‹ L'abbaye de Saint-Étienne de Caen, 1066-1790Chapitre 88 sur 107 · BARONNIE DE ROTS · texte numérisé non relu

BARONNIE DE ROTS

Rots fut donné à l'abbaye par la charte de fondation. L'église fut réservée. De toto Ros prœter ecctesiam , Ali la charte d'Odbn de Bayeux.

Jean Sallultra donna, à Rots, trois masures; Robert Patry , une rente sur son manoir et une pièce de terre ( 12/i8).

Guillaume de Cardonville, en 1321, et Colette de Cardonville, en l&Ol , y ajoutèrent d'autres donations.

Henri et Raoul, fils de Thomas de Rots, donnèrent, en 1231, diverses pièces de terre, pour le prix de 9 livres tournois; Jean Manger de Rots, 13 boisseaux de froment et 1 acre de terre, située sur les carrières de Bretteville-l'OrgueilIeuse , pour être affectée, par la suite, à l'obit de Gervais Langlois.

Jean Desfourneaux, écuyer, fils de Richard, conjointement avec sa femme Alberède , fille de Regnauld de Saint- Valéry , donna , en 1273 , le fief Loriot, vulgairement appelé le fief de Rois et plusieurs héritages (5 acres et 5 vergées de terre) situées à St.-Louet, moyennant la somme de 85 livres tournois , donnée par les religieux de l'abbaye.

506 ABBATB DE SAIIIT-éTIENNB DE CABN.

Ed 1299, Geoffroy, abbé de St.-Étieuoe, et le Chapitre, donnèrent à Richard, dit Barbin, clerc, le fief de Pierre-de-Pont , situé à Rois, à titre de fief héréditaire.

En 1.S66, Raoul Le Normand prit en fief un ménage, rue de Courcelles, à Rots.

En 1592, Guillaume de La Haye donna à Téglise et au trésor de Rots une rente en froment et autres redevances , à charge de prières pour Tâme de Thomasse , sa femme , et de Jeanne Fresnel , sa cousine.

La seigneurie de Rots s'étendait à Norrey , son annexe, à St.-Louet, près Âutbie, à Colomby, à Âmblie, Bénouville, St.-Germain-d'Hectot, Éterville et Bray.

C'était dans la paroisse de Rots qu'était assis le demi-fief de chevalier, appelé le fief aux Pucelles ou fief Siméon. En 1388, Charles VI adjugea à Tabbaye , moyennant une rente de 25 livres tournois, la propriété de ce fief Siméon. En 1390 , Jean des Cbaalons et sa femme prétendirent le retirer des mains des religieux par droit de lignage ; ils abandonnèrent leurs prétentions moyennant 30 livres tournois que leur donna Tabbaye. Dans les différents aveux faits de 1&18 à 1725, figure toujours ce fief, désigné d'abord sous le nom de demi-fief aux Pucelles, puis sous celui de fief Siméon , à cause de Guillaume Siméon qui le tenait à cour et usage. En devenant propriétaires de ce fief (1), les religieux acquirent le droit de patronage sur une chapelle appelée Ste.-MarieHte-ljorUal , bâtie dans le manoir Siméon.

En 1585, l'abbaye donna au sieur du Rosel, pour raison du fief Siméon, un huitième du fief que l'on nomma le fief de Marchanville , lequel devait être tenu de ladite abbaye à foi et hommage et dont le domaine était de 3 acres de terre , mesure de Cheux , déclarées sises audit lieu. Ledit Du Rosel devait posséder le fief de Marchanville perpétuellement, et payer à l'abbaye 8 écus 1/3 de rente foncière et seigneuriale, avec les droits de foi et hommage, reliefs et treizièmes, comparance de plaids et gages , le cas s'offrant. Il renonça à son droit sur le fief Siméon , incorporé à l'abbaye.

En 1661 , Pierre Lalongny , sieur du Maresq , confessa tenir par foi et

(0 Voir riiistoire de Pabbaye, p. 118.

