‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 285 sur 470 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

par le service des intérêts des dettes qu'il avait contractées ^'\ ne pouvant trouver les fonds nécessaires pour faire la plus légère dépense imprévue ^^\ il fut obligé de recourir fréquemment à de nouveaux emprunts, pour payer les anciens au jour de leur échéance ^^\ Son crédit diminua de jour en jour et les prêteurs lui firent des conditions de plus en plus dures pour se dessaisir de leur argent.

L'abbaye était absolument ruinée à la veille de la Révolution. Elle aurait certainement fait faillite, sans tarder, si les événements politiques n'étaient survenus, qui devaient l'emporter. Elle était condamnée par cette loi inexorable de l'histoire, que tout récemment encore M. d'Avenel a si heureusement mise en lumière ^^\ La marche du temps détruit toutes les fortunes et déprécie tous les revenus mobiliers.

L'abbaye de Saint-Martial, grâce aux immenses donations dont elle avait été comblée par la piété des fidèles, s'était constitué au moyenâge un patrimoine énorme. Du jour où, pour diverses causes, elle ne fut plus l'objet de nouvelles libéralités, du jour où elle fut réduite à vivre sur un fonds qui ne s'accroissait plus, elle était condamnée, malgré sa richesse apparente. Pendant plus de quatre cents ans, le chapitre put résister aux lois économiques qui l'étreignaient. A la fin de l'ancien régime il était presque vaincu, et les décrets de la Constituante ne firent qu'avancer de quelques années l'époque de la disparition de l'abbaye ^^\

1. En 1745, rabbaye devait 33.040 livres, portant un intérêt de 1.252 livres (Arch. de la Haute-Vienne, reg. H 5401, p. 365). Ses dettes furent certainement doublées dans les années qui précédèrent la Révolution.

2. En 1770, par exemple, l'orgue ne fonctionna plus; le chapitre fut obligé d'emprunter 400 livres pour le réparer (Arch. de la Haute-Vienne, reg. H 9466, p. 279).

3. Ainsi, en 1742, le couvent de la Visitation réclamant impérieusement au chapitre une dette de 2.000 livres, celui-ci, dans l'impossibilité de payer, dut emprunter cette somme aux Carmélites.

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