx qux' relx sopilx fuerunt.... Item en de causa Gerardus abbas S* Augustini mense junio, suas similiter nobis dédit litteros anno 1245.— Notandum quod dictus Nicolaus de Stenford hnbitum relligionis de manu Simonis Abbatis susceperat, et quod anle dictam susceptionem ad hue in hospilio nostro quamdam donalionem huic monasterio fecerat, quod\xgrè tulit Joannes frater ejus. (Hist. Clar., 1 pag. 310)..

' Cette chapelle assez bien consei'Tée sert aujourd'hui de grange.

\Euslachius major de Renescure miles, et Mathitdis uxor ejus

1225—1257 ment au vœu des donateurs, s'empressa de faire construire cette chapelle au lieu indiqué l.

On le voit, ce Prélat était infatigable, toujours quelque amélioration nouvelle, quelque agrandissement nouveau réclamait ses soins et le trouvait prêt à l'accomplir.... La même année 2, il achète r de Nicolas, de Bailleul, Abbé des Dunes et ancien prieur de Clairmarais, une rente annuelle de 25 sols à prendre sur le territoire de Lynde ; rente que Baudouin, de Comines, avait donnée jadis à l'Abbaye des Dunes 3. — Il s'interpose utilement dans la discussion relative à la banlieue de Saint- Omer ; c'était le moment où Robert, Comte d'Artois, frère de Saint-Louis, arrivait dans cette ville, suivi d'une nombreuse société d'élite, pour ratifier par sa présence l'accommodement intervenu entre les habitants et les religieux de Saint-Bertin, au sujet des limites communes.... On sait que plus de 40 ans auparavant, en 1200, le Comte Baudouin, avant de s'embarquer pour la Terre-Sainte avait fixé lui-même

dederunl Simoni raseriam creticiin Ebleghem, itein7libras monetw currcntis Flandriœ super 4 menseras lerrx jacentes in dominio

ghisleni de Werdereche apud Renescuriam Si contegerit fieri

capella ad portant de Claromarisco, infrd quinque annos, a ut sallem in parrochid de Renescure.... lise caria Sigillata ab Eustachio presbilero de Renescuria, présente D. Philipjw monacho de Claromarisco et fratre Simone converso dicto : magisler de Scodebrock. (Hist. Clar., pag. 310).

1 His donatus Simon, executioni mandavit constructioîiem sacelli adsinislram portœ monasterii. (Hist. Clar., pag. 310, lin. 26 et 27).

8 Malbrancq, pag. 538, lo marc d'argent valait alors 54 sols 7 deniers. — (Le Blanc, pag. 403).

• Hist. Clar., pag. 311.

ces limites dans une charte authentique ; mais que les 4225—1257 successeurs de ce Prince n'ayant pas suivi ses traditions, il fallut pour y revenir, recourir à l'autorité de " Robert, d'Artois, et à celle de Saint-Louis, ce que Gilbert, Abbé de Saint-Bertin et sa communauté entière, rappellent en ces mots : « Nos limitationem « et divisionem inter Balencam villœ Sli Audomari, « et juridictionem , sive altam justiciam villœ nos- « trœ de Arkes, factas per Simonem, Abbatem de « Claromarhco, Petrum prœpositum «Sli Audomari, « Bernardum, A rchidiaconum , A trebatensem in Os- « trevant , Simonem de Villdrio militem Baillivum « Atrebatensem ratas habemus in perpetuum , anno « K »

L'année suivante (1248), ce même Comte Robert, donnait également son approbation à une transaction passée entre les religieux de Clairmarais et les habitants du pays de Langle, à cause de l'aqueduc destiné à recevoir les eaux du marais de Niverlède ; cette transaction s'opéra sous la condition que les moines se chargeraient de l'entretien de l'écluse, dépense évaluée à 50 livres parisis 3.

A peu près à la même époque, Foulques, de Sainte-Aldegonde , à Saint-Omer, abandonnait au monastère une portion de terre, située a Leulinghem,

» His. Clar., tom. I, pag. 311, lin. 18 à 24.

1 Anno 1248 supradidus Cornes : approbavit compositionem a nobis faciam.. . Causa aqxtzdudus ad evacuarulum marescum nostrxtm de Niverlède, edconditione, xd provideremus reparationi eorum exdusx ; cujus reparationis expensd appretiatâ est ad stimmam 50 libr. parisiens. (Hist. m" Clar., tom. I, pag. 312, lin. 24 et seq).

mb— 1257 sur 1* route conduisant aux carrières , en accordant également le droit d'en extraire toutes les pierres "qu'on pourrait en retirer l.

Dans le courant de 1249, Simon fut assez heureux pour mettre fin à la discussion entamée par Gérard, de Bailleul : c'était le moment de la mort de Robert. Comte d'Artois (9 février), alors que l'Abbé de Clairmarais était, s'il faut en croire le P. Malbrancq, appelé de nouveau aux fonctions de négociateur dans une affaire importante : (In re magni momenti) 8.

Simon, Abbé de Saint-Bertin, était parvenu à suspendre les effets d'une discussion violente3, soulevée à l'occasion du droit de mouture, discussion qui donna lieu a de sérieuses voies de fait, dont on garda longtemps le souvenir.... Il fallut recourir à l'intervention de Pierre, Évêque des Morins, qui délégua Philippe, de Collomedy, prévôt de Saint-Omer, avec Simon, Abbé de Clairmarais, pour examiner la cause comme juges en dernier ressort et pour prononcer une sentence définitive qui fut immédiatement consignée sur un parchemin authentique 4.

1 Idem, idem, pog. 312, lin. 1 à 5. — Celte portion de terre était voisine de celles de l'Abbaye.

• Idem, idem, lin. 9 et seq. — Malbrancq, de Morinis, pag. 554. » Idem, idem, idem, pag. 321.

* Ha publicis tabulis rem deciderunt.... Ego Simon Abbas de Claromarisco et Philippus de Collo Medio S" Audomari preporitus, notum facimuSy quod inter conventum Stl Berlini et Jaœbum de Bouchout militem, quxslio est super molitura Stl Bertini et mo/endini ipsius Jacobi apud Squei*des prarcipimus, ut Mi de Domo Su Bertini de Kelmes jugittr molant ad molendinum Jacobi apud Squerdes ad 24 mensuras : deinde ut Jacob us vadat ad capitulum Sti

La même année 1250, au mois de mars, la com- tvth-\m munauté, par lés mains de son chef, recevait de Ladre, d'Avesnes, dame de Guillaume, du Mont Capréol (de Monte Capreolo), des lettres relatives à un échange de 39 mesures de terre que Vivien, d'Avesnes, avait fait avec elle du consentement (1 Aleaume , héritier de cette noble maison. Ces lettres portaient la signature de Thomas et de Jean, moines de Glairmarais, et celle d'HuGUES, frère convers, maître delà grange de Maninghem l.