TOFOGaAPHlB ëT revenu TiiMPOREL. 507

boiumage Duement des religieux de St-Étienoe, à cause de leurs terre et baronuie de Rots, un quart de fief de cbevalier, vulgairement appelé le fief du Maresçs qui s'étendail aux paroisses de Graiuville, de Mondrainville et aux environs. 4 Auquel il y a domaine fieffé et non fieffé , place de coulombier et de manoir sur deux vavassories: Tune appelée la vavassorie Mazeuré, contenant 26 acres, et Tautre appelée la vavassorie Maroi Périer, contenant 75 acres; honneurs, bommages, redevances en deniers, grains, œufs, oyseaux , court usage, pieds, gage-plege, juridiction, prévost, recepveurs, reliefs, treizièmes, amendes, aubeynes, fôrfaictures , confiscations, pasts, mczures et regards de mariage. Lequel fief jadis fut à Guilaume Siméon et depuis à messire Rault (Regnault) de Saint-Yallery,cbevallier,qui le donna en faveur de mariage à messire Guy du Maresq, chevallier, et depuis venu à Jean de Corday, escuier,à cause de la demoiselle, sa femme, qui le fieffèrent à M. Jean deLacour, escuier, prestre, curé de Bremoy, vicaire de la dite paroisse de Grainville; duquel curé, Jean de Lacour, escuier, est héritier, à cause de son prédécesseur; lequel Jean de Lacour me Ta baillé en escbange d'héritage, par contract passé devant les tabellions de Cacn , le vingt cinqyesme jour d'octobre mil six cents quatre. »

Dans un manuscrit en parchemin conservé aux archives du Calvados, intitulé : MarchemerU et déclaration du terroir de Rots, fait en i/!i79^ on donne le dessin du manoir et de la chapelle (1).

A cause de ce fief Siméon, et d'un autre petit fief, sis à Bénouville , les héritiers de Jean du Hommet tenaient de Tabbaye un membre de fief, dont le chef était assis à St.-Germain-d'Hectot^ et ils en faisaient un gant de six deniers tournois de rente.

Par contrat du lA août i7â6, le sieur Cairon de Barbière vendit au sieur Querel de La Perrière la terre de Cardonville, au prix de 37,90<) livres, avec déclaration que les héritages vendus sont mouvants des fiefs de St.-Étienne de Caen , à l'exception du pré nommé le pré de Brouay et de quelques héritages, situés dans la paroisse de PutoL

L'abbaye avait , à Rots et à Norrey , son annexe, 560 acres de terre environ , avec droit de champart sur plusieurs autres. La grange

(1) Archives du Calvados. Fonds SU-Étienne.

508 abbâye de saim-étibnnë ob gabn.

champarlive de Rots avait 22 toises de long et 1& 1/2 de large. En lâ2A, le patronage de Téglise de St.-Louet fut vendu à Tabbé Simon de Trévières, par Guillaume Pilet, en même temps que le moulin de Crèvecœur à Montaigu.

Le droit de présentation à la cure de St.-Louet appartenait à Tabbaye de St. -Etienne, et la collation à Tabbaye de St.-Ouen de Rouen , à cause de son exemption de Rots qui lui donnait tous les droits épiscopaux , à la réserve du pouvoir de conférer les ordres et de faire le saint-chrême. Le cardinal de La Trémouille prétendit, au XVIII*. siècle, avoir le droit de nommer à ce bénéflce, à Texclusion des religieux de son abbaye ; le Chapitre de Bayeux soutint, de son côté, que le droit de collation lui appartenait, pendant la vacance du siège abbatial de St.-Ouen.

Les religieux de St. -Etienne et ceux de St.-Ouen revendiquèrent leurs droits.

Jusqu'au concordat du 2/i avril 1668 entre Tabbé Le Tellier et les religieux , il avait été pourvu à ce bénéflce conjointement avec les abbés réguliers ou commendataires et les religieux. Depuis ce traité, il avait été établi que la disposition de tous les bénéfices appartiendrait à Tabbé, à la réserve des cures dont la glèbe des patronages ou le patronage tomberait dans le lot des religieux. Les religieux de St.-Ouen prouvèrent qu'ils avaient conféré la cure de St.-Louet sur la présentation de Georges Pilet, homme laie; mais Tabbaye montra Tacte en vertu duquel elle avait acquis, en lâ2/i, le patronage du même Georges Pilet, avec 1 vergée de terre la plus prochaine qu'il eût de Téglise, pour lui servir de glèbe (1). Les religieux avaient, dans leur lot, toutes les terres que Fabbaye possédait en cette paroisse et le Cardinal n*y avait aucune portion de terre.

