‹ L'abbaye de Saint-Étienne de Caen, 1066-1790Chapitre 14 sur 107 · HUGUES DE JUVIGNY , 26«. ABBÉ · texte numérisé non relu

HUGUES DE JUVIGNY , 26«. ABBÉ

I4td-i4«d.

Le pape Martin Y se bâta d'écrire à Henri Yi auquel il donne le titre de roi des François , pour l'informer qu'il avait constitué Hugues, moine de Gaen, maître ès-arts, en qualité d'abbé de l'abbaye de St.-Étienne, à la place de Guillaume Gavé , qui avait résigué ses fonctions pour des motifs raisonnables et qu'il avait acceptés. Son zèle pour la religion , la pureté de ses mœurs, sa connaissance des choses, tant spirituelles que temporelles, sa prudence et ses autres vertus, lui étaient attestés par l'approbation unanime des religieux du monastère qui l'avaient supplié de le mettre à leur tète. Le pape priait i sa sérénité royale s de prendre sous sa protection l'abbé Hugues et le monastère, afin que, forts de son appui tutélaire, ils pussent réussir dans l'accomplissement de leurs devoirs.

L'abbé Hugues de Juvigny était, selon Jean de Baillehache, fils de Guillaume, seigneur de Juvigny et de Neubourg, dans le comté de

(4) (N**. S5,6S8 et S5,GS9 }. L*abbé De La Roe suppoie encore que c*était la bienbearease Collette, rérormatrice des religieuses de sainte Claire. Autorisée par rauti-pape Pierre de Luna, elle voyagea beaucoup pour cette réforme et séjourna dans plusieurs Tilles de France. Elle mourut à Gand, en iikÂ6.

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Mortaio. Son administration fut active et féconde. II demanda d'abord et obtint du roi l'autorisation de percevoir certains impôts extraordinaires pour réparer les fortifications de Tabbaye. Voici les lettres par lesquelles le roi d'Angleterre autorisa les religieux à lever, sur leurs vassaux du Bourg-l'Abbé , les mêmes impôts que Ton percevait dans la ville pour l'entretien des murs , c'est-à-dire 20 sous sur chaque pipe de vin et 5 sur chaque tonneau de cidre vendu en détail :

Henry 9 parla grâce de Dieu, roi de France et d'Angleterre , à tous ceulz qui ces présentes lettres verront, salut Savoir faisons que nous, à la supplicacion de nos bien amez les religieux abbé et convent de Saint Estienne de Caen , considérant le besoing qui est à présent de fortifier et garder la dite abbaie, la quelle est située hors des murs et closture de la dite ville de Caen, les quelles fortificadons et garde les diz suppliants , pour les grans charges, pertes et domages qu'ilz ont eues et soufertes au temps passé, par le fait de nos guerres, et souffrent encore de jour en jour en plusieurs manières, ne pourroient faire sans nostre aide ; attendu que pour ceste cause, devant la descente en Nonnendie de notre très honoré seigneur et père cui Dieu pardoint , leur fut otrié prendre sur leurs hommes et subgés en leur bourg, et sur leurs dits hommes et subgés estans es mettes de la banlieue de Caen et hors les murs et closture d'icelle ville de Caen, certain aide ; nous, pour considéracion des choses dessus dites , aus dits suppliants avons ottroié et ottroions de grâce espécial par ces présentes que , non obstans les lettres des aides que avons , aux bourgois et habitanz de la dite ville de Caen , ottroiées , iceulx supplians aient et prengnent sur leurs hommes et tenans demonrans en leur bourg et seigneurie appelé le bourg Tabbé et ailleurs environ la dite ville de Caen et forsbourgs d'icelle , jusques à im an à compter de la Saint Michel , semblable aide comme par nostre ottroy les bourgois et habitans de la dite ville de Caen ont levé et prins ou temps passé en icelle ville et lieux dessus diz : c'est assavoir , sur chascune pippe de vin vint soulz ; sur chacun tonnel de menuz beuvrage, comme sidre, cerveise, vendus à détail, cinq solz ; pour tourner et con- Tertir en repparations et fortificacions de la dite abbaie et non ailleurs ; pourvu toutes voies que les aides de nos guerres ne soient retardés ou empeschés et que ces présentes soient veriffîées par le trésorier de nos finances et que la plus grant et saine partie dez dits habitans se consente à ce ; et que lesdiz suppliants ou leurs commis à ce soient tenuz rendre compte de ce que reçu en auront, par devant notre bailli de Caen ou son lieutenant ou autre à qui il appartiendra. Sy donnons et mandons par ces présentes à nos amez et féaulx gens de noz comptes , trésoriers et généraulx gouverneurs de toutes nos finances , tant en France que en Nonnendie , au bailli de Caen ou à son lieutenant et à touz autres à qui il appartiendra que les diz suppliants Usfacent, soufTrent et laissent jouir et user paisiblement de notre présente grâce et ottroy, sans les empescher faire en aucune manière , au contraire. Car ainsi nous plaist-U, et voulons

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estre fais y non obstant que les diz babitans d'icelle ville de Gaen aient obtenu de nous ou de nostre court semblable grâce et ottroy et quelxconques lettres subreptrices à ce contraires. En tesmoig de ce nous avons fait mettre nostre scel à ces présentes.