D'autres libéralités suivent de près, Hugues, de l'Étrehem (de Strehem), et après lui sa femme ainsi que Walter, îeur fils aîné, et leur héritier, donnent 3 mesures de terre attenantes à la maison des frères convers à Leulinghem 2.

La même année, un frère convers, gardien du marais de Niverlède, avait creusé la terre de telle sorte que les eaux courantes causant un dommage à la propriété voisine excitèrent des plaintes de la part des représentants de la Comtesse de Guisnes ; mais la Comtesse après avoir pris des informations, ayant

Berlini el ducal secum illum qui vulneravit servientem Abbalis, et ille emendet quod fecii, et restituât et solval espentat, Abbas tamen nihil ei injungal ; deinde ut Jacobus de combustione grangix purgel se, cura 20 fwminibiis, quorum ileeem suit milites, decem sint burgentet, actum anno 1250. (Hist. m" Clar., tom. I, pag. 312 et 313).

» Hist. Clar., pag. 313, lin. 7 ad 12. - 1 In forma sequenti: hanc donationem el concettiunem fecimus in plenà ecclesià apud Lolinghem, ubi per Slolam Dominorum B. Desquerdesy el Lolingliem presbj/terorum dictam eccletiam de Claromarisço, de prefatd Eleemosinâ investivimus^ in manu fratris pétri converti eccttsiv de Ctaroituiritco. (Hiat. Clar., pag. 313).

1225— 1257 reconnu que le dommage était de bien peu de valeur, accorda au monastère des lettres d'annulation de la plainte pour une si minime affaire, qui était à peine parvenue à la connaissance de sa communauté, (le jour de Saint- Laurent 1250).

Au mois d'août 1251, les moines de la grange d'Elues, eurent à souffrir de l'absence d'eau douce, defectu aquœ dulcis; Baudouin, de Bailleul, chevalier et bailli de Flandre, en fut informé ; pour y remédier aussitôt, prenant avec lui quatre échevins du magistrat de Bourbourg avec deux autres officiers du même bourg, il fit apposer des barrages au-delà de la banlieue de Bourbourg, du côté d'Elnes, sur la rivières de Linck; un acte de cet établissement fut régulièrement dressé 1 , on y voyait le sceau de Baudouin avec celui de Gilbert, Abbé de Saint- Bertin, celui de Nicolas, Abbé des Dunes, et de Simon, Abbé de Clairmarais s.

L'année suivante en 1252, on voit encore Simon, de Marquette, contribuer avec Guillaume, 13° Abbé de Vauxelles, et Jacques, Abbé de Bodeloo, à l'extinction d'une discussion concernant le monastère des Dunes 3. Un peu plus tard, au mois de mars 1253, il achète pour sa maison 64 mesures de terre, moins 20 verges, dans la paroisse de Maninghem 4.

1 Hist. m" Clar., a Bert. de Vissery, p. 314.

* Et ut ea qux fleri mandaterai firma super manerentt instrumentum conjlci jussit, cui Sigiltumsuum apposuitcum Sigillo etiam Gilberti abbatis S« Bertini, Nicolaide Dunis et Simonis Abbatis de Glaromarisco. (Hist. m» Clar., pag. 314. lin. 8, 9, 10, 11 et 12).

* Idem, idem, lin. 12 et seq. — Gall. Christ., tom. III.

* Anno 1253, Simon pretio comparav\t} suo monaslerio 64 men-

Mais, si tous ces actes utiles à la communauté 1225—1-257 montrent l'influence et les soins de son Abbé pour les intérêts confiés à sa garde, ils ne se bornaient pourtant pas encore là ; sa vigilance s'étendait plus loin, même aux plus petits détails: Guillaume, châtelain de Saint-Omer, avait donné à l'Abbaye 20 livres de revenu à prendre sur le droit de forage de Saint-Omer, somme applicable à une distribution de vin à faire aux religieux certains jours de l'année, notamment le jour de la Circoncision, le jeudi et le samedi Saint, ainsi qu'aux fêtes de Saint-Bernard, de Saint-Michel, puis aux jours où il y aurait sermon au chapitre et à ceux auqueîs, selon l'usage de l'ordre, on allumait trois lampes dans l'église.

Simon voyant que la somme assignée à cette distribution n'était pas suffisante pour remplir convenablement le but proposé y ajouta 6 livres 12 sols d'une donation faite par une dame Karsta, de Saint- Omer, et quelques autres revenus l. Cette décision fut prise la veille de la Trinité, en 1253.

Peu après au mois d'août de l'année 1254, l'Abbé de Clairmarais formait une association de prières avec les églises de Saint-Winnox et de Saint-Augustin . Cette association , tombée en désuétude sous trois

suras terrx minus 21 virgas in Maninghem. (llist. m" Clar., pag. 314, lin. 15).

1 Vident quod supra dicta summa non sufficeret ad dislributiones supra memoratas in vigiliâ d. 5.9, trinitalis anno /2ô3, priori summw addidit G libras, cum 12 solidis, ex dono dominx Karsta de Si0 Audomaro, et quosdam alios redditus siniiles, in cundem usum adunavil. (Hist. m" Clar., 1 paç. 315, lin. 1 et seq).

fî-25— 1257 Abbés, fut renouvelée en 1689, pour le monastère de Saint-Bertin, par l'Abbé Antoine, deBergues, et en 1617, pour celui de Saint-Augustin l.

Toujours infatigable, Simon marque sans cesse son administration par quelque amélioration nouvelle, il reçoit pour son église de la part d'EusTACHE, seigneur de Planques , avec le consentement d'AGNÈs, son épouse, et d'EusTACHE, leur fils aîné, la donation perpétuelle d'une rasière de blé à prendre dans la paroisse de Xorkerque [1 254) . — En 1 255, il termine en la présence des Abbés des Dunes et de Saint- Nicolas, de Furncs (Laurent), une discussion soulevée contre le monastère de Clairmarais, par Philippe, de Polincove, au sujet d'un droit de marebé qui était réclamé par ce seigneur ; Simon, par amour pour la paix, consentit à abandonner ce qu'il croyait être son droit et donna à Philippe, pour en finir, 25 livres tournois 2.

Une autre difficulté plus grave suivait celle-là : au mois de mars de la même année, l'Abbé de Clairmarais avait à soumettre tous les titres originaux établissant ses droits sur la Moere, aux commissaires

« On lit dans la charte de Saint-Winnox, à ce sujet : « Instrumentum Yinno.vense, sic fert. Fr. Walterus Dei Gralià Abbasel contentas écries i.v S11 Winnocri, propter fmniliarilalem cl nmicitiinn quant ccclcsin noslray cl errlesia de Claromarisco in chrisli tlilcctione ad i mirent ab anliquo habiterai: singulis annis una absolut io fiel craslino purificalionis R. M. cl a quolibet sacerdolc missa prodefunctis celebrabilur. » (Hist. m" Clar., pag. 315).

