‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 234 sur 470 · Cf. ci-dessus," p · texte numérisé non relu

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La mense capittilaire.

La mense capitulaire était nettement séparée de la mense abbatiale ; mais il est malaisé de se faire une idée exacte du budget de la collégiale, car le chapitre n'avait pas à proprement parler de budget, dans le sens où nous entendons ce mot aujourd'hui; c'est-à-dire qu'il ne dressait pas chaque année un état de ses recettes et de ses dépenses. Celles-ci étaient pourtant à peu près constantes tous les ans, et nous les trouvons énumérées dans plusieurs documents officiels. Chaque fois en effet que les chanoines voulaient faire supprimer un de leurs prieurés, ils devaient fournir au préalable un état justificatif de leurs revenus et de leurs charges ^'^; de même quand ils demandaient à être déchargés d'une partie des décimes qui pesaient lourdement sur leurs finances.

Il y avait des sommes considérables qui ne rentraient pas dans le cadre de ces budgets ordinaires. Le chapitre pourvoyait en effet sur fonds d'emprunts à la plupart des frais que nécessitaient d'une part ses nombreux procès, de lautre les travaux d'entretien de la basilique et des bâtiments claustraux ^^\ Par contre, il percevait tous les ans dix à douze mille livres de recettes extraordinaires y qu'il aurait pu évaluer au moins d'une façon approximative, et qu'il ne faisait figurer que pour mémoire dans les documents officiels ^'\

Voici, d'après un de ces documents ^^\ quels étaient les revenus et les charges de la collégiale en 1724 :

1. Les Archives départementales de la Haute-Vienne possèdent plusieurs de ces états, notamment dans les liasses H 1382 et H 2312.

2. Nous montrerons ci-dessous (chap. III de la III« partie) que le chapitre recourut à des emprunts pour tous les travaux de quelque importance. A k fin du xviuc siècle, il était endetté de 50 au 60.000 livres.

3. Nous potivons en partie suppléer au silence par Fétude des documents officiels des sommiers de Tabbaye qui sont parvenus jusqu'à noîis(Arch. de la Haute-Vienne, reg. Q. 5409).

4. C'est une déclaration des recettes et charges de Tabbaye, faite lors des procédures engagées en 1724, pour obtenir la suppression de la prévôté de Saint- Vaury et l'incorporation de ses revenus à la mense capitulaire (Arch. de la Haute-Vienne, registre H 2312, pièce n» 19).

i<* Revenus.

i*' Les prieurés de Manot, Rosiers, Mansac, La Croix, Roussac, Les

Cars, etc., étaient affermés pour 9.200 L

2** Les dîmes des paroisses de Saint-Jean-Ligourre, de Saint-Genest,

de Gorre, de Saint-Just, etc., rapportaient 2.300 L

y Les redevances en nature (seigle, avoine, blé, vin, etc.) valaient,

année moyenne, environ 7.000 1.

4** Les rentes perpétuelles, établies pour faire célébrer des messes le jour anniversaire de la mort de leurs fondateurs, se montaient à la somme de 100 1.

5** Recettes diverses 169 1.

Total des recettes déclarées par le chapitre 18.769 1.

En ajoutant quelques menues recettes, la somme totale des revenus déclarés par le chapitres atteignait 18.769 1.

2*^ Dépenses.

I*» Les décimes étaient fixés à <•> i .600 1.

2^ Les appointements des diflférentes personnes laïques ou ecclébias-

i^ tiques payées par le chapitre se montaient à 3 -438 L

Soit:

Pour les douze vicaires de bas-chœur (150 livres chacun), i .800 1.

Pour le maître de psalette 500

Pour le joueur de serpent 100

Pour l'organiste 60

Pour le portier et le souffleur d'orgue 18

Pour « l'évangéliste et l'épistolaire » 100

Pour le sacristain et le marguillier • 300

Pour le secrétaire du chapitre 60

Pour l'horloger 30

Rétributions diverses 490

3** La portion congrue des curés et desservants, établis dans les églises relevant de l'abbaye, était en moyenne de 300 livres pour les

I. Ils furent augmentés dans la seconde moitié du xviiic siècle.

4àt^.-

curés, et de I50 livres pour les vicaires, soit, avec quelques allocations supplémentaires • 3.700 1.

4° La cire et l'huile consommées annuellement dans la basilique

coûtaient i .000 1.

5*^ Les offices anniversaires que le chapitre devait faire célébrer à certains jours coûtaient 160 1.

6** Les deux messes qu'il faisait célébrer par semaine dans la chapelle

de l'Hôpital général coûtaient ^*> 77 1.

7** La pension qu'il payait tous les ans aux Pères jésuites « pour raison de la préceptorale unie à leur collège » coûtait **^ 280 1.

8° L'entretien des bâtiments claustraux et de la basilique se montait

à la somme de 1.500 1.

9** L'entretien des maisons d'exploitation, granges, fours ou moulins banaux, etc., qui appartenaient à l'abbaye, revenait à. . . i.ooo 1.

lo*' L'intérêt des emprunts contractés par le chapitre était de 400 1.

1 1** Les frais de procès se montaient à^') i.ooo L

12*» Divers 1.195 L

Total des dépenses iS -370 !•

Les charges qui pesaient sur l'abbaye atteignaient donc un total de 15.370 livres, et laissaient près de 3.400 livres comme revenu disponible ^^K

Ces 3 .400 livres étaient partagées également entre tous les membres du chapitre, et constituaient leur prébende, qui se montait pour chacun d'eux à 150 livres environ. Cette somme, donnée par la plupart des documents officiels, aurait été à coup sûr insuffisante pour permettre aux chanoines de tenir dignement leur rang, s'ils n'avaient eu d'autre part des ressources beaucoup plus importantes.

Qjaand, en effet, la collégiale devait produire un état de ses revenus, elle se gardait bien d'y faire figurer toute une série de recettes,

1. En exécution du contrat conclu en 1659, ^^^^ ^^ ^^ suppression de l'hôpital de Saint-Martial et de la fondation de THôpital général. (Arch. de la Haute-Vienne, reg. H 9469, p. 22.)

2. Qpand le collège des Jésuites fut fondé à Limoges, en 1599, ^^ chapitre de Saint-Martial, comme celui de la cathédrale, lui donna une prébende. (Voir ci-dessus, p. 183.)

3. Cest surtout dans la seconde moitié du xviiie siècle que le chapitre, à court d'argent, recourut à des emprunts pour soutenir les frais de la plupart des grands procès qu'il avait engagés. (Voir ci-dessous le chap. III de la Ille partie.)

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