‹ L'abbaye de Saint-Étienne de Caen, 1066-1790Chapitre 87 sur 107 · HOPITAL DU N0MBRIL'4)IEU · texte numérisé non relu

HOPITAL DU N0MBRIL'4)IEU

On attribue , avec assez de vraisemblance , à Lanfranc la fondation , au hameau du Nombril-Dieu , situé à l'extrémité du territoire appartenant au

(I) p. iiâetsoiv.

Bourg-l'Âbbé et nommé plus tard hameau de la Maladrerie, d'uu hospice pour les malades du Bourg-rÂbbé,et la construction de la chapelle désignée sous le nom de capella Sanctœ Trinitaiis de UmbilicoDei. Dès l'année 1177, cette chapelle est reconnue comme dépendante de Tabbaye, dans une bulle du pape Alexandre III , qui énumère toutes les églises faisant partie de Texemption de Tabbé de St. -Etienne, ecclesiam Infirmorum Sanciœ Trinitalis. En mentionnant la donation faite à l'abbé Pierre (1179-1193) par Guillaume Rufin, le Cartulaire ajoute : Nos autem recepimus fratrem ejus qui erat Leprosus in domo leprosarum in burgo nostro.

En 1195, Richard I"., roi d'Angleterre, dans une charte confirmative de toutes les donations faites à Tabbaye par ses prédécesseurs, donne le détail qui suit :< Donum quod fecit Michacl, fiiius Gislemeri, de duobus masuris in burgo Sancti Stephani , et calumniam dimisit quam faciebat in una parte illius terrae, in qua domus pauperum facta est, in quarreia. • Plus tard , Alain d'Authie donnait à Tabbaye 5 vergées de terre , « juxta angulum mûri Maladeriœ et longam ream. >

La léproserie fondée dans Tenclos de Beaulieu , sur le terrain dont la partie antérieure est occupée aujourd'hui par la prison centrale, a?ait une chapelle nommée Notre-Dame de Beaulieu, qui ne peut être confon* due avec la chapelle de la Très-Sainte Trinité du Nombril-Dieu. Celleci existe encore sur la gauche de la route de Bayeux, à la sortie du hameau de la Maladrerie. Elles étaient l'une et l'autre au hameau de la Maladrerie , et le territoire dépendait , soit du fief de Brucourt , soit du fief des Granges, appartenant à l'abbaye de St.-Étienne de Caen. L'abbaye pourvoyait , pleno jure , à la cure de la Ste. -Trinité du Nombril- Dieu, ainsi qu'on le voit dans un écrit du prieur Jean de Baillehacbe, en 1589, ayant pour titre : Index ecclesiarum in quitus tum rêverendus abbas, cum venerandus conventus inclyti monasterii,jure pairanalus utuntur. Dans cette liste on voit figurer la chapelle du Nombril-Dieu , domus Infirmorum Sanctissimœ Trinitaiis de Umbilico Dei.

En 1658, les échevins de Caen prétendaient que le hameau de la Maladrerie ne dépendait pas de l'abbaye. Un long mémoire produit par celle-ci montra que la ville n'était nullement fondée dans ses prétentions. Elle fit voir que l'on avait confondu la chapelle de Notre-Dame de Beaulieu avec la chapelle de Ste. -Trinité du Nombril-Dieu. Elle avait le patronage p/^n

et entier de la dernière , et quant à Notre-Dame de Beaalieu , elle avait seulement le droit de collation de la cure, sur la présentation des éclicvins de la. ville. Il est certain que tout le territoire de la Maladrerie dépendait de son domaine. Il avait toujoure» en effet, été compris dans la paroisse de St. -Nicolas.

En 17.S7, messirc Nicolas de Cairon, chevalier, maire de Caen, les écbevins et les conseillers composant la communauté de Caen , présentèrent à la chapelle de Beaulieu la personne de discret Guillaume Gabriel de Maupoint, curé tonsuré du diocèse de Paris, Tun des frères chapelains de Tordre de St.-Jean de Jérusalem. Il est dit , dans Tacte de présentation adressé à son Éminence le cardinal de Fleury, abbé commendataire de St.- Étienne, que le bénéfice simple et non sujet à la résidence, de Notre-Dame de Beaulieu, fondée et desservie dans la paroisse de St. -Nicolas, hameau de la Maladrerie, est de Texemption de Tabbé de Caen, auquel appartient le droit de collation, provision et institution de la dite chapelle; mais que le droit de présentation et de nomination appartient au maire et aux écbevins de la ville. Ce droit de présentation appartenait auparavant aux moines de Tabbaye de Troarn (1).

MONTAIGU [MOPfS ACUTUS).

Un des moulins de Montaigu avait été donné par Toustain Legrin, ainsi que Tatteste la charte de fondation. Gondebaud de Magny fit don de deux antres, avec Tassentiroent de Robert de Glocester et de Guillaume, son fils, au domaine desquels ces moulins appartenaient. Un quatrième moulin, celui de Crèvecœur, avec une maison, un colombier et plusieurs autres places y attenantes fut vendu à Tabbaye par Georges Pilet. En 1663 , les moulins , le colombier et les prés étaient affermés 2,050 livres.

VAUCELLES (VALCEOL^).

Yaucelles était le chef-lieu d'un doyenné, qui s'étendait assez loin dans la campagne et comprenait â& paroisses.

(1) Le Cartulaire nous apprend qu*il existait une maladrerie à Loucelles et une autre à Garcelles. Guillaume de Caen y donna, en effet, à Pabbaye, le jour de la dédicaoede Téglise, en 1077, une demi-acre de terre Juxta Maladariatiu

&86 ABBATE DE SAINT-ÉTIBNNB DE GAEN.

La seigneurie de Yaucelles^à Tépoque de la fondation de Tabbaye, était partagée entre Raoul, curé de Téglise de St. -Michel, qui prit Tbabit religieux, et Milon, maréchal de Venoix. Un autre prêtre de St. -Michel de Yaucelies, Guillaume, donna une acre et une vergée de terre , au-dessus de la route d*irs , sa maison de Vaucelles et une autre maison, située auprès du verger de Henri Fitz Herbert (1). Guillaume, fils d'iva, et sa femme firent une autre donation, confirmée, en 1208, par Thomas d'Évrecy, chevalier. En 1397, Rol>ert de Picot reconnut, devant le sénéchal de Tabbaye , qu'il devait une rente et plusieurs autres redevances, à cause de la maison située au carrefour de Vaucelles.

Raoul avait donné à Tabbaye la moitié de la dtme de l'église de St.- Michel de Vaucelles, avec l'assentiment de Hugues de Grentemesnil et de sa femme Agnès. Une sentence arbitrale rendue, en 1210, par les abbés de St.-André-des-Boîs, du Val-Richer et d'Ardennes, enlevait à l'abbé de St. -Etienne la présentation à cette église.