* Philippus ll'quirebat solutionna Thelonii : Tamen Ccssit juri suo, dam paris causa Simon nnsler tradidit i!li ?ôlibras luronenscs. (Hist. m" Clar., 1 pag. 315, lin. 22 et seq). — Le marc d'argent vaait alors 54 sols 7 deniers. (Leblanc, pag. 403).

du Roi de France, arrivés sur les lieux pour vider le I225-12.V7 litige existant depuis longues années, entre le monastère et les bourgeois de Saint-Omer [Burgenses). Tout étant mûrement examiné et débattu, les juges décidèrent en dernier ressort que les privilèges des moines sur le droit de pêclie dans la Moere, devaient être maintenus avec la plus entière liberté ; déjà ils avaient été depuis longtemps l'objet de nombreuses discussions toujours résolues en faveur du monastère, ce droit fut de nouveau proclamé par les Baillis d'Arras et de Saint-Omer, accompagnés des Conseillers de cette dernière ville en l'absence des Echevins, qui refusèrent devenir sur les lieux l. Parmi les nobles juges de la Cour de Saint-Omer [aulœ Audomarenm) , on voyait Arnold [Arnatildus] . de Guisnes, Rainald, de Lens, D. Baudouin, de Saint- Omer, Christian, sénéchal de Saint-Omer, D. Jean, de Wiscke, D. Desquerdes, D. Eustache, de Renescure, D. Guillaume, de Échout, D. Gérard, de Bilques, D. Engelram Gohiaus, tous nobles chevaliers, dont cinq apposèrent leur scel au bas de la décision

1 Mense Martio IQ55 cogilur Simon cum originalibus instrumente, occurrere commissariis a Herje Galhx missis, qui con vénérant juxtameram, xtt de suborlis novis dissidii inler Burgenses Audomarenses et nos dijudicare ni ; om nibus enim mulurè perpensis, a predictis commissariis ullimatè rnlu fererunt, nosira privilégia de pisc/iriâ nobis absolulè, libéra in prediclo loto tanwn jam dudum mullis dissidiis agilula, semper, tamen in favorem noslrum lerminata. — Qui aulein ultimo loco jus noslrum agnoscentes. rem deciderunt.... fuerunt Ballivi Atrebatensis et Audomarensis cum Aulicis de St0 Audomaro. In absent id scabinorum ejusdem civilalis qui ibidem convocati renuerunt ventre....

1^25—1^57 qui venait d'être rendue; les autres négligèrent d'accomplir cette formalité

Cette sentence fut confirmée à Paris, par Philippe, Hoi de France, au mois de février 1279 2.

C'est cette même année 1255, que le collège des Bernardins fut fondé à Paris, par Étienne de Lexintonia, 19e Abbé de Clairvaux, avec le concours d'I.\NOCENT IV. D'après une autre version cette fondation aurait eu lieu sous Jean, d'Azinville (de Azinvilld), sous les auspices de Benoit XII, Souverain- Pontife, vers l'an 1340 3.

Un détail moins important prouve que le zèle de Simon se retrouvait dans les petites comme dans les grandes eboses, au mois de mars 1256, nous le voyons régler l'ordre de la distribution du vin dans son monastère; la fin de ce règlement écrit par Simon luimême, se termine par ces mots : Valcte in Domino. — Sous l'administration de ce Prélat, la régularité primitive était revenue dans la maison, on suivait exactement et avec sévérité les ouvrages manuels, les pieux exercices étaient fort soigneusement pratiqués ; on peut en juger par l'exemple suivant 4.

Hugues, chantre de l'Eglise collégiale de Casscl, ami et bienfaiteur de la communauté, venait quelquefois à Clairmarais, il fut touché de la sobriété

* Idem, idem.

1 Gall. Christ., tom. III. — Ilist. m" Clar., 1 pag. 321.

* Idem, idem, pag. 316, lin. 20 et 21.

* Regularit'is primordin stricta, scilicet jejunia, opéra manualia et alia pia ordinis cjrercitamcnta vUjebanl. (Hist. m" Clar., 1 pag. 316, lin. 23 et 24).

des religieux, qui après avoir récité l'office divin et 1225—1257 s'être livré au travail manuel ne prenaient le soir pour toute nourriture que le tiers d'une livre de pain (terliam librœpanis par (cm) ; il pria en conséquence l'Abbé de vouloir bien accepter à titre d'aumône fin cleemosynam) trois livres de revenu annuel à prendre sur 1o mesures de terre, situées à Wormouth ou Zudpeenne,à lacondition, toutefois, que pendant l'été on servirait du beurre sur la table des religieux l, Simon prenant en considération le motif, de celte libéralité et jugeant que dans la circonstance donnée, la règle pouvait sans inconvénient souffrir cette légère modification, céda au vœu exprimé par Hugues; il pensa que pendant les rigueurs du travail de l'été, les cénobites pourraient se permettre de manger un peu de beurre au moyen de la libéralité très suffisante qui venait d'être faite, et prit en conséquence des mesures pour que la volonté du donateur fût exécutée *3. Mù par les mêmes considérations, déjà le prudent économe de la maison avait trouvé le moyen de donner à la communauté chaque semaine, hors le temps du carême, deux fois du fromage et une fois du beurre. Dans le temps de la moisson, chaque religieux recevait deux fois du fromage et deux fois du beurre 3, les choses furent ainsi réglées en 1256 4.

1 Ut ca condilione temporc xslatis butyntm, in refeclione t'« prrtinri mentis npponeretur. (Hist. m" Clar., 1 pag. 317). — Trois livres faisaient a peu près le prix du marc d'argent à cette époque. (Leblanc, pag. 403).

a Hist. m" Clar., 1 pag. 317.

* Idem, idem.

1225—1 257 La même année, Guy, de Herly, au nom du seigneur d'Avcsnes, donnait des lettres portant la vente de trois mesures de terre, faite au monastère, entre les mains de frère Je.vn, l'un des Giungers, de la part de Pierre, surnommé le Chien (dictus canis), et de son fils l.

C'était le moment où une tempête venait de disperser les moines de Claircamp ; à la suite d'une effroyable disette qui leur rendit la vie commune impossible, cescénobites durent être recueillis parles religieux de leur ordre; une partie se réfugia dans le monastère des Dunes, une autre à Longvilliers, une troisième vînt à l'Abbave de Clairmarais; les titres de l'Abbaye relatent avec quelle touchante charité Simon reçut ses frères malheureux 3.

