‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 121 sur 185 · LABBAYE DE NOTRE-DAME DE GRESTAIN · texte numérisé non relu

LABBAYE DE NOTRE-DAME DE GRESTAIN

faitement conservé et décoré d'entrelacs dessinant par leur enchevêtrement des losanges. Sur l'autre chapiteau on trouve comme ornement deux oiseaux affrontés.

Un bâtiment à usage de grange a été élevé sur l'emplacement même de l'église qui s'étendait de l'ouest à l'est, et dont le mur septentrional bordait un des côtés de la cour du cloître. Les galeries du cloître formaient un rectangle sur lequel s'ouvraient, à l'est, diverses salles et la salle capitulaire. L'étage supérieur servait de dortoir aux religieux : le long d'un corridor étaient disposées les cellules, au nombre de seize en l'année 1665. Le dortoir se reliait au transept de Léglise. Au nord, nous plaçons le réfectoire, parallèlement à l'église, puis les cuisines. D'autres bâtiments accessoires, celliers, vestiaires, chambres des hôtes, occupaient le côté occidental du cloître

Quant à la maison abbatiale, elle était séparée des autres édifices de l'abbaye ; un jardin y était annexé. Il se peut faire qu'elle soit aujourd'hui représentée par l'habitation que l'on rencontre au delà de l'église, à gauche; la construction n'a conservé d'ailleurs aucun caractère d'antiquité. Mais il y a, à ce sujet, une tradition qui n'est pas dépourvue de probabilité.

Il n'est pas possible d'aller plus loin dans les détails du plan de Grestain sans s'abandonner à des fantaisies. Gomme nous l'avons dit, on ne possède aucun dessin pour se guider ; les textes sont insuffisants, et, d'autre part, la destruction a été complète : on peut dire sans exagération qu'il n'est pas demeuré pierre sur pierre. Les matériaux sont allés, les uns, servir de remblai aux chemins ruraux, les autres, échouer dans les bâtisses du voisinage. On nous a désigné deux maisons de Ronfleur qui auraient été construites avec les débris des bâtiments de Notre-Dame de Grestain.

Suivant d'autres récits, les églises voisines auraient recueilli quelques épaves du mobilier. On citait à l'appui notamment

l'autel placé dans Téglise paroissiale de Xotre-Dame-du-Val ', lequel avait pour contre-table un tableau où on lisait une inscription du xvii*^ siècle. La note qui suit en tait connaître le texte -.

« 26 juillet 1839. — Je suis allé aujourd'hui à Berville, et, dans l'après-midi, j'ai fait une visite à mon ami le curé de Saint-Pierre que j'ai trouvé dînant avec sa mère. Après quoi, j'ai visité les ruines de l'église de Notre-Dame-du-Val. Les murs et la toiture du chœur sont les seules parties de l'édifice qui soient conservées. La toiture du surplus de l'église est entièrement détruite ; le portail n'existe plus ; les murs adjacents sont presque démolis. Mais l'autel est encore debout ; il est orné d'un tableau représentant Y Annonciation^ au bas duquel, à droite, est l'inscription ci-dessous:

DoM Jehan-B. TmREL, prieur et Grand Vicaire en l'abbaye de Grestain

A FAICT PAINDRÉ les DEUX CHAPPELLES

Ex l'honneur dé Dieu, de la Vierge et De saint Pierre. En 1646. »

Rien dans ces lignes n'indique que, ainsi que M. Canel l'a cru, ce tableau provenait de l'abbaye. L'inscription consacrait simplement le souvenir de réparations faites à deux chapelles de l'église même de Notre-Dame-du-Val, aux frais du prieur de Grestain qui, en sa qualité de grand vicaire, tenait la place de l'abbé.

Ajoutons qu'aujourd'hui les murs et la toiture du chœur de l'église sont en ruines, que l'autel est détruit et que le tableau n'existe plus.

Pour retrouver quelques autres débris comme sculptures,

Page 1