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coup de tonnerre qa*à peine en a-t*on jamais entendu un plus violent; et la nuée crevant, le tonnerre vint fondre sur la pointe d'une des tours de notre église, située du c6té de T Évangile, joignant la chapelle Hatbout , et la réduisit en cendres jusqu'à la profondeur d'environ 15 à 20 pieds. » Ils ajoutaient que cet accident arrivé dans un temps où ils songeaient à construire le dortoir qu'ils voulaient substituer aux cellules ou lx)ttes de sapin qu'ils habitaient, les avait forcés de renoncer au travail , c ne voulant pas abandonner la réédification de la tour déshonorée, t Le 30 décembre 1705, un violent orage, dont les effets s'étaient fait sentir non^seulement dans leur abbaye , mais encore dans leurs propriétés de Bretteville-rOrgueilleuse et en plusieurs autres lieux, leur avait encore imposé de grandes dépenses. Ils avaient été obligés de consacrer aux réparations nécessitées par ce désastre , toute l'ardoise quMIs avaient fait venir d'Angers, il y avait plusieurs années, pour les nouveaux bfttiments qu'ils se proposaient de construire.
Uabbé Le Tellier leur répondit que les termes de son concordat le dispensaient de participer à ces dépenses de réparations et qu'il les laissait par conséquent, comme il en avait le droit, entièrement à leur chaîne.
A cette époque eurent lieu d'abord dans l'enceinte de l'abbaye et plus tard dans l'église de St. -Nicolas des scènes déplorables.
Les doctrines professées au monastère de St. -Etienne, ou développées dans les thèses qui y étaient soutenues , n'avaient cessé d'être , comme nous l'avons vu , tenues en suspicion par l'évèque de Bayeux , assez disposé à tirer parti de toutes les occasions où il trouverait les Béq^dictins en défaut (1). Il est probable que ceux-ci, de leur c6té , avaient donné à Mg*. de Nesmond plus d'une preuve de leur mauvais vouloir.
D. Louis Clouet, professeur en théologie, fit imprimer des thèses qvMl distribua dans la ville et qu'il devait soutenir dans la grande salle de l'abbaye , le mercredi 19 et le jeudi 20 mai 1706. Il apprit que l'évèque de Bayeux était à Caen. 11 alla lui présenter ses thèses et le prier d'assister à la soutenance. Mg'. lui répondit que , s'il y assistait , il ne
(1) Mg'. de Nesmond avait mis le plus grand soin ft Taire signer chaque année, par les Béuédictinx, le roiTOttlaire dn pape Alexandre VII.
286 ABBATB DE SAINT-ÉTIÊNNB DE GABll.
pourrait s'y rendre qu'assez tard. Une quereUe suscitée par la question de préséance existant alors entre l*évêque et le recteur de TUniversité, il avait été décidé , pour éviter toute espèce de conflit, que ce Corps savant n'assisterait pas aux thèses soutenues dans Tabbaye , lorsqu^il pourrait craindre de s'y rencontrer avec Mg*. de Nesmond. D. Clouel eut l'imprudence d'écrire au recteur et aux professeurs des différentes Facultés que Sa Grandeur ayant annoncé l'intention de ne pas aller à l'abbaye, il se trouverait très-heureux de pouvoir soutenir ses thèses devant eux. Tous s'y rendirent et la cérémonie commença , en présence d'une nombreuse assemblée.
On prévoit ce qui arriva. L'évèque de Bayeux survint au moment où l'on s'y attendait le moins. Il voit le recteur, M. Hallot, assis à la place d'honneur; il se persuade que les religieux ont eu l'intention de l'offenser, en ouvrant la séance avant son arrivée, et en le plaçant à l'égard du recteur et de l'Université dans une position compromettante pour sa dignité. Jaloux de ses prérogatives , il apostrophe avec hauteur le recteur, les professeurs et les religieux, qui se confondent en excuses et ne peuvent calmer son ressentiment.
Si nous nous en rapportions aux dépositions des religieux , tous les torts auraient été du c6té de Monseigneur de Bayeux qui , le lendemain , se montra encore plus violent, comme nous l'apprend un témoin oculaire, dont la relation s'accorde sur ce point avec celle des Bénédictins et qui atteste comme eux que plusieurs assistants, et entr'autres M. de Grèvecœur, conseiller auprésidial, furent obligés d'intervenir pour modérer Tem-r portement de l'évèque de Bayeux (i).
Nous voudrions pouvoir passer sous silence les faits que nous avons encore à raconter, pour en Gnir avec les querelles survenues entre l'évèque et l'abbaye; mais l'historien n'a pas le droit de sMpprimer, au gré de ses désirs, les faits qui se présentent devant lui, lorsqu'ils sont de nature à caractériser les temps, les institutions ou les hommes.
Les Bénédictins de St. -Etienne avaient trouvé depuis quelques années dans un nouveau vicaire de St. -Nicolas , M. Isaac Brodon , iin ennemi
;^i) Journal d'un bimrgeoiê de Caen , i652-i789, p. iOI^
HiSTOiBB.— 5\ ÉPOQUE, 1663-1790. 287
déclaré de leur cxemptioD , et cet ecclésiastique avait saisi toutes les occasions qui avaient pu s'offrir de se soustraire à leur juridiction.
Ils firent annoncer, en 1706, l'intention oii ils étaient de Taire chanter un Te Deum, dans Téglise de St. -Etienne, en actions de grâces de ta victoire remportée, le 22 du mois de mai de la même année, par le duc de Vendôme. Le curé Brodon engagea Mg'. de Nesmond à donner ordre à lui et an curé de St.-Ouen d'assister à un autre Te Deum^ qu'il célébrerait lui-même, dans l'église de St.- Pierre, lui promettant qu'ils assisteraient à la cérémonie présidée par l'Ëvéque et ne se rendraient pas à celle des Bénédictins. C'est ce qu'ils firent , malgré les sommations qui leur furent données par ces derniers, qui, ayant pour la dixième fois recours à la justice séculière , obtinrent encore de la Cour de llouen un arrêt confirmatif de leurs privilèges. Les curés de àSt. -Nicolas et de St.- Ouen furent donc condamnés à répondre désormais sans résistance aux appels qui leur seraient faits par les religieux , soit pour se rendre dans leur église aux jours de fêtes solennelles, soit pour les accompagner dans leurs processions , soit pour se présenter devant leur prieur , lorsqu'ils en seraient requis , à peine de 50 livres d'amende.
L'année suivante , la victoire d'Almanza , remportée par le duc de Berwick , ayant dû être célébrée par un nouveau Te Deum , les Bénédictins le firent chanter dans l'église St. -Etienne, le même jour où Mg^ de Nesmond le faisait chanter de son côté dans l'église de St.-Pierre. Au moment où ils allaient commencer la cérémonie avec le clergé de St.- Ouen et de Sl.-Nicolas, forcés par l'arrêt du Parlement de se réunir à eux , ils reçurent de l'évêque de Bayeux une lettre qui leur défendait expressément de chanter le Te Deum dans leur église, au moment où il se disposait lui-même à le faire dans une autre église de la ville , attendu que ce serait manquer de respect à sa dignité épiscopale et préjudicier à ses autres droits. Les religieux achevèrent la solennité et lui firent répondre qu'ils étaient trop bons et fidèles sujets de Sa Majesté, pour différer de rendre à Dieu des actions de grâces à l'occasion des succès de ses armes, et qu'ils ne portaient, en agissant ainsi, aucune atteinte aux droits de Sa Grandeur , puisque déjà le Te Deum avait été chanté plus de dix jours auparavant dans la cathédrale de Bayeux.
