‹ L'abbaye de Clairmarais d'après ses archivesChapitre 5 sur 43 · OMI · texte numérisé non relu

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Dominus Abbas.

L'éloge de Hobert, de Bétbune, se trouve consigné dans le quatrain suivant :

« A decimo, quartus, tutatur, Ovilc Hobkrtls

« Pascit, commisses, alter ut agnus Oves.

« Vix nonis, vcrum Tcllus florebat aristis,

« Spernit, et interna; pacis amore pedum. »

Du temps de ce Prélat, on comptait au monastère de Clairmarais les 36 religieux dont suivent les noms:

JoAN'NES DE FRETIN. — JOANNES ALIUS DE FRETIN. — WlLLELMUS DE EhSCEC \ — WlLLELMUS, de Walloil-

Cappcl. — :Egidils de Ascons. — Ualduinus de Eka ^Ecques . — Jacobus de Lines. — Joannks de Santés. — .Egidius Valencenensis. — Hai.duinus

1 llist. m" Clar., à Bertin de Vissery.

2 Elscec est aujourd'hui le village do Nordausques, canton d Ardres, arrondissement do Suint Orner.

1257—1200 VaLENCENUS. — JOANNES GLORE. — PETRIS DE Mo.N- CHY. — PETRUS DE CUNCHY. — JOANNES DE ÛUDONIS

(Houdain . — Joannes de Sto Paulo. — Philippus de Sarcus. — Simon de Gardo. — .Egidius Cortracensis. — Joannes de St0 Paulo. — Jacobusde Feneug.

— Thomas de Aneulin. — Thomas de Suces. — Balduinus de Ghisnes (Guisnensis) . — .Egidius de Courp.

— Gonterus, frater ejus. — Joannes Neoportanus.

— Joannes Xamurcensis. — Gerardus Bergensis.

— BeNERUS BlARI. — NlCOLAUS DE BoDINGHEM ,

quondam proeurator. — Jacobus de Brulio. — Joannes Duacenus. — F. Joannes Ouker, conversus ex Brokeseele. — I). Theoraldus de Beninghes, surnommé Pil, qui mourut en 1277, après avoir donné ses biens à la communauté. — Ajoutons y Gilbert, l'Abbé d'On, qui nous l'avons dit. abdiqua la crosse abbatiale pour se retirer à Clairmarais et vivre comme le plus simple des cénobites l.

« llist. m» Clur., 1 pag. 332.

LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS

AKNOULD, DE VILLEKS, loc Aube. w,„™uim

Arnould, do Villers, moine de Loos est élu. — Sa réputation l'avait devancé. — Il justifie toutes les espérances qu'il avait fuit concevoir. — Se3 qualités. — Arnolld captive les sympathies générales, il obtient l'amitié des Châtelains de Saint-Omer, etc.— (1266). Baudouin, de Reningbcs, donne 100 sols parisis pour la nourriture des moines. — Conciliation au sujet do doux maisons situées à Watten, avec Thomas, de Fromente!. — Acquisition d'une rente, à Broukerque, pour les pauvres de la porte, vente faite par Maba, veuve Baillet, et ses enfants. — (Août 1267). Alix, de Flestres, donne à l'Abbaye 5 mesures de terre à W'est- Flestres, à condition de trois anniversaires dans l'église de Clairmarais. — Application et date de ces anniversaires. — Consti tution dune rente de 20 sols de la part de Philippe, seigneur de Quienville. — Sépulture de Catherine Wolvbric, veuve Lambert, l'un des bienfaiteurs, dans le cloître du monastère.— Jean, de Douai, et Mathilde, sa femme, donnent tous leurs biens à charge de prières. — (1268). Ratification par la Comtesse de Flandre, de la dlme West- Flestres. — Robert, Comte d'Artois, concède à l'Abbé et à son monastère, une place vide appelée la

lUmmm : 128 2

SOMMAIRE

1200 — Ï ÏSï Motte de la \\'urennc, 'iï Saint-Omer, et attenante au refuge (Hesdin, juillet 1268). — Condition imposée à cette donation. — (1269). L'Abbé paye 300 livres pour les wattringues de Stromtliet, il reroit une rento de 3 rasières de blé de Guillaume, de Wiskc. — Mort et inhumation de l'Abbé d'On (1269).— Confirmation des lettres accordées à Clairmarais, en 1176. par Robeut, d'Artois. — Exemptions concernant les eaux des viviers, grilles, martellières, etc. — (1270). Règlement du droit de pèche entre la ville et l'Abbaye.— Distribution de vin le jour de l'anniversaire d'.Uix, des Flestres, dame do >YestOut, 60 sols. — 40 sols légués au monastère par Beatrix, aïeule du Comte, seront prélevés sur le marché d'Audruick. — Jean, de Nédonchcl, s'engage à rembourser à l'Abbé, 120 livres qu'il lui avait prêté en bonne monnaie (1271). — Avril 1271. Vente. — Août 1272. — Septembre 1272. Ratification de diverses donations entre les mains de l'Abbé. — (1273 . Ratifications et donations obtenues par l'Abbé. — (1274 ;. Testament de IIele llela , le Caudrclicr de Lille. — Ses dispositions avantageuses à la communauté. — (1276). — Donations et ratifications diverses. — L'Abbé achète une rente de 9 livres au prix do 100 livres avec garantie sur uno maison, sise dans la ville de Thérouanne. — (1277). Nouvelle preuve de l'esprit conciliateur d Arnould. — Contestation soulevée au sujet do la donation faite par Théooald Pil, do Reninghcs. — Transaction proposée au nom de la communauté par Jean, de Fontaine, prêtre et procureur do l'Abbaye. — Buissart, répond en demandant la remise d'une charte du Châtelain de Saint-Omer. — Donation de 70 livres p.irisis par Jean, d'Assonvallo, et Marie, son épouse. — (1278). Walter, do Reninghes, donne 100 sols pari sis pour la fondation de son anniversaire. — Ratification par Guillaume, Châtelain do Saint-Omer. — Donation de 10 livres de rente, à Staplc, par Jean Rrouck. — Lettres par lesquelles Je.\n, de Dampierre, vend à l'Abbaye les rentes qu'il avait sur 95 mesures do terre, à Bailleul. — Garantie pour cette vente. — Confirmation de la donation faite par Réatrix, de 5 mesures à Bailleul (1279). — Décision sur une contestation relative au droit de pèche. — Fondation de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, par Simon Lawart. — (1282). Confirmation des piivilèges et donation par Philippe, Roi de

France. — Idem, par les Souverains-Pontifes. — Arnould, songe 1*2G6 — 1 582 » à se retirer. — Il se démet le 30 mai 1282.— Son éloge en vers. — Moines contemporains. — Ses armoiries.

Arnould, tle Villers, moine de l'Abbaye de Loos, près de Lille, fut élevé à la prélalure le lendemain de la démission de Robert, de Béthune ', sa promotion reçut l'approbation de tous les religieux de Clairmarais. Dom. Charles Martel, rapporte que sa haute réputation l'avait fait désirer de tous 9, ce qui rend moins surprenante son éleetion en son absence3, mais le nouvel Abbé, d'ailleurs, ne tarda pas à justifier toutes les espérances qu'il avait fait concevoir, s'il faut en juger par ce que les chroniqueurs nous rapportent de lui ; ami de la paix, père plein de sollicitude, de discrétion, d'habileté, d'expérience et de sagesse, pasteur zélé pour la maison de Dieu comme pour les affaires qui lui étaient confiées, tel est le portait qu'on nous fait de lui *.

Dès son entrée en fonctions, Arnould sut captiver les esprits et s'attirer les sympathies générales, pour lui comme pour sa maison \ au point que son administration ne tarda pas à devenir fructueuse. Nous

1 fd est ,T ealendas julii anno IQGG.