St. -Etienne possédait les deux tierç de la dime de St. -Michel de Vaucelles, et Ste. -Trinité l'autre tiers. La part de l'abbaye était affermée, en 166.S, 733 livres, et 1,000 livres en 1750.

La tour latérale de l'église de Vaucelles , au sud , enclavée dans le collatéral , est romane et date sans doute de l'époque où elle fut donnée à l'abbaye. L'église se compose d'une nef et d'un chœur terminé par un chevet droit , flanqué de deux chapelles qui se terminent à l'est par un mur droit et un pignon. Cette partie de l'édifice paraîtrait être de la même époque. On remarque , du côté du nord , une porte formant saillie, travaillée avec beaucoup de délicatesse et bordée de festons. Le prolongement de la nef, la façade et la tour moderne, ont été construits en 1780, aux frais du curé, qui se nommait Robert Fauvel.

Les propriétés que possédait l'abbaye, dans le territoire de Caen, étaient en résumé :

1\ Dans la ville db Caen : 6 maisons dans la rue Froide , occupées, en 1581 , par Maur Barré, Guillaume Branche, Thomas Le Semen, P. Le Moutardier, T. Bouessel et G. de Nollaut, écuyer; 11 maisons dans la

(4) Le nom de Fiti Herbert était celui d*une famille qui descendait d*Herbert Fltz Henri, fils naturel du roi d^Angleterre, Henri I*%

TOPOGRAPHIB Kt REVENU TEMPOREL. &87

rue St. -Pierre » occupées , à la même époque, par G. Leroy, G. Yautier , À. Lemercier, G. et J. de La Bigne, G. Lerebvre, J. Brize, J. de Lestage, N. Levallois, R. Des Hayes et B. de Trois-Monts ; k dans la rue St.-Jean, habitées par R. Cagniard, B. Belliart, S. Basset, H. Thiout.

2^. Dans la Prairie : 100 acres de terre environ, afierinées, en 1581 , 670 livres, à J. Lisse, L. Catherine, R. Martin , G. Bellamy , N. Beauchard, F. Pesnel, J. Scelles, G. Lecœur, P, Foubert, N. Bénart, J. Hérel , J. Rogier , B. Mondehare, R. Quesnel, T. Tostain , J. Le Large , G. Regnour, D. Ch. Du Moulin , G. Le Marchand, Le Maistre de Camilly, le général d*Aubigny, G. Gardembas, P. Leprévost.

Les noms des parcelles appartenant à Tabbaye étaient : les Grands- Prés, le pré de la Caraine, les Pallis, les 10 Acres des prés d* Aulne, rAcre-ès-Âsnetles, le pré SL-Ouen, le pré Malmis, TEuclos à Tberbe, la Fosse, TEscotte, le Petit-Yalleren , TAcre de Montaigu, TEstohage, la Rozière, le Douaire de Brucourt, les Quevesches, la Mare de Rots, le pré Duhomme, le pré de la Planche, le pré de CourseuUes, et la Pointe à Tabbé.

3\ Dans le Bourg-l'Arré (paroisses de St. -Nicolas et de St.-Ouen): en terres 221 acres, formant des champs ou délies portant les noms suivants : Grévesac (18 acres), La Croix, les Mazuretles, Dagoubert, rÉcloppe, les Quatre-Coutures , le Moulin, les Champs Martin, la Sablonnière,le val de yenoix,le Pluquet, la Fougèrç, clos Guillot, Yicquais, le Milieu, clos Pied-Taillé , jardin de Brucourt, la Tosse Guillaume, les Douze-Acres, les Treize-Acres, les Perrelles, le Moulin à voide, Meurdrac , la Croix-Acarin , les Pallières , les Mortes-Terres , la Plate Pierre, rAnguillière, St.-Germain, TOrmelet, les Longs-Carreaux,

Les maisons du Bourg-l'Abbé, ayant presque toutes leurs jardins , soumises au cens ou gablage, étaient au nombre de 208, réparties ainsi :

Rde de.Bayeux : 55, dont les principaux habitants étaient, au Xy% siècle , à gauche en partant de Téglise St. -Martin , F. Lefebvre , Cahaigne, Lepetit, Huet» Foubert, Douesnel, J. de Magny , Seigneurie , J. Yautier; à droite, Le Fauconnier, Taillebois, Le Marchant, Guersant.

Ykiselle St. -Nicolas : 5 maisons. LeBailly , Anger , Hue, Patry et Beiiu.

488 ABBATB DB SAINT-JÎTIBNNB DB GAEff.

RuB BicoQUBT : 5 maisons. G. Taillebors, F. Le Faucoonier.

RuB Gaponièrb : 17 maisons, ayant pour habitants, P. Julienne, David, de La Carrière , Le Cavelier , Le Mesle.

RuB DE Brbtâgnb : 21 maisons. Principaux habitants : J. Castel, R. Quesnel , Loisel , Allain , Drouet , Le Bourgeois , Le Révérend.

Nbuvb-Rub : 12 maisons. G. Du Mesnil, Gosselin, Noël, Du Val. (La Neuve-Rue séparait la paroisse de St. -Nicolas de celle de St.-Ouen. )

RuB DB LA Tannerib (nie des Gapucins) : 1& maisons. J. Petit, Marin et Champion , J. Mondehare , L. Le Prévost.

Place Yillers et environs : 22 maisons. G. Barbey, Langlois, Mondehare, Busnel, G. Bellamy, Du Quesney, Raoullin Daomp, Massienne. (C'est sur la place Yillers que le manoir de Brucourt avait son entrée. }

Ybnbllb tendante a l*Odon : k maisons.

Ybnellb Babonine : 11. P. Macé, G. Ferru, de Brémont, Le Chevalier.

Rue Isahbart (vallée de St.-Ouen) : 6 maisons. M. Grevel, J. Le Goguelet , J. Yassel.

Pont-Crton : 9 maisons. M. Campion , Michel Ângot.

entre les deux Cavébs : 8 maisons. R. Guesdon, R. Tirard.

Plage Pbnd-Larron : k maisons. P. Le Prévost , B. Panthou.

Ybnellb Dahe-Ozennb : 5 maisons.

Yers les champs St. -Michel : 15 maisons. Cardin, Gauguain, F. Allain , Le Paumier.

Yenoix. Dans la vallée de Yenoix : 80 acres de terre environ. Principaux fermiers au XY% siècle : Clément de Yaux, Pellet, Le Prévost» de Bray , J. Heuste.