Plainte fut portée par Mg'. de Nesmond au Conseil du roi» Les supé*
^88 ABBATE DE SAlNT-lÎTlfiKNB DE CABX
rieurs de la Congrégation de saint Maur intervinrent, en faveur de Fabbaye , auprès de M. de La Yrillère , commissaire nommé pour l^examen de la question; et après de nombreux débats, Tévèque de Bayeux, qui était allé à Versailles demander justice ù Louis XIY lui-même, Tut obligé de s*en rapporter aux précédents arrêts , par lesquels le Parlement de Rouen avait suffisamment établi les droits des Bénédictins de St. -Etienne et ceux de leur supérieur ecclésiastique.
Pendant qu'avaient eu lieu ces diverses contestations relatives à la biérarcbie, Tévèque de Bayeux avait fait soumettre à un examen sévère les thèses soutenues dans Tabbaye, depuis buit ou neuf années. Il condamna publiquement, en 1707, un certain nombre de propositions qui en avaient été extraites. D. Massoet écrivit à ce sujet un ouvrage étendu , qui, au jugement de Dupin, étsiit digne de Pérudition de son auteur, et démontrait que les propositions censurées étaient inattaquables. Le même écrivain cite parmi ces propositions celle-ci, dans laquelle, dit-il, il n*est pas facile d^apercevoir ce qui avait pu donner matière à la note d'hérésie: < La Salutation angélique a commencé d'être en usage dans le XI1\ siècle ; mais les paroles Sancta Maria semblent y avoir été ajoutées dans le XYI*. t En y regardant de plus près, le savant auteur de la Biblicihique ecclésiastique aurait trouvé peut-être , parmi les nombreuses propositions condamnées par Mg'. de Nesmond , des doctrines ou des assertions plus contestables que celle-ci , au point de vue de la foi.
Quoi qu'il en soit, les censures dont les thèses des religieux étaient frappées , auraient eu beaucoup plus d'autorité , si l'opinion publique eût pu y voir uniquement l'eflet d'un zèle pur et désintéressé pour le maintien de l'orthodoxie. Mais personne n'ignorait les sentiments dont l'evêque de Bayeux était animé contre les religieux, et lui-même ne songeait nullement à les dissimuler. Profitant avec empressement de toutes les occasions qui lui donnaient sur eux quelque prise , il fit citer devant Tofficial de Bayeux, un des vicaires de St.-Nicolas, le S'. Hardy, surpris en état d'ivresse, au moment oti il sortait de la mtiison de D. de Moges, un des anciens religieux, qui, comme quelques-uns de ses confrères, menait une vie déréglée, abusant de la liberté que lui laissait le concordat fait entre les anciens et les nouveaux Bénédictins. Ceux-ci se bâtèrent, pour maintenir leur juridiction, de faire citer le vicaire Hardy devant leur
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propre oOicialUé et le soumirent à la péniteoce canonique qu*i! n'avait, du reste, que trop bien méritée, car les Bénédictins avouèrent t quMI se
• rendait journellement chez le S', de Moges où il Taliait boire sans dis-
• continuer, usque ad saîietaîem. » Le promoteur du diocèse, M. du Bonceray , n'en fit pas moins signiGer au S'. Hardy une sentence qui le condamnait à comparaître personnellement devant TofiScial de Bayeux , et le vicaire, par le conseil des religieux , appela de cette sentence, comme d'abus • au Parlement de Konen.
Ce fut alors que Mg'. de Nesmond prit la résolution d'aller attaquer les Bénédictins, quMl considérait comme ses ennemis irréconciliables, jusque dans leur propre paroisse, dans l'église de St. -Nicolas, où il se rendit en grand appareil, le 3 juillet 1707.
Le procès- verbal de celte visite, dressé évidemment sous la dictée du prieur de l'abbaye , D. Chevillard , et , par cette raison , fort suspect à nos yeux de partialité, nous paraît cependant très-curieux; et nous le donnons ici parce que , sauf les exagérations dont il sera Tacile de faire la part, il renferme des particularités qui s'accordent assez bien avec le caractère connu du vénérable, mais irascible prélat (1).
Nous, habitants du Bourg-FAbbé et paroissiens des paroisses de St. -Nicolas et de St-Ouen, dépendantes de l'exemption et de la juridiction comme épiscopale de l'abbaye royale de St-Estienne de cette viUe de Caen, ordre de saint Benoit ^ congrégation de saint Maur; nous étant retirés plus d'une fois, depuis le dimanclie, 3 juillet de la présente année 1707, vers le R. P. prieur de la dite abbaye, pour luy porter nos plaintes, comme à notre légiUme et ordinaire supérieur, des troubles que nous avoit causés la visite que Mg'. Tévêque de Bayeux a faite ce 3 juillet, contre tout droit et tout usage , et demander au dit prieur consoIaUon sur les agitaUons de nos âmes, que nous avoient causées le discours et le sermon qu'il y a faits en chaire, plus propres à troubler la paix des consciences , inspirer la révolte contre les supérieurs légitimes et à nous exciter à la sédition , si nous en éUons suscepUbles , qu'à nous édifier et nous instruire ; le dit R. P. Prieur se seroit contenté de nous dire pour toute consolaUon, qu'à la vérité le dit S', évéque n'a aucune juridiction dans les églises de St.-Ouen et de St Nicolas, ny que luy, ny aucun de ses prédécesseurs n'avoient at-
(1) Il eiiste aux Archives du Calvados plnsiairs copies de ce procès-verbal ; il est rapporté in extenâo dans uu manuscrit de D. Chevillard , où Ton trouvera le récit des misérables coDtesUUoos survenues entre l'évêque de Bayeux et les religieux de SL -Etienne, avec des détails que nous avons dQ supprimer.
290 ABBATB DE SAlNT-ÉriKNNE DE CABlf.
tenté Jusqu'à ce Jour d'y en exercer aucune; qu'en attendant qu'il prist des mesures pour faire connoltre au dit S'. éTèque,par les voyes de justice, qu'il avoit outrepassé son droit , U nous eiliortoit à la patience et au respect dû au caractère épiscopal , et à étouffer enfin y par un esprit de retenue et de charité, ce que trop de chaleur avoit fait sortir mal à propos de la bouche du dit S', évéque, en cette occasion; que si, cependant, nos peines étoient aussi grandes et le scandale causé par Mg'. l'évêque aussy sensible que nous le luy témoignions, il n'empéchoit pas que nous ne nous pourvussions en plainte ou vers les gens du Roi, ou vers tout autre, qui pût nous donner acte authentique du sujet de nos légitimes plaintes.
