‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 207 sur 470 · L^AUMÔNIER · texte numérisé non relu

L^AUMÔNIER

. On peut se demander' au point de vue social, si ces aumônes considérables avaient un heureux résultat; si ces repas donnés à certains jours; à une pareille foule, venaient en aide aux véritables pauvres; si enfin il ne se constituait pas dans la ville une classe de gens assez peu intéressants, qui trouvaient avantageux de vivre sans travailler aux dépens du monastère. Mais, ces réserves faites, on ne peut s'empêcher d'admirer ce grand mouvement de charité.

L'aumônier ne devait pas borner son rOle à secourir les pauvre? d'une façon passagère; il avait encore l'obligation de pourvoir à l'entretien et à l'administration de Thôpital^ qui avait été institué par l'abbaye, probablement au ix^ siècle.

Selon le pseudo-Aurélien, cet établissement aurait été fondé par saint Martial et le duc Etienne, qui auraient décidé d'y hospitaliser chaque jour des centaines de pauvres ^'\ Cette assertion, quelque fabuleuse qu'elle soit, nous montre pourtant que l'hôpital de Saint-Martial existait déjà depuis assez longtemps, et avait pris une extension considérable à l'époque où fut rédigée la légende Aurélienne, c'est-à-dire vers le milieu du x<^ siècle. Il avait donc, sans doute, été érigé par les moines quelques années après la fondation de leur abbaye, en 848,

L'hôpital de Saint-Martial subsista pendant tout le cours du moyen âge, et rendit de grands services à la population. Il ne comptait en effet pas moins de quarante places pour les malades ^^\ Quand l'abbaye entra en décadence, les moines perdirent l'esprit de charité, dont la règle leur faisait une obligation, et l'aumônier se désintéressa totalement des affaires de l'hôpital. Les consuls finirent par s'en émouvoir. Nous les voyons au xvi^ siècle procéder à une enquête, au cours de laquelle ils constatèrent que l'hôpital avait sept ou huit cents livres de revenu, qu'il était bien pourvu de Jinge et de lits ^^^; mais que l'aumônier, Chaussade, négligeait absolument de s'occuper des

1. Le duc Etienne aurait fondé deux hôpitaux^ de concert avec saint Martial, l'un « in elemosina béate martiris et virginis Valérie », l'autre « pro se et beato viro Martiale, in quo decrevit omni die pauperum coUegi turbam ac refici numéro sexcentorum » (Légende aurélienne, édit. W. de Gray Birsch, p. 17).

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