Les propriétés que possédait l'abbaye, dans le territoire de Caen et qui rapportaient, en 1668, un revenu de 22,492 livres ont été vendues, en 1791 et 1792, pour un prix de 1,043,890 livres (t).

(1) Arcliifes da CidTados. Regiêtredeê vente$ des (neM nationauXé

TOPOGRAPHIE ET BËVENC TEMPOREL. ft98

BARONNIE D'ALLEMAGNE (ALEMANNIA).

Dans la charte de fondation, donnée par Guillaume-le-Conquérant , Allemagne est mentionné au 3*. rang, après Cheux ei Rots, parmi les villes de son domaine quMl donnait à Tabbaye.

L*évèque Odon y ajouta la conGrmation de la donation faite par Grimauld,à Allemagne et dans ses membres, Étavaux, Ifs, Hubert-Folie et Bourguébus. L'abbé Guillaume Bonne-Ame acheta de Girard , fils de Brune , 30 arpents et 5 vergées de prairie. Gislebert acheta de Godefroi de Vieux, 6 acres. Osmond d'Allemagne et sa femme en donnèrent 3 antres.

Les religieux avaient, à Allemagne, un droit de pèche , qui s'étendait de l'abbaye de Fontenay aux moulins de Montaigu. Ils avaient aussi le bac d'Athis. A Ifs et à Allemagne, ils avaient fours et moulins à ban.

La seigneurie et baronnie d'Allemagne s'étendait à Bretteville-sur-Laize.

L'abbaye y avait un manoir et une belle grange.

Le manoir d'Allemagne avait été plus considérable, si l'on en juge par un état de lieux dressé, en 1661, sur la requête de l'abbé Charles Paris d'Orléans. Il y avait à l'entrée d'Allemagne, vers le maresq, un vieux bâtiment de 1& toises de long, dont les murs avaient été maçonnés à mortier de terre rouge, où se voyaient encore des croisées, des fenêtres et des cheminées bâties à l'antique. On y entrait par deux grandes portes, dont l'une était aussi maçonnée en terre rouge ; on y apercevait encore les ruines de deux chapelles. L'enclos où était la grange avait environ 250 toises (1).

Il y avait à Allemagne deux églises, l'une dédiée à saint Martin dans la Haute- Allemagne , l'autre à la Sainte-Vierge, nommée Notre-Damedes Champs , dans la Basse-Allemagne. Ces deux églises existent encore, mais c'est dans celle de Notre-Dame-des-Champs que se font ordinairement les offices, c'est en effet la plus centrale. On a réuni à cette paroisse celle d'Ëtavaux, située un peu plus au sud.

La partie du village qui avait la dénomination d'Allemagne la-Haute,

(I) U ne serait pus sans Intérêt de rechercher remplacement de ce manoir et d*y ftiire des fouilles.

&90 ABBATB DB SAlNT-ilIBNNB DE CABIf.

occupe le plateau qui domine le bassio de TOrne , tout près de la ville de Caen et se trouve cootigu au territoire de Yaucelles. Les carrières qu*on y exploite depuis long-temps, sur le bord de la rivière , fournissent des pierres d'une qualité supérieure.

L*abbaye possédait , à Élerville, qui dépendait de la baron nie d'Allemagne , environ l&O acres de terre.

ÉTAVAUX (STAVELU).

Comprise dans les donations Tailes, par le Conquérant, au territoire d'Allemagne, la chapelle d'Étavaux était sous le patronage de Tabbaye de Fontenay d'après le livre Pelut. Elle Taisait partie de Gefs appartenant aux Tessons, à l'époque où Guillaume-le-Conquérant faisait l'abandon de la partie dépendante de son domaine ducal. Dans un titre de 1280, appartenant à l'abbaye de Fontenay, il est dit : • Coram parrochia Beat» Mariae de Stavaux et Beats Mariae de Campo t .

Guillaume d'Aubigny, Le Bouteiller donna à l'abbaye tout ce qu'il possédait à Étavaux.

L'abbé Eudes acheta 50 acres de terre aux deux frères Adelelulfe et Alain , et donna 16 livres à Guillaume Bacon , son suzerain , pour quMl approuvât cette vente.

Robert de Tresgoz donna une vavassorie de 20 acres et sa part sur l'église d'Étavaux; et Théobalde, fils de Ranulfe, 5 acres du fief ^e Hugues d'Étavaux. L'abbé Guillaume recouvra , sur Richard de Putot et sur Geoffroy du Château, des pièces de terre, et donna à Henri de Cambray et à son fils Raoul, AO sous i/2 d'Anjou, pour les faire renoncer aux prétentions qu'ils avaient élevées sur ces propriétés.

IFS (ITIUM, ICWM, mus, ICIUS).

C'est une des dépendances d'Allemagne, données à St. -Etienne parle fondateur. L'abbé Eudes y acheta 7 acres de terre.

Quelques savants ont cru y voir le portus Ictus, où Jules César s'embarqua pour passer en Bretagne. On a eu raison d'opposer à cette prétention le texte même des Commentaires, où ce port est désigné comme

sitaé au territoire des Morini{ Picards) , point le plus rapproché du rivage britannique, dit César lui-même, à une distance quMl évalue à 30 milles.

Le livre Pelut ne fait point mention de la paroisse d'Ifs , non plus que de celle d'Allemagne» par la raison toute simple que Tune et l'autre étaient placées hors de la juridiction de l'évëque et faisaient partie de ce que l'on appelait V exemption de M. FJbbé.

L'église d*Ifs, avec sa nef romane, offre à l'intérieur un aspect agréable. On y voit une porte latérale demi-circulaire « à voussures multiples et en saillie, surmontée d*un couronnement triangulaire, annonçant qu*un porche protégeait autrefois , de son toit , cette entrée qui était la principale. Une des faces du voussoir extérieur est chargée de tètes plates; l'un des autres voussoirs porte des frettes crénelées; à l'ouest, il existe une autre porte romane qui n'offre rien de remarquable. La tour latérale, au sud, est du même style jusqu'à la moitié de sa hauteur; on y voit des arcatures ; mais la partie supérieure appartient au style ogival et date probablement du XIII*. siècle. Les fenêtres annoncent cette époque; on y voit encore des modillons sur la corniche. Cette tour élégante et svelte offre un beau type, qui se rencontre dans plusieurs cantons du Calvados. Le chœur a été construit en même temps que la partie supérieure de la tour , mais on y a percé depuis des fenêtres , qui ne semblent pas à M. de Caumont antérieures au XV*. et au XYP. siècle.

Un bas-c6té moderne est joint à la nef, au nord; les fonts baptismaux doivent dater du XI IP. siècle. Les dîmes appartenaient à St. -Etienne, à l'exception d'un trait qui était dévolu à l'abbaye de Fontenay.

