JURIDICTION SPIRITUELLE
Il a été trop souvent question des privilèges ecclésiastiques des abbés de St. -Etienne et de leur droit de juridiction comme épiscapate, pour que nous ayons besoin de revenir sur ce sujet. Nous avons rapporté les bulles émanées des souverains pontifes, confirmant celle que le pape Alexandre II avait, dès le principe, adressée à Lanfranc. Dès le XII*. siècle, les paroisses, sur lesquelles s'étendait la juridiction spirituelle de Tabbaye, étaient au nombre de treize, c Tresdecim parochialibus ecclesiis et locis eorum ac capellis eis adjacentibus. > On ne pouvait appeler des sentences
de roflScial qu'à Tarchevêque de Rouen on au Saint-Siège. Pour constater ce droit , Tabbaye payait , tous les deux ans , nne once d'or à la cour de Rome.
Nous voyons , dès les premières pages du Cartulaire, Tabbé Eudes prononcer la dissolution d*un mariage, en présence de Tarchidiacre Albert « remplaçant l'évèque de Bayeux Richard , fils du comte.
Un des canons du Concile de Lillebonne, tenu en 1080, avait prescrit à tous les prêtres d'aller, une fois Tan, dans le temps de la Pentecôte, avec leurs paroissiens à Téglise-mère. Chaque maison devait offrir à l'autel un denier ou l'équivalent en cire. Cette prescription donna lieu à la première lutte que l'abbaye eut à soutenir contre l'évèque de Bayeux. L'église abbatiale devait-elle être considérée comme l'église-mère de celles qui dépendaient de son exemption , ou ne devait-on pas plutôt considérer la cathédrale de Bayeux comme la mère commune de toutes les églises du diocèse , sans exception , tenues , par conséquent , d'accomplir le devoir qui leur était imposé?
L'abbaye et l'évêché transigèrent.
L'archevêque de Rouen Hugues statua que l'évèque de Bayeux renoncerait à ses droits de procession , aux fêtes de la Pentecôte , dans les églises de Cbeux, d'Ifs, de Rots et d'Allemagne, moyennant deux maisons que le monastère} céda au Chapitre de Bayeux; celles de St -Nicolas, de St.-Ouen de Yillers et de toutes les églises possédées par les reli^eux dans le diocèse, devaient être faites chaque année, à la Pentecôte, à la mère-église de Bayeux.
Le légat du pape , Imerus , écrivit à Robert Soyer et aux chanoines du Chapitre de Bayeux , pour les blâmer d'avoir exigé de l'abbé Robert , comme prix de la bénédiction épiscopale , de l'argent et les vêtements qu'il avait, le jour où il avait été consacré. C'était, disait-il, une exaction contraire aux usages consacrés et aux décrets des Saints-Pères, tant anciens que modernes.
L'abbé et le religieux percevaient tous les droits provenant des condamnations prononcées par eux , pour toutes les fautes criminelles ou non criminelles , commises dans la circonscription de leurs églises. Us avaient été exemptés par les archevêques de Rouen et les évêques de Normandie du droit de synode et de visite , c'est-à-dire que , soit que les abbés se
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rendissent aux assemblées convoqaées par les évèques « soit quMIs reçussent les visites pastorales, ils ne devaient payer aucune des sommes exigées en pareil cas.
Le pape seul, enfin, pouvait prononcer Texcommunication contre Tabbé.
CuRBS ET BÉNÉFICES. — Yoici Tétat complet des églises et des bénéfices appartenant à la nomination ou à la présentation, soit de Tabbé, soit des religieux :
L*abbé conrérait de plein droit les cures de St. -Nicolas de Caen , SL* Ouen de Yillers, St -Martin d'Allemagne et Notre-Dame-des-Cbamps , son annexe; St.-André d'Ks, St-Sanson d*Aulnay, Notre-Dame de Torteval, St -Pierre deFoulogne, Notre-Dame d*Alvimare (diocèse de Rouen); St.- Martin de Longcbamps (id.)
Les prieurés de St.-Léonard de Vains (diocèse d'Avrancbes); St. -Laurent de Septvans (diocèse deBayeux) ; St. -Etienne de Bavent (id. );St.- Nicolas de Longcbamps (diocèse de Rouen) ; St -Benoit de Cléville (id. )
Les chapelles de Ste.-Honorine d'Aulnay^ St. -Michel de Brucourt, cédé aux Capucins; le Nombril-Dieu , à la Maladrerie; les quatre chapelles de Su -Martin de Cheuxetla Custoderie; les quatre chapelles Hallebout; Lortial, à Rots; St. -Ouen de Salenelles, aux^Buissons (collation seulement); la chapelle de Bras, à Ks; St.*Ëtienoe, en Tégiise de Blèves (diocèse du Mans).
Il avait seulement la présentation des églises de St. -Michel de Yaucelles, StJilartin de Garcelles, Notre-Dame de Biéville, St. -Germain de Bocels, Notre-Dame de Condé-sur-SeuUe , St.-Malo de Mouen, Notre- Dame de Loucelles, Notre-Dame de Septvans, St. -Pierre du Mesnil- Fouquerin (diocèse de Séez), St. -Benoit de Cléville (diocèse de Rouen).
Il avait la collation de Notre-Dame-du-Buisson , St« -Michel de Cabourg, St.-yigor de Cbeux.
Les religieux conféraient de plein dioit les cures de St.-Germain de Bretteville-r Orgueilleuse et la chapelle de Putot, son annexe; St-Aubert- 8ur-0rne (diocèse de Séez).
C*était aussi à eux qu'appartenait la présentation de Notre-Dame de Habert-Folie , St.-âulpice de Secque ville , SU-Louet, Notre-Dame de Baupte, avec la chapelle de St -Martin (diocèse de Goutances) ; St.-
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Hilaire de Méautis , avec la chapelle succursale St. -Clément de Douvilie ; St. -Martin deWindefontaine, St. -Jean-Baptiste de Houteville, avec la chapelle de St.-Maur; St.-Philbert-sur-Orne (diocèse de Séez), St.-Ouen des Iles-Bardel (id.).
Synodes. — L*abbaye tenait annuellement un synode, auquel devaient assister tous les ecclésiastiques pourvus des bénéCces qu'elle conférait de plein droit. Au XYIl*. siècle, les religieux étaient obligés de leur donner à cette occasion un repas , pour lequel on leur allouait la somme de 200 livres. Lorsque le monastère fut tombé sous le régime des abbés commendataires, ce fut le prieur qui fut chargé de visiter les diverses églises soumises à Teiemption de Tabbaye.