‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 213 sur 470 · Donné par Saint Louis · texte numérisé non relu

Donné par Saint Louis

5. « Hostiarius sepulcri » (Notice des offices de Saint-Martial ^ pièce justif., no XXI, § 3).

6. Le règlement était d'une extrême précision, et spécifiait que l'huissier devait chaque jour balayer la crypte, et nettoyer une fois par semaine l'église Saint-Pierre (Notice des offices, ibid.).

LES CHEVECIERS 219

nuit, il allumait les lampes **^ et fermait soigneusement les portes de la crypte ^*\ Pour rémunérer ses services, le chevecier lui donnait quatre deniers par mois; il lui abandonnait en outre les menues offrandes qui étaient déposées sur le tombeau de saint Martial, comme le pain, le froment, le vin, les œufs, etc.

Le chevecier du sépulcre n'avait pas seulement pour fonctions de s'occuper de la crypte : il était encore chargé d'éclairer tout le monastère, et avait à cet effet la jouissance de la plupart des redevances de cire ou d'huile que percevait l'abbaye. A la fin de la journée, il faisait disposer dans les cloîtres, dans les corridors et autres endroits déterminés, de grosses lanternes de verre ''\ Certaines de ces lanternes étaient éclairées avec des chandelles, pendant toute la nuit ; d'autres étaient allumées seulement quand les moines se rendaient aux offices ou au réfectoire, et éteintes de suite après leur passage.

Le chevecier devait faire brûler constamment dans la crypte de Saint- Martial huit cierges qu'il remplaçait à ses frais, et une lampe, pour l'entretien de laquelle le chevalier Bertrand de Born ^^^ avait institué une rente gagée sur les produits du marché de Chai us-Chabrol ^^\ Lors du décès d'un des moines, il devait éclairer le cloître de l'infirmeri^ ainsi que le lieu où reposait le corps du défunt. Il fournissait encore de la cire pour le cachet de l'abbé, et avait d'autres menues obligations dans le détail desquels il serait trop long d'entrer.

Pour subvenir aux dépenses de son office, le chevecier du sépulcre recueillait toutes les offrandes que les fidèles déposaient dans des troncs placés à cet effet. Ces offrandes devaient être considérables, puisqu'elles suffisaient à elles seules pour faire face aux lourdes charges qui lui incombaient ^^K

1. Cet huissier était évidemment le moine que Bernard hier mentionne sous le nom d' « accensor îampadarum » (éd. Duplès-Agier, p. 247).

2. Spécialement la fenêtre qui s'ouvrait au-dessus du tombeau de saint Martial, et devant laquelle des malades se faisaient souvent porter pendant la journée, dans Tespoir d'obtenir leur

guérison.

3. Ainsi par exemple « In duabus trisanciis claustri, in lanternas vitreas ad hoc factas plures candelas débet accendere » (Notice des offices, pièce justif., no XXI, § 2).

4. Il nous paraît très probable que le chevalier Bertrand de Born n'était autre que le fameux troubadour de ce nom qui était en effet de famille noble et d'origine limousine.

5. Chalus-Chabrol, ch.-l. de co» de l'arr. de Saint- Yrieix, Haute-Vienne.

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