‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 117 sur 185 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les Prieurs clnustraux de Vuhhctye de Gresifùn. — Rites. Cérémonies. — Usages.

Nous devrions résumer clans ce chapitre le mode d'organisation intérieure de Fabbaye, ses usages, ses coutumes et ses rites particuliers. Mais rien ne vient nous renseigner à ce sujet. Nous nous bornerons à dire que, comme dans les autres monastères qui suivaient la règle de saint Benoît, l'administration y était répartie en plusieurs offices claustraux : Vaumônier qui distribuait aux pauvres des sommes plus ou moins importantes ; le chambrier ou camérier à qui revenait le soin des vêtements et qui présidait à leur distribution ; le préchantre ou précenteur dont la charge ou fonction était celle du grandchantre dans les cathédrales ; le cellerier qui s'occupait de la nourriture des moines ; le réfectorier ou pitancier placé sous les ordres du cellerier ; le sacriste ou sacristain ou chevecier qui veillait à l'entretien de l'église, dirigeait les offices et conservait les ornements liturgiques. Il n'est parvenu à notre connaissance, aucun document qui permette de faire connaître, en ce qui concerne Grestain, les prérogatives et les revenus attachés à chacun de ces offices monastiques.

Il en est de même pour le phis important des dignitaires, le prieur qui venait immédiatement après l'abbé. Ce fut lui qui, quand le régime des abbés commendataires fut mis en vigueur, se trouva de fait appelé à gouverner seul le monastère, à cause des absences prolongées du titulaire de la commende à une époque où les fonctions abbatiales ne furent plus sérieusement remplies. Les pièces qui ont passé sous nos veux ont

fourni les noms de dix-sept prieurs ; la liste n'est pas longue et elle n'atteint même point le milieu du xv^ siècle. Encore ne savons-nous pas quels faits rattacher à la plupart de ces religieux.

Dom Jean Adam était prieur claustral en Tannée 1480.

Dom Robert Emelinne, prieur claustral, était présent devant les tabellions de Lisieux, au mois d'octobre 1489, en compagnie de l'abbé de Grestain, Guillaume Descalles, et d'un religieux nommé Robert Mauvoisin.

Dom Michel Thirel, fils de Colin ïhirel et frère de Richard ïhirel, avocat à Pont-Audemer, prieur claustral en 1563.

Dom Guillaume Le Lièvre, grand vicaire de l'abbaye, était prieur claustral en 1574. Son nom figure dans un bail du bois du Maharu (19 juin 1574). Le même religieux, présent devant les tabellions d'Orbec en 1582, était sénéchal de l'abbaye.

Dom. Jean Le Merchier, en 1593. Etait prieur et receveur.

Dom Jean de Baillehache, prieur en 1596. Il passade l'abbaye de Grestain dans l'abbaye de Saint-Etienne de Caen.

Dom Jacques Le Carpentier^ était prieur claustral en 1598 et en 1613. Le prieuré de Saint-Xicol faisait partie de ses revenus.

Dom Jean Ae Mercier, prieur en 1615 et en 1633.

Dom Jean-Baptiste Thirel, fils de Michel Thirel, lieutenant général en la vicomte de Pont-Audemer, prieur en 1643. Il avait été religieux profès en 1611 sous l'abbé Pierre Habert, puis il avait reçu les offices de sacristain et de chambrier. L'abbé Sanguin de Saint-Pavin en avait fait son vicaire général, en 1646.

Dom Claude de Grosourdy, prieur en 1657, appartenait à la famille de Grosourdy de Saint-Pierre, alliée aux Thirel, aux Houël et aux Bois-Lévesque. Les Grosourdy avaient été anoblis en 1514. Une branche de cette famille était fixée à Conteville, mais la résidence seigneuriale était à Saint-Pierre-

du-Chàtel. Claude de Grosourdy, amené fort jeune au monastère de Grestain, reçu religieux avant l'âge, fut plus tard pourvu du principal office de Tabbaye.