Par quoy, affin d'arrêter les frais et un plus grand scandale, qui seroit inévitable, en nous pourvoyant devant les Juges royaux , nous nous serions contentés d'avoir recours au S'. Moulin, prêtre obitier de la dite paroisse et appariteur de la juridiction de la dite abbaye, comme ayant en cette qualité droit et autorité de nous donner acte de ce que nous avions à luy dire, affin d'empêcher, autant qu'U est en nous, semblables émotions à l'avenir, et nous maintenir nous et notre postérité, ainsy que l'ont été nos pères, dans la dépendance et la soumission de la juridiction spiritndle et temporelle de la ditte abbaye de SL-Estienne.
A ces causes, avons requis ledit sieur Moulin de nous donner acte que le dimanche, 3*. jour de ce mois, sur les dix heures du matin, Mg'. l'évêque de Bayeux seroit entré chappé , crosse , mitre , dans l'église de St -Nicolas , seroit allé droit au grand autel, où il se seroit mis à genoux, et y auroit entonné le Kent Creator; mais qu'il étoit si troublé, dès ce premier moment, qu'il avoit oublié de chanter, après l'hymne finie, le verset et l'oraison présentes et d'obligation dans ces rencontres ; seroit monté ensuite avec ces mêmes ornements dans la chaire du prédicateur , ob il auroit commencé son discours par une prière qu'il a faite au peuple de le reconnoltre pour son seul et unique supérieur, leur défendant d'avoir aucun égard pour les moines, de les reconnoltre pour leurs supérieurs, ny de s'adresser désormais à eux pour leurs besoins spirituels, comme ils avoient toujours fait ; que ce n'étoient que des moines sans mérite et sans capacité ; que le P. prieur n'est qu'un ignorant et qu'un innocent, qu'il n'a pas plus de pouvoir dans sa maison que son frère coupe-choux, quand il coupe son chou ; qu'U fait le singe des évêques , quoiqu'il ne sache rien ; que c'est un superbe et tous les mohies aussi ; qu'U s'élève contre les évêques et leur résiste ; mais qu'U le rangera bien , parce qu'U en a bonne permission du Roy et de Mg'. l'archevêque de Reims, son cousin; que les moines ont quatre-vingt nUUe Uvres de rentes et qu'Us ne font point l'aumône ; qu'ils ont laissé deux Jours un bâtard exposé dans la cour d'un parUculier de la paroisse , sans se mettre en peine de pourvoir à sa subsistance.
Mg'. l'évêque a exhorté tous les paroissiens à leur porter eux-mêmes touslesbâtards qui se feront dans la paroisse, t Je ne vous exhorte pourtant pas, dit-U, à en faire; « mais je vous ordonne de leur porter tous ceux qui se feront. » Les moines , dit-il , ont un gros bien , dépendant de leur office claustral de l'aumônerie. Ce bien ne leur appartient pas , mais à vous ; Je vais le leur Oter pour le donner aux pauvres, à qui
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U appartient Allez ^ jetez-vous sur ces moines, et les obligez de pourvoir à vos besoins. Courage ! mes enfants , dit-il , en haussant le ton de sa voix , les armées du Roy triomphent partout : nous allons bientôt voir la HoUandç et l'Angleterre sou- Qrises à nos loix ; mais ne vous fiez point aux moines. Ils ne veulent se soumettre à personne ; ils n'ont pas tant de mérite qu'aucun de ces petits clergeons qui sont icy. Le meilleur ne vaut pas le moindre des prêtres de St -Nicolas.. Le P. Thibaut ^ précédent prieur , étoit mi innocent ; il autorisoit les incestes ; il se dis(rit grand-vicaire de Ifg'. de Reims. On l'a chassé comme un ignorant et on l'a envoyé à Dijon. J'ay aussy fait chasser celuy qui régentoit Je n'en fais pas plus de cas que du frère Savatte, qui va à la poissonnerie. Ce ne sont tous que des frocards, qui se laissent gouverner par un asne d' officiai^ le curé de St-Estienne, qui marie des personnes qui n'ont point d'amitié les unes pour les autres.
« J'ai censuré les Bénédictins, parce qu'ils le méritoient Ils se plaignent que je les ay appelés Malédicthis à leurs thèses ; n'a-t-on pas bien dit de Jésus-Christ : Maudit soit celuy qui est pendu au bois? S'ils vouloient se soumettre, je les aimerois comme j'aime à présent M. CaUy, curé de St -Martin, que j'ai censuré l'an passé. (1) J'irai demain le voir , car c'est la fête de son patron ; je lui témoignerai encore de l'amitié. Mg'. de Cambrai s'est aussi soumis après avoir été condamné par le pape. 11 n'y a que les Bénédictins qui ne veulent pas se soumettre, ni qu'on les appelle Malédlctins. Je vais dire la messe pour eux. Je les recommande à vos prières pour que Dieo les retire de leur égarement (2). »
Après le sermon et la messe , Tévèque de Bayeux , ayant fait appeler le vicaire Hardy et apprenant quMl était absent, prononça sa suspension.
Les religieux de St. -Etienne auraient bien voulu interdire à Mg'. de Nesmond rentrée de leurs églises : mais Tarticle XY de la déclaration royale de 168/i autorisait les évéques à visiter toutes les paroisses de leurs diocèses. Ils soutenaient que cet article ne devait pas s'entendre de paroisses soumises à une exemption aussi aoeienne et aussi solidement établie que la leur. Méanmoins , de Tavis des BR. PP. supérieurs de leur
(1) L^ouyrage de Pierre Cally afsit poar titre : Durand commenté , au C accord de la pkito9ophie avec (a tkéoêogie , touchant la trantntbâtantiation de CBuehariMtie , à Cologne ( Rouen ) , eiiei Pierre Marteau , aux iroU CoUnmee* • Le mandement de l^véqoe de Bayent qui ceasore 17 propositions extraites de oe livre « avait élé In et publié au «ynode de Bayenz, le 7 avril 1701 (Joumaid^un àowrfeohde Caen, p. 60). Pierra Cally on Callly était né, en 1655, ft Ifesnll-Hotert près Argentan. Il mcorai exilé à Moulins, le 81 déeemlnv 1709.
(S) Le procèa-verbal est signé de Jacques GIbert, R. du Mootier, André du Moutier , Jacques Perrier, Jacques Gallfen, AmbrolseCré?el, G. Leroux, André Beilaniy, Pierre Le Prévost, Pierre Noél, Jean Eudes, David Lesage, Louis Boulé, Estienne Dumoneel, Gabriel Cahaignes, J. Micbelet P. Vérin, et contre-signe par Pierre Dumoulin, prêtre obitier de la parobse de Sl.-NiooiiS de Caen, et appariteur de la justice cedésiastlqtte de Pabbaye royale de SU-tHnoe de Gnan.
292 ÂBBAYB DE SAINT-^TIENNB DE CAEN.
congrégation, ils se bornèrent à signifier à Mg', l'évêque de Bayeux leurs protestations de nullité contre tout ce que ce prélat entreprendrait contre leurs droits et les privilèges de leur exemption.