Donné à Paris le vint""^ jour de Janvier^ Tan de gjace mil GCGG trente deux, et de notre règne le XP. (1).

Les travaux se poursuivirent avec vigueur jusqu'en l'année ibSA. Mais les Anglais, voyant que les Communes du bailliage se rassemblaient autour de la ville, craignirent qu'elles n'en devinssent facilement maîtresses, si elles parvenaient à s'emparer de l'abbaye. Henri YI, par ses lettres du 18 février de la même année, ordonna que l'on abaissât une des murailles de la ville, du côté de l'abbaye, de manière qu'on pût jeter, au besoin, un pont d'un mur à l'autre, et aller défendre la forteresse contre l'ennemi.

Cette mesure ne rassura pas les moines et, le 29 du même mois, ils obtinrent d'autres lettres-patentes qui ordonnèrent aux habitants de la ville de Caen de mettre les fortifications de l'abbaye en bon état, et de supporter la moitié des frais de construction. Cette précaution fut tout-àfait inutile, car, l'année suivante, en iA3&, la Noblesse et les Communes, mécontentes du joug des Anglais, se rassemblèrent au nombre de plus de 50,000 hommes, cernèrent Caen, s'emparèrent de l'abbaye et en démantelèrent les fortifications du côté de la ville, sans que les Anglais s'occupassent d'en empêcher. Les habitants avaient eu soin d'enlever les armes et les provisions qui se trouvaient dans l'abbaye , pour les dérober aux Communes, dans la prévision de leur triomphe. Elles furent donc obligées de renoncer à s'emparer de la ville et se retirèrent.

Après leur départ , les Anglais pillèrent tout le mobilier de l'abbaye qu'elles avaient respecté ; ce qui lui causa un préjudice irréparable.

En i/i31 , Henri YI , ou plutôt son oncle, le duc de Bedford , avait définitivement constitué l'Université de Caen, dont les ^tuts furent, cinq ans après , confirmés par le pape Eugène IV ; l'évêque de Bayeux et le bailli de Caen en furent déclarés conservateurs. Dans la procession solennelle qui eut lieu en lA/iO, pour célébrer la fondation d'une institution entourée à sa naissance des plus vives sympathies, ce

(i) Copie sur parchemin , Arcb. du Calvados, SuppUmenU

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fut Tabbé Hugues de Juvigny , qci présida avec la mtlrc et la crosse , assisté de ses religieux; de Hugues, abbé de St. -Martin de Troarn, de Nicolas, abbé de Notre-Dame d'Aunay, de Jean, abbé de St.-Ëtienne de PoDtenay, de Robert, abbé de Notre-Dame d'Ârdennes, de Jean, abbé de St-Taurind'Évreux, et de Jacques, abbé de St\ -Barbe-en -Ange, tous convoqués par Micbel Trégore, premier recteur de 1* université.

Le 29 septembre de la même année, un habitant de la ville, Ambroise de Loré flt « cette brave entreprise > dont la pensée, au milieu du spectacle des désastres de cette époque, réjouissait le cœur de notre bon historien, de Bras. Suivi d'un petit nombre de compagnons, il se jeta sur les Anglais , réunis au champ de Toire de St. -Michel , qui appartenait à Tabbaye, en tua un assez grand nombre et emmena trois mille prisonniers.

En 1429, Févèque de Bayeux et les religieux de St.-Étienne avaient eu une contestation , au sujet d'une maison que ceux-ci avaient fait construire, à Luc, devant la chapelle de la Délivrande. L'évèque prétendait , qu'en vertu de son droit de la foire de la Chandeleur, à Douvres, cette maison lui appartenait, et qu'elle avait été construite au préjudice de sa baronnie de Douvres. D'un autre côté, les religieux soutenaient que la maison était bien à eux , comme ayant été bâtie sur leur fief et seigneurie de Luc, dans lequel ils avaient toujours joui du droit de poids et mesures, comme ils en jouissaient dans leur bourg de Caen.

