Voir ihid, au mot Vigeois
5. Voir le polyptique de l'abbaye publié par M. Duplès-Agier dans ses Chroniques de Sainte Martial (p. 320).
de Chalais, de Rîeupeyfoux, de Saint- Vaury, quelques aXitres encore^ étaient assez considérables, et renfermaient chacune dix ou quinze religieux ^'\ Beaucoup de prieurés, par contre, — et c'était en général ceuX de fondation récente, — étaient fort peu importants ; vingt-six d'entre eux n'étaient habités que par deux moines ; seize n'en avaient même qu'un seul, qui portait néanmoins le titre de prieur. r
Les prieurs furent à l'origine directement soumis à l'abbé. Ils durent lui rendre un compte exact des sommes ou des denrées qu'ils avaient perçues, le mettre au courant des moindres événements, lui demander son autorisation pour tous les, actes tant soit peu importants. Ils ne tardèrent pas à s'émanciper. Faute de pouvoir être surveillés d'une façon effective, ils devinrent quasi indépendants. Il fut alors convenu qu'ils payeraient tous les ans au chapitre une redevance en argent, fixée à l'avance, sorte de forfait pour les bonnes et les mauvaises années.
Une bulle de 1247 consacra officiellement .ce nouvel état de choses ^^\ D'après cette bulle, tous les prieurés durent acquitter chaque année une pension en numéraire- Les. plus riches d'entre eux étaient taxés à 15 livres, comrhe Peyrat, Ruffec, Montendre; les plus pauvres n'étaient imposés qu'à cinq sous, tels Cirât ou Apelle. En moyenne la quotité de chaque pension n'était guère supérieure à une livre ou deux^'*. . ,
; La plupart des prieurs, outre cette redevance en numéraire, devaient payer tous les ans au chapitre une prestation en nature dite « message ^^^ », Ce message consistait dans des pitances, qui devaient être portées à
. I. Vers 12 16, Paunat avait 16 ipoînes; Arnac, 14 ; La Souterraine, Chalais et Saint-Vaury, 12 chacun; Saujon et Rieupeyroux, lo (Duplès-Agicr, ibid., p. 320 et 321).
2. Nous q'avpns pas le texte de. cette bulle ; mais son existence est certaine, car elle est mentionnée dans les Gros Répertoires de Tabbaye, qui indiquent quelles étaient les pensions payées par les prieurés au xviiie siècle (Arch. de la Haute- Vienne, registre H 9470, p. 474 et ss.). On voit que, sauf de rares exceptions, elles n'avaient pas varié depuis 1247. '
3. Gros Répertoires de Tabbaye (Arch. de la Haute- Vienne, registre H 9470, p. 474 et ss.).
4. Le prieur qui devait fournir le message, s'appelait le « messagier ». Du Cange a défini ses fonctions en ces termes : « Officium monasticum, cui prœdiorum rusticorum cura demandata erat » (t. IV, p. 376). Le messagier avait, en effet, à s'occuper des immeubles ruraux, et il devait à certaines époques envoyer aux moines une quantité de diverses denrées fixées à l'avance.
Tabbaye à des époques déterminées de Tannée. Le prévôt de Seychères, par exemple, devait donner aux moines, pendant tous les jours du mois d'octobre, une prébende de pain appelée cornuda, et un repas composé de poissons, d'œufs, de fromage et d'huile ^'\
La nourriture des religieux était assurée dans une certaine mesure par les messages, que les prieurés devaient fournir à tour de rôle. C'est ainsi que Roth envoyait le sien au mois de janvier ; Rosier, en février ; les Cars et Azac, en mars; Anais, en avril, etc. ^'\ Qjuand un de ces messages n'arrivait pas à temps, les moines se trouvaient dans une grande détresse, et étaient souvent fort embarrassés pour se procurer des aliments. En mars 1295, par exemple, le prieur d'Anais, Guillaume Tridoyne, négligeant d'envoyer la pitance accoutumée, les moines furent contraints de se passer de toute nourriture pendant trois jours. L'abbé Géraud Faydit dut intervenir, casser Tridoyne, et nommer à sa place un autre prieur, Hélie d'Arbolières, qui s'empressa de fournir le message habituel ^^\
Des différents offices de F abbaye.
On sait que, pendant les premiers siècles qui suivirent la diffusion du Christianisme dans les Gaules, le patrimoine de chaque monastère était employé à satisfaire indifféremment les besoins de l'abbé et de ses moines. Des abus choquants étaient résultés de cette organisation ; on avait vu des abbés dilapider sans vergogne les finances de leur abbaye, s'emparer de son trésor, négliger de pourvoir à l'entretien de la communauté. Devant l'indignation générale, le patrimoine de tous les monastères avait du être divisé en deux parts depuis
1 . « Prebendam panîs, vocatam comuda, confectara farina fhimentî, ponderis duarum librarum et unîus quarteyronis libre, ac pitanciam et generalem scilicet piscium, caseorum, ovorum et olei... ». (Pièce mutilée du xiv* siècle. Arch. de la Haute-Vienne, liasse H 9443).