Le mois de janvier de l'année 12 )7, vit éclore une nouvelle donation destinée à améliorer encore la position des religieux, par une nouvelle distribution de vin, pro pitentiis vini, à certains jours de l'année. Avant de recourir à cette dérogation J, Simon, toujours pénétré de ses devoirs, consulte les anciens,

« Idem, idem, pag. 317.

5 Idem, idem. Kos lunivniissimè liospilio suseepisse.... Pag. 318, lin. 6)

1 Anno I Q57 aeee tenir, quidim novit donatione Simoni ftivt't, me n se januario ejus lem mini pro pitanliis vini ronvenlits eroij tndis

certis diebits Vnnoratus Simon pro uecepl<ilione dirl.v donalionis

seniorum eonsiliitm ret{uisivit,rt ijitibiis diebus essel dislribulio vini fucienda indiril....(jtii nulem [itérant seniores itlie nominn sequntur. D. Mjidius prior eounomine Calone, P. lioberlus cellerarius, U. R. P. sub prior, l). Philippus de Sailly et D. Mcolaus Vesliarius. (Ilist. Clar., pag. 318).

sur ce qu'il doit faire et sur les jours où cette distri- 1225—1257 bution devin pourrait avoir lieu; parmi les noms des anciens on trouve le prieur I). Gilles, Calonne, D. Robert, cellerier, D. H. B., sous-prieur, 1). Philippe, de Sailly, etD. NICOLAS, maître du Vestiaire l.

Au mois de mars de la même année, une lettre de Hudolphe, Évêquc des Morins, annonçait à l'Abbé de Clairmarais, que Simon Wasselin, l'un des bienfaiteurs de la communauté, avait choisi sa sépulture dans le champ funèbre du monastère à côté de celle de Marguerite, son épouse : à cvtte fin Wasselin abandonnait une valeur de cent sols parisis à prendre sur deux maisons (duos mansiones), bâties dans le gros bourg fin grosso vicoj, à côté de la fontaine. Cette somme devait également servir à améliorer la nourriture des moines pendant les premiers jours de la moisson 2. Ce même Simon avait déjà remis au mois de mars 1250, entre les mains de l'Abbé de Clairmarais, sept livres paris is pour le soulagement de l'âme de son fils Jean , qui avait été inhumé dans le cimetière des religieux.

Au mois de mai 12o7, le monastère achetait de Lambert, Abbé des Dunes, deux mesures de terre, attenantes à la léproserie de Thérouanne n. En même temps Gertrude, Abbesse de Wœstine, et l'Abbessc de Blandecques, entrèrent en accommodement pour la perception de la dîme de Wardrec-

3 Ilist. m" Clar., tom. I, pag 318.

12-25 — i-257 ques, en présence de Lambert, Abbé des Dunes, et de Simon, Abbé de Clairmarais l.

Mais le temps marchait, Simon touchait au terme de sa pieuse et utile existence, il venait d'informer sa communauté qu'une nouvelle libéralité de cent livres 3 lui avait été faite, pour ajouter un nouvel accroissement aux distributions de vin, de beurre et de fromage pour les jours de fête et surtout pour les jours où, d'après la règle, on devait saigner les religieux, opération qui, selon l'usage, se faisait réguliè- • rement quatre fois l'année.

L'Àbbesse de Blandecques avait une humeur quelque peu querelleuse, disent les titres (quœrulosa) % elle avait suscité biens des embarras parce qu'elle prétendait que les draps et les cuirs à l'usage de sa maison fussent tissés, foulés, préparés (confricari id est broyari), aux dépens du monastère, elle ajoutait même que les chaussures devaient être fournies aux frais des religieux 11 .

L'affaire fut soumise à la décision de l'Abbé de Clairmarais, par l'Abbesse de Blandecques Bëatrix, qui revenue à de meilleurs sentiments, confia volontiers à Simon, à cause de sa haute sagesse, la délicate mission d'être juge et partie. Ce Prélat ne trahit point en cette circontance la confiance qui lui était

1 Jdjlri usmn ordinis fubnnl minuiiones snnyuinis tjwitrr in anno. (Hist. Clar.. pag. 319).

5 Le marc d'argent valait alors 54 sols 7 deniers gros tournois à 11 deniers 12 grains. (Leblanc, pag. 403). — Métrologie des peuples anciens et modernes.

J Ilist. Clar., 1 pag. 319.

accordée, il étudia soigneusement toutes les circons- lllb— tances de la cause; entouré du conseil des anciens, il examina les titres primordiaux, notamment la vente qui avait été faite précédemment sous l'administration de Nicolas, 9e Abbé. Puis après avoir pesé toutes les clauses et conditions du compromis existant entre Blandecques et Clairmarais, il débouta les religieuses de leurs prétentions, moniales a jure sibi injuste arrogato depiilit 1, et leur infligea une amende de 15 livres sterlings, pour le cas où elles refuseraient de se soumettre.

L'acte constatant cette décision porte le sceau de Simon et celui de Bêatkïx, il est à la date du mois de juin 1257 2.

Tels sont les principaux traits de la longue vie de Simon, vie qui fut si fructueuse pour sa communauté et si vertueuse à la fois. Pendant 32 années d'une administration sans reproche, ce Prélat fut appelé à rendre les derniers devoirs à plus de cent de ses confrères 3.

Simon, comme ses prédécesseurs, songea à abandonner à une main plus jeune, plus active, plus vigoureuse, le pénible fardeau de la prélature, afin de se retirer en Dieu et de s'occuper plus assidûment du salut de son âme ; déjà l'âge pesait sur lui, les infirmités l'accablaient, ses forces ne pouvaient plus

' Ilist. Clar., 1 pag. 319.

* Idem, idem.

* Ilist. m" C.lar., 1 pag. 320, lin. 2. — ,1 morte Mauni lot dcfuncti reperiuntur et ultra. (Idem, idem).

- Mi -

1225—1257 suffire à un excès de travail, ntmio labore opprcssus.

La communauté s'émut à l'idée seule de la retraite de celui dont la piété et la charité ardente avait su, au-dedans et au-dehors, se concilier tous les esprits. . . L'odeur de ses vertus et de sa sainteté était répandue au loin : la régularité des religieux de sa maison était tellement appréciée que l'on venait fréquemment se placer sous la paternelle et édifiante conduite de Simon, dont la sollicitude avait placé son Église en tète de celles qui se faisaient remarquer par la plus exacte discipline l.

