‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 11 sur 185 · Est nommée dans la charte de Richard Cœur de Lion (H · texte numérisé non relu

Est nommée dans la charte de Richard Cœur de Lion (H

4. Nous ferons remarquer, à propos dHerluin de Conteville, que M. Emile Réaux a rapporté dans son Histoire de Meulan (1 vol. in-12, 1868; que Hugues et Galeran, comtes de Meulan, avaient épousé les deux sœurs dHerluin de Conteville, nommées Helvise et Ade p. 86, 88, 94 et 9o). S'il est vrai que divers actes font connaître que la bienheureuse Helvise, recluse à l'abbaye de Coulombs, au diocèse de Chartres, était la tante des deux fils d'un seigneur appelé Herluin, rien ne permet de supposer qu'il s'agisse d'Herluin de Conteville [Acta SS. ord. S. Benedicli, sec. VI, pars prima, p. 36"d-367).

II est évident que ce nom d'Herluin a été, au xi^ siècle, le nom de beaucoup d'individus. D'autre part, il semble impossible d'accepter qu'Herluin de Conteville ail été le chevalier (Herluinus pagensis eques) qu'Orderic Vital a voulu désigner comme s'étant occupé de rendre les derniers devoirs à Guillaume le Conquérant 1087;.

ROBEHT DE ^'OUTAlN 21

Ilerluin, Robert et Odoii paraissent sur la scène, le premier à propos de la fondation de Grestain, les deux autres au sujet de la concpiête de l'Angleterre. Mais ce serait se jeter dans une digression inutile que de parler des deux derniers: ils sont connus '. Ce sont les deux personnages que l'on voit sur la tapisserie ou la tenture de Bayeux sous la légende: Odo: eps : Willelm: Rotherf-. Le duc de Normandie tient conseil sur les ope^rations de la campagne. Il est assis entre ses deux frères utérins, l'épée à la main. Odon de Conteville est à sa droite, Robert de Mortain est à sa gauche. Le même comte Robert se voit plus loin, une bannière à la main ; il donne des ordres à des ouvriers qui fortifient le camp, ce qui indique qu'il avait été chargé de surveiller la construction des retranchements que l'armée normande élevait près de la ville d'Hastings. Il est vrai que Robert P'" de Morlain a dominé sur une partie du Lieuvin, pendant plus de trente ans, qu'il a pris une grande part à l'établissement de Grestain où des moines avaient été mis en possession d'un domaine mais oi^i il s'agissait de construire le monastère et l'église. Ce soin ne dut pas rester en dehors de l'action de Robert de Mortain, c'est ce que laissent entendre ses biographes ofïiciels qui tous lui sont favorables à l'égard des .qualités guerrières et des actes de générosité. Mais on a depuis trop longtemps exposé la vie de Robert de Mortain pour qu'il soit nécessaire d'en parler plus au long, ainsi que nous l'avons déjà dit.

Herluin de Conteville et Ariette ont été inhumés à Gres-

1. Roman de Ron, II, 266, 360. — Orrl. Vifnl, II, 223, 412; III, 246. — And. Duchosne, Hist. Xorm. script, anf., p. 1026, 1027. — M<'-m. soc. Anf. Xorm., IV, 176-179. — II. Sauvnge, Recherches hisf. sur Morlain, p. ")'.\, 76, 82, 106. — L. Dubois, Recherches arch. et hist. sur la \oriu., p. 104-133. — Revue catholirjne de la Normandie, VII, 392.

2. Ducarel, Ant. anglo-normandes, p. 386; planches 39 ol 40. — A propos (le la tapisserie de Bayeux, voy. un récent article de M. Lanore dans la RihliothiTfuede l'École des Charles, t. 1,.\1V, p. 83.

tain '. On assnre aussi que Robert de Mortain mourut dans ce monastère et qu'il y fut enterré auprès de Mathilde de Montgommerv sa première épouse -. Mathilde serait morte, dit-on, en 1085 ou 1087; Robert de Morlain en 1090, ou 1093 ou J104: l'époque précise est inconnue \ Quant à l'heure de la mort d'Herluin et d'Arlelte, aucun récit n'en fait mention : ce silence témoigne combien ces deux personnes ont tenu peu de place dans les traditions des moines de Grestain.

Tels ont été les fondateurs de Grestain, telles sont à peu près les seules traces que son origine a laissées. On regarde donc comme une chose très sûre que l'abbaye a été fondée par Herluin de Conteville. Mais les auteurs du xvii^ siècle, en s'inspirant des anciens manuscrits de Grestain qu'ils disent avoir eu sous les yeux, ont rapporté une légende pieuse, fait mention du prodige qui s'accomplit en faveur d'Herluin et assura sa guérison. Cependant il est difficile de s'imaginer que les choses se sont passées de la façon dont on les a racontées, et de croire qu'Herluin était un lépreux. Le mal qui le rongeait n'était point la lèpre mais l'erreur et le péché qui mettaient en péril sa vie à venir. Il était atteint dune maladie que la foi seule pouvait guérir. De même le duc Rollon s'était vu en songe transporté sur une montagne et purifié de la souillii'iPe de la lèpre par l'eau d'une fontaine limpide ^.

Dans le Xeu.sfriri pia se présente la légende de la fondation et des origines de l'abbaye de Grestain ; c'est un récit tradi-

1. Chron. de Robert de Torigni (édit. Delisle), II, 201. — Xeustria pia, p. b28 : « Quod quidem omnia ejusdem loci vetera monumenta plane atlestanlur. » — Gallia christ., XI, col. 842.

2. Xeustria pia, p. o29. — Sur Mathilde de Montgommery, voy. Hist. de la Congrégation de Savigny, I, ,39, 43 (édit. Laveille).

.3. Plusieurs écrivains ont admis de préférence la date de H04. — Voj'. Pavillon, La vie du br. Robert d'Arbrissel Saumur, 1666 et 1667, in-4), p. 5o4 ; p. 340 et 341. — II. Sauvage, Recherches liist. sur Varr. de Mortain, p. 77.

4. Voir dans Guillaume de Jumiêgcs, <■ D'un songe de Rollon ;>, au livre II, chap. v (trad. Guizoli.

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