BOURGUÉBUS (BORGSSBU),

Guillaume-le-Conquérant donna , à l'abbaye , l'alleu de Roger de Bour* guébus, Borgesbu, avec tout son aménagement, amasimemo. Six arpents furent aussi donnés par son frère , Guillaume de Bourguébus , dans le même lieu.

HUBERT-FOLIE (HUBERTiFOUA, FULBERTiFOUA).

La paroisse de Hubert-Folie fut donnée à l'abbaye par le Conquérant,

A92 ABBATB 0B SAINT-ÉTIENNE DE GABK«

comme faisant partie du territoire d'Âllemagoe; ce qui fut confirmé par les successeurs de ce prince. Les religieux nommaient à la cure de Notre- Dame d'Hubert-Folie, en qualité de patrons, avec le visa de Tévécbé de Bayeux. Au X1Y% siècle, ce patronage appartenait, selon le livre Pelut, à Guillaume de Brucourt. Mais plus tard , on le trouve toujours possédé par Tabbaye de St.-Étienne. Le curé en était décimateur, à un trait près, appartenant à Tabbaye.

Elle possédait dans cette paroisse 25 acres 2 vergées, nommées les Terres du fief de Brucourl-Per ducats , affermées , en 1750 , à Louis Lemonnier et à Julien Langlois, pour la somme de &&0 livres.

BRAS (BRÀCIVM).

Guillaume donna , dans le territoire de Bras, la terre tenue par Guillaume de La Londe, donation confirmée parOdoD,évéqne deBayeux. Alain de Lacour donna, en 1237, trois pièces de terre, et Gadebled de Magny une autre terre, au même lieu.

Après la dispersion des religieux, par suite des désastres de 1562, le fief de Bras , qui dépendait du fief de Brucourt*Perducats , fut vendu à rhistorien de Caen, Charles de Bourgueville. Ce fief et celui de Brucourt- Perducats furent revendus à Tabbaye, en 1650, par Charles de Bourgue* ville , sieur de Glincbamps.

GARCELLES (GARSALL/E).

Guillaume de Caen et Guillaume de Garcelles, fils de Gislebert, donnèrent, en présence de Henri II, vers 1160, Téglise de St.-Martin de Garcelles.

Guillaume de Garcelles donna tout ce qu*il possédait, à Garcelles, ainsi que la dîme de la paroisse.

Roger de Rupierre confirma cette donation. La présentation à Péglise de Garcelles , donnée par Guillaume, fut confirmée par Henri , évëque de Bayeux.

En 1366, Guillaume de Harcourt, abbé de St. -Etienne, fit un accord avec les Hospitaliers de Caen , au sujet de la dîme de cette paroisse.

T0M6RAPHIB ET RBVBNU TBMPORBL. A9S

L'abbaye possédait buil cents acres environ dans la seule baronnie d'Allemagne et d'Us. Parmi les délies qui faisaient partie de cette baronnie se trouvaient : celles des 10 Acres, de T Alouette, du Bouvage ou des 15 Acres, des Carrelettes, des Champs-Souris, du Corporal, de Cramilli, de Crèvecœur, de la Croix-Pendante, du Feugray, de la Maladrerie, des Longsbois, des Marettes, des Pestils Maftre-Robert , de Roquettes.

Parmi les propriétaires sujets envers Tabbaye à des rentes seigneuriales, nous trouvons , en 1782 , les héritiers de Robert Angot , J. Barbey , G. Becquemie , J. Bénard , Le Besnier , G. Besson , G. Le Breihon , C. Cabieux , J. Cauvet, d'Anisy, les Eudistes de Caen, La Haye , Le Lièvre, de Malherbe , Lemière , Le Saulnier, G. 1^ Sauvage, J. Yarin et Le Sénécal (1).

Le revenu des terres d'Allemagne, d'Ifs et de Bras était, en 1663, de A,9S0 livres 10 sous; les dîmes d'Allemagne et d'Ifs, de 2,320 livres, et celles du hameau de Bras, de 550. Les prés d'Allemagne étaient affermés 1,&16 livres. Les terres et les maisons d'Ifs et d'Allemagne seulement ont été vendus, en 1791 , pour la somme de62A,357 livres; celles d'Éterville 79,160 livres.

MOULT (MODOl , MOOL) , BILLY [BILUETVM), £T VALMERAY ( VALMERETUM ).

L'abbé Gislebert acheta, de Honfroy Le Tortu, 3 vergées de vignes à Moult, et 3 autres de Gislebert, fils de Lefèvre.

Hugues de Rouvres donna la terre et le pré qui s'étendaient entre la maison de St. -Etienne de Moult et la rivière qui y coule, à l'exception du terrain sur lequel était son pressoir.

Hugues de Dive et Boselin , son frère, donnèrent & acres de terre et 1/2 acre de vigne; Robert, fils de Bénard, quatre maisons et un pressoir (unum tarcular)^ avec toutes les cuves, < dont le nombre était très-grand à Moult. B

L'abbé Pierre acheta, de Guillaume, fils d'Hélie , pour &0 sous d'Anjou,

(i) Légende du plan tapographique de la pnroine d^ Allemagne, àreaaé par ordre de ruiustrissiiiie et référendiseime seignear, Mg'. Arthur Richard Dillon, archevêque et primat de Narbonoe et abbé de St.-Êtienne de Caen; par A. La Londe et P. Le Vasuier , arpenteurs-géographes. Ârcbives du Colvados, Fonds St. -Etienne.

&9& ABBATB DB SAINT-iStIBNNB DE CABIf.

la coutume de la vigne du clos de Moult , consuetudinem vineœ meœ de clauso de MooL

Guillaume deTourville, enfin, donna le fief dit Boulouche.

Lanfranc acheta , de Lupus ( Louet ou Louvet ), tout ce qu'il possédait à Billy et à Yalmeray , avec ses droits sur les dtmes de Téglise.

L'abbé Guillaume acheta, d'Ernoste Leclerc, toute sa terre de Billy, et de Mainard , fils de Durand , 10 arpents de terre. La terre d'Ernoste avait appartenu à Lirpon.

Le livre Pelut de Bayeux attribue le patronage de Téglise de Billy à Tabbaye de Préaux.

« L'église ou chapelle de St. *Brice de Yalmeray , dit M. F. Yaultier, consacrée par de beaux souvenirs, mais insignifiante en elle-même, et depuis long-temps abandonnée , est en état de ruine et doit être prochainement démolie • (1).

BAVENT ( BADVEISTUM }.

