L^ PITANCIER
la pitance de la communauté***. Ce moine prit le nom de pitancier. Ses attributions ne tardèrent* pas à s'élargir, et il devint dès le XHi^ siècle un personnage important dans labbaye. Comme il avait à manier des sommes considérables, il devait fournir caution en entrant en charge, et remettre tous les trois mois des comptes détaillés au chapitre *'\ Ses fonds étaient déposés dans une armoire du réfectoire avec le sceau de Tabbaye. Il n avait le droit dy toucher que pour acheter les denrées nécessaires à la nourriture des moines. Quant aux redevances qu'il percevait en nature, comme le froment, le seigle, rhuile, etc. *'\ il en remettait la plus grande partie au cellérier de la cuisine ou au réfectorier.
Le pitancier pendant longtemps remplit en personne les devoirs de son office ; mais, à la fin du xiv* siècle, il finit par trouver plus simple de se décharger de ses obligations en les confiant à des entrepreneurs. Ceux-ci s'engageaient à nourrir à leurs frais tous les moines de l'abbaye et en retour, moyennant le paiement d'un certain bail, ils recevaient l'autorisation de percevoir tous les revenus de la pitancerie. A la fin du xv^ siècle, les dispositions de ces baux furent changées. Les religieux, en violation formelle des dispositions de leur règle, avaient décidé en effet de ne plus se nourrir et s'habiller à frais communs ; mais de faire distribuer à chacun d'eux une certaine somme d'argent avec laquelle ils pourraient acheter leurs vêtements et leurs aliments.
Les fermiers de la pitancerie durent se conformer à ces conditions nouvelles, comme le prouve un contrat que nous avons retrouvé aux archives départementales de la Haute-Vienne^^*. D'après ce contrat, daté du 20 juin 1485, un marchand de la ville affermait pour quatre ans le droit de percevoir les revenus de la pitancerie ^^\ moyennant le paie-
1. « Dômpnus abbas Hysimbertus dédit potestatem conventui pitancîarium constituendi ... w (Arch. de la Haute- Vienne, liasse H 6060).
2. Ce fut Tabbé Guillaume Amalvin qui arrêta ces dispositions en 1259 (Arch. de la Haute-Vienne, liasse H 6060).