Folios 15 ro et 82 r
7. Folio 156 vo. Saint Barthélémy est assis sur un trône, et est particulièrement intéressant.
l'époque ou le pays où ils aient vécus, sont traités d'une façon absolument identique ^'K
Comme on peut le voir par notre dessin de la planche IX, ils sont vêtus d'une tunique et d'un ample manteau agrafé sur l'épaule ; ils sont coiffés d'une sorte de bonnet galonné. La plupart d'entre eux tiennent d'une main la palme du martyre, de l'autre le livre de l'Évangile. Ils ont tous la même physionomie, des pommettes accentuées et très colorées, une barbe châtain, des cheveux soigneusement lissés. Leur tête est entourée d'un nimbe.
Nous devons faire une mention toute spéciale pour un très curieux dessin représentant les apôtres Simon et Jude ^^\ Ce dessin que nous donnons ci-contre, se distingue des autres par des qualités spéciales ; il est traité avec une grande sobriété, et en même temps avec une ampleur remarquable. *
Les deux apôtres sont représentés en pied;' leurs figures comportent une expression grave et douce; leur maintien est plein de noblesse, leur costume largement drapé est d'une simplicité frappante. On se demande en considérant cette scène, si l'artiste qui l'a composée ne s'est point inspiré des fresques qui décoraient les grandes basiliques. Les longues bandes décorant la robe des deux apôtres rappellent notamment les claves que portaient les patriciens à la fin de l'empire romain.
1. Nous pouvons citer encore saint Maurice (fol. 204 ro), saint Denis (fol. 214 ro), saint Jérôme (fol. 216 ro), saint. Mathieu (fol. 300 vo), «te- Les saintes présentent un type oeu différent des bustes de sainte Lucie (fol. 293 ro) et de sainte Agathe (fcM. 44 ro) sont les plus intéressants.
2. Fol. 236 vo. — Il est deux autres dessins qui valent la 'peine d'être signalés. C*est le saint Thomas du fol. 288 vo, et surtout les deux anges avec le Christ, du folio 196 ro. Ces dessins sont curieux quoiqu'ils présentent moins d'originalité que celui que nous publions. Ils témoignent d'une assez grande inexpérience.
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Au point de vue de la coloration, nous aurons peu de chose à dire. Les lettrines se détachent presque toutes sur des fonds violets, destinés à imiter le pourpre ; mais la gamme des couleurs est somme toute assez pauvre. Le vert et le rouge sont très employés ; le jaune Test plus rarement, et le bleu est d'un usage exceptionnel.
On voit par ces quelques lignes l'intérêt que présente notre légendaire. Il mériterait certainement les honneurs d'un examen plus appro fondi, comme tous les manuscrits de Saint-Martial ^'K
Nous ne pouvons malheureusement pas nous étendre davantage sur cette étude. Nous n'avons pas ici à étudier à fond toutes les questions artistiques qui peuvent être soulevées à ce propos. Nous tenons pourtant à dire que l'abbaye de Saint-Martial, quoique bien des ^ volumes intéressants y aient été composés, n'a jamais formé, à proprement parler, une école artistique. Ses productions n'ont pas un caractère bien particulier. Les moines ont été de bons copistes; ils se sont montrés des enlumineurs moins habiles et ne furent que des artistes dont les conceptions manquent d'originalité.
Les manuscrits de Saint-Martial et les émaux de Limoges.
Certains auteurs ont prétendu que les manuscrits de Saint-Martial avaient exercé une grande influence sur un art propre au Limousin pendant tout le moyen âge : nous voulons dire sur l'émaillerie. M. Emile Molinier <^^ a cru trouver entre les miniatures de quelquesuns d'entre eux et les premiers émaux limousins, une similitude frappante. M. Rupin ^'^ a été plus loin, et s'est demandé si dès le x*^ siècle les religieux de Saint-Martial n'étaient pas adonnés au travail des métaux, et en particulier à celui des émaux. En «supposant cette hypothèse confirmée, en comprendrait sans peine que les moines
1. Les manuscrits les plus remarquables au point de vue artistique sont : la grande bible no S et 5'; les mss. 910, 11 19, 2027, 2799, 5°7^> 5^4^» 53^5- ^^^ ^°^^ d'autant plus intéressants qu'ils datent presque tous des xi« ou xiic siècles.
2. Notes sur V origine de Y émaillerie française , p. 14 et ss.