Guillaume-le-Conquérant donna dans le territoire de Bavent une vigne avec la maison du vigneron, tenue en fief par Hubert Le Dapifer; Raoul, fils d'flerfred, la moitié d'une de ses terres auprès de Bavent, à partir de la maison de Le Normand , de Bretteville, et de la croix qui est placée à Tembranchement des routes.

L'abbé Guillaume Bonne-Âme acheta à Bavent la terre de Raoul, fils de Pilot.

L'abbé Eudes acheta de Durand de Malopacto ^ à Bavent , 20 acres de terre, dans une campagne appelée la Couture-Foubert, Cultura Futberti, et de Raoul, fils de Popeline, 2 acres d'excellente terre, appelée la rue aux Moines, vicus monachù

Ces diverses propriétés constituaient le fief de Bavent.

Le fier de Bavent faisait partie du revenu du prieuré de St.-Êtienne de Bavent, existant dès le temps de Henri V\ Ce prieuré était simple et régulier et dépendait de plein droit de l'abbaye. Le domaine non fieffë consistait en un manoir, fuie à pigeons ou colombier volant, maisons et

(4) Rechercha tur Cancien doyenné de VauceUee , dans les Mémoires de la Société det Anîiquairet de Normandie, L XII.

TOPOCaAPHtB ET HBVBNU TEMPOREL. &95

jardin contenant 8 acres, un bois, une pièce de terre nommée les Champs de la VatUe et deux autres pièces nommées du Moulin et de la Forge, le tout contenant S2 acres, et une autre de 20 acres, de mauvais fond.

Le prieur de Bavent avait les deux tiers des dîmes grosses et menues du domaine fleffé : un des anciens titulaires les avait cédées au curé de Bavent, moyennant &0 livres de rente.

II percevait aussi la sixième partie de toutes les grosses dîmes de la paroisse de Bretteviile sur laquelle le fief du prieuré de Bavent s'étendait, et une part que tous les décimatenrs de ladite paroisse avaient droit de prendre sur les grosses dîmes de la paroisse d'Amfréville.

11 avait droit au moulin à eau, au moulin à vent et au four à ban.

La coutume de la foire de la Madelaine lui appartenait.

Son droit de chauffage était réduit au bois gisant, et celui de pâturage dans les bois de Bavent , à dix bètes aumailles.

Dans une déclaration faite en 1678 par D. Pierre de Mabrey , prieur de Bavent , il est dit que ce religieux venait d*y faire bâtir une très-belle chapelle , un manoir et plusieurs combles de maisons.

En 17&8, le prieuré, occupé par D. Jean Ménager, fut affermé à Jacques Closmesnil, demeurant à Yaraville, pour 900 livres. Le titulaire se réservait le droit de mettre ses chevaux et ceux de ses gens dans Técurie du prieur, et celui ûe piler dans le pressoir , pour son usage seulement.

BARONNIE DE GHEUX ( CEUSWUy

Cest une des villes données à St. -Etienne, par Guillaume-le-Conquérant. Les hommes de Cheux, comme ceux de Rots, étaient exemptés de toute servitude, de Tost, de charroi, de geit, de collecte, afin quMIs fussent entièrement consacrés au service des religieux de Tabbaye, et quMls pussent préparer et transporter tout ce qui était nécessaire aux besoins de ceux-ci.

Le duc Robert, vers 1102, dans une charte donnée à St. -Pierre-sur* Dives, y accorda à Tabbaye un marché tous les dimanches et une foire annuelle, fixée au jour que détermineraient les religieux de St. -Etienne. Cette charte est revêtue des croix on signatures de Robert, comte des Normands; de Guillaume, archevêque de Rouen; de Rannulfe, évéque

&96 ABBAYE DE SAINT-ÉTIENNB DE GABN.

de Durbam ; des évéques de Bayeux et de Coutances ; de Guillaume Le Clianibellan, d'Eustacbe de Breteuil, comte de Yarcniies; de Robert de Montfort, de Gisiebèrt de Laigle, de Renaud d*Orval, de Guillaume de Ferrières , de Raoul Tesson , de Robert Marmion , de Robert de Grentemesnil et de Robert Doisnel. Cette foire fut conGrmée par Henri 1". , en 1106, et par Jean-Sans-Terre, en 1201.

L*église de Cheux Tut attribuée aux religieux de St. -Etienne et la donation en Tut conGrmée par Odon , évêque de Bayeux.

Roger d'Evrecy Tut obligé de restituer à Tabbaye toute la terre que Hugues, son oncle, avait donnée; Tabbé Gislebert lui paya, comme indemnité, IS marcs d*argent et 5 sous de monnaie anglaise (Cartulaire, P. â7, V.).

Odeline, une noble dame, ayant servi le duc Guillaume, famulatrix Guitlelmi, régis Anglorum, donua 17 sétiers de blé, & de froment, â d*orge et 3 d'avoine, constituant la dîme de St.-Wandrille, à Cbeux.

Dans un accord, fait entre les religieux de Sl.-Wandrille et Tabbaye de St.-Ëtieune , en 132^ , il fut stipulé que les hommes qui tenaient à Cheux le fief de St.-Wandrille ne paieraient que demi-droit pour le four et le moulin dont ils étaient banniers ; que les tenants de ce fief seraient soumis à la haute-justice de St. -Etienne, comme les autres hommes de la terre de Cheux. Les religieux devaient aller prendre , chez les fermiers de St.-Wandrille, les redevances en orge, avoine et froment, auxquelles ceux-ci étaient assujettis à leur égard. « L^^ dits de St.-Wandrille , étaitil ajouté, donneront à diner, une fois Tan, dans leur hôtel , aux dits religieux de St. -Etienne, b

L'abbé Guillaume 1*'. acheta, à Cheux, des terres de Jean, fils de Conan, chanoine de Bayeux , e,t une autre propriété de Raoul , frère de Vital.

Roger de Fourcy donna une terre tenue précédemment par son oncle, Hugues de Fourcy.

Le même abbé acheta , de Burnouf, 5 acres 1/2; de Noriot, 2 acres et 1 vergée; 6 acres ayant appartenu à Guillaume, fils de Durand; 3 vergées ayant appartenu à Wespail ; 1 acre 1/2 à Yaintras; de Roger Toustain 5 vergées, entre les Landes et les Plates^Mares ; de Rannulfe Bochart, une terre ainsi qu^ine maison, dans laquelle était le four des moines, du côté de la fontaine de Cheux.

TOPOGRAPHIE ET REVEND TEMPOREL. h9l

Diverses redevances annuelles furent données, en 1215, parMatbilde, femme de Guillaume Vigor , pour le service de Tobitier de Cbeux. Raoul du Hou vendit, en 1239, une rente en froment, à prendre sur diverses pièces de terre , à Cbeux.

