FORMULES FINALES
Aux formules finales, par lesquelles les donateurs faisaient , dans les chartes, leurs réserves en faveur des droits des tiers , « salvo jure domini et jure quolibet in omni alieno j — sauve la droiture au chef Seigneur et l'autrui en toutes choses , » on en ajoutait ordinairement d'autres pour
attirer la vengeance du Ciel et les foudres de Tex communication sur ceux qui oseraient les violer ou les enfreindre.
Dans la charte par laquelle Robert, duc des Normands, donne à St. -Etienne un marché à Cheux tous les dimanches et une foire par an, au jour que fixeront les religieux, il termine par Timprécation suivante, contre ceux qui oseraient les en priver : « Je souhaite du fond du cœur, et je le confirme de ma bouche et de ma main, que, par Tautoritéde Dieu le Père tout-puissant, du Fils et du Saint-Esprit, ils soient excommuniés et exclus à perpétuité du royaume céleste. »
Robert commence ainsi ses chartes : « In nomine sanctae et individus Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus sancti. •
L'acte capitulaire où l'abbé Guillaume Ronne-Âme déclare que la dtme de toutes les aumônes que le monastère pourra recevoir désormais sera employée à l'entretien des pèlerins et des malades , est terminé par cette formule : • Qu'il tremble celui-là, quel qu'il soit, qui cherchera à dépouiller l'abbaye de ces ressources 1 11 encourra cette terrible malédiction du Seigneur :c Allez, les maudits, dans le feu éternel préparé pour vous par le diable et ses anges. J'ai eu faim et vous ne m'avez pas nourri ; j'ai eu soif et vous m'avez refusé de me donner à boire. En enlevant à mes pauvres leurs aumônes, c'est moi-même que vous en avez privé (i). ■
Ces formules sont surtout usitées dans les bulles des Souverains Pontifes (2).
(i) Voir, dans le Bestiaire divin de Guillaume, clerc de Normandie, publié par nous dans le XIXs vol. des Mém, de la Soc. des Ant., la même citation faite par le poète, dans le sermon sur Taumônc, dont il faitsuirre son chapitre de la Chèvre (Ters 720 et suivants) :
Aies el feu qui ne faudra lies pardunblement durra !
Odc q« euftet pitié de mei , Quant je areie et faim et aei i Ne me tousiftes herbergiert Ne dooner beivre ne mengier i Viaiter , ne enaevelir , Ne mei chaucier, ne mei veatir.
(2) « 81 quis autem hoc attemptare pnosumpserit, indignationem omnipotentis Dei et beatorum Pétri et Pauli, apostolomm ejus , se noverit incursurum. t (Bulle du pape Adrien IV. )
« Si qua persona eeclesiastica secularisve contra ire pneiamat, a sacratissimo corpore ac sanguine Dei et Domini redemptoris nostri Jesu-ChrisU aliéna fiât. ■
380 ABBATB DE SAÎNT-ÉTIBNNE DR CAEW.