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Îl6 A QUELLE ÉCOLE SE RATTACHAIT LA BASILIQUE
Les monuments de cette vaste région du Sud-Ouest n'ont malheureusement fait jusqu'à ce jour l'objet d'aucune étude d'ensemble; il est donc très difficile de les classer, et de déterminer avec quelque précision le rang qui convient à chacun d'eux. Nous croyons pourtant que la basilique du Sauveur est un des plus anciens édifices de la série. Nous nous refusons à admettre, en effet, que l'église actuellement subsistante de Sainte-Foy de Conques soit celle qui fut bâtie par l'abbé Odolric entre les années 1030 et 1065 ^'K La beauté de l'appareil, la hardiesse de la construction, le soin apporté aux moindres détails, tout nous paraît indiquer une époque plus moderne. Il y a eu certainement dans l'église de Conques, depuis l'année 1065, des incendies et des reconstructions, dont les rares chroniques du diocèse de Rodez ne nous ont point conservé le souvenir.
L'édifice actuel nous paraît remonter seulement au commencement du xii^ siècle, et être postérieur à la basilique du Sauveur, consacrée en 1095. Il témoigne, en effet, d'un réel progrès; les proportions générales sont plus élancées; le triforium est moins lourd; les fenêtres, qui s'ouvrent dans le chœur et éclairent les combles des collatéraux, sont de dimensions beaucoup plus grandes; la décoration, enfin, est mieux soignée, comme le prouve la bonne exécution des moulures ou des chapiteaux de la nef. Nous croyons, pour ces raisons, que l'église de Sainte-Foy, bien loin d'avoir servi de modèle à la basilique du Sauveur, s'en est directement inspirée. Les moines de Conques avaient, du reste, avec l'abbaye de Saint-Martial, de fréquents rapports ^^\ et avaient contracté avec eux à plusieurs reprises des associations spirituelles et des unions de prières ^^\
1 . Nous avons le regret de ne pas être d'accord sur ce point avec le savant historien de Conques, M. Tabbé Bouillet, qui, dans son beau volume sur Sainte-Foy paru cette année même, reporte expressément à l'abbé Odolric l'honneur d'avoir construit l'église (p. 125). — Nous croyons, pour notre part, que l'église de Conques a dû souffrir d'accidents analogues à ceux qui sont arrivés à la basilique du Sauveur. Celle-ci avait bien été dédiée en 1028; mais elle avait été détruite en 1053, et reconstruite par l'abbé Adémar.
2. Une des plus grandes prévôtés dépendant de l'abbaye, celle de Rieupeyroux, était située à quelques lieues du monastère de Conques.
3. Comme on le voit en parcourant les Socictates renfermées dans un des anciens manuscrits de l'abbaye, aujourd'hui conser\'é à la Bibliothèque Nationale sous la cote latin 5243. (Voir notamment fol. 137 et ss.)