Malgré les larmes de ses frères, Simon dut persister dans son projet de retraite : pour le mettre à exécution il attendit l'arrivée du visiteur général et déposa sa démission entre ses mains. Il avait alors 32 ans 3 mois et 3 semaines, moins un jour de prélatine (12 des kal. des novembre ou le 21 octobre 12o7). Dès ce jour, le siège abbatial demeura vacant jusqu'au chapitre suivant, et Simon, dès lors, complètement retiré des affaires et des grandeurs humaines, consuma humblement ses derniers jours dans le calme d'une bonne conscience et d'une douce piété. On ne sait au juste combien de temps il survécut à sa démission, ni quelle fut la date précise de sa mort 2. Ce qui est certain, c'est que ce fut le premier Prélat qui reçut sa sépulture au milieu du chapitre en face du siège abbatial.... Sa tombe portait une épitaphe oblongue tracée en lettres gothiques et

1 Mem, idom.

* Quo die et anno obicril irjnoramus. (Ilist. Clar., 1 pag. 320).

placée à la hauteur d'un demi pied, on y lisait : 1225-1257 flic jacet Simon quondam Abbas hujits loci *. On a écrit de ce Prélat :

« Fratribus illustrcm fort fama prœcsse Simoneu

« Certatim lanto, sub patrc quisquo mcrct ;

« Vieillis Claret, longinquis Claret in oris,

« Ac senium misse-, munerc tristo levât ». »

Noms des religieux contemporains de Simon, de Marquette : — Jean, de Squaves. — Robert, de Witernes. — Mathieu, de Peene. — Robert, d'Aire (Aricmis). — Eustache, de Tiennes. — Baudouin, de G on nehem . — Ar n ou ld , d e M on treu i 1 ( de Mous trolio) .

— Willelme, d'Hucquebourcq. — Thomas, d'Aire (Ariensn). — Eustache, de Rebreuves. — Eustache, de Serques. — Nicolas, de Rolencourt (Rolceortj. — Florent, de Aspres. — Jacques, de Boghesem. — Robert, son frère. — Gerulphe, de Gand.

— Godefroid, de Gand (Gandavcnsis). — Godefroid, de Beaufort (de Bello FortiJ. — Jean, de Renescure. — Jean, de Bours. — Raynald, d'Abbeville (Abbatis Yilld).— Jean, des Pêcheries (de Phcatoris curid). — Jean, de Lille (Insulensh). — Walter, de Lille (ïnsulensis). — Pierre, «VEstaîrc.

« Aille mie, h Abbaiis, mm epitaphio oblongo ad allitudinem dimidie pedis litlrris tjolhids scriplo. (Ilist. m" r.|nr., 1 pag. 320. - Ex M" ordin>trio; suecessit Simon Abbas post i menses et duos <V|U idibus julii iste Simon virililer tenait Abtatiam per 3'J annos. 1res menses et 3 heddomndes uno die minus cessit autem 12 hal. !r'" mi sxibstitutus est in craslino Abbas Robert us II vedelkcl hal. (Idora, pag. 31*2).

' Idem, idem.

1225-1257 —Simon, d'Arras (Âlrebas). —Jacques, d'Arras.— Ado, de Douai (Duacenus). — Baudouin, de Mardick. — Guillaume, d'Aire (Aricmk). — Herbert, deScalIon. — Rictus Cauve. — Hugues, de Scallon. — Gilles, de Nue. — Menso, de Saint-Bernard (de loco S1'1 Bernardi).—- Gilbert, de Bours.— Hugues, de Bomy. — Philippe, chevalier (miles)1. — Pierre, de Béthune (Bethunicmis). — Pierre, d'Oignies. — Arnould, de Béthune. — Pierre, de Béthune ?.

• Voici comment s'cxprimo Du Cange au mot Miles, que nous rencontrons bien souvent.

Miles apud seriplores in ferions seUdis^ is polissimum dicilur qui militari cingulo accinclus est : quàm vulgo chevalier appellamus. 'Gloss. Latino Gull. Senger). — Fulchcrius CarnoU usis. lib. 2. — Ilisl. Ilieros. — Cap. 31 ut c.rleros omittam.

Du Cange. tom. IV, in-P col. 731, lin. 63. — Exemplaire aux armes de l'Abbaye de Saint-Marlin-aux Champs, ordre de Cluny.

1 Ilist. m" Clar. a Bcrtino de Vissery, png. 322. — On trouve à la suite de la série ci-dessus, la note suivante: — « Adam, quondam H. 1). Ahbas 12 Clarisvampi de quo in série Abbalum Clariseampi sequentia leijunlur : 12 ahbas Adamus, ob bella cessit.obiit in ('laromarisro, ejusdem monaslerii quondam religiostis. » Jongelinus. (Ilist. Clar., 1 pag. 322).

LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS

ROBERT, DE BÉTHUNE, Ue Abbé. a*™»: 1257

SOMMAIRE

Ancienne imago de Robert, de Bélhune. — Son origine. — Nom cl extraction de cet Abbé. — Ses parents. — 11 est séduit par les vertus des moines de Clairmarais. — 11 entre au monastère, prend l'habit de la main de Simon, il est nommé cellcrier avec charge de la distribution du vin (11*56). — Robert est toujours désigné sous le nom de Bétuine, pour le distinguer des autres religieux du même nom. — Son mérite est apprécié. — Il est proposé pour la prélaturo la veille même de la retraite de Simon (1257). — A peine nommé, Robert suit l'exemple de son pieux prédécesseur. — Il maintient et augmente la discipline religieuse.

— La réputation du monastère se maintient. — Robert attire à lui toutes les notabilités et augmente ainsi les biens et les privilèges (1258). — Libéralités de la famille de Renescuro avec laquelle il existait de bonnes relations (1258). — Gilles, de Renescure, donne 20 sols do rente au monastère, ce qui est ratifié par Béatrix et Eustache, son épouse et son fils (1258).

— Pierre, de Renescure, chevalier, et Gilles, font une nouvcllo donation d'une rasière de blé à distribuer aux pauvres, à la porte

\ "257 — du monastère, après leur décès. — Cette redevance «Mail déjà perduo au XVIIIe siècle. — Le curé de Rcncscure annonce que cette rasière de blé sera prélevée sur 3 mesures de terre situées près de l'église (1258). — Guillaume, de Peene, chevalier, constitue une rente de 100 sols parisis (1259). — Autre rente de 35 sols, donnée par Baudouin, de Saint-Omer. — Bulle d'exemption des dîmes sur les animaux servant à la nourriture des moines.

— Confirmation de privilèges (1260). — Lettres accordant la jouissance des eaux de la rivière pour la censé de Henné. — (1260). .'Eli a , dame de La Tour, ratifie la vente de 46 mesures de terre, en présence de l'official de Thérouanno.— (1260). Lettres do mise en possession de ces terres, de la part de la Comtesse Marguerite, sauf la réserve de 12 deniers et de la haute et basse justice. — (1261). Ratification des acquisitions faites par Robert dans la commune do l'Étrehcm. — (1261). Lettres patentes de transmission à Jean de Dampetra. — Geoffroi Normand, commissaire de l'offidalité de Thérouanne, annonce que Béatrix Mabile et sa sœur Elisabeth, ont donné tous leurs biens au monastère pour avoir droit aux prières. — (1262). Réception d'une rente d'uno rasière de blé, mesure de Bredcnardc. — (1263). Robert, achète 118 mesures de terre, à Nedonchel.— Ratification de cette vente.

