HISTOIRE DE LA LÉGENDE DE SAINT-MARTIAL
Toulouse, l'autre à Arles, avant le milieu du m* siècle. Il n'en est pas de même en ce qui concerne saint Martial.
Si le christianisme s'est rapidement propagé, en effet, dans les contrées d'un accès facile comme la Provence, la vallée du Rhône ou la Narbonnaise, il a pénétré bien plus tardivement dans les régions pauvres et montagneuses du massif central. Sidoine Apollinaire, mort en 488, est le premier auteur qui parle de l'église de Limoges ^'\ Il serait vraiment étrange qu'il ne nous en restât aucune mention plus ancienne, si réellement cette église avait été fondée dès le i" siècle. Devant le silence des textes corroboré par les autres preuves que l'on peut tirer de l'étude des sarcophages, des inscriptions ^'\ des listes épiscopales ^^\ on peut être assuré que Grégoire de Tours assigne à la mission de saint Martial une époque à peu près exacte, et que le Limousin n'a pas été évangélisé avant le milieu du m*' siècle. Grégoire de Tours, dans le De gloria confessorum, donne quelques détails complémentaires sur saint Martial, qui aurait été envoyé par les évêques de Rome ^^^ et aurait converti le pays des Lémovices avec l'aide de deux prêtres orientaux amenés avec lui ^^\
Ce sont ces données si simples, les seules qui soient vraiment dignes de foi, dont la légende s'est emparée, et qu'elle a transformées en les développant singulièrement.
Cédant à leur insu aux pieuses tendances de leur époque, les clercs et les pèlerins quiwvenaient en foule prier auprès du tombeau de saint Martial, enjolivèrent peu à peu sa vie de mille détails édifiants. Ils voulurent que le saint évêque fût venu un des premiers arracher la Gaule au culte des idoles, que saint Pierre en personne lui ait confié la mission d'évangéliser les Lémovices. Saint Martial aurait eu naturellement le don des miracles, et en traversant les Alpes il aurait ressuscité un de ses compagnons mort pendant la route. Tous ces traits inconnus à