En s* élevant avec tant de force et de persévérance contre des prétentions dont il était justement irrité, Tévèque de Bayeux ne voyait pas sans doute combien ses attaques contre ceux qu'il traitait de Malédictins, d'innocents et de frocards, pouvaient devenir préjudiciables à la religion elle-même , à une époque où la malignité publique recueillait avec empressement tout ce qui tournait en dérision des institutions long-temps respectées. Comment les congrégations religieuses pourraient-elles se trouver en état de lutter contre les sarcasmes des philosophes du XVllK siècle,lorsque déjà les attaques de l'autorité ecclésiastique les auraient dépouillées d'uue partie du respect dont elles avaient été entourées dans les siècles précédents (1) ?
Les renseignements que nous empruntons au manuscrit du prieur D. Cbevillard, sur quelques-uns des prêtres et des desservants dépendant de l'exemption des Bénédictins (2) , expliqueront suffisamment d'ailleurs, en le justifiant, le zèle que ne cessa de déployer l'inratigable prélat pendant sa longue administration , et montreront en même temps combien était nécessaire la réforme que les religieux s'efforçaient , de leur côté, d'introduire dans les églises soumises à leur juridiction. Heureux les uns et les autres , si, au lieu d'user leurs forces dans une lutte stérile , ils eussent pu s'unir pour travailler de concert à raccomplissement de leur œuvre commune!
Le plus ancien des curés est M. François Delamare, coré de St-Vigor de Gheux, depuis 57 ans , âgé de 80 ans. C'est un homme qui a gouverné cette paroisse d'une
(1) Le savant et spirituel historiea de Pérêché de Bayeux , M. Tabbé Laffetay , nous fera connaitre les pieuses fondations, les vertus solides , l^inépuisable charité qui ont valu à Mg*. de Nesmond l^éloge que fait de lui Saint-Simon, cet historien si peu disposé à la bienveillance, c C*était de ces vrais saints qui attirent une vénération qu^on ne peut leur refuser. C'était un vrai pasteur, toujours résidant, fort occupé du soin de son diocèse, de ses visites, de ses fonctions, jusqu^à la fin de sa vie •• (Il fut évéque de Bayeux pendant 53 ans, de 1662 'k 1715). Il donnait 10,000 écus tous les ans au roi et à la reine d* Angleterre. Voici le revers de cette riche et solide médaille : c L*innocence parfaite de ses mœurs, ajoute Saint-Simon , jointe à un esprit très-borné, lui laissait échapper des ordures à tout propos, dont il n'avait pas le moindre soupçon et qui rendaient sa compagnie embarrassante aux femmes. ■
(2) Cet écrit a pour titre : Caraetéreê û€ê curée de notre exemption et Juridiction comme épiêcopale*
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manière plus despotique que pastorale ; homme saos talents pour son état^ et toujours opposé aux intérêts de notre maison ; il eût été à propos que les supérieurs eussent pris un ascendant d'abord sur son esprit , afin de s'en rendre les maîtres et de le réduire à son devoir. Sa cure est estimée valoir dii-sept à dix-huit cents livres ; il a en outre une des chapelles d'Haibout^ qui vaut au moins deux cents livres de rente. Sa famille Ta toujours rongé et pillé ; aussi a-t-il vécu gueux avec tout ce bien, il mourra apparemment comme il a vécu , c'est-à-*dire sans aucun ressentiment qui convienne à son état de prêtre et de curé. Il souhaite d^ôtre enterré par le prieur ou le sous-prieur de l'abbaye , quand Dieu en disposera. J'estime qu'on le doit faire, ou tout au moins le faire enterrer par l'official de l'abbaye et ne pas souffrir que les doyens du diocèse entreprennent d'exercer cette cérémonie dans notre juridiction.
M. Jean le Normand , écuyer , soi-disant docteur , doyen de la sacrée Faculté en l'Université de cette ville , est à peu près le plus âgé ; il est entré dans sa cure par des manières opposées aux intérêts de notre juridiction. C'est un homme sans talents , sans mérites et sans doctrine , qui a eu néanmoins la hardiesse , à la faveur de ses grades, de s'élever avec une autre trouppe de petites gens comme lui, contre les frères Gallois. Quelques-uns de nos confrères et quelques supérieurs même , qui ont succédé à ces troubles , n'ont pas laissé de le ménager ; mais si quelqu'un s'y est confié, lia été trompé. C'est un homme sans honneur et sans probité, quoiqu'il affecte de s'en donner le relief et de paraître affectionné pour les intérêts de la maison et de la juridiction. Au reste, c'est un homme qui, se flattant de la faveur de l'évêque, lui est tout dévoué et très indisposé contre le monachisme; le fond en est vindicatif; traître, dur dans ses manières, il ne revient jamais quand il en veut à quelqu'un. Il faut être sur ses gardes avec cet homme ; il est pourtant bon de lui témoigner de l'amitié et de l'honneur extérieurement, dont U est très-avide, et ne s'y fier jamais , quelque démonstration qu'il donne de dévouement et d'attachement pour la maison.
M. François Mazeune, curé de Torteval, est aussi fort âgé ; il a fait parler de lui dans sa jeunesse et étoit un homme dont il falloit se défier. Son âge l'a rendu un peu plus traitable et il témoigne à présent être assez dévoué à la maison. C'est un vieux routier qui a de l'esprit et est fort utféressé ; il faut le ménager en lui témoignant de restime et de l'amitié. Il n'est pas aimé dans sa paroisse, et néglige fort son église , qui est très-pauvre.
M. François Philippe, curé de Foulogne, est un bon prêtre fort simple et craignant Dieu; il est fort valétudinaire et très-incommodé de la goutte. Son frère a épousé la fille du sieur Ledard ; par cet endroit on ne peut compter en rien sur lui ; aussi est-il propre à peu de chose. Son église est fort pauvre , malpropre comme celle de Torteval; l'une et l'autre sont de la dépendance de M. de Rheims notre abbé, qui les laisse tomber en ruine, plutôt que d'y donner cinq sous en réparation.
M. Louis RouLLAND, curé de St.-Samson d'Aunay , a du talent, du zèle et de la politesse; il est aussi assez valétudinahre ; il se déplaît dans sa cure et la changeroit
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volontiers avec un canonicat , si son onde M. Ronlland qui est auprès de Mtc. de Rheims vouloit lui en procurer un. Il nous aime assez et se ménage avec nous ; il est bon de lui marquer de Famitié et le soutenir autant que Ton pourra dans son ministère ; car il ne laisse pas de souffrir à Aunajr, où les parcrissiens sont fort républicains et dilficiles à gouverner.
M. Léon GAUDm, curé de St.-Aubert^ a eu sa cure par résignation du sienr Gandin^ son oncle, que l'on obligea de se défaire de sa cure, parce qu'il se mêlait trop de médecine , ce qui lui attirait une infinité de reproclies peu honorables. Le neveu, aujourd'hui curé , ne manque pas d'e^^rit, mais il l'a léger et est sans tôte ; sa conduite n'est pas droite et il ne se donne point l'air de probité qui seroit si nécessaire à un curé ; il a eu ci-devant notre dime qu'on lui a ôtée à cause de ses mauvais détours , et qu'il vouloit finasser afin d'en jouir presque pour rien , et espérant que l'on n'en trouveroit point de fermiers; il est toujours indisposé contre 11 maison, quelque belles protestations qu'il fasse du contraire, n est toujours lié de société avec ceux qui nous sont contraires et favorise tous ceux qui nous pillent en ce pays là. Il a voulu soutenir certahies affaires d'olBciaMté , dans lesquelles il a succombé ; cela l'a rendu un peu plus timide à notre égard, n est bon de se servir de cette situation où il est, pour le pouvoir mieux gouverner.