L'affaire fut renvoyée devant le prévôt du Châtelet de Paris par le bailli de Caen , et il fut établi que tous les droits de foire et de marché appartenaient à l'évèque de Bayeux, même sur le terrain qui relevait de l'abbaye , et ce ne Tut qu'après avoir reconnu ce droit que l'abbaye put conserver la propriété de la maison. Plus tard, en 1453, une autre maison ayant été commencée sur une pièce de terre située à la Délivrande et dépendante de la seigneurie de Luc, il fut reconnu devant les tabellions de Caen , par l'abbé Hugues de Juvigny , que les droits mentionnés cidessus appartenaient à l'évèque et que l'on ne pouvait bâtir aucune maison à Luc ou à la Délivrande, sans son consentement.

L'abbé Hugues échangea, en 1435, la dtme de Bosel contre celle de Mouen , avec l'abbaye du Plessis-Grimoult, qui s'engagea à payer dix livres tournois de rente, pour plus-value (1).

(i) Cartulaire du Plessb-Grimoult, Rose!, f«. x (ArchÎTesdu Calfados).

i58 ABBATB DE SAlNT*éXlBNNB DE GAEN.

Par une seotence du bailli de Gaeo de Tan i&S7 , Tabbaye fut maiotenae dans ses droits de la foire de St-Étienae.

Les abbés et religieux d'Ardenne avaient fait des tentatives pour s^emparer de quelques dîmes du Bourg-PAbbé et de plusieurs autres parties du territoire de Caeu, qui appartenaient aux religieux de St. -Etienne. Une commission fut donnée, à la requête de ceux-ci, à Paul de St'.-Fol, chapelain du pape Eugène lY , pour faire venir les premiers en cour de Rome, afin d'y rendre compte de leurs usurpations.

L'abbé Hugues acheta, en i&37, de Guillaume et de Foulques de Bailleui, fils de Henry deBailleul, chevalier, le fief de Trousseauville , situé dans les vicomtes d'Auge et de Falaise, ainsi que le patronage de l'église et tous les autres droits du même fief.

En Ift/tS, Henri YI, roi de France et d'Angleterre, adressa au bailli de Caen des lettres-royaux pour autoriser les religieux de SL-ÉUeone à procéder contre ceux du Yal-Richer, pour obtenir le paiement de diverses redevances , à prendre sur les héritages situés à Hérou ville

L'historien des Évèques de Bayeux , Hermant , assure que l'abbé Hugues fut excommunié, en 1&&2, par Zanon de Gastillon, 58\ évèque de Bayeux (1). Prenant trop au sérieux, sans doute, les exemptions spirituelles accordées à son abbaye par les papes, il avait opposé aux ordres de l'évéque une résistance obstinée, et il avait même fait mettre dans la prison de l'abbaye un clerc qui lui portait une assignation de la part du prélat. Le pape auquel il en appela le déchargea de toutes les censures prononcées contre lui; l'évéque tint l)on et l'abbé de St. -Etienne n'obtint l'absolution qu'après avoir transigé avec l'évéque. Les Bénédictins de Sl -Etienne ont toujours nié qu'une excommunication ait jamais pu être prononcée contre un de leurs abbés , la bulle du pape Alexandre II ayant formellement interdit ce droit aux évèques de Bayeux. Ce qui pourrait cependant nous faire croire à la réalité du fait, c'est que nous voyons, en i&&5 , l'abbé Hugues demander au pape Eugène lY, une bulle confirmative de celle d'Alexandre II. Le Souverain Pontife défendit à toutes personnes , tant séculières que régulières . de troubler en aucune façon l'abbaye, et rappela aux évèques qu'ils ne pouvaient

(i) Hermam. p. 33S, d*après le livre Noir du diocèse de Bayeux.

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Taire aucun procès aux abbés de SL-Étieone, à moins qu*au préalable, le pape n^en eût été établi juge. Eugène IV déclarait expressément qu*en cela il ne conférait pas à TablMiye des droits nouveaux , mais quMl ne faisait que rappeler des droits depuis long-temps conférés (1).

Une autre bulle donnée à Rome au mois de juin l/i&S, par le pape Nicolas y , à la sollicitation t de Tillnstre roi d'Angleterre et de France Henri YI > et de Tabbé de St. -Etienne, donnait mission aux abbés de St\- Catberine-du-Mont , à Rouen , de Fécamp et de Notre-Dame d* Ardenne , de s'entendre pour veiller à ce qu'aucune tentative d'usurpation ne fût faite contre l'abbaye de St. -Etienne de Caen, de la part de toutes personnes séculières ou régulières, archevêques, évoques, prélats et clercs, ducs, marquis, barons, nobles, chevaliers, communes, universités, villes, chftteaux, villages et autres lieux.

Une lettre de Henri Yi, rappelant le pillage dont l'abbaye avait eu à souffrir lors de l'invasion des Communes, donna à l'abbaye et aux religieux le droit de poursuivre le jugement des causes pendantes en l'Échiquier de Rouen, sans avoir besoin de produire les pièces ou les titres, qu'il ne leur était plus possible de retrouver.