2 Quod loci ejus fuma, ni omnes in superiorem haberent desideritim. (Ilist. m" Clar., 1 pag. 347, lin. 6).

3 Unde non mirum, si absent è nostris eleclus fueril. (Idem, pag. 346;.

* Pacificum virum se pr.rbuil, sollicilum pnlrem, discretum, ex-

perlem Zelans que domus dei (Bertin de Vissery, tom. I,

pag. 347;.

5 Multorum in se, suit m que monasterium animas devinjil, unde rem familinrem non modier au.rit. (Idem, idem).

Y2iiG-i-28-2 trouvons dans les archives les améliorations successives qu'il procura à son monastère. Grâces aux soins incessants de l'Abbé, chaque jour amène son œuvre. Un des premiers soins d'ÀRXOULD, fut de s'assurer de l'amitié des Châtelains de Saint-Omer, et de Rcninghes, c'était la même famille 1 qui, depuis la fondation du monastère, avait constamment favorisé la communauté de tout son pouvoir a, et dont le zèle et la piété au lieu de s'attiédir, se ranimaient au contraire davantage. Ainsi nous voyons, d'abord, d'après une charte de l'official de Thérouannc, Baudouin, de Reninghes, clerc, fils de la noble Châtelaine de Saint-Omer, donner à Clairmarais 100 sols parisis à prendre sur 25 mesures de terre féodale, sises à Morbecke, pour être appliquées du consentement des seigneurs et de leurs héritiers à la nourriture des religieux (septembre 12661.

Bientôt après, Arnould termine heureusement une contestation intentée par Thomas, de Fromentel, qui réclamait deux maisons, situées à Watten, et sur lesquelles il prétendait avoir des droits auxquels il fut amené à renoncer 3.

Au mois de novembre de la même année, l'Abbé de Clairmarais, acheta à prix d'argent, une rente

1 Imprimis.... dr rebus sui monasterii sollicilus, amicitiam cum Castellanis Audomnrensibm Hcninfjhanis ilarjue est endem familia. (Pag. 348).

1 Quantum potuit, fovit, firmavit, omni que studio prosecutusest... (Pag. 348). — La valeur du marc d argent était alors de 54 sols 7 deniers. (Leblanc).

1 Idem, idem. — Ces maisons furent un peu plus tard perdues pour l'Abbaye, Amissn donatio . Idem, idem.

destinée à secourir les pauvres qui frappaient à la i2r,c>— 128-2 porte de son monastère ; cette rente de cent sols, de sous annuels/?am/s, fut désemparée par Maba, veuve de Michel Baillet, et ses enfants, ainsi qu'une lettre du curé de Broukerque en fait foi; elle était à prendre sur deux mesures de terre, sises a l'orient du cimetière de l'église de cette paroisse

Au mois d'août 1267, Alix, de Flestres, dame de Westout, dévouée à la communauté, donne du consentement de son fils aîné, Lambert, de Fléchin, cinq mesures de terre 2, situées au West-Flestres, à la condition que dans l'église du monastère on célébrerait à perpétuité, chaque année, trois services anniversaires, le premier, le jour de Saint-Callixte le 10 octobre, pour le repos de l'âme de Rodolphe, son père, d'ÉLiSENDE, sa mère, et de Lambekin, son frère ; le second, le jour de la fête de Saint-Lambert, pour l'âme du mari de la donatrice, le premier baron de Fléchin, pour celle du deuxième baron Guillaume, d'Ouhente, et pour celle encore de Jean, de Rcninghes, troisième baron ; le troisième anniversaire devait avoir lieu pour Alix et ses enfants, trois jours avant la fête de Saint-Nicolas 8.

La même année, Philippe, d'Ypres, fdynasta seu dominus), seigneur de Quienville, constituait sur sa terre de Quienville, une rente de 20 sols au nom de son père, Philippe.

1 Ilist. m" Clar.. 1 pag. 349. — Le chroniqueur du XVII' siècle ajoute également à la suite de ces détails : Amissis reddililrus.

* On sait que la mesure locale est de 35 ares 46 centiares.

• Hist. Clar., ] pag. 349.

\m— 1-28-2 Un peu auparavant, le 3 janvier 1267, Arnould, avait donné la sépulture dans la partie occidentale du cloître de Clairmarais, à Catherine Wolyeric \ veuve de Lambert, l'un des bienfaiteurs de la maison et dont, d'après certains chroniqueurs, on voit le nom parmi les seconds Mayeurs de Saint-Omer.

Quelques mois après, au mois de septembre, l'Abbé recevait avis de l'olFicial de Thérouanne, que Jean, de Douai, et Mathilde, son épouse, de la paroisse de Febvin , venaient d'abandonner tous leurs biens, meubles et immeubles pour participer aux prières de la communauté ~.

L'année suivant, 1268, après reçu de Marguerite, de Flandre, et de Guy, son fils, la ratification de la dime de West-Flestres qui avait été donnée au monastère par Jean, de Rcninghes, chevalier (milite), et Mathilde, sa femme, en 1263, pour le salut de lame de leur père, l'Abbé de Clairmarais, dont le zèle toujours grandissant songeait à tout ce qui pouvait profiter à sa communauté, réclamait et obtenait du Comte d'Artois, un terrain considérable dans la ville de Saint-Omer, terrain nécessaire à l'agrandissement de la maison de refuge, que les religieux avaient dans l'intérieur de la ville, pour s'y abriter au besoin contre les fréquentes invasions du dehors. Nous avons sous les yeux, et nous donnons in extenso aux pièces justificatives la charte signée au mois de

1 On dit aussi Wluhie. — Idem, idem, les détails de cette sépulture, ainsi que l'épitaphc se trouvaient consignés dans le 3° volume de Bortin do Visscry, dont nous déplorons la perle.

• Kist. m" Clar., 1 pag. 350.

juillet 1268, à Hesdin, par laquelle, dit Godefroi, 4266—1282 Robert, donne aux Abbés de Clairmarais "f « une « place vide appelée la Motte de la Varenne, à « Saint-Omcr, séparée de leur maison par une « rivière, chargée de six deniers de reconnaissance « annuelle le jour de Saint-Remy, envers le Comte « d'Artois, pour en faire ce qu'ils jugeront à propos « et leur permet de construire tfh pont sur cette « rivière pourvu que cela n'empêche pas la navigant tion. Ce Comte confirme aussi, en même temps, « la vente faite à cette Abbaye, par Jean, de Nedon- « chel, écuyer, et Marie, sa femme, de 118 mesures « de terre et de bois, tenus du Comte, et dans les- « quels il se réserve la haute justice ?. »

On fondait alors l'hôpital de Saint-Louis-au-Brule, dans la ville de Saint-Omer 3 (1269;.

1 On sait que chaque maison religieuse, du dehors, avait dans la ville un refuge : on voit encore les restes du refuge de Clairmarais dans la rue du Quartier de Cavalerie, nous l'avons dit ailleurs. — Tom. I, pag. 79, etc.

La charte dont il s'agit provient des archives de Lille, nous en devons la copie textuelle à l'inépuisable et toujours gracieuse obligeance du regrettable M. Le Glay.

* Inventaire des archives d'Artois, par Godefroi, n° 240.

La place dont il s'agit ici, est le terrain du manège de cavalerie. Là, se trouvait une butte ou motte, aujourd'hui aplanie ; en connaissant le terrain on apprécie l'importance de cette donation. — Voyez les pièces justificatives, tom. I, pag. 373.

3 « Anno 1269, Maetildis nostra (Attrebatensis et Sli Pauli Comi- « tissa uxor Guidonis de Castillione), in Civitatem suam Audomaren- « sem, munificam aperit manum, dum in afllictorum œgrorum vo t gratiam et sublevamen Zenodochium a fundamentis erigi satagit « in vico du Brûle, quod olim vulgo, l'hôpital des Cotleries, nunc « vero S1' Ludovici régis nomine innotescit. » — Turpin, comitum Ternensium annales historici, pag. 141, lig. 37 et 142, lig. 1 à 5.