M. Thomas Bougoux, curé de St-André-des-Is; il est un bon mélancolique qui n'a pas toujours été fort réglé ; il contente assez présentement, et parott assez attaché à la maison ; il faut le ménager tel qu'il est.
M. IMLabg A£«roiNB DU Puis, curé de St. -Michel de Cabourg , est un bon ecclésiastique, sage et craignant Dieu, et d'une conscience tendre, honnête et attaché à la maison ; il se fait peine d'être curé et quitteroit sa cure volontiers , s'il pouvoit la permuter avec quelque bénéfice dont il pût subsister, n mérite d'être ménagé et aimé.
M. Charles Legay, curé de Notre-Dame-des-Buissons,est un jeune ecclésiastique de bonnes mcsurs et fort doux; il est fort attaché à la maison; il n'y a qu'à le conserver , ce qui est très-facile en lui faisant amitié.
M. Phiuppe AULAR0 a eu la cure de St. -Germain de Bretteville-l'Oiigueilleuse et Notre-Dame de Putot , par la résignation que hii en a fait son onde. Il est assez bon enfant, quoique de peu de talent; nous l'avons fort aidé de messes et de pi^di* cateurs pendant qu'il n'étoit encore que diacre; j'espère qu'il ne manquera pas de reconnoissance dans la suite, et qu'il n'oubliera pas le bien qu'on lui a fait et l'appui qu'on lui a donné contre certains de ses paroissiens qui ne l'aimoient pas; il faut pourtant l'entretenir sur ce pied par des marques de bienveillance, car, n'étant pas d'un grand génie, il pourroit facilement s'écarter de son devoir.
M. Charles Dcmont, curé de SL -Martin d'Allemagne , est entré dans sa cure par la résignation de son oncle ; est sage et a de l'esprit ; on lui a fait quelque plaisir an commencement de son établissement dont il parolt reconnoissant , et s'attache à la maison ; il ne parolt pohit trop timide ni se soucier de l'évêché ; il est facile de Fen*
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iretenir dans ces bonnes dispositions pour peu qu'on lui témoigne de l'amitié et de la protection.
M. ISAAC BRODONy que nous mettons le dernier, n'est pourtant pas le plus jeune, si ce n'est par la tête. Il est natif de cette ville , fils d'un maître maçon ; il a été élevé à la Visitation, où il servoit à porter les lettres des |religieuses ; il conserve encore de bons restes de cet esprit postillon, par le crédit et l'intrigue de quelques-unes de ces religieuses (car il n'y est ni aimé ni estimé des principales qui y gouvernent ) ; il fut revêtu de la cure de Ste.-Paix, aux portes de cette ville et de la dépendance de Fécamp, où il y a fort peiné et cliicané nos Pères en plusieurs rencontres. Son esprit ambitieux et remuant ne pouvant se contenir dans cette petite cure, il se mit en mouvement et y mit ses protectrices pour traiter de la cure de St -Nicolas avec le sieur Fossard, qui ne l'avoit prise que dans l'espérance qu'elle lui procureroit quelqu'autre bénéfice; en effet, ces deux prêtres également ambitieux, quoiqu'en se proposant différents objets, firent entrer dans leur commerce un prêtre de Bayeux qui avoit un petit bénéfice de deux ou trois cents livres de rente ; U le résigna au sieur Fossard , le sieur Fossard résigna sa cure au sieur Brodon, et le sieur Brodon résigna sa cure de Ste.-Paix à un autre. Voilà comment et par queUe voie M. Isaac Brodon, qui est un insigne brouillon , est parvenu à la cure de St -Nicolas.
Il a pris à la vérité son visa du firère prieur, mais ce ne fut qu'après l'avoir pris de l'évéque et être convenu avec lui que ce seroit le sieur du Ronceray, alors promoteur de l'évêque , qui l'introniseroit et le mettroit en possession de St -Nicolas , ce qui fut exécuté selon leur projet, sans que nous y pussions mettre obstacle. Voilà les premières démarches de la bassesse de l'esprit du sieur Brodon (1).
Les religieux de St.-ÉtieDDe n'avaient pas à s'occuper uniquement des soins exigés d'eux pour raccomplissement de la tflcbe qu'ils avaient entreprise dans le ressort de leur abbaye. Les supérieurs de la congrégation de saint Maur, désireux de propager partout la réforme, les chargèrent plus d'une fois d'aller rendre le même service aux monastères voisins, demeurés encore en proie à la licence et aux mœurs déréglées. Le sousprieur de Caen, D. Jean Biré, fut envoyé, en 1706, dans l'abbaye de r^essay avec D. François de Bure, D. Forestier, D. Pierre Gibert, de SL-Vigor de Bayenx et D. Malortis, de St.-Ouen de Rouen, sur la demande de Mg". de Matignon , évèque de Lisieux , pour y remplacer les religieux que ce prélat avait tirés de l'abbaye de Cormeilles et substitués aux anciens moines, dont ils suivaient les tristes exemples. Le prieur avait précédemment fait avec Guillaume de Là Tremblaye (2) une visite
(1) Oo a va pias haut quelle a été la conduite de M. Brodon à l'égard des religieux de l'abbaye. (3) C'est ce Guillaume de La Tremblaye qui a donné les plans d'après lesquels ont élé reconstruites, au commencciBent dn XVIII*. riècle, les deux abbayes de SU-ÊUcnnect de 9*«. «Trinité de Gaen.
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à Tabbaye et tout avait été favorablemeot disposé pour obtenir uo succès certaio. Mais les religieux de Cormcilles avaient fait avec Mg'. de Matignon un concordat auquel il aurait Tallu avant tout les faire renoncer. Ils avaient reçu avec déférence Tévêque de Lisieux, qui leur amenait les cinq religieux réformés ; mais dès que ceux-ci furent partis, ils reprirent courage et changèrent de résolution. « Les anciens de Lessay, dit D. Cbevillard, se voyant déchargés de Monseigneur de Lisieux, qui les avoit fait trembler, étant allés au conseil de leui*s amis, s'aperçurent bientôt qu'ils avoient eu peur, là où il n'y avoit pas sujet de craindre. Us reprirent le superius à leur tour, et se mirent sur un pied de maîtres, rencoignèrent nos cinq confrères dans la maison abbatiale toute délabrée , fermèrent toutes les portes , excepté celles de Téglise , où ils leur accordoient à peine la liberté d'aller prier Dieu , seulement pendant le jour. Nos confrères n'avoient ni pain ni cidre pour vivre, ni bois pour se chauflfer, en sorte qu'ils se tirèrent les uns après les autres comme ils purent d'une si méchante hôtellerie, et qu'il n'y resta plus que le P. Biré et le P. Forestier. Celui-ci n'y demeura pas non plus longtemps , car il mourut de misère bientôt après , et le P. Biré resta seul. •
Les supérieurs de la Congrégation de saint Maur finirent par obtenir un arrêt du Grand-Conseil donnant commission au lieutenant-général de Coutances de se transporter à Lessay, pour y établir d*autorité les religieux réformés conduits dans l'abbaye par le prieur de St. -Etienne. Les anciens moines les mirent en possession des lieux réguliers et leur cédèrent la place, moyennant une pension de 500 livres, faite à chacun d'eux.
