HISTOIRE DE LA BASILIQUE
anglaises, ou les révoltes des bourgeois du Château. Elle eut pourtant à souffrir indirectement des conséquences qu'elles entraînèrent. Les moines de Tabbaye, dont les récoltes étaient constamment pillées, dont les redevances ne rentraient pas, ne purent trouver les fonds nécessaires pour donner à l'édifice les soins qu'il réclamait. Il se dégrada donc insensiblement sous l'action du temps et des éléments, et dans la seconde moitié du xv^ siècle, en 1449 ^'\ il fallut lui faire subir une restauration complète, sous peine de le voir s'écrouler.
Le rond-point, les bras du transept, ainsi que les quatre dernières travées de la nef, furent entièrement reconstruits ^^K C'est probablement à cette époque que, pour soulager la coupole bâtie au-dessus de la croisée du transept, la tour centrale fut démolie et remplacée par un petit clocheton de peu d'importance.
Un demi-siècle plus tard, en 1535, l'abbaye fut sécularisée. Les chanoines ne s'occupèrent pas plus d'entretenir la basilique que leurs prédécesseurs. Elle se trouvait au xviii* siècle dans un si fâcheux état, que le chapitre finit par s'ea émouvoir, et ordonner en 1753 quelques travaux indispensables : il fit notamment consolider par des massifs de maçonnerie les piliers, qui commençaient à fléchir ^^K Ces mesures furent bien insuffisantes, et, dès l'année 1760, le chapitre, effrayé des lézardes qui se voyaient dans les voûtes, commit deux de ses membres avec un architecte pour procéder à un examen attentif de la situation. Ceux-ci visitèrent longuement toute la basilique ; ils trouvèrent que le bâtiment était « usé », que les voûtes avaient perdu leur équilibre, que le clocheton bâti au xv*^ siècle n'avait pas gardé son aplomb, et menaçait de s'écrouler sur la nef Ils proposèrent donc au chapitre d'entreprendre une restauration. Celui-ci approuva leurs conclusions par une délibération capitulaire du 23 mars 1770 ^^\ et traita avec un
1. Texitr (Inscript, du Limousin, p. 263). — L'abbé Texier a donné le texte d'une inscription commémorative qui se trouvait sur un des piliers de la basilique. Mais il s'est trompé en lisant la date. La formule mil iiii<: xix LX qu'il donne est fausse, et doit être remplacée par celle-ci : Mil lui^ XL ix.