1960—1282 Quelques mois après, Arnould paye 300 livres en monnaie de Flandre, pour les Wattringues 1 du lieu désigné alors sous le nom de Slromeliet (sic). Il reçoit de Guillaume, de Wiske, chevalier, une rente de 3 rasières de blé, sur Cléty, rente constituée pour 1 aine de son père, inhumé dans le monastère, et donne la sépulture à Gilbert, l'Abbé d'OR, de Saint- Bertin, inhumé dans son église 2 (4269).

C'était le moment où Robert, Comte d'Artois, à la prière de l'Abbé de Clairmaraîs, confirmait comme seigneur et successeur de Philippe, Comte de Flandre, de Vermandoiset avoué de l'Abbaye, les lettres accordées à Bruges, en M 76, par lesquelles ce Prince ordonnait à son bailli, Gauthier, de Alneto (de Launoyj, chevalier, de ne faire aucun tort à l'Abbaye en se servant des eaux pour ses propres pêcheries 3.

A la fin de la même année décembre 1269], ce Prince déclarait encore que l'Abbaye de Clairmarais ne serait point obligée de renouveler, ni d'entretenir les grilles de fer quelle avait fait faire dans les viviers de Kihoult pour conserver le poisson, il ajoutait que le cours de ces eaux ne pourrait jamais préjudicier aux moines lesquels auraient le droit d'y placer des vent ilia (martellières; , pour les diriger à volonté *.

1 Voyez un remarquable travail de M. Courtois, sur les Wattringues.

* Ilist. Clnr., 1 pag. 351, lin. 1 et 2.— Les Abbés de Saint Bertin, tom. I, pag. 277. — Le prix du marc d'argent était en 1269, de 51 sols 7 deniers ; 58 gros tournois au marc. (Leblanc, pag. 4031.

» Inventaire de Flandre, par Godefroi, n° 1259.

4 Inventaire dp Flandre, par Godefroi, n° 1335.

Le 9 février 1270, nous trouvons un arrêt concer- 1266—128-2 nant le droit de pêche entre l'Abbaye et la ville de Saint-Omer l.

Le jour de la fête de Saint-Marc, Arnould recommande de distribuer le jour de l'anniversaire de la mort d'Aux, de Flestres, dame de Westout, la somme de 60 livres parisis, quelle avait donnée au monastère pour être appliquée à une distribution de vin, pro pitantiâ vint \

Au mois d'avril de la même année, Arnould, Comte de Guînes, déclare qu'un revenu annuel de 40 sols, légué par Béatrix, son aïeule, sera prélevé sur le marché d'Audruick 3.

Le dimanche de la Pentecôte, Jean, de Nedonchel, s'engage a payer à l'Abbé de Clairmarais, la somme de 120 livres qui lui avait été prêtée en bonne et dure monnaie, de bond for tique moneld 4.

En 1271, l'Abbé apprend par le curé de Bailleul, que Marguerite Scaliers, étant à sa dernière heure, venait de donner à la communauté 10 sols fdecem solidos), en monnaie de Flandre 5.

Au mois d'avril, Dom. Nicolas, de Boisdinghem, moine et procureur de l'Abbé, vend dans le cimetière de l'église paroissiale de Saint -Pierre de Bergues, à

1 Archives communoles. Ancienne lettre. P. f 77.

* liist. m" Clar., pag. 351 et 358. — Nous donnons cette ordonnance aux pièces justificatives (pag. 72).

1 Idem. idem. — Super Thelonium de Al-druik.

4 Idem, idem. — Xolum facil xe îeneri ml sol vendu in A ni alpha Ablmti 120 Ultras quas pvestiterai ....

3 Hist. Clar., 1 pag. 351.

12GG — l -28-2 Jean, d'Auchy, une mesure de (erre nouvellement défrichée fsarti), et une mesure de pré (pr&ti)t pour la somme de 39 sols parisis et 39 deniers plus deux chapons et 4 deniers l.

Successivement ensuite nous voyons Arnould, de Villers, se livrer à d'autres opérations utiles. Pendant l'année 1 272, au mois d'août, il reçoit du seigneur Jean, de Keninghes, la ratification d'une donation faite à l'Abbaye, par ]>. Théohald Pu., religieux de Clairmarais ?.

Au mois de septembre, c'est Marguerite, de Flandre et de Hainaut, et Guy, Comte de Flandre, qui confirment des donations faites à la communauté : ce sont Lambert, de Flechin, et Marie, sa femme, qui donnent 10 mesures de terre, situées à West- Flestres, à condition que les moines de Clairmarais célébreront leur anniversaire et celui de leur frère Lambert, dans leur église abbatiale 3.

Au mois d'octobre, Gonthier, fils de Guillaume, de Tournai, Tournesis (sic], reconnaissait une donation faite par son père de 1 0 livres de rente, à Bavinchove 1 .

En 1273, Marguerite, Comtesse de Flandre, attribue par testament à diverses maisons religieuses, notamment à Clairmarais, les fonds nécessaires pour constituer des rentes et faire pitance le jour de son obit :>.

1 Idem, idem. — Duorum capomttn.... (l*ag. 351). 5 Hist. m" Clar., 1 pag. 352.

3 Idem, idem.

4 Idem, idem.

5 Inventaire de Flandre, par Gedefroi.

4 fe,

Au mois de mai de la même année, le Comle Guy, iceo— 1282 .Marquis de Namur (Xamiirci MarchioJ, ratifie les donations précédentes d'Aux , de Flestres, et de Lambert, de Fléchin l. Cet exemple est suivi par la Comtesse Marguerite, sous une réserve formulée en faveur de Jean D a m pet r a, son neveu *2.

L'année suivante, 1274, l'Abbé continuait à recevoir des libéralités nouvelles ; entre autres, Hele (llela) 3, femme de Jea.x , le Caudrelier de Lille, inscrivait dans son testament en faveur de l'Abbaye, une aumône de 60 sols applicable à la nourriture du couvent, le jour de sa sépulture. Elle y ajoutait six marcs d'argent à prendre sur la masse de sa succession, pour une distribution de vin qui devait avoir lieu le jour de son anniversaire, plus 20 sols pour l'infirmerie, autant pour l'église, et autant pour distribuer aux pauvres, à la porte du monastère Eu outre, cette généreuse dame, dont les dernières dispositions longuement écrites en français et signées par le curé de Saint-Maurice, de Lille, [dont elles portaient le cachet appendu, représentant l'image d'une marmite de fer) \ Hela donnait à l'Abbaye de Clairmarais une grande coupe d'argent, avec sa base " ; une autre plus petite, sans pied, pour en faire un

1 Hist. m" Clur., 1 pay. 352.

1 Idem, idem.

3 Hist. Clar., 1 png.

* Idem, idem.

5 Idem, idem.

0 SUjiUum ri npitcnsmn /i(/nr<im ftrl quasi ollœ /'rrnwv (Pag.

1266—1282 calice. Elle laissait quelque chose en souvenir à chacun des membres de sa famille, portant le nom de Caudrelier, à La Bassée, à Béthune, à Aire, à Saint- Omer, etc., et elle assignait pour la nourriture de la communauté 10 sols à chacune des maisons religieuses Cisterciennes fixées sur le territoire compris entre Lille et Saint-Omer inclusivement 1. Le testament dont il s'agit se terminait par ces mots : « Que « men corps soit accompagnez de chire blanc et « couvert d'un drap soye noire quand on le portera « hors en foutre, etc. * » L'exécution de ces dispositions étaient confiée à l'Abbé de Loos.