— Donation de 3 mesures à Brokesèele, de la part Jean Oukey, frère novice de Clairmarais. — (1263). Alix et son fils, donnent une demie mesure de terre à Leulinghem et reconnaissent une demie mesuro cédée par leurs devanciers. — Drogon, de Ilerli, novice, donne 60 livres parisis sur le bois de Carnoie. — (1264). Renonciation du Châtelain de Bourbourg sur le marais do Niverlet et don de 40 sols pour le vin, les hosties et le luminaire de l'église.

— (1265). L'Abbé applique un revenu de 100 sols, donné par le curé de Sainte-Aldegondc, à la nourriture des moines. — Mémo application a pareille somme donnée par Chrétienne de Fleur Camps, de Douai. — Ratification de l'exemption sur les 118 mesures achetées à Nédonchel. — Transaction avec Gilles de Spagnieul, de Blandecques. — (1265). Gilbert, l'Abbé d'ÛR, le 49* Abbé de Saint-Bertin, imitant Jacques, de Furnes, se retire à Clairmarais. — Robert, de Béthune, imite cet exemple d'abnégation, il se retire à son tour, après 8 années d'une avantageuse administration. — Robert vit dans la retraite, se livrant aux pieux

exercices, il écrit des ouvrages. — Vacance du siège. — M anus- 1257 — 1266 crit original do Robert, de Béthune, à la bibliothèque de Saint- Oraer. — Incertitude sur l'époque de la mort de Robert.— Sa sépulture.— Son épitapbe.— Son éloge. — Religieux contemporains.

L'image de Robert, de Béthune, que nous reproduisons ici, toute grossière quelle est, est la première, la plus ancienne et même la seule que nous trouvons dans les manuscrits. Nous l'avons rencontrée dans le livre de Bcrtin de Vissery \ qui lavait lui-même puisée dans un ouvrage attribué à Robert, de Béthune, lequel est intitulé : Magister Richardus de St0 Laurent io de charitate et aliis virtutibus 2 Dampetrœus.

Robert, à qui le nom de Dampetra, semblerait convenir mieux, parce qu'il nous est indiqué dans le superbe manuscrit original dont nous venons de parler, livre écrit par Robert lui-même, et sur lequel d'un côté on lit ces mots autographes: Robertus, Abbas de Claromarisco, et de l'autre : Soror mea de Dampetra, était le frère germain de Marie Dampetra, née comme lui de Guy Dampetra et de Mathilde, de Béthune 3, son épouse \

Robekt, oubliant dans un âge jeune encore les

1 Pag. 323, tom. I.

5 Cet ouvrage manuscrit se trouve inscrit sous le n° 174, à la bibliothèque de Saint-Omer, où nous en avons pris communication. - Robert y est représenté offrant son livre à la Sainte-Vierge, sur fond d'or, il est parfaitement conservé — Voir les planches.

» Ilisi. m" Clar., tom. I, pag. 324, lin. 1 à 7.

4 Ifist. m" Clar., 1 pag. 324. — Le P. Malbrancq fournit des notions assez détaillées sur la famille do Héthune et sur le surnom attribué à Robert. — (Voyez pag. 580).

■1257—1266 vanités du monde, fut l'un de ces riches seigneurs que captivèrent les vertus des solitaires de Clairmarais. Il reçut l'habit des mains de Simon; peu après, en 1256, on lui confia la charge de cellerier et celle de distributeur du vin !.

Robert, de Béthune, c'est sous ce nom {celui de sa mère) qu'il est toujours désigné pour ne pas le confondre avec les autres moines de ce nom, Robert était un homme sage, doué d'une grande prudence 3, appréciée de tous ; la veille de la retraite de Simon, c'est-à-dire le 13° jour des calendes de novembre de l'année 1257, il fut désigné par l'Abbé lui-même, en présence de la communauté réunie et du vicairegénéral de l'ordre, pour occuper le fauteuil abbatial. A peine en fonctions, le nouvel élu se hâta de suivre l'exemple de son prédécesseur, il donna tous ses soins, non-seulement à maintenir, mais à accroître la discipline religieuse, il y réussit si bien que, sous sa prélature, la réputation de Clairmarais conserva tout son éclat de sainteté 3.

Robert, attira à lui les notabilités, les attacha à sa maison, il augmenta largement les biens tem-

1 Quid qmd sit de ejus cognomento et rei simili. (Hist. m" Clar., 1 pag. 324). — Yidetur que Iiobertum istum a munere cellerarii funclum fuisse sub prxdiclo Abbale ann. I2ô0y ubi renuntialur in coiicilio senio)'um,adhibdoà Simone pro dislributione vini faciendû. (Hist. m" Clar., pag. 324).

* Prudentid et probitate plenus. (Idem, idem).

■ Ab ipso Simone et unicerso caiu, in presenliri vicarii generalis

ordinis eleclus est hujus loci Abbas Simonem pradecessorem est

imita tus.... disciplina praslitil,viguil, et floruit.... fama Claromarisei eadem permnnsil. (Pag. 324, lin. 20 et seq).

porels, accrut les privilèges 1, et remit plusieurs libé- 1257— 12GG ralités en argent, de la part de Mahaut, Comtesse de Flandre (1258; .

Depuis longtemps le monastère de Clairinarais avait de bonnes relations avec la famille de Ren escure ; le nouvel Abbé favorisa et étendit ces relations au point que les membres de cette noble maison s'empressaient toujours de lui donner quelque nouvelle preuve de bienveillance 2.

En 1238, Gilles, de Renescure, fils de Philippe, et homme d'EusTACHE (homo), du consentement de Matiiilde, sa femme, et de Simon, fils de Jean, surnommé Dasmnda, héritier de Gilles et de Matiiilde, donna et vendit au monastère (dédit et vendidit) 20 sols de revenu annuel pour la somme de 10 livres parisis, ce qui fut ratifié par Eustache, avec l'adhésion de Beatrix et de son fils 3.

Au mois de juillet de la même année, maître Alain de Mellento, Magister Alanus, chanoine et officiai du diocèse des Morins, communiqua des lettres par lesquelles Pierre, seigneur de Renescure, chevalier (miles), et Gilles, fils de Philippe, seigneur du même lieu, constituaient une rasière de blé pour être distribuée aux pauvres, à la porte du monastère,

1 Inventaire de Godefroi, n* 942.

8 Yideamus Quomodo.... amieitiam jamdudum inter nos et familiam Heneseuriam initam Robertus . . . . Maxime fovit.... Inde nova Renevolenlix signa conatus est ostendere. (Hist. m" Clar., tom. I, pag. 325, lin. 5, 6, 7 et 8).