On objectait aux religieux qu'ils ne pouvaient indiquer et montrer au doigt cette vergée de terre qui faisait la glèbe du patronage vendu par Georges Pilet.

Le Cardinal avait nommé pour son procureur, Jean Surville; le Chapitre de Bayeux, Georges Raimbault ; les religieux de St. -Etienne, Richard Loysel. Les arbitres donnèrent gain de cause à l'abbaye.

Le 29 octobre 16/i/i, l'abbaye fit avec Robert Angot, sieur de La Drouinière, un échange par lequel elle lui cédait 39 boisseaux, 6 poules, 1

(1) Voir Tacte de vente, Hittoire de V abbaye, p. 97.

T0P06RÂPHIB BT REVENU TEMPOREL. 509

chapon et 15 œufs de rente, qui lui étaient dus sur un manoir de la paroisse de St.-Ouen, entre les deux Odons, moyennant Textinction de kb livres de rente qu'elle payait audit Robert Angot, à cause du fief Siméon et du fief Pend-Larron.

En 1776, la t>aronnie de Rots donnait à Tabbé un revenu de ll,/i21 livres, 3,8&6 boisseaux de froment et 61 & boisseaux d'avoine.

Parmi les propriétés dépendantes de la baronnie de Rots , qui appartenaient à Tabbaye ou sur lesquelles elle avait à percevoir des rentes à divers titres, nous mentionnerons plusieurs jardins à Rots sur la lisière de la route de Caen , les délies de la Roquette, de la fosse à l'Espagnol , du pot de Fer, du champ de la Nonne, de la croix au Pellerin, de Longueraye, de la hayeMillon, des prés de Longueville, du champ de la Bataille, de la Thuille, de la voie aux Moines (entre le chemin de Bayeux et le chemin Chaussé ou Haussé) (1) , de la fosse Bardel , de la Querrière, de la croix Yaultier.

Les fermiers ou les propriétaires dont les noms se retrouvent le plus souvent sur les registres , sont les suivants : Brize , de Gron , de La Niesse, Buhot, Cossart, de Saint-Louet, de Moulineaux, Dessillons, de La Catrye.

Les biens qui dépendaient de la baronnie ont été vendus, en 1792 , 768,521 livres; ceux de Bretteville, 110,299 ; et ceux de Norrey, 163,925.

COLOMB Y (COLUMBEIUSi).

L'abbaye avait, à Colomby, une vavassorie de 26 acres, tenue, en 1&91, par Jean Clérembault, comme il appert par un aveu donné aux plaids de St. -Etienne, tenu par Jean de La Noë, sénéchal. L'an ihkS, les héritiers de Raoul Robert y tenaient une autre vavassorie de 18 acres.

LOUGELLES (LOCELL/E).

Guillaume d'Âudrieu donna à St.-Étienne l'église de Loucelles; Ânquetil d'Ussy, sa terre de Loucelles, tenue par Grenton.

(1) Papier terrier de Rôti , Norrey et BretteviUe^VOrgueilleute, Registre in-K de 520 pages avec plans détaillés , par Pierre Legendre, 1666. ^ Archives du Calvados. Fonds St. -Etienne.

510 ÂBBAÏB DB SÂINT--ÉTIBNNB DB GABN.

Eudes y acheta 8 acres d'une très-bonne terre» pour y établir une grange , de Hugues du Fay et des fils de Robert de Blonville.

Hugues Le Villain donna « en présence de Henri II, 20 acres de terre dans le même lieu; Guillaume, fils de Robert « â acres.

Ërneis de Loucelles, avec le consentement de sa fille et de son gendre, deux pièces de terre « auprès de la Croix de Raoul de Yillers et non loin de la maison des Lépreux de Loucelles.