En 1A02, le sénécbal de Fabbaye prononça une sentence contre Guillaume de La Fontaine , qui était allé moudre son blé à un autre moulin que celui de Tabbaye.

En 1518, Robin donna au couvent des frères et sœurs des confréries de St. -Nicolas et de St. -Vigor de Cbeux 1 vergée de terre dans les Longues- Delles.

En 1576, Louis de Fleury, vicaire-général du cardinal Farnèse, abbé commendataire de St.-Étienne, céda au nommé Bourget, en considération de ses services, une pièce de terre , dite le Bois-de-Cbeux , pour en jouir à titre d'héritage.

En 1582 , les enfants et héritiers de Brice Le Petit et de Jeanne , femme séparée, quant aux biens, de son mari, reconnurent, devant le vicomte de Caen , quMls devaient à Tabbaye 6 boisseaux de froment et 2 sols 6 deniers de rente , pour un ménage situé au bameau de la Geôle , à Cbeux.

Au XV*. siècle, Jean de Cbeux y tenait un fief, dont il faisait chaque année à Tabbaye une livre de cumin.

En 1687 , François Briard avait pris à ferme le manoir seigneurial de la baron nie avec 139 acres 1/2 vergée et 1& perches de terre, pour en rendre par chaque année, dans les greniers de Tabbaye, 706 boisseaux de froment , mesure de Cheux , pair et semblable au meilleur du tripot.

En 1663, les terres labourables étaient affermées en argent 3,000 livres, et en blé 2,008 boisseaux à &0 sous le boisseau ou &,016 livres; le moulin était fieffé 165 livres et les rentes montaient à A9A livres 9 sous. Total 7,675 livres 9 sous.

Les vassaux du fief de St.-Wandrille, dont nous avons parlé plus haut, demeurèrent soumis à la juridiction de Tabbaye, même après que le fief

releva du Roi.

Tous les tenanciers de la baronnie de Cheux devaient faire moudre le blé au moulin de Tabbaye, en payant moulte sèche et moulle verte. Le fief de St'Wandrille ne payait que denii^moulte.

&98 ABBATB DE SAINT-ÉTIBNNB DE CABN.

La baronnie de Cheux s'éleodait sur les paroisses de Moueo, de GraiDville , de Tourville et de Mondrainville. Le fief de Marchanville , dont le chef était assis à Clieux , eo faisait égalemeot partie. Leurs vassaux venaient plaider, tant pour meubles que pour immeubles , devant la juridiction de Tabbaye , qui était une des plus anciennes justices du royaume , est- il dit dans une déclaration faite au clergé de France, en 1759.

Le grand manoir consistait en plusieurs maisons de maître, cours, jardins, chapelles, granges, colombiers, etc. Le tout était entouré d*un mur d'environ 6U0 toises. Le manoir avait deux entrées : Tune sur la rue des Champs, l'autre allant aux balles à marché. L'édifice le plus considérable était la grange de Champart, longue d'environ 26 toises et large de 6. Dans la longueur , s'élevaient dix gros piliers ronds en pierres de taille, sur lesquelles s'appuyaient d'énormes poutres à sommiers, qui supportaient la charpente. C'était le plus beau bâtiment de grange de la province , est-il dit dans une expertise faite , en 1671 , par les ordres du comte de Saint-Paul. On y signalait les négligences que le cardinal Mazarin avait mises à faire faire les réparations les plus urgentes. Il ne restait que la moitié de la grange. C'est la partie qui subsiste encore aujourd'hui.

Une magnifique halle à blé , construite en pierre avec des contreforts d'une remarquable élégance et d'une grande solidité, existait encore en 1661. Mais la couverture qui avait été autrefois en ardoise n'était plus faite qu'avec du chaume, désigné dans le pays sous le nom de gleu; il n'en existe aujourd'hui que les murs.

La halle au marché, longue de 17 toises et large de huit, avait sa toiture d'ardoise supportée par quatre rangs de piliers en bois , formant trois compartiments. 11 n'en reste aujourd'hui que l'allée du milieu.

Les terres de la baronnie se divisaient en 156 délies, dont les principales portaient les noms de Bas-Carreaux, du bosc de Cheux, des Cavées-Bergères , du clos Paillard , des Courchamps , de la carrière au Cornu , de la Fosse-Mabille , du Hoc ou de St.*Wandrille, du Hou-Cairon, des Pallières, du Wittouard.

Parmi les personnes qui, à la fin du XYIP. siècle, tenaient les fermes de la baronnie, nous mentionnerons : Jacqueline de Cheux , Isabeau Perrotte, Ch. Saillenfest, D. Quedrue, N. Porée, J. Mériotte, J. Renoot.

Les biens appartenant à la baronnie de Cbeux ont été vendus à la révolution 78&,&80 livres.

MOUEN (HOAM).

Robert Fitz Bernard donna à Tabbaye la dîme de Mouen , près Cbeui. Robert de Goviz (Gouviz), en 1190, y ajouta Téglise de St.-Malo, ecclesiam Sancti Machuti de Moam, ainsi que la dtme et les droits quMI avait sur cette paroisse; ce qui eut lieu en présence de Guillaume, fils de Raoul , sénéchal d(3 Normandie. La charte fut attestée par Robert de Winchester, Raoul Tesson , Guillaume d'Esson, Robert, abbé de Fou* lenay et vingt-trois autres témoins. Henri , évéque de Bayeux , confirma celte donation et approuva la nomination Taite par Tabbaye, de Raoul récrivain, pour remplir la cure de Mouen. Raoul la confirma aussi, en 1207, du consentement de ses frères Robert, Geofiroy el Guillaume de Gouviz.

Guillaume de Mondrainville et ses fils donnèrent deux pièces de terre dans Tune desquelles les religieux établirent leur grange ;

Richard de Mouen et ses frères, une masure de terre et une autre pièce à c6té de la couture de leur père ;

Honfroy Haterel , une pièce de terre auprès de la grange de Tabbaye.

L*église de Rosel avait été donnée , avec 7 acres de terre , à Tabbaye par Richard de Rosel. Les moines devaient en conserver la propriété et préposer à Téglise un prêtre à leur choix. Cependant nous avons vu Tabbaye abandonner, en i&35, une église à laquelle elle avait tant de raisons de tenir, au prieur du Plessis-Grimoult^ en échange de la dtme de Mouen , moyennant une rente de 10 livres tournois pour plus-value. Un vif intérêt s'attacherait à Téglise de Rosel, s*il était vrai que c'est de la famille qui Pavait, au XI% siècle , donnée à Tabbaye de St. -Etienne, que descend celle de lord Russel, Tillustre ministre d'Angleterre. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en 1854 le curé actuel de Rosel ayant demandé à cette riche et puissante famille une cloche pour sa petite église, le duc de Bedfort et lord Russel se sont empressés de lui faire ce cadeau ; et la cloche porte le nom que les nobles lords s'honorent de faire remonter aux seigneurs normands , qui donnaient un moine , Hugues de Rosel , à l'abbaye de St. -Etienne, dans l'année même où elle fut fondée.

