Nouveaux essais sur la ville de Caen, II
raient un grand désastre. Dès le début des hostilités, bien que les côtes de la mer, de la Risle à la Touques, eussent été occupées par des troupes plus ou moins disciplinées, l'abbaye n'avait pas eu trop à souffrir des infortunes de la guerre. Dix années se passèrent sans grands dommages (1346-1355). Mais les religieux ne pouvaient se sauver du danger.
Pendant les six derniers mois de l'année 1356, les gens de guerre français et les bandes anglo-navarraises sont en mouvement dans la contrée. Au mois de juin, Pont-Audemer qu'occupe une garnison de Navarrais est assiégée par Robert de Ploudetot, le sénéchal d'Eu, le sire de Villequier, Robert de Glermont, l'amiral Le Baudrain de la Heuse et a grant route de gens d'armes ». L'approche du duc de Lancastre à la tête de dix mille hommes environ fit lever le siège. Venant des frontières de la Bretagne, les Anglais avaient traversé la partie de la Normandie qui forme actuellement le département du Calvados en ravageant tout, en abattant les châteaux, détruisant les églises et les monastères, en affamant le pays. On rapporte que dans la campagne de Caen les habitants d'un grand nombre de paroisses abandonnèrent leurs foyers et qu'ils n'y avaient pas encore reparu au bout de quinze à seize ans '. Cette chevauchée désastreuse n'avait pas duré plus de vingt jours ~.
Au mois d'août 1356, on reprit le siège de Pont-Audemer; la ville se rendit par traité.
Enfin au mois de novembre les Anglo-Navarrais se jetèrent de nouveau sur Pont-Audemer, prirent la ville, la pillèrent et y mirent le feu '^. Ce fut peu après le tour de Honfleur. Six