Due autre tentative faite par le prieur de Caen, pour remplacer les deux religieux anciens qui se trouvaient à l'abbaye de St.-Sauveur-le* Vicomte, par des Bénédictins réformés, ne put amener de résultat.
D. Chevillard et D. François Du Bosc, procureur de St.-Yigor de Bayeux, s'étant rendtis plus tard à l'abbaye de St.-Yigor de Cerisy, avaient conclu avec les anciens religieux un traité pour y introduire la Congrégation de saint Maur. Mais il fallait obtenir l'assentiment du grandprieur (M. de Vendôme), abbé du monastère de Cerisy. Les BB. PP. supérieurs échouèrent encore dans leur tentative, pour avoir refusé de donner immédiatement une gratification à M. de Saint-Port , avocat-gé-
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néral an Grand-Conseil , et commis par le roi avec six conseillers d'État pour gérer les affaires du grand-prieur. Lorsque , plus tard , celui-ci eut enfin accordé son consentement, le roi refusa d'agréer le concordat conclu avec les anciens religieux , malgré Tavis favorable donné par MM. de Torcy, de Beauvilliers et de Pontchartrain.
L'abbé Le Tellier, dont la haute influence aurait pu rendre aux religieux réformés de son abbaye des services de plus d'un genre , ne leur avait guère témoigné que de l'indifférence , pendant toute la durée de son administration. Dans le petit nombre d'occasions où il dut intervenir, il se montra tel que nous le trouvons chez les écrivains de son temps qui ont essayé de nous le faire connaître , et surtout dans l'admirable portrait qu'a tracé de lui le plus grand peintre du XYIK siècle (1). Il mourut subitement, le 22 février 1710, laissante sa nièce. M"**, de Créqui , qu'il institua son héritière universelle , une fortune de deux millions.
JOSEPH-FRANÇOIS DE LÀ TRÉMOIIILLE^ AO*. ABBÉ. FRANÇOIS DE MAILLY , Zil*. ABBÉ.
Le cardinal Joseph de I^ Trémouille, nommé au mois de juillet 1710, prit possession de l'abbaye par procureur , le 6 octobre suivant.
Le soir précédent et le lendemain dès cinq heures du matin, on sonna les grosses cloches en carillon pendant une demi-heure. Sur les huit heures du matin, on sonna de même; et peu après, Pierre Pétau, sieur de La Paillère, prêtre, porteur de la procuration dudit sieur Cardinal, se présenta à la porte du monastère, accompagné d'un notaire, du sénéchal de l'abbaye et du receveur; il fut conduit dans la grande salle, où l'on fit lecture de la procuration et de la fulminatioD des bulles d'investiture , en présence de la communauté. Le procu-
(1) Saint-Simon, t. VIII, p. 127.
reur alla ensuite à Tégliseet vint au chœur, où les religieux Tattendaient dans leurs chaires. Arrivé au pied du grand-autel , il entonna le reni , Creator^ ditToraison du Saint Esprit et celle de Saint-Étienne , et ayant baisé Tautel , il Tut conduit à la chaire de Tabbé , où il entonna le Te Deum. Après une seconde lecture des pièces relatives à Tinslitution du nouvel abbé, le procureur se rendit seul au logis abbatial, ef sans être accompagné de la communauté , qui chanta la grand-messe. Le Cardinal de La Trémouille fut abbé de St.-Pierre-de-Lagny , de Notre-Dame-de-Sorrèze, de Grand-Selve etdeSt.-Amand près Tournai. Il devint plus tard évêque de Bayeux , puis archevêque-duc de Cambrai. Auditeur de la Rote à Rome, il fut créé cardinal par le pape Clément XI, et commandeur de TOrdre du Saint-Esprit par Louis XIY en 1708. Chargé des affaires de France en Italie, il mourut à Rome, âgé de 60 ans, le 10 janvier 1720, il fut enterré dans Téglise de St. -Louis, sous les collatéraux, dans la chapelle du Crucifix (1).
Il demeura aussi étranger à Tadminist ration de l*abbaye qu*il le fut à celle du diocèse de Bayeux , pendant les deux années quMI porta le titre d'évèque (2). Le prieur D. Pierre Richer eut à défendre les intérêts de la communauté à propos d*une nouvelle tentative faite par les administrateurs de THôpital-Général de St. -Louis de Caen , pour s'approprier le revenu total de Taumônerie. D. RouUand Rouault , le dernier religieux pourvu de Tofficé d*aumônier , avait cédé son titre, ainsi que le revenu qui y était affecté, à la manse conventuelle. Les administrateurs saisirent cette occasion pour revenir sur Taccord fait avec lui ; ils déclarèrent que la mort du titulaire leur donnait le droit de conclure un aulfe traité , plus favorable aux pauvres, qui, an lieu des 2,000 livres de rentes que possédait Toffice d'aumônier, n'en recevaient que la moitié, contrairement aux lettres-patentes du Roi. D. Richer et les religieux soutinrent , de leur côté , qu'il fallait faire une différence entre le revenu de l'office d'aumônier et la partie de ce revenu qui devait être consacrée aux aumônes ; que cette partie seule, estimée 1,000 livres par an, pouvait être réclamée pour
(4) Il élait fils (le Louis de La Trémouille , deuxième du nom , duc de Noirmouliers.
(2) Nommé é?éque de Bayeux en février 1706, Mg'. de La Trémouille prit possession, par procureur , le 1*'. novembre suivant, et ayant été nommé en avril 1618 archevêque de Sens, il eut pour successeur, ^ Bayeux , François d'Armagnac de Lorraine ( 7 mai 1719— 9 juin 1728;.
THôpital. Il Tut décidé, après plusieurs débats contradictoires, que le traité conclu avec D. Roulland Rouault serait renouvelé dans les mêmes termes et aux mêmes conditions avec les religieux, qui continuèrent à jouir de la moitié du produit de leur aumônerie et à en abandonner Vautre au bureau des pauvres.
D. Ricber et son successeur, D. Le Paulmier, montrèrent beaucoup de zèle et d'intelligence dans Tadministration de Tabbaye. Ils pressèrent avec la plus louable activité les travaux de reconstruction commencés en 1707, d*après les plans de Guillaume de La Tremblaye ; et tandis que, par leurs visites fréquentes dans les paroisses dépendantes de leur exemption, ils travaillèrent à Taire disparaître une partie des désordres et des abus qu'une longue tolérance y avait Tait naître, ils maintinrent, à Tintérieur de Tabbaye , la régularité , la discipline et les études.