* llist. m" a Bert. Vissery. — Le prix du marc d'argent était alors de 54 sols 7 deniers. — (Leblanc, pag. 403).

1257— I2(»G à la mort du premier d'entre eux et de eelle de Maua, son épouse. Cette aumône était imputable sur deux mesures de terre affermées à Jean» surnommé Des Champs (de Campo, dictus) l.

Cette rente n'existait plus au XVIIIe siècle, ainsi qu'on peut en juger par cette annotation marginale de Bertin de Visserv : Amissa donatio '2.

Le même mois, le curé de Renescure, paslor Renescurianus, au nom des donateurs, annonçait au monastère, cette libéralité d'une rasière de blé, qui devait être consignée entre les mains du frère portier, et prélevée sur trois mesures de terre, situées entre la demeure des donateurs et l'église de Renescure 3 .'1238' .

Au mois de mars 1239 \ Robert reçoit de Guillaume, de Peene, chevalier, cent sols parisis de rente annuelle à prendre sur 8 mesures, situées à Craevic (sic).

Au mois de juillet suivant, Baudouin, de Saint- Orner, chevalier, constituait une autre redevance de 35 sols pour la délivrance de l'âme de son épouse, dont les dépouilles mortelles reposaient dans le

1 Lo setier (Je blé à cette époque valait à Paris 5 sols 4 deniers tournois. — Mudiitm frmnrnti valet 04 s. Turonenses, Dupré do Saint-Maur, pag. 4 des variations dans les prix, in-4°.

* llist. m" Clar.. tom. 1, pag. 325 et 326.

3 Xottun fneit quod suprd memortiti Henescurinni , donntionem suprndietam respirèrent in manu porlarii, et insuper teslificedur eos ordi/i'tsse enmdrm roseriani hindi emn cliycndam super tôt mensuras jneentes in! ni rorum rfamum et erelesiam Heneseuriiinam. (Hist. m» Clar., 1 pag. 326, lin. 2 a 8).

* Le prix du marc d'argent était de 54 sols 7 deniers. — (Leblanc. Métrologie, d'après de Saint-Maur),

cloître de Clairmarais.... Cette rente était imputable 1257-12GG sur des terres de la commune àyOu-Til l.

La même année encore, Robert obtenait du Souverain-Pontife une bulle spéciale d'exemption de tout payement de dîme, sur les animaux élevés dans les propriétés du monastère, pour l'usage des religieux. En même temps, une autre bulle confirmait toutes les exemptions de ce genre précédemment accordées.

Au mois d'avril 1260, l'Abbé de Clairmarais recevait de Marguerite, Comtesse de Flandre et du Hainaut, sa parente [consanguincd], des lettres par lesquelles Baudouin, ancien marécbal de Flandre [Flandriœ Marescaliusl, devait abandonner la jouissance des eaux de la rivière à la censé de Henné 2.

Au mois de septembre de la même année, la veille de la fête de la Sainte-Vierge, Elia , femme du seigneur de La Tour {de Turri), ratifia la vente faite par son mari, de 45 mesures de terre, situées à Nortpeenne, auprès du marais des dames de Wœstine. Cet acte fut passé en présence de Thëobald, officiai de Tliérouanne 3.

1 In pago de Til-Outil, ou Lynde, village de Flandre dans l'arrondissement d'IIazebrouck. — Ce lieu tirerait, dit-on, son nom d'un gros tilleul (TU) qu'on y remarquait et sous lequel on s'assemblait.

' Hist. mM Clar., tom. 1. pag. 326, lin. 23 et seq.

Nous avons eu déjà occasion de faire remarquer dans rénumération des granges de Clairmarais, que la grange de Henné, située dans les environs de Cappcl-lirouck, sur la rive gauche de la Kolno, manquait d'eau douce, et qu'en 1251, Guillaume, de Baillcul, chevalier et bailli de Flandre, y avait remédié en ordonnant d'y amener les eaux do la banlieue de Bourbourg, vers l'Henné [Enesle), par le canal qui tourne au-dessus de Lincque.

3 Hist. m" Clar., 1 pag. 327, lin. 1 ad 5.

« 1260, il est mentionné que la Comtesse de Flandre a approuvé

1257— 1206 En même temps, Marguerite, de Flandre et du Hainaut, accordait à Gérard, de Castre de Caestrcn), des lettres de mise en possession des terres faisant l'objet de cette vente, saufla retenue de 12 deniers, avec réserve du droit de haute et basse justice en faveur de la Comtesse.

Au mois d'avril de Tannée suivante 1261 , Walter, de l'Étrehem [de Strehem), et Agnès, sa femme, donnaient également à Robert des lettres de renonciation de leurs droits sur les maisons qu'ils avaient acheté à Leulingliem. ratifiant ainsi, en même temps, toutes les acquisitions faites dans cette paroisse au nom de la communauté l,

A cette époque aussi, d'après Dom. Guislain-Campion, la Comtesse Marguerite accordait des lettres patentes de transmission à Jean de Dampetra ; et au mois d'avril suivant, le 6e jour après Quasi modo, Geoffroi Normand (Gunfridus Normanus), commissaire de l'official des Morins, le siège vacant, annonçait que Béatrix Mabile et Elisabeth, sa sœur, filles de Guillaume Vède, de Baillcul, et de Marguerite, sa femme prédécédée, avaient donné à l'Abbaye en aumône perpétuelle tous leurs biens,

« Invente nue Michel dr Turiu, avait faite à l'Abbaye de Clairma- « rais do 45 mesures de terre fief, et quelle à commis son bailli « de Casscl. pour en investir cette Abbaye, à charge de deux deniers « de cens annuel, monnaie de Flandre. » — Inventaire de Godefroi, n° 980,

1 Ilist. m" Clar., a Bertino de Vissery, tom. I, pag. 327.

Le prix du marc d'argent était de 5*1 sols 7 deniers gros tournois à 9 den. 12 grains 58 au marc. — (Leblanc, pag. 403), Duprc do Saint-Maur, métrologie.

meubles et immeubles pour avoir part 1 aux prières 1257— «66 et recevoir la sépulture religieuse dans l'enceinte du monastère.

En 1262, Robert recevait du seigneur de Neuvy (de Novo JYco), chevalier, la rente d'une rasière de blé, d'après la mesure de Bredenarde s.

Au mois de mai 1263, il achetait au prix de 690 livres 6 sols 6 deniers, 118 mesures de terre, sises à Nédonchel et dépendantes de dame/EunE,deThiembronne. Cette vente à laquelle Jean, de Nédonchel, ainsi que le seigneur de Beuvry, et Mariote, de Beuvry, sa femme, furent contraints par nécessité [neccssitate compuhi), reçut la ratification dVEuDE, de Thiembronne, peu après l'acte de vente 3.