500 ABBATE DB SAINT-IÎTIBNNB UE GABN.

En 1663, la dtme de Moueo, avec la grange, rapportait aux religieux 500 livres. Ils y avaient deux moulins appelés les moiUinsde Cheux,sur l*Odon, avec un jardin, une petite fie, te droit de pèche devant et derrière les moulins ; ils affermaient le tout, en i')6â, au prix de 330 livres. L*abbaye possédait à Tourville, qui dépendait de Mouen, une vavassorie contenant environ 6 acres de terre , une autre de i 8 acres , une autre de 23 acres.

MONDRAINVILLE ( MONDiŒVJLLA ).

En 1228, Renaud de St. -Valéry , chevalier, donna à Pabbaye tous les fiefs avec leurs dépendances, avec leurs échoites, qui pourraient lui appartenir dans lesdits fiefs, situés à C lieux , à Rauvray^ à Beauvoir j à Mondrainville, à Cotleville, à Trouville et à Mouen : tous ces domaines étaient tenus par Thomas de Sainte-Mère-Église et par Emma, sa femme. Une contestation sur la dîme Mondrainville, entre Nicolas, prieur du Plessis-Grimoult , et Guillaume, abbé de St. -Etienne, se termina par une transaction qui laissa cette dîme aux chanoines du Plessis, canonicis de Plesseio, moyennant une rétributtion annuelle de 3 mines d'orge.

En l&7/t, Tabbaye avait à Mondrainville, pour l'office du grainetier, la vavassorie de la Croulte, contenant 9 acres i/2 , tenue par Eustache Maire, qui devait, chaque année, 6 boisseaux de froment, 3 setiers d'orge, 6 chapons, à Noël ; 90 œufs, à Pâques; et 5 sous 3 deniers de cens, à la St.-Denis, à l'office de la trésorerie; reliefs, treizièmes, foi et hommage, obéissance de cour et juridiction, etc.

Une autre vavassorie de lA acres était tenne par Guillaume Méritte, qui devait payer 1/t boisseaux de froment, 1& d'orge, mesure de Cheux; 6 chapons, à Noël ; 90 œufs, à Pâques; et au trésorier & livres de cens.

GRAINVILLE ( GRANIVILLA).

Guillaume-le-Conquérant donna à l'abbaye, à Grainville, 100 arpents de terre que tenait de lui Honfroy de Soliers, ainsi que l'alleu de Roger de Bourguesbu , dans lequel était sa maison , et tout son faisant-valoir , et 6 arpents tenus par Guillaume, son frère (Charte de Guillaume, 1083).

Il confirma la donation d'une autre terre, faite par Hugues de Rosel, qui prenait à St. -Etienne l'habit religieux.

TOPOGRAPHIB £T BBVBNU TEMPOREL. 501

Raoul de Grainville , dans la maladie à laquelle il succomba , donna aussi une terre au même lieu.

En l/|5/i, Jean deLacour, prêtre , tenait en fief de l'abbaye, par acquisition rai te par lui des héritiers de la femme de feu Jean de Corday, deux Trancbes vavassories à cour et usage « dans la paroisse de Grainville. Il devait donner , chaque année , à Tabbayc i /2 livre de cumin.

FONTENAY-LE-PESNEL ( FONTANETVM PAGANELLl).

Alexandre III confirma la donation des dîmes de 2 arpents , appartenant au fief de Hugues Pesnel et à d'autres seigneuries , à Fontenay-le- Pesnel.

Richard et Henri de Moult y donnèrent à Tabbaye 3 acres;

En 1222, Robert Marmion» une part de la dime de Téglise;

Raoul de Bonesboz , deux autres parts de la même dtme.

Pierre, fils de Goderroy-l'Enrant , de Fontenay, vendit, pour 10 livres de Rouen , sa part de la dtme de tout le domaine de Fontenay-le- Pesnel, ainsi que celle de ses quatre vassaux, Roger, Flambart, Leverrier et Godefroy ; enfin 2 acres de terre , auprès de la grange des religieux.

Plus tard, Roger, fils de Pierre de Fontenay , contesta la validité de cette donation. Les religieux la lui firent confirmer solennellement , en présence de la cour du Roi , in presentia totius justitiœ.

Jean de Vaurey, sa Tcmme Agnès et son fils Hugues, donnèrent une terre , dans laquelle était la grange de Tabbaye.

L'abbaye possédait, dans les deux paroisses de St.»Martin et de St.-^ Aubin de Fontenay-le-Pesnel , la moitié des grosses dîmes de tout le territoire de Fontenay.

Elle y avait une maison manable et 8 acres 2 vergées de terre environ. Le tout élait, en 1750, affermé à Guillaume Fontaine, pour la somme

de 1,700 livres.

La grange de dlme était située entre l'église de St.-Martin et celle de

St. -Aubin de Fontenay.

503 ABBATE DE SAINT-^TIBNNB DE GAEN.

AUNAY (ALNETUM).

Odoo , évèque de Bayeux , donna à Tabbaye les droits qu*avait Notre- Dame de Bayeux sur Téglise de St.-Sanson d*Aunay.

Cétait Enguerrand de Say et Agnès, son épouse, qui avaient, en 1082, donné cette église à Tabbaye de St. -Etienne, avec toute la coutume épiscopale.

Guillaume de Semilly, chevalier, seigneur d'Aunay, reconnut et confirma, en présence du vicomte de Caen, en 1293, la donation de la dfme d*Aulnay et de la juridiction de la chapelle de Ste. -Honorine, donnée par ses ancêtres.

BUCELS (BUXEDELLVM).

Serlon de Lingèvres , ■ homme pécheur et ayant besoin de la miséricorde divine ? , donna, par le conseil et Tassistance de quelques pieux personnages, en 1082, avec 3 acres 1/2 de terre, Téglise de St. -Germain de Bucels et sa part dans les dîmes qui lui appartenaient. Le patronage de cette église donnait à Tabbaye deux tiers de la dîme , un tiers au curé avec les verdages, et un trait à Tabbaye de Mondaye. St.-Germain de Bucels faisait partie du doyenné de Fontenay-le-Pesnel.

ÏESSEL ( TESSELLUM).

Guillaume de Tessel donna deux parts de la dfme de son domaine, et un autre seigneur de cette maison, Henri Tannetin de Tessel, une maison et un jardin , en 1235.