Guillaume et GeoiTroy de Loucelles, fils de Richard, confirmèrent la donation faite par leur père.

BIÉVILLE (BOIA VILLA, BUWILLA), ET BEU VILLE (BOSVILLA),

Rannulfe, vicomte de Bayeux, donna à St.-Étienne Téglise de Biéville, avec la terre et les dîmes qui lui appartenaient. Cette donation Tut confirmée par Hugues, comte de Chester et par le roi d'Angleterre, Henri IL

L'abbaye reçut, de Jacques La Londe, i acre de terre, dans le territoire de Biéville , m Soromonte. Indépendamment de la totalité des dîmes de Féglise de Notre-Dame de Biéville, Tabbaye percevait les 2/3 des grosses dimes de Beuville et de Cambes , et aux environs plusieurs pièces de terre, avec une grange de dîmes.

Les grosses et menues dîmes de Biéville et de Beuville rapportaient, en 1759, la somme de 5,&68 livres.

SECQUEVIJXE-EN-BESSIN ( SICCAVILLA }.

L'église de Secqueville , avec une partie de la dîme , fut donnée à l'abbaye par Robert de Pointel. L'autre partie fut perçue par l'abbé de Fécamp. Robert y ajouta une maison et 1 acre de terre. Une pièce de terre fut donnée par Thomas de Secqueville. La femme de Robert Le Balistaire donna 12 arpents.

Henri, évéque de Bayeux , reconnut que les religieux de l'abbaye avaient droit de présentation du prêtre ou du vicaire de l'église de St.-Sulpice de Secqueville , qui devait jouir des dimes de la laine , des pommes , du chanvre, des agneaux, à charge de payera l'abbaye kO sous d'Angers

et 30 chandelles, à ta Purification, sans avoir néanmoins rien à réclamer sur ia dîme du blé et du lin , réservée aux religieux.

Les hommes de Secqueville, admis dans la société de Tabbaye, lui donnèrent leurs dîmes.

Troublés dans leur possession par Herbert, jadis clerc, les religieux le firent condamner par les barons de l'Échiquier, tenu dans le château de Caen. Guimond , surnommé Satis Bonus ^ donna 2 acres de terre ; et Guillaume de Tresgoz, un vavasseur, conjointement avec son fils Robert.

En lâOO, Raoul Tesson, chevalier, seigneur de St.-Yast, disputa à Fabbaye le patronage de Secqueville ; par un acte passé à la vicomte de Caen , il lui en laissa la possession.

I/année suivante , un jugement du bailli de Caen débouta pareillement de leurs prétentions sur le même patronage Guillaume de Montferrant et Jean Lasnel.

En 1&16, Etienne Gondouin et sa Temme vendirent à GuillaumeRen aud une pièce de terre que celui-ci céda à Tabbaye.

RUCQUEVILLE ( RUSCHIVILLA , RUSCAVILLA ).

Richard , fils de Toustain , comte d* Avranches , donna la terre de Rucqueville du fief de Toustain , fils de Richard.

Robert de Rucqueville fit présent à St. -Etienne de 2 acres de terre, auprès de la lande de Martigny.

Thomas de Coulonces, chevalier , donna , en 12M, tout le revenu de sa terre de Rucqueville.

CULLY (CURLEWM).

Guillaume-le-Gonquérant donna, à l'époque de la fondation, la terre tenue par Guillaume, son chambellan, dans le territoire de Cully, et Boselin de Dive y ajouta le service d'une autre terre qu'il tenait en fief du duc Guillaume. L'abbé Guillaume acheta de Serlon de Cully 12 arpents de terre, et Robert, fils de Simon du Gué, fit don d'une rente annuelle d'un quartier de froment. Richard, fils de Sibille, donna une masure;

Guillaume Le Jeuoe, â acres et i vergée de lerre« et Robert de Fougères, 2 acres auprès de CuUy.

Jean de Cully, chevalier, donna à Tabbaye tous ses droits sur le moulin de Flael. Cully formait un flef, nommé le FieM'Âbbé, que tenait, eu 1725, le sieur de Montataire.

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