D. Le Tellier, successeur de D. Massuetdans renseignement de la philosophie et de la théologie, soutint en 1712, avec une grande distinction, une thèse sur TÉglise. Auteur de plusieurs ouvrages remarquables, il composa sur les Commandes un petit ouvrage par demandes et par réponses, écrit avec autant de mesure que de talent , pour combattre une opinion au moins étrange , émise par Tabbé de Saint-Simon. Cet ecclésiastique avait avancé dans une conversation qu*il avait eue avec lui, qu'un bénéQcier était vraiment maître des revenus de son bénéfice et qu'il n'était pas plus tenu par justice de donner son superflu aux pauvres, que ne rétait un laïque. Dans la même année , parut un recueil imprimé de vers français, latins et grecs, composés par les PP. Brumoy, Bougeant et Merlin , tous trois professeurs au collège des Jésuites de Caen, pour la réception de M. Guynet, successeur de M. de La Briffe, dans l'intendance de la Généralité.
L'émulation qui, à cette époque, existait entre les différentes congrégations religieuses de Caen , rivales de TUniversité (1), aurait produit des effets plus salutaires, si les discussions relatives au Jansénisme n'étaient pas venues partager en deux camps, animés l'un envers l'autre des sentiments
(f) L^Univenilé de Caen perdait en 1713 son recleur, Charles Turpin, enterré dans Téglise de SI. -Etienne, près de la porte da chœur, en face de la chapelle des saints Anges^rdiens (Voir le détail des oérèmonies ftiites à cette occasion dans le Journal d'un baurgeoU de Caen, p. 150 )•
300 ABBAYE DE SAINT-^ÉTIBNNE DE GABN.
les plus aigrement hostiles, les partisans ou les adversaires de la Tameuse Bulle Unigenitus.
M. de Nesroond , IMoratigable ennemi des doctrines de Jansénius , avait , le 12 avril 17i&, publié avec un mandement la bulle donnée le 8 septembre 1713 par le pape Clément XI. Il mourut Tannée suivante, le 16 juin 1715, à Tâge de 86 ans^ et ses grands-vicaires renouvelèrent Tinvitation quMI avait adressée à tous les ecclésiastiques du diocèse, pour obtenir leur adhésion à la constitution pontificale. Les Bénédictins de St. -Etienne et TUniversité de Caen (moins les Facultés de théologie et de médecine), rerusèrent de reconnaître la bulle et en appelèrent au futur Concile. Voici Pacte capitulaire dans lequel sont exposés les motifs qui engagèrent le prieur D. Le Paulmier à proposer aux religieux soumis à son autorité , Tadoption d'une mesure aussi grave :
Le vendredi 18 de novembre 1718^ le R. P. D. Joseph Le Paulmier, prieur de ce monastère de St -Etienne de Gaen^ ordre de saint Benoit^ coogrégation de saint Maur 5 ayant assemblé en chapitre , à une heure après midy , au son de la cloche , en la manière accoutumée , tous les religieux profez du dit monastère , après l'invocation de TEsprit-Saint et les prières accoutumées , leur ayant fait voir et prouvé dans un discours fort pathétique , l'obéissance et la soumission qui est due aux supérieurs, principalement au Satiit-Siège et au vicaire de Jésus-Christ en terre > et qui nous est si souvent répétée dans les Saintes-Écritures, obéissance et soumission que Jésus- Christ lui-même a si religieusement rendues aux puissances séculières et à ceux qui étoient assis sur la chaire de Moïse , et qu'il a si expressément recommandé à ses disciples de rendre aux Scribes et aux Pharisiens; leur ayant fait -sentir en outre la peine et la vive douleur quMl ressentoit et dévoient ressentir eux-mêmes , de voir depuis un si long temps l'Église divisée au sujet d'une constitution que des hommes ennemis de la paix et de l'unité , ont arrachée pour ainsi dire à la bonté du Père commun des fidèles, dont ils ont corrompu les bonnes intentions et surpris la religion, mais qui, au lieu de remédier aux scandales et aux divisions qui augmentent de jour en jour , en révoquant ou en donnant, du moins , les explications que des prélats, des pasteurs et des Corps si célèbres et éclairés, lui ont demandées , bien loin d'écouter les prières, de lever les difficultés sur une constitution qui sappe et qui détruit les fondements de la religion , qui condamne en termes formels les vérités que Jésus- Christ, qui est le souverain pasteur et la vérité même , a le mieux établies dans son saint Évangile, que les disciples ont enseignées, soutenues jusqu'à la mort, et scellées de leur propre sang ; constitution où l'autorité des SS. Pères les plus respectables de l'I'iglise se trouve attaquée et proscrite , la dignité des prélats avilie , leur droit de juger méconnu, enfin où la morale estaffaibUe et énervée, les Canons
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rejetés, rautoritédes rois blessée et leurs privilèges ravis; constitution, en un u)ot, qui ôte la liberté même de demander à être instruit, ou de demeurer en silence, et qui non-seulement menace des dernières rigueurs, mais frappe d'anathéme et de séparation d'avec le Saint-Siège et de FÉglise, notre mère, motifs puissants et qui obligent à chercher le dernier remède h des maux si violents et sur lesquels le R. P. Prieur ayant fait voir à l'Assemblée qu'il n'en restoit point d'autre que rappel au futur Concile ;
Il a été conclu sans aucune opposition, que sur la liberté qui a été de tout temps dans rÉgiise et qu'on n*a jamais refusée, de demander ou d'appeler à des Conciles, on suivra en cela l'exemple que tant de savans et illustres prélats nous ont dcjîi donné , et que tant de communautés et de personnes éclairées ont suivi avec zèle.
Par quoi nous déclarons, qu'avec rattachement que nous avons toujours pour la sainte Église , notre mère, et le respect que nous avons pour notre saint Père le Pape Clément XI , que nous reconnoissons pour notre souverain Pontife , et tenant de Dieu même le Saint-Siège apostolique, dont nous ne nous séparerons jamais, nous appelons au Concile futur de la constitution qui commence Unigenitus et que nous professons n'avoir jamais reçue , non plus que les mandemens de feu Mg'. l'évêque de Bayeux et celui que MM. les grands vicaires du diocèse viennent de publier ; et appelant eu outre des lettres du Saint-Père, en date du 8 septembre dernier; et donnons pouvoir à D. Pierre Duboscq de Biville, religieux de St -Denis, de déposer ledit acte d'appel au greffe de l'Officialité de Paris et en demander acte (1).
Le lendemain, l'Assemblée générale de 1* Université de Caeo, convoquée par son recteur , Gabriel-Charles BuiTard , signait uo acte semblable (â), et quelques jours après, les religieux de Tabbaye, sur sa demande , y donnèrent leur adhésion.