Dom Louia Jouas, prieur claustral en 1663; infirmier en

Dom Jean Le Painfeur, prieur claustral en 1667 et 1675. Un de ses ascendants, Claude Le Painleur, avait été lieutenant général en la vicomte dllarcourt en 1619. Son frère était receveur de Fabbaye en 1667.

Dom Charles C/ianu^ prieur claustral en 1686, fils de Thomas Chanu, sieur de Précastel. On a de lui une quittance du 24 décembre 1690.

Dom Pierre (TEscalles, prieur claustral en 1701, fils de Hélie d'Escalles ou Descalles, écuyer, est décédé au prieuré de Saijît-Nicol, le 21 juillet 1738; il a été inhumé dans l'église de l'abbaye. Nous avons parlé de sa famille à l'article de Guillaume d'Escalles.

Dom Jean-Baptiste-Ignace Barbe, originaire de Bervillesur-Mer, prieur claustral en 1739-1743. Un inventaire du 14 février 1743, dressé après son décès, décrit des choses bien disparates dans le mobilier de ce religieux : une grande quantité de vaisselle et de linge, des vins et des liqueurs, des fusils, pistolets et couteaux de chasse '. On saisit ce que pouvait alors être certaines abbayes et on comprend les plaintes indignées des évéques.

Dom Guillaume-Nicolas Des Noyer, ancien aumônier de l'abbaye de Preuilly, prieur de Grestain et de Conflans-Sainte- Honorine, est mentionné dans deux actes de 1744 et 1746. Il est décédé à Rouen, chez son frère, le 7 août 1749.

Dom Claude-François Pipard^ dernier prieur de Grestain, nommé à la mense conventuelle de labbaye, le 3 août 1750;

1. FoiKiiiii'r, lircherrliex hisl. aiir liouzi-villi-, p. 171.

184 l'abbaye de NOTKE-DAME de GRESTAIN

s'était retiré à Rouen après la suppression de l'abbaye. Ce religieux est décédé dans cette ville, rue du Renard, paroisse Saint-Gervais, le 29 mai 1773.

Bites. — Cérémonies. — Usages. — Nous n'avons pas à parler des rites de l'ordre prescrit par la règle de saint Benoît, Elle fut longtemps observée à Grestain de même que dans les autres communautés bénédictines. On sait qu'elle comportait l'office de nuit, les leçons, les offices de Prime et de Tierce, la réunion au chapitre, les offices de Sexte et de Noue, le repas, les Vêpres et les Matines, etc., tel était l'emploi du temps d'un moine de Grestain au xiii*^ siècle. Mais les siècles suivants virent enfreindre plus d'une' fois les règles monastiques.

Quant aux usages liturgiques, en ce qui concerne Grestain, nous devrons nous borner à des indications sommaires puisqu'aucun Cérémonial de l'abbaye ne nous est parvenu.

Le 21 mars, jour de la fête de saint Benoît, les religieux se rendaient en procession solennelle, avant la messe, suivis de tous les serviteurs du monastère, à la fontaine de Saint-Benoit qui coulait dans l'enclos. Il était procédé par l'abbé à la bénédiction de cette source, où, la cérémonie accomplie, les assistants laïques étaient autorisés à puiser de l'eau. Lors des sécheresses persistantes, le clergé des villes voisines venait en procession à la fontaine Saint-Benoit de Grestain qui reçoit encore l'eau d'une source abondante.

A peu de distance de l'abbaye, dans le vallon gracieux où s'élève la petite église romane de Carbec, on rencontre deux autres sources vénérées. L une était dédiée à saint Méen, abbé de Gaël. et lautre à saint Chéron, mort au diocèse de Chartres au v^ siècle. Ces deux fontaines n'ont point cessé d'attirer des pèlerins qui croient à l'efficacité de ces eaux pour Sfuérir certaines maladies des enfants. Il existe encore un

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