‹ L'abbaye de Saint-Étienne de Caen, 1066-1790Chapitre 72 sur 107 · LITURGIE · texte numérisé non relu

LITURGIE

La liturgie, c'est-à-dire Tensemble des symboles, des chants et des actes, au moyen desquels TÉglise exprime sa religion envers Dieu (i), remonte à Torigine du christianisme; elle est d'institution apostolique, ainsi que le déclare expressément le Concile de Trente (2) ; saint Justin en décrit la plus grande partie. Wilfrid Strabon , qui mourut en 8/i9, et par ordre duquel Jean Diacre a écrit la vie du pape saint Grégoire-le-Grand ,

(i) Graeca tox Liturgia signilicabat quod apud Ethnicos ministerium publicum, ita ut 'kttrovfiyàç diceretur qui publico munere fungebatur, etillud ezercere ).i(Toûp7icv. Ad sacra facienles eadcm quoquc vox translata (Muralori, Liturgia romana vetuê , apud Rerum itaiicarum Scriptores),

(2) Session XXII, chap. V.

&52 ABBAYE DE SAINT-iTIBNNB DE CABN.

dit , dans son traité De rébus ecctesiasticis , que Gélase, le 51*. pape, avait mis en ordre les prières, tant celles quMl avait composées lui-même, que celles que d'autres avaient rédigées avant lui. Saint Grégoire prit soin de réunir tout ce qui était conforme à la pureté d^ texte et, ayant retranché les choses trop longues et celles qui avaient été rédigées sans goût, il composa son fameux Sacramentaire.

On sait que ce grand pontife s'attacha pareillement à la réformation du chant ecclésiastique et qu'il conserva dans son Antiplionaire les rares et précieux débris de cette musique antique dont on raconte tant de merveilles et dont plusieurs fragments se retrouvent dans les précieux manuscrits de St.-Gall et de Montpellier, devenus récemment l'objet des plus doctes et des plus ingénieuses études.

11 est plus que probable que l'Antiphonairc et le Sacramentaire de saint Grégoire, qui forment la base du rituel romain, furent introduits dans les églises fondées en Occident par les moines Bénédictins , chargés par la Cour de Rome de cette sainte mission. La liturgie bénédictine , conforme au Code du pape Grégoire et à celui du pape Gélase^ y introduisit cependant des modifications , résultant naturellement de la vie exceptionnelle embrassée par les disciples de saint Benoît. Ce qu'il y a de certain , c'est que , de même que la règle de saint Benoît avait remplacé presque aussitôt les règles monastiques qui l'avaient précédée, de même aussi la forme des offices, arrêtée par l'illustre fondateur de cet Ordre, succéda bientôt à celle qu'avaient adoptée les autres monastères. Saint Benoît, dit Wilfrid Strabon (1), s'était écarté à dessein des usages romains, il avait voulu que ceux que leur profession séparait du reste des hommes s'appliquassent à payer, dans une plus forte proportion que les les autres, le tribut accoutumé du divin service.

C'est aussi ce que remarque Honoré d'Autun (2).

L'Ordre des Bénédictins s'était fait néanmoins un devoir de compléter l'ensemble de ses offices , en adoptant , avec les fêtes du calendrier romain , toutes les pièces du Responsorial grégorien qui se trouvaient compatibles avec la forme de l'office monastique; quant au Saint-Sacrifice de

(1) De rcbui ecclesiaiticis , chap. XXV*

(2) Gemma animœ , tib. II, LXV.

la messe , dans tous les temps et les lieux , il se servit des sacramen* taires et des antiphoDaires romains (1). ^

Cest encore à Touvrage spécial de I.ianrranc quMl faudrait recourir pour avoir une connaissance complète de la liturgie probablement adoptée par la plupart des abbayes anglaises et normandes (2j. Pour ce qui concerne Tabbaye de St. -Etienne, nous devrons nous borner à des indications sommaires, qui, puisées aux notes manuscrites que nous avons pu trouver parmi les papiers des Bénédictins, nous permettront de donner une idée suflSsante de leur cérémonial particulier (3).

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