Henry ^ par la grâce de Dieu roi de France et d'Angleterre , à nos amez et féaolx consetilers qui tiendront nostre prochain eschiqnier de Normandie , salut et dUection : Receoe avons humble supplication de nos bien âmes les religieux , abbé et couvent de S. Estienne de Gaen, de fondation royal , contenant comme à l'occasion et pour le fait de la guerre, la dosture et muraiUe de leur église ont esté démoUe et abattue et les dits suppliant desclos; et que au temps de l'assemblée ou rébellion des Communes qui furent devant notre viUe de Gaen , et entrèrent à puissamce dedens la dite église et abbaie , les biens , lettres , escriptures et choses que l'on y peut trouver (tarent prtns» emportes , piUés etperdns, mesmement les coffres et dostures d'iceUe abbaye rompus et froissés , et les chambres et tout mis à ouverture et aba9donnés; et depuis y ont esté faictes autres romptnres , piUeries,robberies par gens de guerre, et pour ces causes et mc^ens ou autrement ont esté perdues ou adirées plusieurs lettres 9 escriptures , procès , doUéances et jugements, sertissants Juridiction en nostre escbiquier , touchant et qui regardent la droiture et defltense des dits exposans , à rencontre de nous et de notre procureux ; lesquelles escriptures icenlx exposans ne peuvent recouvrer; mesmement que aucuns des Juges devant les quieulx les dits Juge-

Ci j Per boc autem nullam Jus de noro folomut aoqQiri, ted aotiqauoi Untummodo cooserrari.

l&O ABBATB DB SAINT-ÉTIBNNE DB GABIf.

ments ont esté plaidez et des advocats qui les plaidèrent , et aussi l'abbé qui lors estoit et aucuns des religieux qui avoient la charge et congnoissance des dits procès sont allés de vie à trespassement ; par quoy les dits exposans ne se sauroient seurement présenter au dit eschiquier en chacune des dites causses et procès particulièrement ne distinctement^ ainsi que faire se doit ; et par ce ponrroient estre en danger d*estre privés de leurs droitures , se sur ce ne leur estoit pourveu de nostre gradeulx et convenable remède , et comme ils dient et nous très humblement requèrent icelui ; pour ce est-il que nous, qui sommes protecteur des églises, et en espécial de celles qui sont de nostre seigneurie, avons octroie et octroions de grâce e^dal, par ces présentes, que en baillant par eulx particulièrement déclaration en icelui eschiquier contre nous et notre procureur dont ilz povent avoir connoissance, en espécial de celles qui seroient advenues depuis les temps que les dites Communes entrèrent en leur dit hostel, ils soient receuz à eulx présenter en termes généraux pour toutes les autres causes, querelles et procès qu'ilz ont audit esdiiquier, contre nos et notre dit procureur, des quelles ils affermeront en leur conscience n'en avoir aucune congnoissance.

Si vous mandons que aux dictes présentadons , faites comme dict est, vous recevrez les dits suppléans ; voulant que les dites présentations leur vaillent et soient d*autel vertu comme se faictes estoient particulièrement en chacune cause à part , saulves les raisons des parties, en toutes choses, car ainsi nous plalst-il et voulions estre faict, nonobstant toutes coustume , stille et lettres surreptrlces , impétrées ou à bnpétrer , à ce contraires , par ce toutes voies que se ilz ou aucunes de leurs parties adverses vottlloient procéder ou dit eschiquier en aulcunes de leurs causes faire, le pourront et y pourra une partie contraindre l'autre , supposé que ce fust en ce des causes en quoy les dits religieux abbé et convent ne se fussent point présentez en particullier.

Donné à Rouen le XI'. jour d'octobre l'an de grâce l&/i8 et de nostre règne le 26^ AhDisi signé par le Roy à la relation de W. le duc de Sommerset, lieutenant-général et gouverneur de France et Normandie ^i).

Le moment était arrivé , où la Normandie , conquise par les généraux de Charles YII , allait , comme le reste de la France , miraculeusement sauvée par la vierge de Yaucouleurs , échapper pour toujours à la domination anglaise. L'abbé Hugues de Juvigny, qui avait ressenti toutes les douleurs de l'invasion, et dont Tadministration avait eu à souffrir des désastres de la guerre , vécut encore assez long-temps pour obtenir du roi de France les moyens de réparer une partie des maux causés à son abbaye pendant Toccupation étrangère.

(I) Bibliothèque impériale, cartulaire de SU -Etienne, manuscrit de Gaignières, S06.

HISTOIRE. — 3*. EPOQUE, 1/150-1562. lAi

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