Nous voyons également dans le chroniqueur Berlin de Vissery, que Baudouin, de Closcamp, fit une donation de 1 00 sols tournois, plus 20 sols à distribuer aux pauvres du monastère (3 février 1275, avis de l'offîcial de Thérouannej . Plus loin, il nous dit encore, que Robert, de Fontaine, le même, à qui selon toute apparence, on devait la fondation de la chapelle Sainte-Marie-Madeleine, donne à la même maison 137 mesures 20 verges de terres contiguës à celles de Guillaume, de Fientes, dans la paroisse de Fevin, à charge de payer annuellement une censé de deux sols par mesure.

Cette donation en date du mois de février 1276, a été approuvée le 10 octobre de la même année par la cour ofliciale du diocèse (Curid Morincusi).

1 Hist. Clar., a Bertino de Vissery, 1 pag. 353. * Hist. m" Clar., 1 pag. 353, lin. 19 et 20.

Nous y trouvons également des lettres de ratifiea- 1^5— 1257 tion délivrées le même jour par Guillaume, de Fientes, seigneur du lieu octobre 1276) l.

Peu après la réception de ces lettres confirmatives, Arnocld achetait de Nicolas, de Beuvry,et de Marie, son épouse, une rente annuelle de 9 livres partsis, pour la somme de 100 livres. Ce revenu était garanti par une maison, située dans la ville de Thérouanne, in urbc Terruannd 2.

Nous avons cité l'esprit conciliateur d'ÀRNOULD, de Villers, en voici une nouvelle preuve : on se souvient que Théobald Pil, de Reninghes, avant de prononcer ses vœux, en 1271, entre les mains de l'Abbé de Clairmarais, avait fait au monastère une donation qui fut ratifiée au mois d'août 1272, par Jean, de Reninghes, seigneur et juge souverain du lieu : la Comtesse Marguerite , et Guy, Comte de Flandre, avaient régulièrement confirmé cette libéralité, mais à la mort du donateur (1277), qui alors avait déjà passé 6 à 7 ans dans le cloître, Buissart. de Reninghes, chevalier et tuteur de Jacques, héritier de la terre de Reninghes, crut devoir dans l'intérêt de son pupille, réclamer contre la donation faite par Théobald Pil. . . Arnould, ne voulant soutenir aucune querelle avec une famille qui avait toujours compté des bienfaiteurs de sa maison, assembla ses frères et du consentement unanime de la communauté, char-

1 Idem, idem, idem.

5 Hist. m" Clar., pag. 354.

1266—1282 gea l'un d'eux, Jean, de Fontaine, son procureur, de se rendre auprès de Buissart et d'entrer en arrangement avec lui au nom de tous les membres du monastère l.

Peu de temps après, une transaction eu lieu, Buissart, de Heninghes, envoya Agilon, l'un de ses gens, auprès d'ARNOULD avec une lettre dans laquelle il se bornait à réclamer la remise d'une,charte du Châtelain de Saint-Omer, qui était conservée en dépôt au monastère a.

Vers la même époque, l'Abbé recevait encore 70 livres parisis à prendre sur leurs châteaux respectifs, de la part de Jean, d'Assonvalle, et de Marie, son épouse, qui avaieut choisi leur sépulture dans le monastère, pour y participer aux prières et aux saints sacrifices \

C'était le moment de la mort d'ARNOULD, 13** Abbé de Villers, en Brabant, ce Prélat d'un rare mérite, dit-on, compta sous ses ordres 100 moines et 300 convers *,

Arnould, de Clairmarais, venait de recevoir en don, de Walter, de Reninghes, 100 sols parisis à

1 Idem, idem, pag. 351 et 353.

Reninghes était situé dans l'ancien Ptigus Ldirus, sur les deux rives do la Lys, où se trouvait Armentières et Ilroylus, qu on appela depuis Mauronti-Yilla où Merville, du nom de Mauront, qui bâtit dans cet endroit, dont il était seigneur, le monastère do Itrueil. (Act. Sanct. feb., tom. I, pag. 297). — Coll. des chroniques belges inédites, par de Smet, introduction, pag. xxiv. — Bruxelles, 1837, tom. I.

1 Hist. m"Clar., 1 pag. 355.

» Idem, idem.

4 Sub qno monuchi iOO converti irro.... 300. Idem, idem).

prendre à Nortpeenne, pour la célébration annuelle 1266-1282 de son anniversaire dans l'église abbatiale [MIS) l.

Cette libéralité avait été ratifiée au mois de niai de la même année, par Guillaume, Châtelain de Saint- Omer, chevalier, seigneur de Fauquembergues et oncle du donateur 9, parceque la somme léguée provenait d'une prairie qu'il tenait de lui :}.

Jean Brouck, serviteur de l'église avait également assigné 10 livres de rente, pour les pauvres de la porte, à prendre sur le territoire de Staple 4, (la veille de la fête de Saint-André 1278).

A la même époque, nous voyons des lettres par lesquelles Jean, de Dampierre, vend aux Abbé et couvent de Clairmarais, les rentes, tant en blé qu'en avoine, qu'il avait droit de percevoir sur 9o mesures et 20 verges de terre appartenant à cette Abbaye, dans la paroisse de Bailleul, sous la justice du Prévôt de Bruges, et daus les domaines du Comte Guy, son seigneur, ne se réservant pour lui et ses hoirs qu'une rente annuelle de 12 deniers monnaie de Flandre, que cette Abbaye sera tenu de leur payer à toujours, à Bailleul, le jour de Saint-Remy, il promet et ses hoirs de garantir cette vente et de défendre cette Abbaye contre tous; ace sujet, et parceque Elisabeth, sa femme, avait son douaire sur ce bien, il veut que si elle lui survit, l'Abbaye de Clairmarais prenne sa

1 flist. m" Clar., 1 pag. 355.

* Idem, idem, idem.

3 AvuncuH sui W/iltcri.... (Pag. 355, lin. 24.

4 Hist. m*' Clar., 1 pag. 356. — .imiss» rtonatio.

l-2i)0— 128-2 jouissance sur d'autres biens équivalents au douaire, dans cette paroisse, jusqu'à la mort d'KusABETH l.

11 confirme autant qu'il en a le droit la donation faite à cette Abbaye, par Béatrix et Elisabeth, fille de Villon ne, dit Vedk, de 5 mesures de terre à Bailleul, sauf les droits d'autrui ; il prie la Comtesse de Flandre, son aïeule, et Guy, Comte de Flandre, son oncle, de confirmer ces lettres, ce qui a lieu 3.

Philippe, Roi de France, avait ratifié une sentence rendue en 1255, au mois de mars, par les Baillis d'Arras et les dignitaires de la Cour de Saint-Omer (Aulœ magnatibus AudomarensisJ, au sujet du droit de pèclie dans la grande Moére fprope meram), le titre de la sentence résumait ainsi les faits de la cause '\

Les moines de Clairmarais prétendent que depuis dix ans ils ont placé des pilotis dans le fossé en question se dirigeant vers Scoubroucq , lequel est sur leur propriété ; ils disent l'avoir creusé pour leurs besoins, ils affirment, dès lors, avoir le droit de détourner, d'élever, de renvoyer à leur pré l'eau qui s'y trouve, de faire même un nouveau fossé, de fermer les barrières le jour et la nuit et de distribuer les eaux selon leur convenance, ainsi qu'ils l'on fait depuis 40 années sans être nullement inquiétés....

' inventaire de Flandre, par Codefroi.

1 Godefroi, nD 1743. — Jean, de Dampirrre, seigneur de Bailleul et de l'Écluse, était fils de Ji an, premier frère du Comte de Flandre, il épousa IsABKAf, do Brienno, fille de Jkan, Comte dEu, cl de Bb*atrix , de Chatillon. — (L'art de vérifier les dates).

s Hist. m'» Clar., 1 pag. 356.