Presque en même temps, l'Abbé acquérait également 3 mesures de terre à Brokeseelle, par suite de la donation qui en fut faite à sa maison, par Jean Ocker, de cette paroisse, lequel ainsi qu'il constc par les lettres de l'official de Thérouanne, était convers de Clairmarais. Nous voyons également dans les lettres de l'ofïicialité que pendant la vacance du siège, Alix et son fils, donnèrent au monastère pour l'usage de l'église une demie mesure de terre, sise à Leulinghem, auprès de la carrière, et qu'ils reconnurent en même temps une demie mesure cédée

1 Idem, idem, pag. 327, lin. 19 à 27. 5 Ilist. m»' Clar., 1 pag. 328, lin. 1 et 2. 3 Idem, idem, idem, lin. 3 à 8.

Le prix du marc d'argent était alors de 54 sols 7 deniers. — (Voyez Leblanc, histoire des monnaies do France, pag. 403).

1257 — 12G6 par leurs prédécesseurs. Cet acte eut lieu la 6° férié après l'Octave de Saint-Martin-d'Été.

Le même officiai désigné sous le nom de de Gave [de Gavio), le siège vacant, déclare encore que Drogon, de Herli, clerc et novice de Clairmarais, a donné à Robert, du consentement de son frère Wiart, 60 livres parisis à prendre sur le bois de Carnoie. (La 2e férié après la Nativité de Saint-Jean-Baptiste !.

Au mois de février 1264, Jean, prévôt de Watten, écrivait à l'Abbé de Clairmarais qu'il avait vu des lettres par lesquelles Henri, châtelain de Bourbourg, renonçait en faveur du monastère, au droit qui lui avait été concédé dans les mains de Guillaume, 2e Abbé, sur le marais de Nieurlel, et qu'en outre de cette renonciation il faisait don de 40 sols, destinés à l'entretien du vin, des hosties et des lumières de l'église 2.

Là 5e fête après Pâques de l'année 1265, Robert dont la sage prévoyance s'avait s'appliquer à tout, décida qu'un revenu annuel de cent sols qui avaient été légués par Guillaume, curé de Sainte-Aldegonde, serait exclusivement et perpétuellement appliqué à la nourriture des moines 3. Au mois de novembre il ht la même imputation à une autre somme pareille,

1 Ilist. m" Clar , loin. I, pag. 328.— Nrmus cui nomen Vnrnoie. Le marc d'argent valait alors 54 sols 7 deniers. — (Leblanc). * Idem, idem, pag. 329.

■ Ilist. m" Clar., 1 pag. 329.

La charte poitant cette décision est rappelée par Berlin de Vissery, pag. 331. — Voyez les pièces justiticatives où nous l'a donnons en entier, pag.

donnée par Chrétien de Fleur Cami» Floris Campi , 1-2C.7- -1-20G de Douai l,

La même année au mois de décembre, Robert, Comte de Boulogne, à la demande de l'Abbé, ratifiait l'acquisition de 118 mesures de terre, faite à Jean, de Nedonchel, acquisition dont nous avons parlé plus haut 2.

Peuaprès, Dom. Philippe, procureur de la maison, avec l'autorisation de l'Abbé, transigeait sur une contestation avec Gilles de Simgnieul, de Blandecques, {5e férié après la fête de Saint-Luc 3.

C'est le moment où Gilbert, 59e Abbé de Saint- Bertin, surnommé l'Abbé d'ÛR, déjà avancé en âge et fatigué du fardeau de la prélature, imitant l'exemple de Jacques, de Fûmes, vint chercher le repos en qualité de simple cénobite dans la solitude de Clairmarais, en se plaçant sous l'obéissance de Robert, de Bélhune Cette abnégation dont nous avons eu occasion de parler ailleurs en détail, sembla faire impression sur l'esprit de Robert qui, sentant à son tour le poids des fonctions abbatiales, ne tarda pas à les abdiquer également et à rentrer dans la vie privée.... Ce Prélat se retira le 3P jour des calendes de juillet, dkjnitati suœ cessit 5, après avoir administré

1 Idem, idem. — Ondivivil ul souper impnutcrrnlur. 5 Idem, idem. pag. 329. lin. 16, 17 et 18. J Ilist. m» Clar., 1 pag. 329, lin. 19 à 21.

* Hist. m" Clar., 1 pag. 329. — Voyez dans notre biographie dr Saint-Bertin les détails donnes sur Gilbert, l'Abbé d'On, et sur Jacques, de Fumes. — Tom. I, in-8°, pag. 277 à 288.

5 Hist. m" Clar., à Bertin de Vissery.

1-257— 1-200 la communauté au gré de tous, pendant l'espace de 8 ans, 8 mois et 8 jours.

Rendu, dès lors, à la retraite, Robert se renferma exclusivement dans la pratique des saints exercices, partageant le reste de son temps entre les services qu'il ne cessa de rendre à ses frères I et ia composition de divers manuscrits : Seriptioni Librorum incumbens.... Tum eonfralrum Milita ti operam dédit.... l.

Le fauteuil abbatial demeura vacant d'un chapitre à l'autre : Vacavit à capitulo ad capitulum ~. — On voyait jadis dans la bibliothèque de Clairmarais et l'on voit aujourd'hui dans celle de la ville de Saint- Omer, nous l'avons dit, un beau manuscrit original de Robert, de Béthune ; ce livre porte le titre suivant : llichardus liothomagcnsis de charitate et cœten's virtutibus 3. Il contient un portrait de l'auteur, nous en avons fait prendre un calque que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs 4.

On ignore les années de la vie de Robert ainsi que le jour de sa mort 5 ; mais on a quelques raisons de croire qu'il reçut la sépulture dans la partie du cloître

1 Ilist. m" Clar., 1 pag. 330, lin. ô, 6 et 7. 9 Idem, idem, idem.

3 Ilist. m" Clar., a Beilino de Yissery, tum. I, pag 330, lin. 8. 9 et 10 — Voir le volume à la bibliothèque de Saint Orner, n" 171, ancien catalogue.

* M" original. — Nous avons donné ce portrait tom. I. plancli. xiu.

3 Annoi vit.r Hohrrli, iliem <l anniim obtins ejus ignonnnus

c.iïslimo illum fuisse srpuliitm in parle claustri judlà c/pil nlion . — (Bei t. de Yissery, 1 pag. 330).

attenante au chapitre *. On a pu retrouver un frag- 1207—1200 ment de son épitaphe qui était assez semblable à celle de Simon, son prédécesseur, elle était inscrite sur une pierre oblongue et assez étroite. Au XVIIe siècle on y lisait encore facilement ces mots tracés en bonne écriture :

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