‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 298 sur 470 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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5. « Wido abbas... incoavit clocarium » (Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial, p. 286). 6.^ Geoffroy de Vigeois (éd. Labbe, Nova Bihl. mss., t. II, p. 299), dit que le monasterium

brûla cette année-là ; ce mot, sans doute, comprend, à la fois, la basilique et le clocher.

7. « Anno gracie MCLXVII, crematum est castrum Lemovicense et monasterii navis cum clocarioet omnia signa corruerunt » (Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p. 56).

8. a Anno MCCXVII... clocarium subtus decoratur, sumptus VI libras » (Bernard Itier, ibid., p. ici).

9. «f Anno MCCCXX... cecidit fulgur in clocherio Sancti Marcialis de nçcte et hore matutinarum » (Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial , p. 147).

intact jusqu'au règne de Louis XV ^'\ A cette époque, en 1752, les chanoines de la collégiale firent démolir la flèche dont la solidité leur inspirait des craintes, et la remplacèrent par un couronnement bizarre, que les contemporains baptisèrent assez justement, vu sa forme, du nom de réchaud ^'\

En examinant la vue du clocher, que nous donnons d'après deux dessins publiés par Tripon, on s'aperçoit aisément que les étages inférieurs sont plus archaïques et plus lourds que les étages supérieurs. On n'en peut pourtant conclure qu'ils aient été épargnés par le feu en 1122, car ils sont d'un style trop avancé pour pouvoir remonter à l'époque de l'abbé Guy, c'est-à-dire à la fin du x« siècle. Nous croyons plutôt qu'ils furent brûlés en ri22, et que, reconstruits peu après, ils échappèrent dans une certaine mesure à l'incendie de

Chioi qu'il en soit, le clocher était quadrangulaire, et sa base formait porche. Cette disposition est fréquente dans la région du Centre; nous la rencontrons dans les églises du Dorât, de Chambon, de La Souterraine, ailleurs encore. Dans l'intérieur du porche s'élevaient quatre grosses piles qui jouaient un rôle très important. Elles ser\^aient à supporter les étages supérieurs, bâtis en retrait les uns au-dessus des autres, et permettaient de passer aisément du plan carré au plan octogonal. Notons en passant que cet artifice de construction se trouve employé à la cathédrale de Limoges, presque dans les mêmes conditions ^^\

Le porche était vraisemblablement couvert d'une coupole surpen- ^; dentifs; telle était, en effet, l'habitude dans la région. Il s'ouvrait,

sur l'extérieur, par trois baies, — une grande et deux petites, — qui ne devaient pas être closes à l'origine, mais qui, dans la suite, furent munies de portes. Il communiquait enfin avec la nef,

£ I . Nous donnons 'de l'ancien clocher deux dessins trouvés dans les papiers de l'abbé Legros

et conservés aux Arch. de la Soc. archèol. du Limousin (PI. VI), ainsi que la reproduction d'une planche de Tripon, faite d'après Tabbé Legros (PI. V).

2. Cette date et ces détails sont empruntés à une note de l'abbé Legros (Arch. du Grand séminaire de Limoges, ms. no XII, p. 79).

3. Voir, sur le clocher de la cathédrale de Limoges, les dessins que ViolIet-ie-Duc a donnés avec quelques mots d'explication dans son Dictiontmire d'architecture (t. III, p. 29).

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dont le niveau était bien inférieur, par un grand escalier de seize marches ^'\

Le premier étage du clocher était percé sur la façade de trois grandes niches. Celles-ci renfermaient chacune une statue : au centre, était saint Martial, en costume d'évéque, avec la mitre et la crosse ; à droite, sainte Valérie, décapitée et portant, selon la tradition, sa tête entre ses mains **^; à gauche, le duc Etienne, coiffé de la couronne ducale. Les dessins de Tripon sont trop imparfaits pour nous permettre de dater ces statues avec quelque certitude. A en juger d'après le costume des personnages ou le style de la sculpture, elles seraient modernes, et postérieures à la Renaissance. La chose est possible; elle nous paraît même vraisemblable; mais nous ne pouvons présenter cette hypothèse que sous toutes réserves ^^K