Après examen de la cause et le résultat de l'en- 1-266 — quête laite à cet effet (visd inqueslà), il fut décidé que les moines devaient enlever les pieux, pilotis et autres empêchements qui gênaient la navigation dans le fossé, ainsi que dans le chemin d'eau fper cheminum arfuce), et que les hords seraient élargis de 4 pieds ; mais que les religieux auraient la faculté de fermer les vannes pendant la nuit en les laissant ouvertes le jour, de telle sorte que le passage restât libre en tout temps et à toute heure de la journée.... Cette décision fut rendue à Paris au mois de février 1279.

C'est à cette époque que Simon Lawart, Bailli de Cassel et de Bergues, l'un des bienfaiteurs du monastère, construisit dans l'église abbatiale la chapelle Saint-Jean-Baptiste où il fut enseveli avec sa femme l, il en est fait mention dans une charte des religieuses de Wœstine *.

Mais nous touchons au terme de cette administration abbatiale si fructueusement accomplie: au mois de mars 1282, Philippe, le Hardi, fils, et héritier de Saint-Louis, venait de ratifier toutes les donations faites au monastère de Clairmarais, en accordant des vidimtis aux lettres de son aïeul.

àrnould, après avoir assisté avec l'Abbé des Dunes aux obsèques de la Comtesse Marguerite, inhumée au monastère de Flines 3, avait reçu du Souverain-

1 On sait qu'une des portes de l'église portait le nom de porte Lawart, parcequ'elle conduisait à cette chapelle. 5 Hist. m" Clar., 1 pag. 357.

* Le P. Malbrancq, pag. 630. — Bertin de Vissery, 1 pag. 258.

Pontife, Martin IV, des bulles relatives à de nouveaux biens et de nouveaux privilèges pour sa communauté lorsqu'il songea à abandonner un fardeau qui commençait à lui devenir trop lourd, ce qu'il accomplit peu après, le 30 mai 1282 (le 3e jour des calendes de juin), après 16 ans moins 29 jours de prélature l.

On ignore la date précise de sa mort et le lieu de sa sépulture, ce qu'on sait, c'est que ce saint Prélat reçut un successeur 6 jours après sa démission.

L'éloge du 15e Abbé de Clairmarais se trouve dans le quatrain suivant attribué à un moine du XVIIe siècle

« Annulus Aunoldo *, cœtus Lau'dnnsis alumno

« Donatur multo quem pictate gerit.

« Bis régit octonis annis An.N0i.nts ovile.

« Pacis amans tandem, pergravo cedit onus *. »

Parmi les cénobites contemporains d'An.NOULD, de Villers, nous remarquons : I). Gilles, d'Ardres (de Ardea), cellerier, dont il est fait mention dans des lettres relatives à une donation de Jean, de Keninghes, concernant la dime de West-Flestres (1268j. — Jean, de Hautbourdin.* — Michel, de Rauche-Cort sic'. — Theoderic, de Ikilleul. — Guillaume, de Marcbiennes. — Jean, de Rkc (Eka). — - Roger, de

1 M" ordinaire du monastère. (/:> mmum-riplo ot'rfintn'w*.

2 Ilist. m"CIar., lpag. 357.

a Dom. Charles Martel.

4 Hist. m" Clar., ] pyg. 357, lin. 2'3 et seq.

Kellemes. — Robert, de Heuchin. — Philippe, de 1-266 — 1-28*2 Stenleez. — Jean, de Nansanis l.

La devise des armes attribuées à Arnould, de Villers, portait ces mots :

Laudate Dominum.

Il portait sur fond de sible une bande de geules posée diagonalement de droite à gauche

1 Hist. Clar., 1 pag. 358.

* Voyez la planche n

LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS

MC0LAS MANGUIER, DE STEENFORT, 16* Abbé.

Vacance Abbatiale do six jours. — Élection de Nicolas Manghieiis, de Steenfort. — Sa piété. — Ses dispositions pour la vie monastique. — Il prend l'habit. — Donation antérieure de ses biens. — Son frère soulève dès difficultés. — Celte donation est confirmée.

— Conduite exemplaire de Nicolas. — Son élection à la place d'Anxoi'Ln, de Villers. — (1282). Son zèle à remplir ses nouvelles fonctions. — (1282 juillet). Actes de son administration. — Donations. — Libéralités et ratifications. — Transaction entre l'Abbé de Clairmarais et celui de Saint- Berlin, au sujet des fossés limitrophes et les droits de pèche. — (1284). Amende imposée en cas de non observation du traité conclu entre les deux Abbés.

— Autres donations. — (1284 février). Deux mesures de terre à Leulinghem.— (1284 mai). Jean, de le Chaste, et Mauguerite, sa sœur, donnent 7 lignes de lerre et 4 maisons à Saint-Omer, pour vivre dans la maison. — Donation de 2 mesures à Leulinghem. — (1285) Idem de 80 livres tournois. —(1286). Idem de 3 mesures et demie. — (1288). Concession de 100 mesures pour 11 années au prix de 660 livres parisis. — Sibylle, do Reninshes, abandonne tout ce quelle possède. — Arrentement de 6

Abdif»li.»:r29U

SOMMAIRE

128*2—1290 mesures à Staples, pour 35 sols. — Transactions. — 1289 avril.

* — Boiscahi), de Reninghes, demande à l'archiviste de l'Abbaye, tI la charte d'acquisition d'une terre qu'il avait vendu à Chrétien Daiske. — Nicolas IV, accorde aux religieux le droit d'absoudre tous les malades de leur ordre. — L'Abbé songe à se retirer. — Graves désordres parmi les moines et les convers. — L'affaire est soumise au Pape. — (1290). Nicolas abdique au bout de 8 ans d'exercico. — Ses armoiries. — Sa devise. — Son éloge retracé par Dom. Charles Martel. — Moines contemporains.

A la retraite (TArnould, de Villers, la vacance Abbatiale ne fut pas longue, six jours suffirent pour lui donner un successeur dans la personne de Nicolas Manguier ou Mœughier, de l'illustre maison de Steenfort.

Nicolas, fils de Simon, chevalier, et seigneur de Steenfort, prit de bonne heure le goût et l'habit ecclésiastique ; avec l'âge on voyait s'accroître la dévotion qui amena chez lui le dégoût des choses humaines.... Dès il entrait au monastère de

Clairmarais dans le dessein d'y viser à la perfection de la vie régulière et il y prenait l'habit des mains de Simon, de Marquette, 13° Abbé de cette maison.... Avant même d'avoir adopté celte résolution sublime, il avait fait don à la communauté d'une partie de ses biens ; donation attaquée par son frère Jean, et qui suscita beaucoup de difficultés à la maison, jusqu'au jour où, en 1245, elle fut authentiquement ratifiée par Marguerite, Comtesse de Flandre et du Hainaut 1: ainsi que par des lettres publiques accordées

1 Hist. m" Clar., 1 pag. 359.

par Gérard, Abbé de Saint-Augustin, de Thérouanne 1 282-12% [juin 1245) 1 ; ainsi fut apaisée cette longue et fâcheuse querelle.

Nicolas, passa 36 ans dans le monastère 3 où il ne cessa d'être un modèle de vertus et de bonnes œuvres pour ses frères, ce qui lui valut l'honneur d être placé à leur tète six jours seulement après la démission d'ARNOULD, de Villers, [le jour des noues de juin 1282).

Élevé sur le flambeau, le nouveau Prélat toujours plein de prudence, de conciliation et de prévoyance pour son troupeau ne laissait échapper aucune occasion de servir les intérêts qui lui étaient confiés : aussi voyons nous, dans les titres contemporains, les améliorations suivantes s'opérer sous son administration.

