L. Delisle, Rouleaux des morts, p
2. Moine de Saint-Martin de Sées, d'après Robert de Torigni (Chron. II, 202). 11 y a sans doute confusion avec le précédent.
LES ABBES REGULIERS
même abbé avait agrandi Téglise et l'avait embellie. Il mourut presque centenaire, le 15 janvier de l'an 1179. On l'inhuma dans l'abbaye à côté dé ses prédécesseurs. Les vers qui suivent rappelèrent sa mémoire. Il faut lire: année 1180
(n. st.) :
Ahhns Herherlus decessif, vir venerandus ; Lumen erut caeco, pes claiido, parus egeno ' ; Anno inilleno, centeno septuageno Nono, Nalalis Domini januario mediante.
(L'abbé Herbert, homme vénérable, mourut vers le milieu du mois de janvier après Noël, l'an mil cent soixante et dixneuf. Il était Tœil de l'aveugle, le pied du boiteux, le pain des pauvres.)
L'évêque d'Avranches a emprunté une information à Robert du Mont ^ lorsqu'il ajoute: le couvent de Grestain suivit les constitutions de Saint-Wandrille et de Préaux et il en reçut des religieux.
Le cinquième en rang parmi les supérieurs de l'abbaye a été Guillaume, religieux du Bec, élu à la dignité d'abbé au mois d'avril 1179, suivant le témoignage des vers suivants :
Mense sut aprili quidam monachorum
Nomine Guillelmus Gresteni sede localur.
(Au mois d'avril un des moines [du Bec] nommé Guillaume est placé à la tête de Tabbaye de Grestain.)
Robert du Mont en a fait mention dans le passage qui suit : « L'abbé de Grestain mourut et Guillaume d'Exeter lui succéda •^. »
1. Dans loffice de S^int-Jean de Kenti, au 20 octobre, on lit ce (lui suit :
Oculus fui caeco et pes claudo ; Pater eram pauperuni.
■2. Chron. de Bohert de Torigni, II, p. 202 (éd. Delisle).
3. /(/., II, p. 80. — Chronique du Bec, ms. lat. 1288i, 2'- part., fol. 239.
44 L ABHAYE DE NOTRE-DAME DE GRESTAIN
Il y a lieu de s'arrêter un instant sur cet abbé '.
Herbert était encore abbé de Grestain quand Arnoul, évêque de Lisieux, apaisa le différend qui s'était élevé entre les religieux de Sainte-Barbe-en-Auge, d'une part, et ceux de Grestain, d'autre part, au sujet des dîmes de Odonis-Marisco (Doux-Marais). Il régla le partage égal de ces dîmes entre les deux monastères '-. ^
Le même abbé Herbert figure comme témoin dans la charte de donation de Sainte-Mère-Église (Xotre-Dame-du-A^al) à Eustache, fils de Richard de Trege ville (Trique villej de 40 sols de rente à prendre sur le moulin appelé de l'Evêque ^. L'abbé de Grestain était présentateur à la cure de Triqueville.
Durant l'administration de l'abbé Guillaume qui suit, l'abbaye de Grestain a traversé une période difficile. C'est ici le lieu de rappeler des scènes de violence qui se produisirent à cette époque ; nous le ferons en nous bornant à citer des lettres d'un évêque de Lisieux.
V. — Guillaume P'" Huband ou d'Exeter. C'était un moine de l'abbaye du Bec-Hellouin qui fut nommé abbé de Grestain en l'année 11 80, au mois d'avril^, puis il fut transféré au gouvernement de Saint-Martin de Pontoise en l'année 1185.
Cet abbé, par son genre de vie, apparaît, dans les temps reculés où l'état moral des établissements monastiques laissait beaucoup à désirer, moins comme un religieux aux habitudes claustrales que comme un seigneur châtelain. Il n'avait pas été plutôt élu qu'il passa en Angleterre ; l'abbaye de Gres-
1. Les paragraphes qui précèdent sont traduits du Xeustria pia; mais nous assignons à Guillaume d'Exeter le cinquième rang.
2. Mém. soc. ant. de Xormandie, VII, p. 9o, n° lo ; p. 124, n° 229. La paroisse de Douxmarais a été réunie, en 1836, à la paroisse de Saint-Maclou-en-Auge, sous le nom de Sainte-Marie-aux-Anglais arr. de Lisieux).