En I&IO, Jean Rabot, dit Brasil, vendit à Tabbaye 6 vergées de terre, au même lieu, pour le grainetier de Tabbaye.

BRETTEVILLE-L'ORGUEILLETISE.

( BRETTAVILLÀ , BRETAVILLA SUPERBA , ORGOILLOSA , ORGVLUOSA ,€te.) {i).

Guillaume-le-Conquérant donna à Tabbaye Talleu que tenait de lui

(1) Dans quelques titres du XVI*. et du XVII*. siècle, on trouve le nom de BrettevUle-VArgiHeuse,

Roger-le-Gbauve , à Bretteville-rOrgueilleuse; Rannulfe, vicomte de Bayeux, toate sa terre, avec sa part de Téglise, avec les colons et les hommes libres qui lui appartenaient; Robert Bertran, imminente morte , tout ce qu'il possédait au même lieu , avec sa part de Téglise.

En 1165 , Robert de Seun donna ses droits de présentation et de cbauterie dans Téglise de Bretteville et celle de Putot. Hugues, comte de Cbester, confirma la donation ; mais, ayant plus tard élevé des prétentions sur ces diverses donations, il reçut de Tabbé Guillaume, pour son désistement, & livres d'Anjou et deux palefrois. L*abbé Guillaume fut obligé de donner , pour le même motif, à Guillaume d*Aboville , 30 livres d'Anjou et à Robert Seun , 10 livres. Gui de Saint-Valéry et sa femme , Alberède, donnèrent la troisième gerbe, dans tout leur alleu de Bretteville, et leurs droits sur Téglise.

Roger d'Aboville, en 1227, Robert Le Petit, en 1253, Raoul et Guillaume d'Aboville , en 1&57 , confirmèrent les donations faites par leurs ancêtres.

Richard de Cbicheboville , fils de Guillaume, renonça à ses prétentions sur Téglise de Bretteville , en faveur de Tabbé Guillaume. Cet accord fut fait à Sle-Barbe-en-Auge, en présence de Roger, évêque d'York; d'Alvérède, abbé de St. -Pierre-sur- Dive; de Daniel, prieur de Ste.-Barbe; de Jean , archidiacre de Séez , et de Guillaume de Trun.

En 1297, un mandement de Philippe lY, roi de France, adressé au bailli de Caen , lui ordonnait de maintenir dans les bornes du devoir certains gentilshommes, qui troublaient l'abbaye au sujet du droit de justice, qu'elle exerçait dans le fief du Comte, à Bretleville-rOrgueilleusc.

En 1326, l'abbaye acheta de Nicolle de Laulay , la seigneurie, cour et usage, reliefs et treizièmes de 30 acres de terre, avec leurs appartenances, assises à Brette vil le-I' Orgueilleuse, de la valeur de 20 sous de rente. Cette propriété avait quatre masures.

Jean Perrotte, par suite d'une clameur, faite par l'abbaye, en l/i59, lui fit remise d'une rente qu'il avait achetée à Bretteville -l'Orgueilleuse.

Une partie des domaines, possédés par l'abbaye , à Bretteville-l'Orgueilleuse , avait été désignée sous le nom de fiefLoquart.

Le moulin de Bretteville s'appelait le Moulin l'Abbé.

50& ABBATB DP SAINT-ÉTIBNNB DE CABfV.

Les religieux étaient seigneurs et patrons de la paroisse de St.-Germain de Bretteville et de la chapelle de Ste. -Marie de Putot , son annexe. Ils nommaient à la cure de Tune et de Tautre, parce qu'elles ne formaient qu'une seule paroisse et un seul et même bénéfice.

Eu 1750, Tabbaye avait à Bretteville 75 acres de terre, produisant environ 750 boisseaux de froment ou 1,500 livres. Ils percevaient, à Bretteville et à Putot, les grosses et menues dîmes, les verdages, le droit de grange et autres droits affermés, en 1750, à Henri Angot, pour la somme de 2,&00 livres.

La dîme de Bretteville et de Putot rapportait 1,920 livres.

Les terres que possédait Tabbaye dans toute retendue de la paroisse de Bretteville-rOrgueilleuse étaient, d'après un papier-terrier de 1666, de 802 acres. Les principales délies étaient celles du val de Putot, de la Croix-Guillard, de la Fosse-Talbot, des Castillons, de la Pépinière, du Roucbeux, de la Bergerie, de rÉpine-Trois-Monts, du Bissonnet et dn Mutrel.

Quelques-unes de ces terres étaient affectées à la chapelle Hallebout , au trésor et aux obitiers de Bretteville.

On y voit figurer les noms de Ch. d'Arqucnchy, Lebailly , J. de Bayeux, de Beaumont, de Bougy, du Bosc, Bourdon, Â. de Cairon (1), des Yarennes, de Cusson, de Croisilles, de Sainte-Croix , Guillot, Huet, bourgeois de Caen, Âbel Lair, J. Des Landes, Manger, de Montficquet, G. Picquot.

PUTOT (PUTOTUS).

Guillaume de Putot et ses frères donnèrent, en 1083, à St -Etienne, tous les droits qu'ils avaient sur l'église de Putot, ainsi que la dfme dudit lieu , en considération de ce que leur frère Robert prenait l'habit religieux dans le monastère.

(i) La ramille de Cairon, dont les propriétés étaient considérables, était alors représentée par François de Cairon, écuyer, sieur de La Pigacière; Isaac de Cairon, sieur de St.-Vigor; Nicolas de Cairon, sieur de Cardonville.

CRISTOT.

Guillaunie-le-Cooquéraot donoa 10 arpents de terre, que tenait de lui, en alleu, Onfroy Le Bœuf, à Cristot. En 1160, Rotrou, évoque d'Évreux, confirma la donation d'une autre terre, donnée par Ives Le Bœuf, et celle d'une terre du fief de Loucelles, à Cristot, tenue par Richard , fils d'Hervey.

L'abbé Guillaume donna 15 sous manceaux à Rainauld de Loucelles, pour le faire renoncer à ses prétentions sur une terre et sur la dfme que sou aïeul Godefroy du Fay, tenait à Cristot, dépendante du même fief.

Rotrou, évéque d'Évreux , et Richard de Saint- Valéry, tenant les assises du roi Henri II, à Bayeux, reconnurent les diverses pièces de lerre, situées à Cristot , qui appartenaient à l'abbaye. Cet acte eut pour témoins : Arnoul IV, évêque de Lisicux; Achard , évéque d'Âvrancbes; Richard, fils du comte; Godard et Richard Des Vallées; Osbern de La Haye; Legraverend d'Évrecy, et Roger d'Arry.

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