Au mois de juillet 1282, le Comte Guy, châtelain de Saint-Pol, ratifie à la demande de l'Abbé, une vente faite par Baudouin, d'Alfay, et Tiephane (Étiennette), sa femme, du consentement de Baudouin, son fils ainé, de tous les droits seigneuriaux ou droits de justice qu'ils possédaient sur le territoire de Fiefs, etc. — L'olïicial de Thérouanne donne des lettres à ce sujet 3.

La même année, d'après une autre indication de l'officialité, Jean Laman et sa femme, abandonnent

1 Idem, idem, idem. — * Idem, idem, idem.

a Hist. m" Clar., 1 pag. 360. — Fiefs, Fiez ou Fjefes, ancienne baronnie du canton d Heuchin (Pas-de-Calais), appartenant au XH" siècle au Comte de Saint-Pol, et en 1789, a la famille de Coupigny.

128?— 1-290 deux mesures de terre, situées à Leulinghem, près de la carrière, à condition que les donateurs deviendront participants aux prières de la communauté : dans le même acte, Jean ratifiait encore une cession précédente de trois quartiers de terre, libéralité faite de concert avec sa première femme l.

Xicolas, homme paisible, totalement opposé aux discussions de quelque nature qu'elles fussent, se prêta également de son mieux à mettre fin à quelques contestations qui n'étaient point entièrement éteintes entre son monastère et celui de Saint-Bertin, à cause du voisinage de certaines propriétés ; il fit en outre, ce qui dépendait de lui pour que de nouvelles dissidences ne reparussent plus a l'avenir 3. Ainsi on transigea au sujet du repurgeinent des pêcheries, on traita pour les clôtures des rivières navigables et autres droits ou usages concernant les fossés situés entre les deux mesures de terre de Saint-Bertin, d'un côté, et celles de Clairmarais de l'autre, fossés qui reçoivent l'eau de la rivière venant de Saint-Omer, en se dirigeant vers l'Abbaye Cistercienne \

Il y eut également une transaction pour le fossé désigné sous le nom de Hiiidringhel, de même que pour celui, qui delà s'étendait jusqu'à l'ancienne Moerc de Saint-Bertin, extenso mque ad. relerem Meram Sli Bevtim *. Il fut décidé par les Abbés et

1 llist. m" Clar., ] pag. 360.

* Idem, idem.

3 Idem, idem, pag. 361.

* llist. m" Clar., 1 po*. 361.

leurs chapitres respectifs que si de nouvelles difli- 1282— 12'jn cultes sur ce point se représentaient encore à l'avenir, chaque partie s'interdisait à l'avance la faculté de recourir à l'autorité civile ou ecclésiastique l, à peine de 200 marcs d'argent d'amende, pour le contrevenant à cette convention 3 (1284;.

La même charte portait que les deux Abbayes auraient également le droit de pêche dans les fossés en litige 3.

Au mois de février de la même année, Jean, de Leulinghem, en présence de Nicolas, de Sainte- Aldegonde, et de ses hommes, donne deux mesures de terre attenantes à la carrière 4.

Au mois de mai suivant, Denys, de le Chaste, et Marguerite, sa sœur, débiteurs envers la communauté d'une valeur de 300 livres parisis, qu'ils avaient dépensés pour leur nourriture , abandonnèrent a l'Abbaye 7 lignes de terre [sept cm lincas terrœ), avec 4 maisons placées dans l'enceinte de la ville de Saint-Omer et tout ce qu'ils possédaient, se livrant pour ainsi dire eux-mêmes [seipsos etiam tradide-

1 Sl'tliitum fui! ut prohibitum rxset au.iiliuni recttsiasticum ont si'cularc implorai'?, quod si anus aul aller facnrl, ex aille dictis Abbalibus tenerelnr ad solution? m durenlarum marcarum faciendam allrri Abimli, quod attum amw (Ilist. Clar. , 1 pag. 361).

* Idem, idem.

A cette époque (1283), sous Philippe, le Haudv, le prix du marc d'argent étaitde 54 sols (gros tournois). (Leblanc et Dupréde S'-Maur). a Idem, idem.

* Idem, idem.

Le prix du marc or fin était de 59 -j-i au marc. Voyez Leblanc, pag. 402 et 403.

UNS '-l jyo mut \ pour devenir comme des frères habitants de la maison \

Au mois de septembre, Jean Vigil et Maba, son épouse, écrivait encore l'oflicial de Thérouanne, ont laissé 2 mesures de terre à Leulinghem, afin de profiter des prières des moines.

lin 1285, l'ofïicialité de Tournai, faisait savoir que demoiselle [domicella) Catherine de Mariskiel Besguine, de Lille \ a donné 80 livres tournois pour la célébration de son anniversaire et la nourriture des religieux, ce jour-là, cum pitantid eddem . die erogandd. Le lundi avant Noël de Tannée 1286, c'est l'oflicial de Thérouanne qui annonce que Jean, de Leulinghem , et demoiselle Marie domicella Maria), ont également cédé gratuitement 3 mesures et demie de terre à l'Abbaye, à charge de prières *. Le 1er février 1288, d'après une lettre d'EusTACHE llvuwiANs, bailli d'Ypres, Jacques [Jakemc], de Reninghes, et Sibylle, sa femme, du consentement de leur fils aîné, ont concédé à l'Abbaye, l'usage de cent mesures de terre pour l'espace de 1 1 années au prix de 660 livres parisis. L'acte contenant cet abandon portait neuf scelsappendus '.

1 Fttrli (juc sunl f'ral 'r nnstrr et soror nostrn, xru fnmiliarrs

(Hist Clar , 1 png. 3621.

s Bestjuintt ni ftillor fnsulmsis. Idem. 3 Hist. Clar., 1 pag. 362.

* Instruntrnto siipr/i rfielo erra appendunl novnn sigillé. (Hist. m" Chu-., pag. 362).

Le prix du marc d'argent valait alors (1285) 55 sols 6 deniers (gros tournois) à 11 deniers 1*2 grammes, — 58 au marc— Leblanc, Hist. des Monnaies de France, pag. 403).

D'autres lettres cTHugues Duhaucoihe, gardien l *2ï>-2 — 1290 des terres du Comte de Saint-Pol et oiïicial des Morins, rapportent textuellement en français : « qu'où « a été chez noble domicellc Sibylle, femme de Jac~ « ques, de Reninghes, Écuyer, seigneur de Reninghes, « ils disent qu'ils engagent tout leur ménage (biens:, « au-dessus et au-dessous la Motte de W obstine, « paroisse de Wœstine, qui est Renescure, sic), ten- « nement du Comte de Flandre. [In ministerio « Yprensî). » C'est-à-dire dans l'évêelié d'Ypres l.

Jean Buticularius ou Le Bouteiller, de Staples, prend a censé de l'Abbaye, 6 mesures de terre situées dans cette commune, au prix de 33 sols de rente annuelle 9.

Jean, de Fontaine [de Fontanis)f transige avec Baudouin Italin, et autres.

Au mois d'avril 1289, nous trouvons un échange consenti entre l'Abbé, Guillaume, de Fientes, et Blanche, sa femme, pour 8 mesures de terre à Bekevelt sic], dans cet acte on lit la singulière condition que nous transcrivons littéralement : « Que pour- « vont H sergant de l'Abbé et du coûtent devant « qui Warderont leurs biens, porter armures sans « mes faire pour le seul Warder. » — Cum Sigillis eorum \

1 Le chroniqueur Berlin de Vissery, ajoute ici : Amissus reddittts. (Pag. 363).

Le marc d'argent étant alors d'après Leblanc de 55 à 60 sols — 35 sols devaient faire un peu plus d'un demi marc.