Le second étage était percé de deux larges fenêtres amorties par des arcs en plein cintre, qui reposaient sur des colonnes trapues. Dans l'intérieur de ces fenêtres, Tripon a figuré une succession de petits triangles assez difficiles à interpréter. Nous croyons qu'ils représentent les abat-sons. Les cloches de l'église devaient donc se trouver derrière. Elles étaient au nombre de neuf, et la plus ancienne, appelée le Midi, avait été fondue en 1437. Les autres dataient, pour la plupart, du xvi« ou du xvii« siècle ^^\

Avec le second étage, cessait le massif carré du clocher. Au-dessus, s'élevait une tour octogonale. Le passage de l'un à l'autre plan s'opérait suivant des dispositions fort habiles. A l'intérieur, les côtés de l'octogone étaient supportés par le prolongement des piliers du

1. Voir pi. IL II ne faut pas oublier que le Château de Limoges était bâti sur le versant d'une ' colline dominant la Vienne. Aujourd'hui encore, malgré de grands travaux de voirie, la rue

Saint-Martial, bâtie sur l'emplacement de la basilique, est très en pente.

2. Selon la légende elle avait été, en effet, décapitée sur l'ordre du duc Etienne, et était allée trouver saint Martial, sa tète dans les mains. Cette scène a été, fréquemment traitée par les émailleurs de Limoges, et se retrouve dans plusieurs crosses du xme siècle. Voir une d'elles publiée par M, Rupin (L Œuvre de Limoges, p. 559).

3 . L'église d'Amac (Corrèze) présente trois statues disposées d'une façon analogue ; ce sont celles de la Vierge, de saint Martial et de saint Pardoux. Elles pourraient bien remonter au moyen âge (Voir ci-dessous, au mot Arnac, dans l'histoire des Prieurés, Vc partie).

4. Voici quelques-uns de leurs noms : Sauveterre(i55i); Petiniaut (1551); gros saint Martial (1600); Carme (1661); Agathe ; Valérie (Feuille hébdomad. de la général, de Limoges, 1779, p. 90).

porche. Dans les angles se trouvaient des trompes, comme cela se voit nettement dans l'église de Chambon. A Textérieur, il y avait quatre grands frontons triangulaires, percés d'une baie, et séparés par des pyramides de pierre.

Des frontons de ce genre se voient encore dans quelques églises du Centre, à Brantôme, Saint-Léonard, Uzerche, au Puy-en-Velay^'*- Les frontons de Saint-Martial ne sont pas les plus anciens de ceux que nous connaissions. Le clocher de Brantôme, où se rencontre cette disposition, remonte probablement à la première moitié du xu* siècle; peut-être peut-on placer sa construction entre les années 1120 et 1140 ^^\ Le clocher d'Uzerche a dû être construit vers 11 50 ^^K Quant à celui de Saint-Martial, il avait été rebâti, on s'en souvient, après un incendie survenu en 1167. Il était donc certainement postérieur aux deux premiers; mais il présentait une particularité intéressante à relever. Tandis qu'à Brantôme et ailleurs, les frontons triangulaires se relient à la maçonnerie des étages supérieurs, et servent ainsi à les consolider ^^\ à Saint-Martial, au contraire, ils étaient entièrement indépendants; c'étaient de simples motifs d'ornement, et non des membres utiles de la construction ^^\

Le clocher de Saint-Martial comprenait deux étages bâtis sur plan octogonal. Le premier était percé, sur chacune de ses faces, d'une large fenêtre ; le second avait à la place deux baies géminées, séparées par une colonnette, et surmontées d'un arc de décharge. Au-dessus' était une flèche polygonale ou peut-être circulaire. Elle était surmontée au moyen âge d'un coq ^^^; mais, sans doute à la Renaissance, le coq fut descendu et remplacé par une grosse boule de cuivre^"'.

1. Voir sur ces clochers VioUet-le-Duc, Dictionnaire d'arcJntecture, t. III, p. 291 etss. avec pi.

2. Viollet-le-Duc (pp. cit., t. III, p. 294) déclare que ce clocher fut élevé vers le milieu du xic siècle. Nous croyons qu'il Ta trop vieilli.

3. Le choeur de l'église fut dédié en 1097 par Tévêque de Limoges Guillaume (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Noua Bibl., mss., t. II, p. 295).

4. Voir les dessins que Viollet-le-Duc a donnés de ce clocher {Dict. (Tarch., t. III, p. 292 et

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