Il n'est pas de notre sujet d'insister sur les déplorables conséquences qu'entraînèrent dans le diocèse de Bayeux, comme sur tous les points de la France, ces fatales divisions, dont les religieux de St. -Etienne eurent d^ailleurs beaucoup moins à souflfrir que les professeurs appetans ou coustitutionoaires deTUniversité, et les membres du clergé séculier qui, tout en protestant de leur soumission au Saint-Siège apostolique, avaient signé
(A) L*acte porte les eignalures rai vantes: Joseph Le Paulmîer, prieur, Pierre Asielîn, Charles Le Vieil, Charles Bonrdin, Henri Porcher, Michel PJaiin|)el, Pierre Vallée, Guillaume-Nicolas Le Vasseur, Jean-Louis Thierry, Louis-Henri du Fau, Simon du Bosc, François Bonnel , Jean ChulTe, Siméon Letourncau, Pierre Genel, Philippe Gilbert, et François Lbennier, tecr^Qire [ Registre des actes capitulaires de St. 'Etienne , n-, IV, p. 89).
(S) Le décret de r(J«i\ersilédeCaen, imprinéen latin et eu français, sur deux colonnes in-6*., conlcnant i6 pag;es, parut chei PltTre^François Doublet, sur le rc(us d* Antoine Lecavelier.
302 ABBAYE DE SAlNT-iXIBNNE DE GABIt.
une déclaratioD qui niait si rormellement son autorité. Les Jésuites de Caen , défenseurs de la bulle pontificale contre tous les dissidents , passèrent racilement de la guerre contre les doctrines, à la persécution contre les personnes. Ils se contentèrent de faire développer par lePère Vitry, dans leur collège, des thèses de théologie, dans lesquelles ils réfutèrent celles qui étaient soutenues à l*abbaye(l) ; mais ils firent à TUniversité une plus rude guerre (2).
Lorsqu'on 1720, le titre d'abbéde St.-Étienne fut conféré à François de Mailly, cardinal, archevêque de Reims, premier pair de France et légat-né du Saint-Siège, le diocèse de Bayeux avait depuis un an à sa tète François d* Armagnac de Lorraine, qui, partisan déclaré des Jansénistes, encouragea dans leur résistance les ecclésiastiques appelans. Les Jésuites soutinrent la lutte avec une vigueur nouvelle. Thèses, pamphlets, leçons publiques, représentations théâtrales (3), ils mirent tout en jeu pour déverser le ridicule sur leurs adversaires. Mg'. de Lorraine , condamné par r Assemblée du clergé, essaya vainement de se défendre (&]. Dans Tannée 1726, TUniversité, sur la proposition de son recteur, René Louet , curé de Notre-Dame de Hubert-Folie , et professeur d*éloquence au collège du Bois , révoqua son acte d*appel et déclara solennellement qu'elle acceptait la constitution Unigenitus. Les Bénédictins de St.- Ëtienne suivirent cet exemple (5).
Les opinions religieuses du cardinal de Mailly le rendaient peu disposé
(1) Les thèses des Bénédictins de St -Etienne avaient pour titre : Thèses hUtorico-dogmaticœ de divinii attrilmtis, et celles des Jésuites: Concluiiones theologiea deacientia média {Journal d^un bourgeois de Caen ^ p. 353 ).
(2) Le recteur Cliarles Buflbrd , clianoine de Bayeux , né en 1683, fut privé de sa chaire , exclo de l'Université et banni du diocèse.
Enfermé à la Bastille en 1732 , puis exilé à Auxerre , il fut encore mis à la Bastille , d'où il sortit, parle crédit du cardinal de Gesvres. On a de lui une Défense de la Déclaration du clergé de 1682 par Bossuet , avec le laiin à côté. 4735, in-6^; et un Essai de Dissertation pour faire voir Cinutilité des noutfeaux formulaires, 1738, in-A*.
(3, On sait que, dans une de leurs comédies, un volet habillé en docteur de théologie et coiffé d'une mitre d'évèque (Tévèque de Bayeux était chancelier-né de PUniversité de Caen), venait annoncer quil conférerait bientôt le doctorat et en décernerait les insignes. Ego juin, disait-il, doetor eeUberrimœ Academia Cadomensis,
{h) Voir la Protestation de S, A, M* de Lorraine^ évique de Bayeux, du 9 octobre 1725 (Bibliolhèqoe publique de Caen, Ck>Uection des mandements des évêques de Bayeux ).
(5) Les manuscrits du P. André, acquis par la Bibliothèque publique de Caen , et dont une parties été publiée par MM. Charma et Mancel , renferment des renseignements, que consulteront utilemeot les per-
à favoriser les religieux de Caen, assez géDéralement soupçonnés de jan* sénisme. Successeur , sur le siège archiépiscopal de Reims , de Tabbé Le Tellier , dont le nom est le second sur la liste des prélats qui avaient signé la célèbre déclaration rédigée par Bossuet en 1682 , il s*était signalé par la vivacité et Ténergie de ses convictions, dans Taffaire des Cas de conscience et dans celle de TAppel. Ses mandements en faveur de la bulle Vnigenitus^ soulevèrent une grande opposition dans le clergé de son diocèse. Lorsque le régent, en 1718, publia la déclaration qui imposait le silence à tous les partis, Tarchevêque de Reims neputse taire, et sa persistance & soutenir les droits du Saint-Siège fut telle , que le pape Clément XI lui conféra, motu proprioM dignité de cardinal. L'abbé de Mailly reçut Ja barette des mains de Louis XY , le 19 mars 1720, mais il mourut le 13 septembre 1721, dans sou abbaye de St,-Thîerry, près de Reims (1).
Le cardinal de Mailly ne jouit du titre d'abbé de SL-Étieniie que pendant une année. Il avait pris possession de Tabbaye par son procureur, messire Odet, prêtre Eudiste (2), docteur et professeur de théologie en r Université de Caen , le 21 janvier 1721 et nommé de son autorité privée, malgré les réclamations du Prieur et du Chapitre , des vicaires autres que ceux qui lui avaient été présentés. Mais comme il mourut au mois de septembre suivant, D. Le Paulmier, dès le 18 du même mois, publia un mandement, par lequel il révoqua tous les pouvoirs donnés par Tabbé. Il n'en ût pas moins célébrer, selon Tusage, en Thonneur du défunt, un service solennel auquel assistèrent les curés de St. -Nicolas et de St.-Ouen, accompagnés de tout leur clergé. François de Mailly eut pour successeur le cardinal. Fleury.
sonnes qui voudront écrire Thisloire des luUes soutenues pour et contre le Jansénisme , dans le diocèse de Bayeux.
(1) Né à Paris, le h, mars 1658, il était d'une ancienne maison de Picardie et frère du comte de Mailly de Nesie, qui épousa une oièce de M"', de Maintenon.
(2) La Congrégation des Eudistes fut fondée en 16&3, par Jean Eudes, frère de rhistorien Mézerai, né en 1601, dans la paroisse de Rye, au dioct'se de Séei. Il entra à TOratoire , après avoir f^it ses études cbei les Jésuites de Caen , et eu sortit pour fonder un nouvel ordre, au grand mécontentement des Oratoriens, qui ne le lui pardonnèrent jamais. Six ou sept m tisons considérables furent établies par lui en Bre« tagne et en Normandie. On sait que c'est dans les vastes bfttimenU quMl avait fait construire à Caen , que se trouve aujourd'hui rilûtel-de-Vilie.
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