1282—1290 La même année, au mois de niai, le samedi après la fête de la Croix, Boiscard ou Boissard, de Beninghes, faisait réclamer par Agilon, l'un de ses serviteurs, la communication du titre relatif à la vente d'une partie de terre cédée par lui à Chrétien Dauske l. — C'était le moment où le Souverain-Pontife NICOLAS IV, venait d'accorder aux prêtres de Clairmarais par une bulle générale, la faculté d'absoudre tous les malades des diverses résidences de leur ordre. L'Abbé comptait alors, à peine, 8 années de prélature, pourtant il trouvait déjà ce temps trop long pour lui ; malgré ses dispositions conciliantes, malgré son amour de la justice, il éprouvait bien des diflicuRés, bien des embarras; le relâchement régnait alors dans la communauté où des abus s'étaient introduit, il lui fallut sévir contre des moines et des d convers, méchants et infidèles à leur devoir, disent . les chroniqueurs.... La cause, même, dut être portée au Souverain-Pontife : « Quosdam habitif improbos « monachos et cuncersos, quorum causa ad sum- « muni Pontiftcem Marfinum IV.... » Une bulle papale constate ce recours Ces circonstances pénibles, s'ajoutant au désir de vivre dans la retraite, décidèrent Nicolas à renoncer à la direction de l'Abbaye, il abdiqua le 22 mars 1290, au bout de 8 années moins 2 mois et 19 jours d'exercice A.

1 Idem, idem.

* .1 t/iio etiam hul(<nii cuHSfiw.tus est. (Ilist. Qar., 1 pu». 364, lin. 16 et seq).

3 Manuscriptus oïdinaris. — i Ilist. Clar., 1 pu». 364. — « Pru -

On ignore son âge, l'année de sa mort et le lieu de i-28-2— 12«>o sa sépulture l.

On a attribué à ce Prélat les armoiries de la famille de Steenfort, dont il était originaire ; l'écu de cette maison avait pour devise :

Yincit omnia Labor,

il portait trois hérons, deux et un, sur fond vert *.

Dorn. Charles Martel a écrit le quatrain suivant sur Nicolas Manguier, de Steenfort.

« Collectus, NicoiAE, pedum tibi calculus offert ; « Te cactus concors ardct habcre patrem. « Ccdit at et lapsis, septem moderaminis annis, « Spontc resigiiato, munerc factus ovis a. »

Deux noms seulement des religieux contemporains de cet Abbé sont arrivés jusqu'à nous, ce sont ceuxci : Philippe, de Saillv, et Nicolas Los \

« /cil lutic înonostrrio prrft onnos, minus 2 men.ubttset lOdirhus... « l'essit aulem 1 1 halnuhis nprilis. » — (Idem, idem, pag. 3(>i).

1 Quoi ftnnis iintus, nbii'ril, H itbi jtiayit sepultus nrsrimiis. — (Idem, idem, pag. 364).

1 Planche m et m" de Berlin do Visscry, tom. It pag. 359.

3 Uist. Clar., 1 pag. 36i.

* Idem, idem.

LES ABBÉS DE CLAIRMARA1S

ANSELME, DE ROISIN, 17e Abbé. a*»m:1290

Dminira : 1293

SOMMAIRE

Anselme, est élu le jour même de la démission de Nicolas II. — Son origine. — Sa famille. — Erreur do Moreri à son égard. — Son mépris des richesses et du monde. — Son honnêteté le fait choisir. — Il est élu le jour des calendes d'avril 1290. — Son humilité est cause qu'il reste bien peu d'actes de son administration.

— (1291). Vidimus accordé par l'Évéque de Chalons à une bulle du Pape Nicolas V. — Donation d'un manoir et d'une mesure de terre par Jean Vos et Mabille, sa femme. — Idem, d'un bassin d'argent et de 350 livres parisis de la part de dame Marie Holewie, veuve de Gilbert, de Sainte-Aldegonde, a condition d'être inhumée dans l'église du monastère. — Mandement du Roi de France, au sujet des difficultés entre les Comtes de Flandre et d'Artois. — (1292). Simon, de Boneghem. et Sibylle, donnent tous leurs biens pour obtenir leur sépulture dans l'église et participer aux prières.

— Donation de 40 livres parisis, de la part de Jacques, de Ileninghes. — Il loues, curé d'Arqués, abandonne tous ses biens à l'Abbaye à charge de prières. — (1293). L'Abbé se rend au chapitre général , il demande et obtient d'être remplacé. — II se

1290— li'J3 retire après 3 ans d'administration, le 21 mars 1293. — Vacance abbatiale. — On ignore son Age, la date de sa mort et sa sépulture. — Son éloge. — Ses Armoiries. — Cette famille n'est pas éteinte.

Le jour même de la démission de Nicolas II, Anselme de Roisin, était élu à sa place.

Ce Prélat, d'après Moreri l, descendait de l'antique et noble race des Barons de Koisin, originaires du Iïainaut, s'il fallait en croire le même auteur, Anselme, aurait eu pour père Evkhakd et pour mère Marguerite, de Molembié ; ce doit être une erreur, car s'il en était ainsi, Éverard aurait survécu à son fils Anselme, de près de 80 ans, dit Bertin de Vissery, et a sa mort il aurait eu au moins 130 ans, ce qui est difficile à admettre; il est plus raisonnable de penser, ajoute-t-il, qu'AxsELME eut pour père Gille I" {lujhlias /us , (ils de Balderic V, des Barons de Koisin, et l'un des auteurs d'KvERARD, etc. Quoiqu'il en soit, le nouveau Prélat méprisant les richesses et la haute position de sa famille, était entré de bonne heure à Clairmarais, en qualité de simple moine, où à l'exemple du divin maître, il vivait dans une humble et pieuse obscurité, lorsque la confiance unanime de ses frères s, vint le trouver pour le mettre en évidence et le placer à la tète de la communauté.

• Tom. V, f» 393 verbo Boisin. — Hist. m" Clar.. 1 p;ig. 36ô.

2 Hist. mM Clar., a Bertino de Vissery, tom. 1, prg 3(J5.

S/trrits opihus einn yewre suo.... Itumllis mmwrlnts efjecfus, ut in en humilem Christ mn imUiiretur.... Plaçait d servum suutn latentem sub mo'lio attottere. et nnn ponere stt]* r Candelabrinn. et Domina m /'rat ru m suorum esse : entente ri jnwrlaturam Mieutao }n\ed'-ressore eotlem 'He, in ejus foeo unaiumi tolius eonrrnlns

Quelques heures après l'abdication de Nicolas 1l293 [eâdem die), il fut généralement désigné pour lui succéder et entra aussitôt en fonctions le 2? jour des calendes d'avril 1290. Mais, ce ne fut pas sans crainte ni tremblement que ce pieux cénobite vit tomber sur ses épaules le lourd et redoutable fardeau de la prélature ; la crainte seule de manquer à son devoir put seule le lui fit accepter *.

Le nouvel Abbé en prenant possession de sa haute dignité n'en persista pas moins dans ses idées d'humilité; se pénétrant de plus en plus de la doctrine de Saint-Bernard, il sut si bien demeurer dans l'ombre, malgré sa grandeur, que bien peu d'actes de son administration ont pu échapper à l'oubli, et (jue tous les monuments de sa charge, dit un annaliste, sont restés ensevelis sous les ruines de l'antiquité, excepté toutefois les suivants dont on est parvenu malgré lui peut-être, à garder la mémoire.

Guillaume, Kvêque de Chàlons [Cabiloncnsis \ après avoir assisté au chapitre général, avait publié deux bulles du Pape Nicolas IV, par lesquelles on donnait aux religieux prêtres de l'Abbaye le droit d'absoudre les pauvres malades de l'hôpital, situé dans l'enceinte du monastère, ce Prélat accorda M>n ridimus à cette bulle \ en 1291 .

vonsaisu et cihulis, ad raput rjus dnmus sublimai us r.sl A animas II. Kulendus aprilis ann. IQOO.... Yentm Uniras ne displitn cl den el rrsislcret Spiritui Snndo, sarcinam fianc induit. — lli^t. m" Clar., 1 pag. 365-366.

