S LÉGENDE DE SAINTE VALÉRIE
parler des vies de saint Austriclinien, de sainte Valérie, de saint Front, de saint Ursin et de saint Amadour.
Nous ne nous arrêterons pas longuement sur la vie de saint Austriclinien, un des deux prêtres qui avaient accompagné saint Martial en Gaule. Elle n'est qu'une paraphrase plus ou moins banale de la légende Aurélienne, et présente si peu d'intérêt qu'elle est restée inédite ^'^ et ne mérite guère d'être publiée. Il ne s'en suit pourtant pas que saint Austriclinien soit un personnage imaginaire. Grégoire de Tours le mentionne, ainsi que son compagnon Alpinien, sans prononcer leur nom ^^\ il est vrai. Leur existence à tous deux semble donc certaine, quoique nous n'ayons sur elle aucun détail.
La vie de sainte Valérie est plus intéressante.
Sainte Valérie est, comme nous l'avons vu, une vierge qui aurait été convertie par saint Martial et aurait été décapitée par le duc Etienne, qu'elle se refusait à épouser. Les Bollandistes ont publié sa vie ^^\ d'après un manuscrit du xiii^ siècle dont la rédaction originale peut remonter tout au plus au siècle précédent. Ce texte, écrit dans un style prétentieux et recherché, dérive manifestement de la légende Aurélienne, mais avec quelques détails additionnels. Ainsi quand sainte Valérie, devenue chrétienne, refuse de se laisser marier au duc Etienne, son fiancé, elle juge nécessaire de lui faire part de ses intentions. Elle se rend au palais, trouve le duc assis sur un trône d'or, et lui adresse un long discours, pour lui signifier qu'elle entend dorénavant se consacrer au Seigneur. Le duc irrité appelle un de ses hommes d'armes, Hortarius, et lui ordonne de décapiter Valérie. La vierge se laisse faire sans résistance, mais, avant de mourir, elle prévient son bourreau qu'il périra la nuit suivante. Celui-ci effrayé se convertit et la sainte va trouver saint Martial en portant sa tête dans ses mains ^^\
1. La vie de saint Austriclinien est renfermée dans un manuscrit provenant de l'ancienne bibliothèque de saint Martial, et conservé aujourd'hui à la Bibl. Nat. (ms. lat. 5347, fol. 178 r©).
2. De gloria confessorum, chap. XXVII. Nous avons parlé plus haut de la vie de saint Alpinien (voir p. 10). Les quelques détails qu'elle renferme semblent avoir été empruntés à Grégoire de Tours.
3. Catalogue des mss. Ixigiographiques de la Bibl. Nat,, t. I, p. 41, et II, p. 3.
4. Cette scène a été fréquemment traitée au moyen âge par les émailleurs de Limoges, et M. Rupin a publié le dessin de plusieurs châsses où elle se trouve reproduite (JJ Œuvre de