HISTOIRE DE LA BASILIQUE
aucun renseignement précis. Nous savons seulement qu'elle fut construite en partie avec des dalles provenant de la voie romaine de Saintes, et avec des pierres arrachées aux ruines des Arènes Romaines ^^K II est à croire qu'elle eut fort à souffrir des incursions des Normands; en tout cas, elle fut brûlée en 952 ^^K
Rebâtie dans la seconde moitié du x* siècle, la basilique se trouva bientôt trop étroite pour contenir les foules qui se pressaient dans son enceinte à certaines époques de Tannée. Le pèlerinage 'de Saint-Martial prenait chaque jour une extension plus considérable. Il se développa surtout à partir de l'année 994, où les populations, si cruellement éprouvées par le mal des Ardents, attribuèrent leur salut à l'intercession du saint patron de Limoges ^'\ En l'année 1017, l'abbé Geoffroy II se décida à reconstruire l'église, dans de plus grandes proportions ^^\ Les architectes avaient à peine eu le temps de se mettre à l'œuvre, quand un terrible accident montra la nécessité de se hâter. En 1018, en effet, cinquante-deux personnes périrent écrasées aux portes de la basilique, à la suite d'un mouvement de panique^^) L'abbé Odolric, qui succéda la môme année à l'abbé Geoffroy II, donna aux chantiers une vive impulsion. Dix ans plus tard, en 1028, il put faire consacrer le chevet de l'église ^^\
Christi DCCCLII, ... precipue tamen circa basilicam ubi pretiosum corpus illius requiescit» (Miracles de saint Martial^ dans les Acta SS., t. V de juin, p. 557, n» 21). C'est bien de la nouvelle basilique qu'il s'agit, et non de l'ancienne, comme le prouve le mot translatio, Adémar de Chabannes rapporte du reste (Sermons inédits, Bibl. Nat., ms. latin 2469, fol. 69 v© et 90\'o) que le saint voulut retourner dans son ancienne crypte, et qu'il témoigna de son désir en envoyant dans le pays une inondation (Voir plus haut, p. 55).
1 . On a même retrouvé, lors de la Révolution, en démolissant les fondations de la basilique du xi« siècle, des inscriptions provenant de tombeaux détruits, ainsi que des pièces de monnaies romaines (Bulletin de la Soc. d'agric. de Limoges^ année 1838, p. 70 et ss.).
2. « Hujus [Aimcrici abbatis] decimo anno, monasterium Marcialis, divino judicio ignecrematum est » (Commémoration éd. Duplès-Agier, p. 4). On sait que, dans le latin du moyen âge, le mot monasterium est souvent employé dans le sens d'église abbbatiale.
3. Voir plus haut (p. 65) des détails sur cette terrible épidémie.
' 4. « Joffredus majori opère cepit renovare basilicam » (Adémar de Chabannes, Chronique, 1. III, chap. XLIX). — « A novo basilicam Sancti Salvatoris fecit renovari » (Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p. 44).
5. Annales Lemoi'ic. (éd. Pertz. Monumenta, t. II, p. 252). Voir ci-dessus, p. 71.
6. « Fecit dedicare caput istius ecdesic, cum magno honore » (Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial j p. 9).
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Les nouvelles constructions étaient sans doute à peine achevées, quand, en 1053, elles furent ravagées par un violent incendie ^'\ Les moines se remirent courageusement à l'œuvre, et les Clunisiens, qui venaient de prendre possession du monastère avec Tabbé Adémar ^^\ poussèrent activement les travaux. Ceux-ci étaient presque terminés quand le pape Urbain H, lors de son passage à Limoges, consacra le monument. Accompagné par de nombreux prélats, le pape fit le tour de la basilique en Taspergeant d'eau bénite, et célébra ensuite la grand'messe sur le maître-autel^'*. En 1122, l'édifice fut endommagé par un incendie qui détruisit une partie du Château de Limoges ^^K En 1167, le feu y éclata de nouveau ; le chevet put être protégé, mais la nef fut complètement détruite ^^\ et dut être reconstruite par l'abbé Isembert ^^K Les murs furent rebâtis en 1182 <'*; la toiture fut commencée en 1199 ^^^> n^^îs l'église dans son ensemble ne fut achevée qu'à la fin du règne de Philippe-Auguste, et on travaillait encore à la décoration du portail principal en l'année 12 13 ^^K
Devant le silence des textes, on peut supposer que la basilique du Sauveur n'éprouva pas de dommages sérieux pendant les guerres
1. « Concremata est regalis ecclesia Salvatoris » (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova BihL mss,^ t. Il, p. 284). — « Anno gracie MLIII, basilica Sancti Salvatoris Lemovicensis cum tribus monachis concrematur » (Bernard hier, éd. Duplès-Agier, p. 48).
2. Les Clunisiens s'emparèrent de Saint-Martial en 1062 (Voir ci-dessus, p. 83 et ss.).
3. a [Episcopi], postquam Romanus pontifex aquam benedixerat, circa basilicam more ecclesiastico aspergebant. Dominus Papa propriis manibus venerandum altare consecravit missamque super iliud solemniter celebravit » (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Noi'a Bibî. mss,., t. II, p. 294. Voir pour plus de détails sur le voyage du pape, ci-dessus, p. 89).
4. Voir plus haut, p. 93. Il est vraisemblable que cet incendie ne détruisit pas la basilique, puisqu'il ne fut pas nécessaire de procéder à une nouvelle consécration.
5 . « Anno gracie MCLXVII crematum est castrum Lemovicense, et monasterii navis cum clocario, et omnia signa corruerunt » (Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p. 56). Geoffroy de Vigeois, (éd. Labbe, Nova BihL mss. , t. II, p. 308) mentionne Tincendie, sans préciser les ravages que causa le feu.
6. Un acte de 1230, publié par M. Guibert (Doc, sur Vhist, municip. de Limoges^ t. I, p. 133) parle de la « basilica bone memorie abbatis Hysimberti ». L'abbé Isembert ne reconstruit pas toute la basilique. Il n'eut à rebâtir que la nef, qui avait seule brûlé.
7. « Anno MCLXXXII .... parietes ecclesie S. Marcialis reedificabantur » (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova Bihî. mss.^ t. II, p. 308).
8. « Anno gracie MCXCIX cepimus ... plumbo monasterium cooperire » (Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p. 66).
9. a MCCXIII, picta est majestas Domini in porta occidentali » (Bernard Itier, ihid.y p. 87)