1 Idem, idem.

5 Ilist m" Clar., 1 \v.\m. 360.

1200—1203 Au mois de mai de la même année, l'ofticial du diocèse des Morins, annonce que Jean Vos et Mabille, sa femme, donnent à la communauté un manoir et une mesure de terre, située entre le Long- Fossé et le territoire de Ruminghem l.

Peu après, la même officialité informe également l'Abbé d'une autre libéralité que venait de faire Marie Holewif, veuve de Gilbert, de Sainte-Aldegonde, bourgeois de Saint-Omer (btirgcnsïs Stl Audomari), pour obtenir sa sépulture dans l'église abbatiale. Cette libéralité consistait :

1° En une lampe d'argent (pelvlm argcnteam) avec un cierge qui devait brûler perpétuellement devant le grand autel.

2° 200 livres parisis.

3° Une autre livre pour l'entretien du cierge.

4° 50 livres pour les frais de la fabrique commune2.

Ces diverses sommes devaient être imputées sur les biens de la famille Saiiste-Aldegonde, situés sur le chemin de Thérouanne, dans la paroisse Sainte- Croix 8.

On trouve également dans les archives de Flandre

1 Idem, idem.

1 Pro exprnsis fabrirr communis. (Pag. 357).

» Mandai que prxdùlas, suinmas accipiendas esse .\uper villa sud, sild prope viam duirntem Tmtannam in parrorhia $l"-Cn(cis. — (A mi. s s a donatio, dit le chroniqueur du XVIIe siècle). — Lu route de Thérouanne était alors celle qui passait par la porte Sainte-Croix, aujourd'hui fermée, et qui traversait en effet, les terrains appartenant à la famille Sainte-Aldegonde, dans la direction de Longuenesse.,(!es terrains sont depuis longtemps englobés en grande partie dans les fortifications établies en 1522, ce qui semble expliquer ce mot du chroniqueur: Amissa donatio.

et d'Artois, une charte se rapportant à l'année 1291 , 1290— \m

2° année de l'administration d'ÀNSELME, charte dans

laquelle dit le savant et infatigable archiviste Godefroi ,

Philippe, Roi de France, « mande à maître Jacques,

« de Gand, archidiacre de Tournai, et à Philippe, de

« Guyencourt, chevalier, de s'informer des difficultés

« qu'il y avait entre Gui, Comte de Flandre, et

« Robert, Comte d'Artois, concernant Gravelines,

« la garde de l'Abbaye de Clairmarais et l'empêche-

« ment qu'il y avait que les navires puissent passer

« sous le pont de Watten, d'en donner leur avis et

« de le remettre cacheté au prochain parlement,

« selon la forme donnée à maître Jean, de Villers

« (de Villario), clerc, et audit Philippe l. »

En 1292, d'après les anciens registres de l'ofticialité, Simon, de Boneghem, et Sibylle, deKespine, sa femme, donnèrent à l'abbé Anselme, pour sa communauté, tous leurs biens après leur mort, à la charge par eux, d'obtenir leur sépulture dans l'église et d'y participer aux prières 2.

D'après les mêmes sources, le 4° dimanche de Carême, Jacques, de Reninghes, chevalier (miles), de concert avec ses hommes (et homines ejus) s'obligent (adstringunt se) à payer chaque année au monastère, pendant sept ans (per septennium), la somme de 40 livres; le motif de cette libéralité n'est pas indiqué3.

1 Inventaire de Flandre et d'Artois, n° 2,968. * Hist. m" Clar., tom. I, pag. 367.

'Minime tamen exprimitur <jud de causa. — (Hist. m»' Clar., 1 pag. 367).

En 1293, le prix du marc d'argent, d'après les calculs de Leblanc

1290—1-293 On v voit encore que Pierre, de Sailly, donne 4 sols de revenu annuel à prendre à Zudpeenne, pour être appliqués en distributions aux pauvres de la porte, et à condition que le donateur participerait aux prières l.

D'autres lettres de l'ofticialité de Tbérouanne, mentionnent une autre donation universelle, faite par Hugues, curé d'Arqués (Arqucmium pastor), qui abandonne au monastère tous ses biens, meubles et

dans son traité des monnaies de France, était élevé à 61 sols (gros tournois). (Pag. 403).

Le lundi après la Quasi modo 1293. on fabriqua des mailles il 12 deniers de loi argent le roi de 126 pièces au marc ayant cours pour 6 deniers 06 pièce, ainsi le marc d'argent fin produisait alors 3 I. 8 s. 3 deniers.

On sait aussi que le marc d'argent ne se payait pas le môme prix dans toutes les monnaies du royaume. (Juant a la valeur du marc d'argent tin monnayé elle est établie par les ordonnances indiquées par Al. Secousse, jusqu'en 1382. (Dupré Saint Alaur. p:ig. 197).

A celte môme époque, si nous en croyons Dupré de Saint-Maur,

le setier de blé se vendait 9 s. 8 d. ^ (3 muids valaient 17 liv. 9 s. 8 deniers).

tTn setier de méteil 9 s. 5 deniers.

Un setier d'avoine 8 s. G deniers -^j-.

Un setier de fèves 12 sol.

Pour l'achat de deux setiers de fèves 11. 4 sols. Al ou tu ro du setier de blé 7 deniers. Pinte d'huile 7 deniers Setier de noix 14 sol.

Pour uno truie et 23 pourceaux 81.5 s. 4 deniers. Un aune de toile 9 deniers li.

Pour 260 aunes de toile 10 I. 2 sols.

Pour une paire do semelles on demandait 3 s. 0 deniers Ai.

(Voyez Kssai sur les monnaies ou Réflexions sur le rapport entre l'argent et les denrées. In 4% Paris 1746, variations, pag. 5, nu milieu du volume).

1 Hist. Clar., 1 pag. — Amissâ donalh.

immeubles, pour avoir part aux prières et aux sacri- 1290— r>93 fices de la communauté l.

Voilà les seuls actes relatifs au gouvernement d'AxsELME, ils se rapportent aux deux premières années de sa prélaturc ; car s'il faut en croire les écrivains, la 3e année de son gouvernement, c'està-dire en 1293 2, l'Abbé de Koisin, se rendit au chapitre général, où toujours soucieux de la responsabilité qui pesait sur lui et redoutant le jour où il aurait a rendre compte de son administration, semper anxius de reddendd ratioiîc villicationis suw , il demanda humblement, avec les plus vives instances, d'être exonéré du fardeau Abbatial, ce qu'on finit par accorder à ses ardentes prières ,}

En conséquence, Anselme se démit entre les mains des pères du chapitre, le 21 mars 1293, après une administration de 3 ans, 3 mois et 27 jours

Par suite de cette démission, l'Abbaye demeura vacante depuis la réunion du chapitre tenue en l'année 1293 jusqu'au 19 novembre suivant, le lendemain de la l'été de Saint-Edmond. On ignore son âge, ainsi que le jour et l'année de sa mort, de même que le lieu de sa sépulture *.

♦ Quart Hugo trndidcrit nobis bonn sur,, lum mobiliu tum immolât in ut participant efficerrliir preribus et sa v ri ficii.i noslris.— [Hist. Clar., 1 pag. 368].— Amissà donatio.

» .lrt/io tertio iff est 1293.

J Humitiusct inslantius ut j>oluit> ex onerc Ablmliali exiri preentw: ed El ilti non nisi difficile, rjus pelitioni nnnurntes. (Pag. 368).

4 Hist. m" Clar., 1 pag. 368. — Annos .rlatis, ejus diem et unnum obilits. — Locum dinm sépulture nttl'.o modo coynoacimus. — (Bertin de Vissery, pag. 368).

s Hist. m" Clar., 1 pag. 369.

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