ROULEAUX DES MORTS
participation aux prières et messes des religieux, puis souvent à la sépulture dans le cimetière abbatial '.
On apporta aux moines de Grestain, en l'année 1122, un second rouleau mortuaire.- C'était le fameux rouleau du B. A'ital de Mortain, fondateur du monastère et de la congrégation de Savigny, d'abord anachorète, ermite vivant au milieu des forêts, comme le breton Robert d'Arbrissel qui a créé l'abbaye de Fontevrault, en Anjou.
De même que sur le précédent, les religieux y inscrivent leurs prières. La demande différait un peu de la première, d'abord par les noms des défunts et le rang qu'ils occupent, ensuite par l'insertion de deux pièces de vers dues sans doute à la plume du moine le plus lettré de Tabbaye. Le comte Robert de Mortain est nommé le premier. Viennent après Herluin, Geoffroy, deuxième abbé, des religieux et des laïcs. En voici le texte : ~
« Titulus sanctae Mariae Gresteni.
« Anima ejus et animae omnium fidelium defunctorum requiescant in pace. Orale pro nostris, Roberto, comité, Herluino, Gaufrido, abbate, Godefrido, monacho, Dodone, Amato, Sansone, Mathilde, comitissa, Herleva, Adeleisa, Tescelina, laicis. »
A la suite, on lit deux pièces latines. La première compte quinze vers qui commencent ainsi :
Caria hrevis sensusc/ue carnien breviavit
Nam hrevis est, et mens levis est, nec mulfa prohavit.
Per varias multasque vias est caria ferenda...
I. Onfroi de Vieilles, fondateur ou restaurateur de Notre-Dame de Préaux, mort en 1074, Roger de Beaumont décédé en 1094, Robert III de Meulan, décédé à Préaux en 1118, avaient revêtu l'habit monastique et furent inhumés dans l'église de l'abbaye de Préaux.
42 l'abbaye de NOTRE-DAME DE GBEST4IN
La seconde est composée de vingWneuf vers :
Non stupeas hominem per casiim morlis inanem Ex se materiam dare paulo post lutulentam, Quam veluti fertar, vernies de tahe creati Diminuant penitus '..,
Deux noms inscrits sur le second rouleau des morts apporté à Grestain méritent d'être notés : celui à' Ariette (Herleva) et celui à'Adelise ou Adelaïs (Adeleisa). Ce dernier peut désigner une fille d'Arletle que des auteurs appellent Muriel.
En outre on remarquera que les deux rouleaux font mention de plusieurs laïcs, cela tient à ce que les monastères avaient la prérogative d'enterrer les laïcs dans le cimetière abbatial, droit qui était mal vu par le clergé séculier, mais que des bulles papales avaient confirmé.
IV. — Herbert était moine de Grestain ~ quand il fut élu abbé, au mois de septembre 1139. Les vers qui suivent concernent cet abbé :
Decedil Fulco, lu'r justus, pacis amalor. Gresteni monachis Herherlas paslor habelur.
(Foulque, homme vertueux et ami de la paix, étant décédé, Herbert devient le pasteur des moines de Grestain.)
Sous son gouvernement, en l'an 1141-1142, le jour de la fête des saints apôtres Pierre et Paul, Jean, évêque de Sées, fut envoyé à Grestain par Jean, évêque de Lisieux. Ce prélat bénit le cimetière, conféra aux frères les ordres jusqu'au diaconat, consacra les autels de la Sainte-Trinité, de Saint-Pierre et de Saint-Nicolas. Précédemment, en l'année 1140, le